With his Windows down, and his system up

13/12/2020 Non Par cborne

Il y a des moments dans la vie où tu sais que les choses s’accumulent et tu devrais savoir que d’autres vont suivre. Genre, j’aime bien placer une expression de jeune, genre, tu es dans la dernière semaine avant les vacances de Noël entre tes élèves à cran un masque dans la gueule, tu viens de passer les conseils de classe, tu n’as ni choppé COVID, gastro ou grippe mais tu es quand même pas au sommet de ta forme.

C’est ainsi que dans la soirée de vendredi mon épouse a crashé son PC, mais quelque chose de bien. J’aimerais te montrer quand même public que Cyrille BORNE a vieilli. À une époque j’y aurai passé la nuit. Il était 22 heures passées, je me suis contenté de démonter le disque pour vérifier si la partition était lisible ce n’était pas le cas, j’ai donc reporté au samedi matin à 6 heures, car le monde appartient à l’informaticien qui se lève tôt.

Le cadre : l’ordinateur de mon épouse est un Toshiba avec un icore3 pas très récent, 6 Go de RAM et 240 Go de SSD. Le SSD a été changé il y a quelques mois à peine puisque cette dernière a tendance à télécharger n’importe quoi. Le SSD est donc neuf à pas grand-chose.

En utilisant synchting je fais une sauvegarde en temps réel de son répertoire de documents vers le mien. La moralité c’est que l’intégralité de son travail est sauvegardé dès qu’elle modifie un document. Ne sont pas sauvegardés :

  • Son profil Firefox, mais je synchronise l’ensemble. Je profite de cette parenthèse pour dire que je ne sais pas comment je vais lui virer son Firefox mais que ça en prend le chemin tout seul. Je lui avais remplacé le logiciel de scan epson qui est une vieille bouse codée en VB6 par le très sympathique Naps2. Elle a commencé à sortir les piquets pour faire un seating devant mon ordinateur.
  • Son Thunderbird mais ses mails sont en imap, donc c’est mis en place en quelques minutes.
  • les trucs qu’elle ne met pas à la bonne place et qu’elle devrait mettre à la bonne place mais que le bureau c’est mieux avec je cite « des trucs dont on ne peut pas se passer » et qu’il va falloir que je me débrouille pour le récupérer.

Il est intéressant de faire une pause pour se rappeler de ceci. Ma femme sait, pour vivre avec moi, pour voir les malheurs de ses collègues qu’une catastrophe est vite arrivée, elle a 20 ans de travaux sur son PC et pourtant s’en cogne complètement. Alors bien évidemment, il est nécessaire de remettre dans le contexte, c’est à ce moment où les féministes quittent la pièce. 27 ans de vie commune avec sa majesté Cyrille BORNE, c’est du mariage à l’ancienne. Autant on s’insurge devant ces hommes d’un certain âge qui ne savent pas faire un repas ou appuyer sur le bouton de la machine à laver qu’on trouve tout à fait normal qu’une femme ne se préoccupe pas de la pression de ses pneus (1.4 contre 2.2 il y a dix jours), de son ordinateur, de qui change la machine à laver quand elle tombe en panne, ce genre de choses. Où finalement tu découvres que ta femme croit encore au père Noël à 45 ans, mais qui a plié le linge et changé le meuble ? PÈRE NOEL ? TU ES LÀ ? Dire que ma femme n’en a rien à foutre est un euphémisme, elle est mariée, elle a un mari pour faire ça, faut bien que ça serve à quelque chose. ChangeZ le mot « mari » par « père » et vous avez la variante avec ma fille dont je n’envie pas le futur époux, elle commence à avoir déjà une drôle de vision de l’utilité des hommes. Les féministes peuvent revenir.

Il semblerait toutefois dans le cas de l’informatique, que ce soit commun à toutes les générations, la sauvegarde, la sécurité, échappent à tout le monde jusqu’au moment du crash. Et c’est ici qu’on se rend compte que c’est un problème de fond, car si à la rigueur elle ne se préoccupe pas de faire ses sauvegardes, au moins faire l’effort de ne pas disséminer de tout partout. Je note aussi que pour le simple particulier, la sauvegarde ça ne donne pas envie, les logiciels sont souvent mal foutus, si bien que la sauvegarde la plus simple c’est encore de prendre un disque dur externe. Sauvegarde qu’on ne fera pas parce qu’on aura oublié, parce que c’est pénible de prendre le disque, de ranger, de faire le tri.

Ou bien sûr, de faire une sauvegarde de ses données en ligne chez un service propriétaire ou plus ou moins libre contre des espèces sonnantes et trébuchantes. La première moralité c’est qu’on continuera à trouver des gens en train de pleurer leurs fichiers perdus, la seconde c’est que finalement à « gratuit », syncthing fait franchement bien le job et ce de façon indépendante du système d’exploitation. Je rappelle que je fais la bascule Windows vers Android pour sauvegarder de façon automatique mes documents et Android vers Windows pour récupérer les photos que je fais.

Revenons-en à nos PC car ils sont deux : le PC crashé à réparer, la nouvelle machine. Une de mes collègues m’a donné un HP plus récent en 17 pouces qui appartenait à sa belle mère. La machine était particulièrement lente, à 8 Go de RAM et 240 Go de SSD elle va curieusement plus vite. Le processeur n’est pas un i3 mais en termes de performance, on voit peu de différence. Le chip graphique n’est plus un Radeon tout pourri mais un chip intel HD, la machine ne souffle pas quand on regarde des vidéos sur Youtube ce qui est positif.

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai démonté son SSD pour le brancher sur mon PC. L’outil totalement indispensable c’est le câble SATA vers USB. Au montage du disque, ça sonne pas très bon, il me propose spontanément de le formater, curieusement je décline. Il apparaît assez rapidement que la partition sur laquelle est contenue Windows, est passée intégralement en RAW, elle est donc illisible. Les quelques possibilités qui sont offertes :

  • chkdsk L: /F /R où L est la lettre de la partition. Je ne suis pas forcément fan de cette solution pour la simple et bonne raison que les chkdsk m’ont souvent fait perdre des données.
  • Testdisk qui existe dans sa version Windows. Ligne de commande, très XX° siècle, ça se fait. Testdisk m’affiche partition sector doesn’t have the endmark 0xaa55. Une erreur qui revient de façon systématique quand le démarrage est crashé.
  • Macrium Reflect 7 Free Edition, que je ne connaissais pas, il se présente comme un Gparted, me dit directement que la partition est endommagée, et voit l’intégralité des données du SSD. Il permet même de récupérer les données en faisant clic droit sauver vers, seulement le tarif est de 70 balles pour la version de base. C’est intéressant de se dire que si vous l’amenez chez un professionnel, le prix de 70 balles c’est finalement ce que vous aurez coûté le logiciel. La version « free » ne permet pas de récupérer les fichiers d’une taille supérieure à 1 Mo. On oublie.

À partir du moment où le logiciel précédent est capable de voir la partition, je remonte le disque dans le PC, je boote sur une clé Windows, je lance l’outil de réparation de Windows qui échoue comme la grosse merde qu’il est. Jamais je n’ai réparé un ordinateur avec la procédure de réparation automatique. Je vais dans les outils avancés, ligne de commande, je fais le chkdsk, une heure et des poussières plus tard, le disque est visible. Fier de moi je redémarre et je constate qu’il se bloque exactement de la même manière et que le disque se repositionne à nouveau en RAW. Et c’est ici que ça commence à devenir lourd, à chaque fois que je vais faire une tentative de réparation, booter pour voir si ça marche ou pas, ça va passer en RAW et je devrais me refaire une quarantaine de minutes de chkdsk. Vous imaginez donc que j’ai commencé à six heures du matin pour finir bien plus tard.

Je fais donc un chkdsk et comme je ne suis pas totalement idiot, je remonte sur mon PC, je copie intégralement les répertoires qui m’intéressent. Dans mon cas c’est le user, pour avoir le fameux desktop avec ses fichiers qui traînent et l’APPDATA dans lequel se trouvent les répertoires Mozilla bien évidemment dans trois répertoires différents, le local, le roaming et le localLow. Lorsque vous installez Thunderbird et Firefox, il vous suffit de remettre les répertoires qui vont bien pour récupérer vos profils. La copie en USB pas trois est comme on peut l’imaginer : longue. Une fois que j’ai fini, je vais parallèlement configurer la nouvelle machine et tenter par curiosité de sauver l’ancienne.

Le disque n’est pas en GPT mais en MBR si bien qu’il est cassé en trois partitions, une partition réservée au système, c’est elle qui contient le boot et qui est défaillante, la partition dans laquelle on a toute l’installation à l’intérieur et une troisième partition. Les trois partitions sont en NTFS. La réparation se fait théoriquement de la façon suivante :

  • Bootrec /fixmbr
  • Bootrec /fixboot
  • Bootrec /rebuildbcd

Ces opérations permettent de reconstruire la partition de démarrage de Windows 10. Trop facile, j’ai un accès refusé pour le Bootrec /fixboot. La solution c’est de faire bootsect/nt60, je l’ai vue dans une vidéo. L’opération Bootrec /rebuildbcd pose problème car elle ne trouve pas de partition Windows alors qu’elle y est pourtant, j’ai pris la peine de faire mon chkdsk avant. Cela se traduit par The Requested System Device Cannot Be Found. En faisant une recherche on finit par trouver la suite d’opérations :

  • bcdedit /export C:\BCD_Backup
  • c:
  • cd boot
  • attrib bcd -s -h -r
  • ren c:\boot\bcd bcd.old
  • bootrec /RebuildBcd

Il s’agit ici d’une reconstruction complète. Et là tout fier, on finit par voir apparaître la partition Windows, on reboote glorieusement pour se rendre compte que c’est mort. J’ai bien évidemment testé les solutions des live CD, merci Ventoy, qui proposent des réparations automatiques du MBR. Rien non plus. Alors forcément, quand on a eu le temps de finir de configurer l’autre PC dont la dernière étape est de remettre syncthing, on arrête d’insister pour procéder à l’ancienne chez Windows, un bon formatage. Un test de surface du SSD m’avait donné quelques cylindres défectueux mais rien de bien dramatique, je pensais pourtant que le SSD était mort. La réinstallation s’est déroulée sans encombre ce qui signifie que ma femme a crashé son installation sans qu’on sache pourquoi. L’ancienne machine sera donnée à quelqu’un qui en a besoin actuellement et devrait bien dépanner.

Le classique Windows sucks

Alors bien évidemment parce qu’on ne manque d’honnêteté ici, on se dira que la situation ne se produirait pas sur Linux. J’ai eu des crashs parfois étonnants sur Linux, je pense notamment à des kernel panic mais jamais ou rarement des choses bloquantes au point de ne pas être capable de me remettre sur pieds. Dans les cas vraiment difficiles, une récupération du home un copier coller et c’est en gros en vingt minutes qu’on récupère un système. Je dois dire que le coup du RAW sur la partition, une partition qui devient illisible, jamais connu sous Linux où l’on finissait toujours par arriver aux données. Sous Windows, on a parfois l’impression d’une fragilité, une clé USB mal retirée, une mise à jour qui se passe mal, un pilote, Microsoft qui se rate et c’est le crash irrécupérable. La hiérarchie des fichiers, voir plus haut pour l’APPdata, n’aidant absolument pas une remise en route facile.

Donc oui, Windows c’est de la merde sur ce point précis, mais soyons honnête. Pour cette journée de perdue avec Windows, combien de temps perdu sur Linux. Régressions ? Problème de pilote (c’est la faute aux constructeurs) ? Mise à jour entraînant des changements de comportement ? Logiciels mal foutus imposants de faire des détours incroyables pour arriver à la solution ? Je laisse la question en suspend.

Je suis dans ma phase Eminem en ce moment, c’est quand même un sacré destin, et plus de 200 millions d’albums vendus pour un type qui se faisait tabasser quand il était gosse. J’ai choisi la prestation qu’il a réalisée pour les oscars 2020 même si elle est discutable car il y a un petit fond de playback derrière qui me chagrine. Bon à 48 ans, je ne lui jette pas la pierre quand à 45 monter les escaliers c’est compliqué. Ce qui est formidable outre la réussite de ce gamin qui revient de loin c’est de voir toutes les jeunes stars du public reprendre les paroles en cœur, comme on reprend un classique. Des jeunes qui se comportent comme des groupies alors qu’ils ont des millions de groupies face à l’artiste, et je les comprends. Je vous épargnerais mes commentaires sur des hommes dans la quarantaine en France qui ont besoin de se marave dans les aéroports pour continuer d’exister. Bon dimanche sous vos applaudissements.