Vacances je continue à te donner du rêve

28/02/2018 Non Par cborne

Le rendez-vous pour le genou était positionné il y a un mois, le professeur ne recevant que le mercredi, tu regardes les conditions météo et tu te dis que c’est jouable. Bon c’est encore plus jouable pour Cyrille BORNE qu’on appelle l’Olivier de Kersauson de l’A75, capable de naviguer dans toutes les tempêtes et de placer un bon mot. Départ donc à 7 heures pour arriver à 9h20, tranquille. Personne sur la route, personne dans Montpellier, pendant les vacances sur le tôt, dans le sud, vous n’aurez personne avant dix heures. Le professeur, nous on fait pas les médecins, on fait les professeurs, c’est plus classe, est dans les temps, il dit à ma femme qu’il faudra faire davantage d’efforts, travailler plus pour plier plus en quelque sorte. On sort de l’hôpital à 9h40, presque trop facile et le parking ressemble à ça :

Ce n’est pas vraiment le genre de la maison de s’affoler, j’ai passé 8 ans dans le Cantal à rouler dans de la neige, du verglas, et je n’imagine pas que la situation sera catastrophique. On annonçait la veille que Montpellier et les axes principaux seraient salés, j’emprunte tout de même le périphérique de la ville, l’A750, l’A75, je me dis que ça ne devrait pas poser de problème. A peine les premiers 100 mètres, je roule un peu vite, je freine un peu fort et je me rappelle de deux choses : faudrait se rappeler comment conduire sur neige, je n’ai pas de pneus neiges. Quand tu veux conduire sur la neige, trois conseils : tu roules pas trop vite, tu ne freines pas et tu gardes une bonne distance de sécurité avec le gars de devant pour qu’il puisse se vautrer tout seul. Assez rapidement on se rend compte que c’est la pagaille, un homme sous son scooter sur l’autre voie, des gens qui glissent, des gendarmes, des services d’urgence. On arrive enfin à sortir de Montpellier, je me dis que les choses devraient aller mieux et c’est la catastrophe. La route est couverte de neige, les gens ne vont pas vite, pas assez vite pour certains, mes essuie-glaces n’évacuent pas assez la neige, pire il y a de la glace sur le pare-brise qui se forme. Je pousse le chauffage à fond dans la voiture, je pense sans une certaine ironie à mon niveau de liquide de refroidissement qui doit bouillir.

L’ambiance c’est ça :

On arrive à quitter l’A750 pour rejoindre enfin l’A75. Pour les gens qui ne connaissent pas la géographie du coin vous avez deux autoroutes pour aller à Montpellier, l’A750 qui permet de rejoindre l’A75 qui est la gratuite qui va de Béziers jusqu’à Clermont-Ferrand, la partie nord d’ailleurs avait été coupée aux camions, et l’autoroute A9, l’autoroute qui est toujours bondée. Je passe par l’A75 pour aller travailler, je prends l’A75 pour aller à Montpellier, c’est plus long mais c’est moins cher et surtout au delà du prix c’est franchement moins stressant, peu de camions, une double voie. On avance, c’est pas formidable, je double même si ma femme me dit que ce n’est pas bien mais les gens qui vont trop lentement sont dangereux, on voit des voitures dans le fossé, et puis le drame, la voiture verte de devant pile et manque de se vautrer, il y a un camion qui s’est retourné devant nous. Je me vois déjà coincé pour un très très long moment mais ça repart. Ma femme me dit que ça serait pas mal de reprendre l’autoroute A9, qui sera certainement dégagée. Si l’idée paraît pleine de bon sens, je prends ma sortie, à proximité de Béziers. J’ai en tête les gars qui passent la nuit coincés sur l’autoroute, l’avenir finira pas me donner raison, mon but c’est avant tout de me rapprocher des plages où il fait plus doux. A la sortie de Béziers je manque de me prendre deux fois le derrière d’une voiture que j’ai suivie sur 20 km, ça aurait été dommage de briser notre amitié, je finis par arriver au Mac Do de Sérignan, à proximité de la plage à quasiment midi, pas si mal. Je vous épargnerai mes commentaires sur Mac Do, je me rends compte que j’ai tiré définitivement un trait sur cette période de junk food, mais bon dans les circonstances, ça dépanne. On passe un moment, le temps que ça s’arrête, et on reprend la route direction Narbonne pour aller récupérer les gosses. Le retour à la base se fait sans problème, même Saint-Pierre n’a pas été épargné par la neige.

L’Hérault est passé en alerte rouge, et ce n’est pas la première fois qu’on met autant de temps à réagir. La dernière fois souvenez vous, c’était les inondations au mois de décembre avant que je flingue le blog-libre première version, ça doit dater de 2014. L’incapacité de ce département à réagir est assez impressionnante, on met les gens en danger alors que tout part en sucette. Dès ce matin le préfet aurait dû anticiper, j’ai pris des risques assez conséquents, si l’alerte avait été rouge, on aurait annulé le rendez-vous directement. Il faut attendre d’avoir des centaines d’incidents, des gens qui dorment dans les bagnoles pour inviter les automobilistes à rester chez eux. Vivre les drames plutôt que de les anticiper, en attendant on peut se féliciter, à quelques jours il aurait fallu gérer les transports scolaires et les élèves, ça aurait été une autre histoire. L’Aude quant à elle est dans son état normal, alerte orange pour submersion, inondations, la tempête gronde dehors, la mer est déchaînée, presque rassurant face à la neige.

J’écrivais dans le dernier billet qu’il fallait que je fasse les choses par deux fois pour qu’elles essaient de réussir, j’ai oublié de rajouter même si je l’ai déjà dit, qu’en 1492 pendant que Colomb découvrait l’Amérique, des indiens se sont échoués à ce qui deviendrait Saint-Pierre la Mer. Ils ont pendant de nombreuses années vécus ici jusqu’à ce qu’ils soient entraînés par le tsunami de 1608. Leur cimetière aurait été creusé sous ma rue. Il y a parfois des moments où j’ai envie de me mettre en position latérale de sécurité dans le coffre de mon partner et pleurer tout doucement mais finalement ça ne vient pas, pour l’heure je suis incassable et je suis la reine des neiges, mes titres de super héros que je cumule à Super Poissard.

Je tenais à vous quitter sur le clip défaite de famille d’Orelsan qui vient de paraître aujourd’hui. Le clip est tourné avec un iphone. Ce qui pourrait sembler comme étant un truc fait à l’arrache est un gros boulot, Orelsan interprète l’intégralité des personnages qu’il décrit dans sa chanson, maquillage à l’appui.

C’est une chanson que j’ai déjà évoquée, et vous verrez qu’elle va cartonner. En fait elle cartonne déjà, j’avais vu dans une interview que c’était la chanson la plus streamée au moment de la sortie de l’album. Ce qui est intéressant c’est que c’est globalement la chanson qui se rapproche le plus du Orelsan des débuts, un Orelsan particulièrement cash qui rappait comme il parlerait à une bande de potes, sans aucun filtre. L’album est riche, varié, on a entendu le très joli tout va bien, je vous invite à écouter dans ma ville on traîne, pour tout ceux qui ont un certain âge, qui ont connu les centres villes un peu vivant, et qui contemplent aujourd’hui ce qu’ils sont devenus. Pour en revenir à défaite de famille, comme je l’évoquais plus haut, c’est la chanson la plus violente de l’album, une chanson sans retenue, une chanson qui nous rappellera avec justesse certaines de nos fêtes de familles, de nos réunions avec nos collègues, où chacun entre dans un rôle bien précis, à la limite de la caricature. Alors que cet album est indéniablement celui de la maturité, je ne dirai pas commercial, que l’auteur montre qu’il a pris un coup de vieux et je pense que cet album le traduit avec honnêteté, c’est sa chanson la plus trash qui cartonne comme s’il était enfermé dans ce personnage. Un peu comme dans défaite de famille d’ailleurs, l’adulescent qui se refuse de grandir et qui fait l’apologie de la méchanceté, dire tout haut ce qu’on pense parfois tout bas.

Difficile d’échapper au rôle qu’on a parfois tenu, si on a réussi à changer, à évoluer, les autres conservent de vous le souvenir qu’ils veulent bien avoir, car cela nécessiterait un effort pour eux de comprendre ce que vous êtes devenus. A partir du moment où vous n’avez pas d’album à vendre, je ne peux que vous inviter à vous séparer des gens qui vivent ancrés dans votre passé, ils sont justes bons à évoquer des souvenirs révolus quand vous tournez déjà les yeux vers l’horizon, vers ce que sera demain.

Je vous laisse philosopher là dessus, il faut que j’arrive à glandouiller ferme avant la reprise. Malheureusement avec le vent, je me dis que je vais être bon pour régler des problèmes de toiture d’ici la fin de la semaine.