Vacances … Attends j’étais en vacances ?

02/03/2018 Non Par cborne

Si vous avez regardé un peu les infos, vous avez quand même dû vous rendre compte que c’était l’apocalypse version sud. Ça fait plutôt rigoler les gens dans le sens où ça paraît un peu exagéré mais pour avoir connu le Cantal et ses routes très enneigées, je vous garantis que ça rigolait pas. C’est le décalage d’équipements qui fait la différence, les services publics ont été complètement dépassés. Enfin bon tout ça c’est loin, j’ai même eu mon tweet de la gloire, ce qui est franchement plus proche c’est ça :

C’est passé complètement inaperçu mais on sort de deux jours de tempête sur Saint-Pierre la Mer. On a profité du retour du soleil pour sortir voir un peu l’étendue des dégâts, la première photo en haut à gauche par exemple c’est un parking, transformé en piscine, c’est pour ça que vous voyez les deux employés municipaux avec la pompe. Le bas de Saint Pierre a ramassé, l’un des salons de coiffure a été inondé, je pense que ce sera le cas pour pas mal de maisons du front de mer. Le coup de mer a été particulièrement violent la mer est encore haute, même si vous pouvez difficilement le comprendre sur la photo d’en haut à droite. En bas à gauche, ce n’est pas un géant qui a mis le tronc dans la poubelle mais bien la mer, voyez jusqu’où le coup de mer est monté. Enfin la dernière photo où le docteur House accepte d’être dessus, mais de dos, c’est d’ailleurs la seule photo que j’aurai diffusée d’elle en dix-huit ans d’écriture, c’est la piste cyclable, c’est théoriquement vert en dessous, quatre centimètres de sable la recouvre aujourd’hui. Il y a un gamin qui se promenait avec sa mère qui commence à hurler :  » Y A UN SERPENT !!! Y A UN SERPENT !!! ». Le Serpent de Saint-Pierre la Mer n’étant pas particulièrement connu, j’ai appris plus tard que c’est remonté tellement haut qu’il y avait des anguilles sur la place du marché. Voyez que les gars qui vont pomper le parking vont avoir quelques bricoles à faire. J’ai dû intervenir dans ma rue dont je suis un peu le gardien, le store d’un voisin a explosé, du fait d’avoir les clés, j’ai fini d’arracher la bâche pour diminuer la prise au vent. Appeler d’autres voisins pour leur dire que dans leur immeuble un volet en bois va finir par exploser, la routine. La résidence secondaire, personnellement je déconseille, assumer les problèmes quand on est à des centaines de kilomètres, c’est vraiment compliqué.

Nous sommes donc vendredi au moment où j’écris ces lignes et force est de constater que je suis plus fatigué en cette sortie de vacances qu’à l’entrée. Néanmoins je peux avoir la satisfaction d’avoir arrangé pas mal de problèmes, je crois que je suis arrivé au point zéro, c’est à dire que tout est réglé, il ne reste plus qu’à attendre les nouveaux problèmes à venir. Peut-être la fosse à caca, mais je dois vous avouer que je n’ai pas eu le courage de regarder, tout a l’air normal, il ne faut pas tomber dans la paranoïa même si j’irai jeter un coup d’œil. Après l’épisode Montpellierain, j’ai vu que le niveau de liquide de refroidissement n’avait pas bougé, c’était un vrai problème. Je pense qu’en fait, la dernière fois c’était bon, mais que le circuit avait été mal purgé de son air, si bien que la diminution c’était ça.

Je vais donc affronter le retour à l’école lessivé, mais ce n’est pas bien grave, désormais il fait jour plus tôt et plus tard, la météo devrait je l’espère être plus clémente, pour les gens qui roulent souvent c’est vital. Il faudra retrouver le rythme, trouver le deuxième souffle pour enchaîner six semaines de plus avec les conseils de classe et les rencontres parents professeurs, gérer l’imprévu bien sûr qui vient pimenter tellement souvent ma vie.

Je n’ai donc pas fait grand chose d’un point de vue informatique, d’un point de vue scolaire non plus, même si je suis content d’avoir rédigé mon premier article sur la Numworks, je vais en faire un deuxième ce week-end. Il est évident que ça va aussi avec une certaine forme de minimalisme. Si tu estimes que beaucoup de choses sont superflues, y compris dans certaines pratiques, tu ne vas pas trouver de raison particulière de changer ou de rajouter des choses. C’est certainement le plus délicat, la frontière entre le minimalisme, la fainéantise, le vieuxconnisme doit être parfois franchement mince. Je lisais cet article sur le blog du modérateur qui est un très bon exemple : Facebook apporte de moins en moins de trafic aux sites web. Le trafic ne cherchez pas, il provient de Google. Il y a quelques années on se faisait du souci quant à la disparition du web. On écrivait que si Facebook devenait encore plus gros alors Facebook ce serait le web. Si Google est en train de repasser devant, sans effort cela veut dire que Facebook n’est pas le moteur de recherche qu’on pouvait imaginer, le moteur de recherche dans lui-même, le nouvel internet. Si on devait synthétiser ce qui sera un avenir proche : morcellement des réseaux sociaux, renforcement des sites internets, choix des réseaux sociaux pour les acteurs qui ne seront plus sur toutes les plateformes, mais sur certaines bien ciblées, en gros retour au net d’il y a dix ans. Facebook oriente en plus dans cette direction, on a vu dernièrement quelqu’un qui a misé tout sur Facebook et qui se retrouve en faillite du fait du changement d’algorithme. Je pourrai vous parler des cryptomonnaies, vous dire que finalement c’était peut-être plus secure d’acheter des appartements à Saint-Pierre la Mer, on pourrait aborder toutes les thématiques possibles où l’on a poussé à la consommation de nouveaux usages pour en fait se retrouver à la case départ. En gros ce sont les gens qui ont été attentistes par choix, par conviction, par chance qui ont fait le bon choix.

J’avais évoqué mon retrait de Yammer dans un billet, j’y écrivais qu’il s’agissait d’un réseau plus destiné à la mise en avant qu’au partage. Sur Twitter, j’évite de suivre les comptes trop pédagogiques. On a certaines personnes à les suivre, on a l’impression qu’ils utilisent cinquante applications différentes, leur classe est inversée, tous les élèves ont des tablettes, ils possèdent un prix nobel. Les enfants déposent une pomme sur le bureau et chaque année les parents d’élèves reconnaissant, payent un voyage vers une nouvelle destination où les enfants du coin viennent les accueillir à la descente de l’avion pour jeter des pétales de fleur. Oui je le reconnais, je suis un peu dans la caricature mais c’est un côté que je trouve palpable chez certains individus dont j’aimerai bien voir les cours en ligne, les productions pour savoir si finalement ça n’est que de la veille, ou c’est bien utilisé derrière. Tout ce qui est nouveau, il faut le prendre, se l’approprier, pour vite l’abandonner et passer à la prochaine nouveauté, bienvenue dans le monde de l’éducation.

Je me rends compte que par mon positionnement qui en ce moment ressemble à un refus généralisé de pas mal de choses, on pourrait dire que le mot minimalisme n’est fait que pour cacher ma paresse, mon manque d’envie. Voyez comme je reviens sur le vocabulaire de la culpabilisation propre au monde professionnel, encore plus dans le mien. Et pourtant à voir d’un côté l’interdiction des smartphones à l’école dont j’attends de voir la mise en place alors qu’on essaie de se les approprier, la volonté d’utiliser toutes les nouvelles technologies dont les tablettes rejetées par leurs propres constructeurs, voir la France s’enliser dans les classements successifs, je me dis que la vérité est ailleurs. En 2012 c’est loin sans trop l’être, plus de 40% des salariés n’avaient pas de lien entre leur diplôme et leur métier, c’est tout simplement énorme. Ils doivent être un paquet à avoir le syndrome de l’imposteur quand ils vont bosser le matin. Si on peut se poser des questions sur le recrutement, sur la façon de travailler des entreprises, pour ma part c’est surtout vers l’école que je me retournerai. Je ne vais pas trop me poser de question car ce serait scier la branche qui me fait vivre chaque mois, mais ce qui est certain c’est qu’on fait fausse route en pensant que ce sont les nouvelles technologies et surtout d’en changer comme de culotte qui vont résoudre les problèmes, nombreux des petits français, et de leurs parents. Ce n’est pas du minimalisme, ni du refus du progrès que de dire cela, mais tant qu’on ne fera pas rentrer dans l’équation les mots engagement, travail personnel, rôle des parents, la science n’avancera pas, quel que soit l’appareil utilisé. Faut-il pour autant fuir toutes les nouveautés ? Non, mais il faut qu’on me démontre qu’elles sont utiles.

En parlant de nouveauté dont on s’interroge sur l’utilité, voici ce que j’ai désormais chez moi :

Vous l’avez reconnu, il s’agit du très détesté Linky, je dois être le seul à être content d’en avoir un. J’en aurai un pour l’eau je serais ravi, faudrait que je regarde si ça existe en version connectée. Le Linky et les champs magnétiques, critiqué par les mêmes individus qui ont un téléphone portable, qui ont une box Wifi, qui allument la télévision chez eux et qui ne prennent pas conscience que nous sommes traversés par les ondes et que le linky c’est à priori pas plus qu’un autre. La vie privée, la sécurité, les appareils qui grillent, tout est bon pour refuser cet appareil, ma vision est un peu différente. Tous les six mois j’ai un gars qui vient relever le compteur. Comme il m’arrive d’aller bosser, la dernière fois il flottait tellement que j’ai mis trente minutes à scotcher les relevés, du scotch marron. Le gars a arraché ça comme un malpropre pour montrer qu’il était passé, j’ai repassé trente minutes à faire sauter le scotch sur mon portail. Je n’ai plus ces rendez-vous à gérer et c’est tant mieux. Je vous dirai bien que je suis ravi de pouvoir gérer ma consommation en temps réel, la faute à pas de chance après une semaine de mise en place, j’en suis à l’étape 4, je ne peux donc rien voir. Le site d’Enedis est un modèle de lenteur, on tombe parfois en timeout pour aller dessus. Ça sent la partie informatique mal ficelée, pour le reste je n’ai rien à signaler comme anomalie chez moi. Je vais voir si ça m’aide à diminuer ma consommation, à mieux la comprendre. La gamification est partout, j’ai vu qu’ils avaient même collé des badges dans l’application, avec des objectifs à atteindre. Monde de merde qui essaie de mettre une dose de dopamine dans la baisse de consommation électrique quand la seule chose qui compte à part sauver les ours polaires c’est surtout de dépenser moins.

Il faut savoir que je ne suis pas le seul à penser de cette façon, et il n’est pas étonnant que les sociétés essaient de faire de l’argent sur la nostalgie d’une époque où les choses étaient plus simples, ou tout simplement sur la castration des fonctionnalités. 400 dollars pour un téléphone qui ne fait rien, voyez quand même qu’on sait surfer sur la tendance. Prendre les gens pour des imbéciles en outre restera une tendance indémodable, je suis tout de même étonné de me dire que des couillons vont payer 400 € pour cela. Nokia tente quant à lui de moderniser la nostalgie avec le téléphone de Matrix le 8110,

Ce qui m’intéresse ici, ce n’est pas le téléphone en lui même mais le système d’exploitation. Il s’agit de KaiOS un fork de FirefoxOS adapté aux téléphones basiques. Alcatel a sorti un modèle au nom du Go Flip et j’ai commencé à regarder les prix sur ebay mais aussi les critiques qui sont particulièrement mauvaises. Il faut être honnête, quand on a goûté au tactile, il est difficile de revenir en arrière y compris pour des opérations simples comme envoyer un SMS où c’est la croix et la bannière. A mon sens le smartphone est certainement l’appareil qu’il faut, néanmoins le système d’exploitation sur lequel nous n’avons aucune prise me pose problème. « Coudons » donc KaiOS dans un coin, en espérant qu’un jour la société se penchera sur les smartphones. Regrettable tout de même que ce soit une société privée qui fasse revivre FirefoxOS, que personne n’a lancé de crowdfunding pour proposer un smartphone aux capacités honorables à un prix abordable avec ce système d’exploitation dessus, codé rappelons le, en technologie web.

48 heures pour trouver le repos, c’est presque un scénario de film, j’ai bon espoir d’y arriver. Cela dit ce qui est pratique c’est qu’en ayant rien à faire, en ne me fixant aucun objectif, je pourrais même y arriver.