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Une vie de BORNE

juin 2, 2021 - Temps de lecture: 9 minutes

Comme je l'ai écrit, ces derniers temps, vous me direz tout le temps, je tire un peu la langue. Il se trouve que la période est un peu plus apocalyptique qu'à son habitude. La fin d'année scolaire chez les profs c'est toujours sport, avec le COVID et l'état d'esprit de nos élèves c'est sirop sport. On rajoute donc les travaux, les réparations des travaux, la fin d'année de mes gosses, les repas à gauche à droite, les sollicitations, et on arrive à un niveau bien tendu. Comme vous avez pu le lire, j'étais encore sur les routes dimanche, pour un repas de fête des mères qui a fini en update && dist-upgrade, je mange des kilomètres. Mardi après sept heures de cours dont six de troisième que personne ne m'envie au lycée, je rentre chez moi, il pleut. 

C'est une route que je connais très bien, je me sens fatigué, et avec la pluie je roule plus doucement que d'habitude. 

Un peu de géographie et quelques explications. Vous avez face à vous l'étang de Pissevaches. Il faut savoir qu'à l'origine ça s'appelait pisse vagues car avec les coups de flottes chez moi, l'étang a tendance à se remplir avec de l'eau de mer. Quand c'est plein c'est franchement impressionnant mais quand arrive la saison estivale c'est à sec, on se rend compte que cette très large étendue d'eau c'est 20 cm de profondeur. J'arrive donc au niveau de cet endroit et mon Némo part. Perte de contrôle complète, je finis dans l'herbe après une énorme "shtonk". Je sors facilement de la voiture, je suis particulièrement en colère parce que mon véhicule date de septembre et je me dis que je vais prendre super cher, sur la petite route d'à côté un type avec sa camionnette "ah vous aussi vous avez pris la flaque d'essence". Alors forcément tu te dis que tu vas commencer à le marave parce qu'il aurait pu prendre le temps de mettre un triangle de signalisation ou une variante mais le gars te dit que ça camionnette est morte. Je prends le temps de regarder ce que j'ai : 

C'est pas forcément super visible, même si on voit le pneu fortement compressé, la jante est totalement défoncée. Je n'ai absolument rien sur le reste du véhicule, c'est la roue qui a tout pris. Je reprends la route, je suis à quelques kilomètres de chez moi, j'arrive, je peste seul, j'appelle la police municipale qui me dit qu'elle a manqué de se viander et qu'ils sont en train de faire appel aux services d'urbanisme. Saint-Pierre la mer, des restaurants à tous les coins de rue mais pas un garage, c'est trop facile. Le garage le plus proche est à la capitale Fleury d'Aude à huit kilomètres, mais je ne risque pas d'y remettre les pieds suite à une réparation un jour qui m'a coûté un bras, et l'accueil qui n'est pas sans faire penser à un film d'horreur glauque dans les villages de campagne reculés où le garagiste pur produit de douze générations de consanguinité finit par découper ses clients. Il faut donc aller à Gruissan, la plage des jeunes et c'est à environ 15 km. Je dis à ma femme que je vais amener le véhicule, elle me dit d'appeler l'assurance pour faire récupérer le véhicule. Je ne lui donne pas totalement tort, la direction a pris un coup quand je roule sur la partie défoncée de la jante, ça tourne tout seul. Vu l'état de mon pneu, c'est une prise de risque, avec des touristes dans tous les sens, c'est un coup à se tuer et comme Shiryu emporter des tas de victimes avec moi. 

Le véhicule doit être récupéré à 7h15 pour être déposé à 8h à Gruissan Auto excellent petit garage de la plage des jeunes et des plus riches. Il est 7h45, la dépanneuse n'est toujours pas arrivée. J'ai envie de dire normal. J'appelle l'assistance, ils s'excusent ils m'ont oublié, normal. La dépanneuse finit par arriver, il tracte le véhicule et ça commence à étayer un peu ma théorie comme quoi je m'en sors à bon compte. Le triangle derrière la roue n'est pas touché, à priori c'est "seulement" la jante qui a pris. 

La journée passe, ma femme me traîne faire des courses, le garage m'appelle de temps en temps pour me dire où on en est. Il m'annonce donc qu'il faut changer la jante, on le savait, le pneu qui est mort donc les deux pneus et plus surprenant les plaquettes qui sont à 1 mm de la fin. J'ai acheté le Némo au mois de septembre, j'ai fait environ 15000 avec, donc forcément ça fait pas beaucoup, et j'ai une pensée toute spéciale pour le garage qui m'a vendu le véhicule. Au contrôle technique, il était nécessaire de changer les pneus sur le bilan avant l'achat, n'importe quel professionnel qui démonte les pneus aurait dû voir les plaquettes en fin de vie. Une autre théorie aurait été de dire que je freine comme un fou, ce n'est pas le cas. 

L'après-midi à la maison, j'avance mon installation de Linux, je passe à Xubuntu et le problème signalé dans le précédent billet ne se pose pas. Je peaufine un peu pour ne pas reproduire les erreurs du passé, je lance Remmina en plein écran pour que les gens arrête de chercher l'icône qui va bien et désormais je bloque le tableau de bord parce qu'on a toujours un gamin un peu drôle pour faire sauter le tableau. Les commandes sont les suivantes :

sudo cp ~/.config/xfce4/xfconf/xfce-perchannel-xml/xfce4-panel.xml /etc/xdg/xfce4/xfconf/xfce-perchannel-xml/
sudo sed -i '/<channel/ s/>/ locked="*" unlocked="root">/' /etc/xdg/xfce4/xfconf/xfce-perchannel-xml/xfce4-panel.xml
pkill xfconf
xfce4-session-logout --fast --logout

La source, c'est le forum ubuntu. Soudainement ma femme me dit ça sent le brûlé. Ça sent fort le brûlé. Rien à mon étage, je descends quatre à quatre les marches des escaliers, un torchon est en feu sur les plaques vitrocéramique. Pendant ce temps là, alors que je suis en train de m'étouffer mon téléphone est en train de vibrer, c'est le garage qui m'appelle pour récupérer ma voiture. 

Je récupère mon véhicule pour une addition de 425 € qui font franchement mal au derrière. Avec du recul, je m'en sors toutefois à particulièrement bon compte, pourquoi ? Au niveau de l'accident en lui-même qui était inévitable, comme il pleuvait je roulais lentement. Un peu plus vite, je faisais un tonneau. Au niveau de l'accident toujours, j'ai traversé la route, une voiture en face et c'était pas que la roue. Le fait que la roue se soit prise une charge complète et que le reste du véhicule n'a rien tient quasiment du miracle. La camionnette qui s'est crashée avant moi perdait de l'huile, ce qui laisse supposer que le bloc moteur a pris. Je n'aurais pas pris le temps d'aller faire contrôler mes plaquettes avant le mois de septembre, date de la vidange, je serais parti en vacances en continuant à rouler au quotidien comme je le fais, à pas grand-chose je tuais mes disques. Et comme le disait le garagiste, vu la violence du choc avec une jante vraiment qui a pris cher, je m'en sors vraiment bien. 

Le lendemain, aujourd'hui donc, je prends la route et je passe forcément à l'endroit du crash. Il est certain qu'aussi bonhomme tu puisses être, tu passes pas à fond les ballons, tu prends ton temps et tu regardes. Un peu amusé, je constate que la zone a effectivement bien été sécurisée. 



La moralité de l'histoire est toujours la même. La route c'est quand même de la merde, plus tu roules, tu prends le risque d'avoir un accident. Pour le reste ça tient franchement à la chance d'être encore vivant pour pouvoir raconter tes aventures dans un billet de blog. 

Comme j'ai un peu mis trop d'images, l'espace avec une vidéo est trop court pour finir avec un clip de RAP, ça fait technique d'élève sinon de mettre des images pour faire croire que ça fait beaucoup de choses à lire. Si j'avais dû faire un choix, ça aurait été bien évidemment le titre j'pète les plombs de Disiz, l'histoire d'un homme qui a eu une journée un peu compliquée et qui commence à en avoir marre. 

Pour ce weekend j'ai expliqué à ma femme que je ne quittais pas l'enceinte de la maison, il y a trop de signes en ce moment que la fatigue est bien là, trop présente, et que si on continue de pousser un peu plus, ça risque de tourner au drame. 

À Propos

T'avais jamais lu de blog français avant.
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