Un jour le libre gagnera. Un jour.

03/02/2020 Non Par cborne

Comme souvent chez moi, il y a de la redite, je m’en fous, vous m’excuserez c’est mon blog, mais c’est souvent l’occasion de faire une bonne synthèse et d’y mettre un peu de plus-value.

La mise en place de notre histoire

Samedi matin je discutais avec mon chef rapidement de logiciels libres avant huit heures le matin. C’était la journée de solidarité, nous partageons cette passion commune d’arriver les premiers au lycée, j’aime bien lui offrir le café et échanger un peu dans le calme. Il me disait sans que je le pousse, qu’on était un peu pris à la gorge par les évolutions du matériel informatique, des licences. J’ai vanté bien sûr les mérites du logiciel libre, il m’a répondu deux choses sur lesquelles nous reviendrons plus loin : utiliser Libreoffice c’est compliqué pour lui et il perd du temps qu’il n’a pas, parce qu’il est chef. Personne dans les formations de chef ni les autres n’évoquent les logiciels libres.

Souvenez-vous, au lycée, nous fonctionnons sur un système TSE. Concrètement, j’ai 140 machines sous Debian payées en moyenne à moins de 20 € chez Tony qui se connectent. Ce serveur TSE fonctionne bien, il commence toutefois à prendre de l’âge et est poussé vers la sortie par le fait que deux machines virtuelles sont en Windows Serveur 2008 et que tout comme Windows 7, Microsoft arrête le support.

Du fait de ne plus m’occuper de la stratégie, mon collègue a commencé à se renseigner. La machine serait assez puissante pour passer en Windows 2019 ou en 2016, seulement le problème c’est que les licences d’après notre revendeur ne seraient pas compatibles si bien qu’il faudrait changer 140 licences à plus de 30 € pièces, soit plus cher que les machines. Partant du principe que payé c’est payé, ce serait donc fait pour le futur en cas de changement de serveur, qui serait facturé aux environs de 15.000 € pour répondre à nos exigences ou plutôt celles qu’on croit avoir.

Dans une logique de suivi, dans une logique non alternative, on sort 20.000 € de notre poche pour faire du traitement de texte et de l’internet.

Le monde informatique professionnel

Quelles alternatives seraient possibles :

  • Payer.
  • Passer en leasing ce qui veut dire payer un bras par an.
  • Payer du Windows as Service pour passer en serverless, mais il faut une fibre optique en béton. Nous payons un bras par mois pour avoir une dédiée à 30 Mo, ce n’est pas réalisable.
  • Faire autrement et c’est ici que nous touchons au problème de fond de ce billet.

Faire autrement, et changer ses habitudes ? Mais tu es fou ?

Dans mon établissement scolaire, c’est formidable, on va produire du vin bio, on a un label commerce équitable, on est tout sauf mauvais dans la prise de conscience que le monde doit changer sauf en informatique, un monde à part. Les mêmes personnes qui vous expliquent qu’il faut rouler à l’électrique, qu’il faut produire du bio, pensent qu’il faut continuer à travailler avec Word 2007.

Si je référence les besoins enseignants et les besoins élèves :

  • Traitement de texte, tableur, logiciel de présentation. Les profs en partie sous Word mais nombreux sont ceux qui sont passés sous Libreoffice
  • Un navigateur internet, ils ne savent pas faire la différence entre Chrome et Firefox
  • Une synchronisation des documents par Onedrive que personne n’utilise ou presque.
  • Une session par personne.

Par le fait, nous répondons quasiment parfaitement ou presque à la définition d’utilisateurs basiques qui pourraient assurer une migration complète sous Linux. Seulement il y a toute une série de problèmes qui finiront certainement par se résorber avec le temps. De toute évidence, nous sommes encore trop riches pour nous permettre d’avoir de mauvaises habitudes et c’est le principal problème à l’expansion du libre, plus que tout le reste. Dans mes précédents lycées, j’ai fait moi-même. Forcément quand tu fais toi-même, c’est moins cher, à tendance gratuite. À partir du moment où tu es dans un établissement sans moyen que toute centime grappillé est bon à prendre, tu prends. C’est un peu comme le gars qui fait un boulodrome à 1 million d’euros. On n’a pas assez la dalle en France, ce n’est pas assez catastrophique pour que le responsable de ça puisse le faire sans avoir d’obstacle quelque part dans la chaîne. On voit de plus en plus d’articles qui disent qu’avec les problèmes climatiques (plus de 20 degrés chez moi au mois de février, tout va bien), on prendra des mesures qui n’auront plus vraiment de lien avec la démocratie, pour le logiciel libre c’est exactement pareil. Quand les états en auront marre de dépendre des Américains, quand les sociétés en auront marre d’être prise en otage, à ce moment-là, on se dira qu’un OS français ou européen est loin d’être une utopie, que Linux ce n’est pas une idée idiote de quelques gars dans le garage et qu’on va t’imposer ça vite fait dans toutes les administrations.

S’il n’y a donc pas une volonté décisionnaire du patron qui est prêt pour des raisons économiques, éthiques, pratiques à rentrer dans la bataille, il n’y a pas de place pour le libre. Le manque de connaissance des gens, leur paresse intellectuelle, la pression exercée par les lobbies de l’informatique reprise en fanfare par les prestataires locaux qui n’ont pas de raisons d’aller regarder ailleurs, il n’y a aucune chance de passer.

On part du postulat que le prof de base ne se pose pas de questions parce qu’il se pose d’autres questions et que ça peut se comprendre. Oui, ça peut se comprendre, et je le dis sans une once d’ironie. Des réformes successives, des habitudes de certains outils, tellement d’autres chats à fouetter que de se préoccuper de logiciels, que si on annonce qu’il faut passer de Word 2007 à Libreoffice, ce sera une opposition directe. De nouvelles habitudes pour appréhender un logiciel sur lequel il n’a pas d’habitude quand il est déjà bouffé par le reste, dans le contexte actuel c’est une demande de trop pour le prof. C’est comme quitter Libreoffice pour passer à Latex, on m’a donné tous les arguments pour le faire, je sais que c’est mieux, mais je n’y vois pas l’intérêt quand j’en suis encore à travailler mes contenus.

On part du postulat que pour les prestataires informatiques locaux, Linux c’est du bricolage. Et on peut comprendre qu’ils n’ont pas envie de s’intéresser à autre chose parce que les standards c’est du Microsoft dans certains cas. Néanmoins et c’est une critique que je fais régulièrement, si demain des prestataires émergent avec des solutions clé en main libres, et affichent des tarifs plus bas pour une maintenance où le mot « licence » n’apparaît pas tous les six mois. S’ils rajoutent à cela les mots « écolo », « durabilité », je serais là pour danser sur les tombes de ces sociétés qui méprisent les solutions alternatives. Malheureusement pour le moment celles-ci ne sont pas assez nombreuses mais elles existent : Micro-Linux, Opendsi ou Dotriver pour n’en citer que quelques-unes.

Une autre alternative possible c’est la prise en charge interne par un membre de l’équipe, c’est le travail que réalise Arnaud dans son établissement scolaire où tout est full Linux. C’est l’initiative de Nicolas qui m’intéresse et si je n’étais pas sur le départ, au moins sur le papier, si c’était l’établissement dans lequel je comptais arriver à la retraite ce serait certainement pour un prestataire comme celui-ci que je me battrais.

Une migration doit s’accompagner d’un suivi par des professionels parce que Linux c’est comme tout le reste, ça peut avoir des problèmes. Linux reste toutefois une solution cohérente dans la majorité des cas si on ne fait pas n’importe quoi et qu’on n’est pas un demeuré d’intégriste qui voit du libre partout.

Ce qui est bien pour moi n’est pas forcément bien pour toi et réciproquement.

Cela n’a l’air de rien mais cela fait quelque temps que je suis sous Ubuntu, la maison mère. Vous avez dû vous en apercevoir ces derniers temps avec ma série d’articles sur syncthing j’ai même durci le ton du librisme avec ma synchronisation des calendriers et des contacts décentralisée avec Decsync. Et je dis ça je dis rien, même si j’ai l’air d’un gros bouffon ce qui est totalement assumé, je suis le seul à aborder le cas de façon un peu détaillée en français. Je trouve que c’est important, parce que cela veut dire que lorsqu’on vient chez moi on peut encore apprendre quelque chose. Fin du jeté de fleurs.

J’ai un problème sur mon Asus et celui de mon épouse, les appareils sont identiques, avec l’application de SMS de Android, l’officielle de Google. De façon totalement aléatoire, quand vous voulez envoyer un SMS à quelqu’un, vous n’avez pas accès en bas au clavier. Ça a commencé à me pomper et je suis allé chercher dans F-Droid une alternative. Elle existe, il s’agit de QKSMS. J’ai installé, ça fonctionne, c’est bien plus rapide, sauf qu’il apparaît que ça ne fonctionnait pas si bien que ça et que j’ai dû faire sauter l’application. Pourquoi ? Je ne recevais pas l’intégralité des SMS. À partir du moment où il s’agit de ma ligne personnelle que j’utilise aussi en ligne professionnelle, il y a des messages que je ne peux pas me permettre de rater. Avec l’application Google, je ne rate rien, même si parfois de façon aléatoire, je ne peux pas écrire un SMS avant quelques minutes. C’est comme tout, en cherchant, je finirais bien par trouver.

Pendant que j’ouvre la parenthèse. Du fait de ne pas utiliser l’application Google, je ne peux plus utiliser le portail SMS de Google pour envoyer des messages depuis le PC ce qui est particulièrement pratique. J’ai donc installé GSConnect qui est la version de KDE-Connect mais dans un environnement Gnome. L’installation se fait en plusieurs étapes, les extensions gnome pour Firefox, l’extension GSConnect pour Firefox et un truc que je n’avais pas compris parce que ça me semblait délirant, le paquet chrome-gnome-shell. La connexion avec Firefox ne peut pas se faire si ce paquet n’est pas présent, même s’il s’agit d’un paquet avec Chrome dedans. Cela fonctionne bien, sauf si on ne reçoit pas les SMS.

La photo n’est pas un montage, il me fait honte. Et je ne sais pas si c’est pour son français avec son téléphone à 250 balles ou parce qu’il me répond en classe.

Fermons la parenthèse.

Je suis donc utilisateur d’un bureau Linux, je synchronise mes calendriers et mes contacts par un faux serveur Caldav/Carddav. Si le fait d’utiliser un bureau Ubuntu peut s’adapter au plus grand nombre, ce que je fais avec mes calendriers et mes contacts est trop bizarre pour que cela soit mis en production.

Dans le cas présent et je le dis sans honte, il vaut mieux utiliser si on n’a pas les compétences pour mettre en place un serveur Nextcloud, les services de Google intégrés dans le téléphone Android. En effet, si le téléphone meurt et qu’on a tout sauvegardé dans le téléphone, on perd tout, mieux vaut confier ses affaires à Google plutôt que de se retrouver à poil en attendant une meilleure solution. Je ne fais utiliser ma solution aux membres de ma famille parce qu’elle est trop complexe à gérer, je préfère qu’ils utilisent Google, ils auront moins de problème si je devais mourir.

Il est important de comprendre que ce n’est pas parce que ma solution me convient qu’elle convient au plus grand nombre, il est important de comprendre que le mot propriétaire n’est pas sale et doit dans certains cas cohabiter avec du logiciel libre. S’il fallait basculer mon établissement sous Linux, les postes secrétaires compte tenu des applications métiers devraient rester sous Linux, de la même manière changer l’intégralité des TBI pour en avoir des compatibles avec Linux ne serait pas une bonne idée. Faire des économies, faire durer le matériel, c’est aussi faire du compromis.

Que ce soit à titre individuel, ou à titre collectif, l’utilisation de Linux ne peut pas se faire de façon brutale, elle doit être accompagnée, elle doit être visée, planifiée. S’il fallait que je m’investisse dans mon établissement, si je ne devais faire qu’une seule chose, ce serait une migration complète vers Libreoffice avec la suppression d’Office 2007. Ce travail d’accompagnement qui aurait lieu d’être est énorme, car il imposerait à bon nombre d’enseignants de retravailler l’intégralité de leurs cours sur un nouveau support. Pousser quelqu’un dans l’eau et attendre de voir s’il nage, ça ne marche pas.

Ceux qui parlent.

J’ai regardé cette vidéo de Sébastien d’Actualia.

Sébastien explique qu’il quitte le monde de Linux pour se consacrer à MAC et Windows. Il le fera certainement trois semaines jusqu’à utiliser une nouvelle distribution Linux. Il y a dans le libre, dans Linux quelque chose d’attractif, de passionnant, quand on y a goutté, on ne peut plus s’en passer. De la découverte, du masochisme, Linux c’est indéniablement l’aventure. J’ai moi-même tenter de quitter Linux plusieurs fois pour y revenir, comme un aimant.

Il y a des choses dans les propos de Sébastien qui sont à noter et j’aimerai revenir sur quelques points :

  • La condamnation des barbus
  • Le droit à l’erreur
  • Le droit à la liberté d’expression

Sébastien a rencontré un problème avec Filezilla, a dit que c’était un logiciel de la fondation Mozilla et a fait le constat que Filezilla mettait 20 secondes pour se lancer. Il a effectivement le droit de se tromper, il a raison de dire que Filezilla mettait 20 secondes à se lancer, j’avais le même problème sur mon poste. Pourtant s’il avait passé les 20 secondes d’attente à faire une recherche dans Google, moteur de recherche propriétaire qui fonctionne, il aurait trouvé que sudo apt-get install appmenu-gtk2-module et un reboot, résout le problème. Comprenez que je ne lui jette pas la pierre, j’ai fait un article de merde que j’ai conservé parce que j’assume, dans lequel j’explique que Syncthing ne fonctionne pas alors qu’il fonctionne parfaitement. J’ai plus l’habitude de tuer les blogs au grand complet que de censurer discrètement mes mauvais articles.

Lorsque nous nous exprimons, nous le faisons de façon publique et nous le faisons face à un public réputé pour son agressivité et accessoirement ses connaissances. Déjà quand on tient des propos cohérents, c’est la boucherie, si tu commences à dire que Filezilla c’est Mozilla, c’est donner le bâton pour se faire battre. S’il est choqué par des gens qui l’invitent à fermer sa chaîne, qui l’insultent, je ne le suis personnellement pas, car on a finalement à pas grand-chose le public qu’on mérite.

Je fais partie de ceux qui parlent, Sébastien aussi, je fais partie de ceux qui en parlent souvent le plus mal, Sébastien, d’autres aussi. Quand j’écris que Linux c’est de la merde, quand j’écris que Manjaro est la pire distribution au monde, cela me fait rire, parce que je sais que cela va faire réagir, parce que cela fait partie du jeu. Sauf qu’étant mauvais joueur de nature, je ferme les commentaires et je ne fais aucune promotion de mes articles, ni sur le jdh que je remercie de continuer à respecter la règle Bornienne de ne pas me linker, ce qui est fait de façon générale dans la blogosphère francophone pour ce qu’il en reste.

Nous faisons des choix, que nous assumons plus ou moins mal, avoir des commentaires ouverts c’est offrir un droit de réponse, presqu’en vouloir un, faire des vidéos sur Youtube c’est s’offrir à la plateforme la plus vue au monde, une plateforme populaire dans tous les sens du terme, on peut donc difficilement s’étonner de se faire écharper.

Parler de Linux et du logiciel libre en mal, c’est desservir la cause quand on a un peu de visibilité, et si effectivement des réactions sont totalement disproportionnées au point qu’on a parfois l’impression d’avoir insulté une maman, on ne peut pour autant se dédouaner de la parole prononcée, raconter tout, son contraire et s’étonner d’agacer ou de faire réagir. Je me doute qu’il y aura forcément des réactions à mes propos, et si ça en vaut la peine je donnerai une réponse. Je ne voudrais pas me lancer dans des polémiques stériles pour faire monter les statistiques des uns ou des autres. Les jeux du cirque attirent la foule mais pour les mauvaises raisons.

Cela ne se voit peut-être pas, mais j’essaie avec les années de ne pas tomber dans la facilité, j’essaie de présenter des solutions, des expériences, et j’espère, comme je l’ai dit plus haut qu’on arrive encore à apprendre quelque chose ici car cela reste pour moi le but premier de l’écriture, le partage.

Ils y arrivent, ceux qui proposent quelque chose de pas forcément positif, de juste, de droit, de professionnel. J’ai cité Nicolas qui produit des tutoriaux très complets, très professionnels, sur Youtube il est aussi possible de faire de l’éducation populaire de très bonne qualité, Adrien qui a franchi le cap des 13000 abonnés, n’a pas l’air de se faire incendier plus que ça, alors que je suppose, il partage le même public.

Entre la démagogie et le troll, il y a un juste milieu, la justesse, j’en suis personnellement incapable, et je m’en excuse, c’est d’ailleurs pour cela que j’écris de moins en moins sur le logiciel libre, faisant plus de dégâts que de bienfaits. La liberté d’expression n’excuse pas tout et elle va dans les deux sens. S’il apparaît que la sensibilité du Linuxien est exacerbée, si on ne veut pas ramasser derrière, il faut alors apprendre à modérer son propos ou assumer le retour de flamme. Sébastien a raison sur un point, il ne faut pas cacher ce qui ne va pas. C’est parce que des gens ont souligné le comportement anormal au lancement de Filezilla que j’ai pu corriger mon problème. Et c’est certainement ici que se joue tout l’enjeu de la critique constructive, signaler dans le ask ubuntu qu’on rencontre un problème et dire dans une vidéo que ça ne marche pas, il y a tout un monde.

Dans mes satisfactions, parce que mes combats sont ailleurs, les quelques machines d’occasions vendues par le biais du blog, le forum des bons pères de famille où l’on échange en toute sérénité, et quelques billets qui méritent encore le coup d’être lu, même si je file un peu skippy le grand gourou.

Le mot de la fin

Je lis pas mal de choses sur Greta Thunberg en ce moment, et je suis certainement comme dans l’article, victime de l’effet Stroop. Greta, c’est finalement pas loin d’être RMS, une représentante décriée, des bévues en pagaille, des erreurs. Et pourtant, si on arrive à extraire toute la masse d’informations, des vraies, des fausses, pour n’en retenir qu’une seule, il apparaît de façon évidente qu’on va tous mourir, et qu’il faudrait se remuer un peu si l’on veut sauver la planète. Le seul message sur lequel on devrait se concentrer plutôt que de savoir si Greta est manipulée ou si elle voyage dans le temps.

Le logiciel libre, c’est pour moi exactement la même chose, même si on ne le voit pas de façon évidente, sauf si on est capable de poser un œil un peu professionnel dessus. Lorsqu’on voit l’affaire Huawei, où pour des histoires de concurrence, les States parviennent à faire tomber sans effort l’un des plus gros vendeur de téléphone au monde, lorsqu’on voit l’étau qui se resserre sur la réparation sur l’utilisation des données personnelles, c’est la perte de contrôle totale.

Le logiciel libre au moment où j’écris ces lignes a du mal à se structurer, en France en tout cas, pour tous les motifs évoqués : les mentalités difficiles à changer chez les utilisateurs finaux comme chez les prestataires de service, chez les gens qui veulent du libre de partout sans considérer le besoin réel des gens ou encore les communicants qui n’aident pas toujours la cause. Je pense qu’à l’instar de l’écologie, du DIY, du vivre ensemble, la réflexion sur l’informatique finira par rentrer dans l’urgence et qu’à ce moment-là, tout sera possible. Pour l’heure et comme je l’ai écrit plus haut, quand dans certaines municipalités on envoie 26000 cartes de vœux jetables avec des piles au lithium, c’est qu’on n’est pas assez loin dans la détresse pour avoir envie de changer de mode de vie.

L’autre mot de la fin

Il s’agit de mon dernier billet de ce type, je n’écrirais plus sur la philosophie Linux parce que de toute façon tout le monde s’en fout. Ce qui vous intéresse, ce qui m’intéresse c’est de savoir que désormais je vous ai apporté une solution pour synchroniser vos calendriers, pour lancer Filezilla en trois secondes et avoir un SMS sur deux avec un logiciel libre mais pouvoir le consulter avec son PC sous Linux grâce a GSConnect.

Savoir qu’il y a des barbus qui sont méchants on le sait, il y a surtout des gens géniaux dans le monde du logiciel libre et je suis ravi d’en côtoyer tous les jours à travers le forum ou au lycée. J’échange entre midi et deux avec mon collègue Gilles qui est en dual boot Debian / Slitaz et qui partitionne des disques durs endommagés pour éviter les clusters qui poseraient problèmes. On se régale à échouer de paramétrer nos photocopieurs Xerox sous Linux, c’est notre combat du repas.

Savoir qu’il y a trop de distributions et qu’il y a trop de gestionnaire de fenêtres ne vous aidera pas à faire votre choix. Vous savez que j’ai personnellement fait le mien, Ubuntu sur ma machine personnelle, je ne sors plus des sentiers battus avec ses spins, et pour le lycée je reste sous Debian pour profiter de la tranquillité des trois ans. D’autres ont fait d’autres choix, avec autant d’arguments pertinents, lisez leurs textes, laissez-vous convaincre et faites vous votre propre expérience.

Je préfère mieux ne rien écrire que de tomber dans la facilité du dénigrement. J’écrirais sur mes échecs comme sur mes réussites, je placerai de temps en temps un Linux c’est de la merde parce qu’il faut bien rigoler, mais ma préoccupation première n’est pas la réflexion, la philosophie ni comment amener des gens à l’utilisation quotidienne du logiciel libre mais bien partager mon expérience d’utilisateur, comme j’aimerais que d’autres la partagent.

Je suis venu à Linux pour la culture du DIY, parce que j’aime avoir les mains dans la merde et quand on lit ce blog, on sait que je parle au premier degré. Je retrouve dans ma petite communauté francophone, ce partage, je m’oriente désormais vers les sites anglo-saxons pour une actualité quotidienne. J’aimerais retrouver l’équivalent en France, ce n’est pas le cas actuellement mais je pense qu’une autre génération prendra le relais de la mienne. Moins trollesque, plus technique, acceptant plus facilement le compromis avec des environnements propriétaires.

Petite journée à 5000 mots, les élèves de troisième sont en stage, ça se voit, enfin ça se lit.