Tout ceci finira certainement sous Windows, mais avant un détour sous Manjaro

15/12/2019 Non Par cborne

Avant de troller, j’aimerais revenir sur mes histoires d’achat sur les sites chinois et d’achat sur les sites français, en écrivant que ce n’était plus l’affaire du siècle si on cherchait à acheter un produit un peu secure. J’ai certainement trouvé ce qui se rapprochait de ma future tablette, la Teclast P80X. Je pensais investir dans un format 9.7 ou 10.1 néanmoins avec la presbytie, le poids de la tablette c’est compliqué. Le format 8 pouces a ceci d’intéressant qu’il est léger et permet de ne pas avoir un truc trop gros à manipuler, on peut donc ajuster par rapport à sa vue déficiente. Teclast c’est la marque de mon ancienne tablette et c’est certainement avec Chuwi, l’une des marques les plus sérieuses. Revenons-en à nos moutons, les sous :

La tablette est vendue moins cher sur Amazon par la boutique Teclast ce qui me paraît être un indicateur de confiance que sur le Chinois Gearbest. Le marché des tablettes me fait penser au marché des ordinateurs portables, à la différence qu’on ne trouve rien d’intéressant en occasion du fait qu’il ne s’agit pas vraiment d’un marché qui a su toucher les professionnels. Les appareils ne se renouvellent pas, les performances n’augmentent pas, les prix par contre oui. Je vais donc « finir » la klipad à 20 balles qui fait le travail malgré sa lenteur.

Suite au bug du transfert de l’USB entre mon smartphone et mon PC, j’ai commencé à franchement m’énerver et me mettre en recherche d’une nouvelle distribution. Je ne ferai pas planer le suspense, j’ai installé Manjaro. Avant d’aller plus loin, sur les problèmes rencontrés, sur mes premières impressions sur cette distribution où je débute, j’aimerais revenir sur ça :

J’aurais pu aller jusqu’au cent pour étayer ma démonstration, vous présenter une liste de 12000 distributions, c’est inutile, ceci n’est que l’illusion d’un choix qui n’existe pas. Si on prend la première du classement, MXLinux, j’ai déjà montré le manque de maturité de cette distribution, notamment dans l’impossibilité de mettre à jour d’une version principale à une autre sans réinstallation. Si je devais réellement installer une distribution à base de deb, j’éviterai toute forme de fork, Ubuntu compris parce que c’est truffé de bugs, et qu’on joue les apprentis sorciers à mettre en concurrence les deb, les snap et les flatpak. Nous sommes arrivés à la situation paradoxale où l’univers Windows est plus clair que l’univers Linux dans la provenance des logiciels installés. La force et la faiblesse de Linux c’était de savoir qu’on allait piquer dans un dépôt d’applications précis, et que sorti de ce dépôt d’applications précis, on rajoutait un dépôt supplémentaire, de façon délibérée. Cet acte pas anodin n’était pas forcément simple et on comprenait ce qu’on faisait. Aujourd’hui avec une distribution qui pique dans snap ou dans deb sans que je sache d’où vient le logiciel que j’installe, c’est la mini-crise de confiance.

Un retour à Debian serait réellement difficile, je n’ai pas envie de m’investir dans une configuration fine pour installer certains logiciels même si à la réflexion, le fait d’utiliser de moins en moins de logiciels et de plus en plus de services internet rendrait la chose pas si terrible que ça.

Manjaro apparaît un peu comme une évidence, c’est une distribution qui maintenant est rodée, à destination de l’utilisateur final dans la façon dont elle est conçue : une rolling release pour avoir les logiciels les plus récents. Elle n’est pas basée sur Ubuntu ce qui permet d’éviter les problèmes de la branche debian / Ubuntu. L’installation ne pose aucun problème, on notera cet écran qui m’a fait sourire :

Il s’agit de la mise en concurrence de Libreoffice et de FreeOffice, j’avais lancé FreeOffice pour réaliser qu’il s’agissait d’une suite bureautique aux fonctionnalités tronquées. Pour ma part je reste sur Libreoffice en tant que solution locale par habitude, si réellement il fallait que j’abandonne Libreoffice ce serait pour passer à LaTeX ce que je ne ferai pas. Les difficultés de mes élèves, les changements pédagogiques, les changements dans les difficultés de mes élèves, font qu’il faut que je me concentre plus sur le contenu que le contenant. Il est toutefois notable de voir cet écran totalement stupide, pourquoi ne pas proposer Chrome ou Firefox par défaut ? Pourquoi proposer Steam par défaut d’ailleurs qui est tout de même l’un des chantres du logiciel propriétaire de ces chiens de capitalistes et qui ne concerne qu’une tranche fine de la population des utilisateurs Linuxiens.

L’installation d’une Manjaro est similaire à celle d’une Ubuntu, rien à signaler. Les difficultés rencontrées :

lorsque j’ai copié mon .mozilla dans le home, j’ai eu le message suivant. Using an older version of Firefox can corrupt bookmarks and browsing history already saved to an existing Firefox profile. To protect your information, create a new profile for this installation of Firefox. Il est alors obligatoire de créer un nouveau profile, jouer avec about:profiles n’apporte absolument rien de plus. L’astuce, j’ai mis un moment pour la trouver c’est de faire la commande : firefox -allow-downgrade. Solution trouvée sur reddit.

Je me suis retrouvé avec VLC sur une qualité de films réellement dégueulasse. J’ai pensé que cela pouvait provenir de la gestion de ma carte vidéo au niveau global avec un souci de pilote, ce n’est pas le cas puisque les vidéos en 1080p passent sans problème dans youtube. Ma carte est un ancien modèle de Radeon, dans les preferences, les codecs, décodeur video VA-API. Solution trouvée sur le forum anglo-saxon.

On retrouve la problématique similaire à celle que j’évoquais pour les distributions Ubuntu à savoir le mélange des genres, des origines des paquets, des dépôts. À priori c’est plus ou moins mauvais chez Manjaro mais je dirais que ce n’est pas si grave que cela à partir du moment où cela fonctionne de façon totalement transparente

Il faut comprendre mon positionnement. Je me positionne en tant qu’utilisateur débutant à qui l’on fait la promesse d’un système d’exploitation simple à utiliser et qui sur le principe ne demande pas d’investissement de ma part. J’ai fait la recherche de jdownloader qui n’apparaît pas dans les dépôts, le logiciel qui permet d’installer l’ensemble des programmes est propre.

Pamac permet si je le comprends bien, d’aller chercher les paquets à l’endroit qui va bien, à l’endroit traditionnel comme synaptic permet d’installer des deb. J’apprécie d’ailleurs le fait que les paquets « officiels », ne soient pas mélangés avec le reste c’est-à-dire les flatpaks, les snaps, les appimages et j’en passe qui se retrouvent dans un autre logiciel, bauh :

Comme vous pouvez le voir, j’ai installé JDownloader et teamviewer qui sont des logiciels privateurs de la pourriture impérialiste, sauf que cela ne s’est pas passé comme cela. Teamviewer est pour moi la bouée de secours qui m’évite d’aller me taper un aller-retour à Narbonne pour dépanner le beau-père. Dans l’absence de solution libre bien plus évidente et tant qu’il est gratuit, je continuerai d’utiliser ce logiciel qui doit nous espionner un peu. Dans bauh, on arrive à l’écran ci-dessous pour une installation de teamviewer

Si je regarde, teamviewer ne s’est pas installé, et je ne sais pas pourquoi, quelle est l’anomalie, pourquoi alors que j’appuie sur installation ça ne fonctionne pas. On m’invite d’ailleurs à consulter les logs d’installation ce qui sort du cadre de l’utilisateur normal pour trouver ça :

mkdir -p /tmp/bauh/aur/build_1576422133

rm -rf /tmp/bauh/aur/build_1576422133

Pas très parlant.

J’ai besoin de Teamviewer, je fais une recherche avec installation Teamviewer et Manjaro. Alors que sur Ubuntu même les trucs les plus tordus tu les trouves en Googlant deux secondes, ici c’est plus difficile, et j’ai mis un peu plus de temps pour trouver la procédure :

pacman -S yay
yay -S teamviewer
systemctl enable teamviewerd

Forcément ça s’installe mais c’est ici que ça commence à me déplaire, je suis en train de faire des lignes de commandes que je ne maîtrise pas sur un système que je ne maîtrise pas, un système qui théoriquement est adapté aux débutants. Comprenez qu’il ne s’agit pas de bashing traditionnel, mais d’une impression de malaise. Au lancement Teamviewer ne trouve pas de connexion internet, il faudra résoudre le problème avec un :

teamviewer –daemon start

Si ma distribution crashe, je n’aurais certainement aucun moyen de m’en sortir. Il s’agit effectivement du seul problème rencontré en 24 heures pour un système facile, agréable et où tout à l’air de fonctionner, j’ai néanmoins rencontré cet écueil en moins de deux heures et j’ai dû commencer à mettre les mains dedans ce qui n’est pas pour moi une situation normale.

À l’heure actuelle, on comprend bien que le bureau Linux se cherche, mais en fait quand ne s’est-il pas réellement cherché ? Il y a 15 ans, avec Ubuntu qui débarquait et qui donnait une première approche, on pensait avoir trouvé la voie. Qu’est-il arrivé ? La multiplication des bureaux. Gnome qui a abandonné le bureau classique pour suivre la voie de l’interface tablette. Ubuntu qui s’est trompé pour repasser à Gnome. KDE qui va à toute vitesse pour passer d’un KDE 3.5 à KDE 4 qui n’a jamais été stabilisé. Et aujourd’hui on cherche le paquet idéal, et comme on n’arrive pas à déterminer qui sera le bon cheval, on fait un mix de l’ensemble pour avoir le plus grand choix possible au détriment de la stabilité et de la lisibilité.

J’évoquais plus haut le leurre du nombre de distributions Linux. Si Manjaro tourne à l’échec et que j’essaie d’éviter les distributions à base de Debian / Ubuntu pour voir autre chose, qui reste-t-il vraiment ? Fedora et les problèmes systématiques que je rencontre à chaque installation ? Opensuse que j’arrive à faire crasher dès l’installation ? Solus qui en est à ses balbutiements ? La réponse est claire, soit je tente de me configurer une Debian sachant que je n’en ai absolument pas envie, soit je retourne sous Windows 10.

Pour l’instant on va tenter de rester positif, et imaginer que Manjaro est la distribution qui va bien.