Toulouse, Toulouse, c’est la ville rose, où tout n’est pas si rose

27/10/2018 Non Par cborne

Ami Toulousain, si tu étais amené à lire ce billet, tu risquerais de prendre les choses plutôt mal. Tu pourras toutefois te réfugier derrière deux possibilités. Cyrille BORNE est l’éternel aigri de la blogosphère, Cyrille BORNE a quand même un peu roulé sa bosse et il peut être intéressant de lire ce qu’un regard extérieur porte sur ta ville. Et d’ailleurs pour information, cela intéresse la municipalité puisque nous avons répondu à une enquête pendant la file d’attente du muséum d’histoire naturelle.

L’idée de départ c’est une série de rendez-vous médicaux, mon épouse repasse sur la table d’opération. Tout le monde ne fait malheureusement pas la même quarantaine que moi. Du fait d’avoir trois rendez-vous dans la même après-midi, on a mis un Airbnb autour. Airbnb c’est le mal, Airbnb c’est moins de 200.000 € d’impôts en France, néanmoins pour un voyage à quatre au format adulte, Airbnb c’est le bien pour mon portefeuille, 45 € la nuit. Un grand appartement complet avec seulement deux chambres, spacieux, propre, équipé, mon fils aimant tester la qualité de tous les canapés de France. Destination Labastidette, un trou paumé à 20 km au sud de Toulouse. Il est à noter que nous nous sommes faits annuler notre réservation par deux fois, avec un mois d’intervalle après la réservation. J’étais donc un peu dans l’urgence et bien content de pouvoir réserver même si chacun n’avait pas sa chambre.

Labastidette est très bien placé, une boulangerie formidable qu’on aura fait travailler toute la semaine, comme quoi Airbnb fait aussi gagner de l’argent aux locaux, une pharmacie, un Auchan à 3 km avec le diesel plus cher que l’essence. Pour aller visiter la capitale, on a voulu faire bien, c’est-à-dire utiliser le parking relais de Basso-Cambo puis prendre le métro derrière. Le métro, j’en ai bouffé en région parisienne, l’impression ici c’est qu’on s’est doté d’un métro pour faire la grande, on a bouclé l’intégralité de la ville à pied, se rendant compte que les stations étaient parfois séparées de moins de 500 mètres. Revenons en à nos histoires de parkings. Au premier jour, nous sommes arrivés à 10 heures pour se rendre compte que le premier parking était plein. Pour le second, il restait deux places, une dans laquelle on ne pouvait pas se garer parce que les gens s’étaient garés n’importe comment, l’autre où il fallait une petite voiture tellement les gens avaient serré ou faire le contorsionniste, on m’appelle le boa. J’ai réussi à m’extraire de mon véhicule mais je dois reconnaître que pour le lendemain, j’ai commencé à étudier un peu la situation. J’ai trouvé cet article de 2014 où l’on explique déjà il y a quatre ans, que ces parkings sont pleins … La réflexion est donc la suivante. On a un gouvernement qui matraque le concitoyen sous le prétexte fumeux de l’écologie, mais il apparaît que ni le véhicule électrique ni la ville ne sont prêts à accueillir le nouveau mode de fonctionnement qu’on attend de nous.

Toulouse n’est pas prête, comme je suppose peu de villes le sont, j’ai prévu de faire un tour à Montpellier bientôt, le système est le même, ont-ils eu l’intelligence d’avoir une capacité de parkings suffisamment grande pour accueillir les gens qui veulent utiliser les transports en commun ? J’ose à peine imaginer en période scolaire, avec des gens plus nombreux, les vacances aident, lorsqu’on voit que le périphérique est bondé à toute heure, cela ne donne vraiment pas envie. Qu’aurait-on fait si nous n’avions pas pu nous garer, quand on voit la difficulté de circuler dans ce coin et qu’on a l’habitude des routes dégagées de la campagne ?

Toulouse n’est indéniablement pas une ville touristique, et a intérêt à en prendre la dimension. Même si le patrimoine est important, on y viendra plus loin, la ville est sale avec des sacs poubelles dans tous les coins, des déjections canines, la ville est en travaux, il n’existe pas de véritable centre piétonnier ce qui est une hérésie. Cela va vous surprendre, mais chez moi, quand tu vois une rue pavée, c’est une rue piétonne à 90% du temps. Ici circulent à toute vitesse, voitures, vélos, piétons, avec une absence complète de trottoirs. Commercialement, c’est catastrophique, on retrouve le même phénomène que je connais à Nîmes, la disparition des boutiques des centres commerciaux. C’est encore un des paradoxes notables, on veut que les gens lâchent la voiture mais on exporte l’offre dans des temples de la consommation à l’extérieur des villes.

Les boutiques ne manquent pas pour, bien au contraire, on retrouve encore un nouveau symptôme des villes, à savoir que si les grandes enseignes désertent les anciens centres commerciaux, dans le cas présent le Saint George, on voit apparaître de nombreux indépendants dans la restauration où vous pouvez manger de tout, des boutiques de jeux de société, de musique, de vêtements et j’en passe. Toulouse est très vivant, beaucoup de jeunes, à la différence des facultés de Montpellier qui sont excentrées, ici elles sont quelques-unes à être à quelques centaines de mètres du Capitole ce qui a pour effet de remplir le centre en permanence.

C’est ici que je me rends compte que j’ai pris un sacré coup de vieux, la foule, les jeunes, la course, ces gens toujours pressés, je l’ai connu, ce n’est plus vraiment mon rythme. En fait si, mais un rythme plus individuel, plus un mouvement de masse, où tu cours de façon collective pour arriver au travail, pour prendre le bus ou le métro. J’ai fait un tour dans la Fnac, cela faisait vraiment longtemps que je n’avais pas mis les pieds dans le magasin sans que cela me manque, cette enseigne est vouée à disparaître, c’est une évidence. Entre la dématérialisation inévitable des livres, de la musique, des films, les tarifs complètement prohibitifs affichés, des vendeurs qui discutent de leurs congés au lieu d’aller au contact avec le client, comment résister à la pression de l’internet ?

Alors qu’à Barcelone nous avions globalement fonctionné avec des bouquins du fait de ne pas avoir envie de se retrouver avec une facture de 12000 € d’internet pour une petite ligne mal lue dans le contrat téléphonique, nous avons fait l’intégralité de nos visites avec notre ami Google. Téléphone à la main pour trouver le prochain lieu à visiter, les restaurants, c’est à se demander comment on faisait avant. Alors effectivement Google Maps c’est le mal, mais je dois vous reconnaître qu’avec femme et enfants, tu ne te poses pas la question de l’efficacité d’open street map. Je vous promets que le jour où je me promène seul je commence à tester les applications alternatives.

Durant ce voyage, mon ami aura été indéniablement Google Maps, voici mes deux nouveaux compagnons de route.

Sur ma gauche un support de smartphone pour voiture enfin efficace et pas cher. J’ai payé ça 8 € chez Auchan, et comme vous pouvez le voir, cela se fixe à la grille de la climatisation. Le problème évident c’est que lorsque tu te cailles, et bien tu ne mets pas le chauffage sinon tu mets le feu à ton smartphone qui chauffe déjà bien assez comme ça. La position est convenable même si plus haut c’est mieux, néanmoins pour avoir pris le périphérique intérieur et extérieur de Toulouse dans tous les sens, le système est fiable. Tous les systèmes à ventouse que j’ai été amené à utiliser ont fini par tomber, la dernière chute je revenais de ma formation du côté de Castelnaudary. À 130 sur l’autoroute ce n’est pas le genre de choses dont on veut se préoccuper. Sur ma droite, batterie externe à 2500 mA payée 9.90 € à Darty. Cher pour ce que c’est, pour la petite histoire, on a vu la même vendue le double chez la Fnac, je vous le dis, ces gens sont fous. Dans le cadre d’une utilisation intensive, avec des journées complètes, il apparaît que nos smartphones qui doivent tourner entre 2300 et 2600 mA, c’est court. La batterie externe est donc mon nouvel ami des journées éloignées du secteur.

Si je devais retenir une chose de ce voyage, une chose de plus, c’est que ça se prépare et que la technologie est un véritable atout. Au niveau des autres appareils, ce billet de blog est intégralement rédigé depuis mon ASUS X201E à la fin du séjour, la nuit de la veille de notre départ, ma tablette m’a permis de continuer à bouquiner de la bande dessinée.

Au niveau des visites, nous n’avons pas été bien originaux pour rester dans les grands classiques, le couvent des jacobins, avec une exposition de sculpture moderne qui fait peur. Comme l’ensemble des visites que nous avons pu réaliser sur Toulouse, le tarif est raisonnable, la partie interne avec le jardin est fermée au public, quatre euros pour les adultes, gratuit pour les moins de 18 ans.

Certainement ce que j’ai trouvé le plus sympa, c’est le jardin japonais. Je crois d’ailleurs que comme dit plus haut, je suis en train de prendre un coup de vieux. Je suis plus réactif désormais à la notion d’expérience qu’à la notion culturelle. Je pense que c’est implicitement lié à mon mode d’apprentissage, j’aurais du mal à suivre un cours, sauf si c’est une conférence atypique, qui n’est pas traitée dans mes sites web, alors à ce moment-là je suis réceptif. On y viendra plus loin avec la cité de l’espace. Donc l’expérience, celle de se retrouver dans le gigantisme d’une église ou celle de se retrouver dans un jardin zen avec les poissons autour, c’est désormais mon truc. Le jardin japonais est coincé dans un grand jardin, à proximité d’une université et du canal du midi, la reconstitution est réussie, on s’y croirait.

Cette notion d’expérience, de changement dans la façon d’apprendre, je ne suis pas le seul concerné, je dirais même que ce n’est pas moi le cœur de cible mais nos jeunes qui ne peuvent plus déchiffrer des panneaux de plusieurs dizaines de lignes avec un vocabulaire compliqué. Alors que je pestais l’an dernier sur Tautavel qui avait franchement mal vieilli et qui avec ses vieux panneaux à l’ancienne faisait penser à une exposition d’une classe de quatrième, les visites Toulousaines sont toutes 2.0. Le musée d’histoire naturel en est l’exemple type, on n’est plus dans une progression linéaire de l’histoire, on fait des mélanges, par exemple on va vous présenter des Matriochkas à côté des animaux pour expliquer le besoin de classification des êtres. Au même endroit un jeu avec des couleurs et des formes, interactif, où il faut établir une classification. Nous sommes désormais de toute évidence à l’heure du ludique, reste à s’interroger si à la sortie le gamin se rappelle avoir mis des voitures et des ballons de la même couleur dans un panier, ou s’il a appris quelque chose de plus profond. J’ai quelques doutes.

A l’intérieur du musée, le jardin des plantes de Toulouse. Ici pas d’explication, c’est brut, la plante, son nom, parfois un jeu de senteur, pas plus. L’exploit résidant dans la cohabitation des espèces, et dans le travail des jardiniers. À réserver vraiment aux amateurs.

Les incontournables bords de la Garonne. Comme je suis un peu court en texte, je vous donne une explication pour le titre de mon billet de blog notamment pour les plus jeunes d’entre vous. Il s’agit des paroles de la chanson Toulouse, du groupe Zebda. Zebda est un groupe toulousain qui s’est engagé politiquement, et qui s’est fait connaître à l’époque avec sa chanson le bruit et l’odeur, en référence au propos de Jacques Chirac qui tentait de ramasser des voix de l’extrême droite.

La cité de l’espace qui est the place to be ou en tout cas the place à visiter, est certainement celui qui m’aura ennuyé le plus. Tarif de fou où tu ne payes pas quand tu es enseignant, et c’est presque la seule fois dans ta vie de prof où tu as l’impression d’avoir vraiment gagné quelque chose, pour nos deux gosses 35 €, si on avait dû payer on en aurait pour environ 90 € soit l’équivalent d’une journée à Port Aventura pour quatre. La comparaison peut vous sembler pourrie mais c’est quand même une sacrée somme, et Port Aventura ce n’est pas rien. Je ne vous évoquerai pas la restauration sur place, une honte, pour se concentrer sur ce qui m’a gêné le plus.

Bon, c’est ma faute, je le prends pour moi, la thématique de l’espace ne m’intéresse pas. J’ai trop les pieds ancrés dans le sol pour penser à ce qui se passe dans le ciel. Je vois en plus dans la conquête spatiale, un aveu d’échec de l’homme qui regarde quelle sera sa prochaine destination à pourrir plutôt que de tenter de vivre en harmonie avec la terre. Pour le reste, malgré la grande part d’interactivité qu’on retrouve dans les musées modernes, il y a beaucoup, beaucoup de choses à voir qui font traîner le visiteur en longueur. J’ai tendance en plus à me dire que ces contenus n’ont rien d’exceptionnel et que je peux trouver la même chose sur Youtube. À l’instar d’un parc d’attraction, il ne faut pas rater telle démonstration ou telle conférence, je trouve que c’est pénible, on voit les gens se mettre à courir pour ne pas en rater une miette, pas vraiment ma notion de la distraction. Le plus intéressant c’est ce qui colle à la réalité des astronautes, le caca bien sûr, on ne se refait pas, la nourriture lyophilisée, la réplique de la station orbitale qui permet de mieux imaginer les conditions de vie, pour le reste, c’est long. Je suppose que pour quelqu’un de passionné par la thématique, ça doit être l’éclate, mais comme je le dis, je passe de l’autre côté, la recherche de sensations.

Voici la fin de cette parenthèse, quand vous lirez ce billet qui doit être truffé de fautes (@cascador, régale-toi), je serais sur la route du retour. Il me restera une courte semaine de vacances pour souffler, la période qui nous amènera aux vacances de la Noël sera complexe, en même temps quelle période n’est pas complexe chez moi, je vous le demande !