Spiderman PS4, bravo l’artiste

21/06/2020 Non Par cborne

Je continue donc de rentabiliser mon PS4 now, était offert le Spiderman, une exclusivité PS4 développée par les gens qui ont fait le dernier God Of War, un beau CV. Si je ne tiens pas compte des jeux débiles sur DS, c’est le troisième jeu un peu sérieux Spiderman que je fais, les deux derniers étaient sur PS3, j’avais gardé un assez bon souvenir d’un open world, c’est encore le cas.

Qui dit open world dit quêtes débiles, dit Assassin’s creed, dit Batman. Qui dit Batman dit trouver les deux cinquante-quatre trophées de Nigma et dit répétitivité à outrance ou qui dit Assassin’s Creed dit trouver les cent plumes dans la ville de Rome. Je me suis tapé l’intégralité des quêtes débiles de ce type qui vont de photographier l’intégralité des bâtiments de New York, à chopper une douzaine de pigeons, trouver les cinquante sacs à dos et j’en passe, sans une once de lassitude. Et c’est ici ce qui me paraît important de signaler, la map, les indications sont telles qu’on ne se décourage pas, il n’y a pas de quête infaisable et stérile. Il doit me manquer quelques défis où je n’ai pas eu le maximum, je finis honorablement le jeu à 79%. Le jeu est vraiment plaisant, très fluide, on massacre des hordes d’ennemis sans trop de difficultés, en se régalant de maîtriser l’ensemble des supers pouvoirs de Spiderman. Je noterai toutefois deux défauts :

  • La caméra parfois a du mal à suivre, comme certains déplacements du personnage qui posent problème. C’est vraiment grossier, on essaie de sauter sur une rambarde et on la rate, j’ai souvent eu des problèmes de précision dans le déplacement. Il faut dire que le jeu est vraiment rapide, basé sur les réflexes, qu’il y a une multitude d’objets affichés à l’écran, si bien qu’on peut comprendre, sans forcément le tolérer que ça ne fonctionne pas à 100M
  • Comme souvent et c’est malheureusement le cas pour ce style de jeux, la multitude de gadgets proposés ne sert absolument à rien alors qu’on va utiliser la panoplie de mouvements. Il apparaît en effet que les combats sont déterminés par le type d’adversaires que vous avez en face, comme dans Batman. Par le fait, le gars qui arrive avec son bouclier ne pourra se faire prendre que par une feinte entre les jambes et une projection dans les airs. Si on maîtrise la batterie de mouvements sans problème, utiliser la bombe de toile ou tous les mods de tenue, semble surfait, même pour les joueurs les plus pervers. On va balancer des toiles en pagaille pour coller au sol ou au mur, pas plus. Dans les mods de tenue, il doit y en avoir une bonne vingtaine, j’ai utilisé le drone qui électrocute sur la quasi-totalité du jeu sans même avoir la curiosité de voir ce que fait le reste. Trop de choses à faire.

Au niveau de l’histoire et de l’ambiance, c’est tout le contraire du Tomb Raider que j’estimais mauvais. Les doublages sont excellents, les très nombreuses cinématiques, y compris les plus anodines, sont parfaitement jouées et vous plongent vraiment dans l’ambiance.

Peter Parker est donc Spiderman, et on démarre le jeu en fanfare en mettant en prison Fisk, le truand de la ville qui a main mise sur l’ensemble des trafics. Il apparaît alors qu’il vient d’être mis en prison, qu’un mystérieux groupe d’hommes asiatiques avec des masques qui font peur, prend la relève pour s’emparer de l’ensemble du trafic de Fisk. Cet aspect de faction est particulièrement intéressant, puisque vous avez les hommes de Fisk qui affrontent les démons, et quand la situation devient incontrôlable c’est le Sabre qui débarque, une armée privée avec du gros matériel. La ville de New-York très réussie comme on peut s’en douter, les monuments, l’animation, est une ville changeante et c’est un point très positif, qui va évoluer selon les incidents qui se produisent. Le cycle nuit, jour est aussi fait pour rajouter à cette ambiance de réalisme.

Et pendant qu’on fait la vie trépidante de Spiderman, on fait aussi la vie moins trépidante de Peter Parker, ses difficultés à payer son loyer, sa rupture avec MJ sa copine journaliste, son job mal payé pour Otto avec qui il fabrique des prothèses ou encore son aide au centre bénévole de tante May. C’est cet ensemble qui est remarquable, bien plus qu’un Batman, la narration est tout simplement parfaite.

Je dois reconnaître que le jeu m’a surpris, parce qu’après avoir fait le boss des démons, je pensais que j’allais vers le combat final, et j’étais quelque part déçu, car on n’affronte quasiment aucun super méchant dans le jeu. Il s’agit d’ailleurs pour moi d’une erreur. Dans Batman, ce qui est vraiment l’éclate, c’est que les missions secondaires vous amènent vers un méchant bien connu, qu’on prend beaucoup de plaisir à marave, quand dans ce Spiderman, on ne tabasse quasiment aucun super ennemi. Le jeu a fait le choix de les réserver pour la fin, ce qui fait que le final fait monter le jeu en puissance de façon très conséquente, trop conséquente, quand on s’attend à voir une montée crescendo.

Et le final, quel final, c’est digne d’un block buster américain. Le jeu pourrait être adapté tel quel, ce ne serait pas honteux. À part les quelques problèmes techniques et d’armements signalés plus haut, pas grand-chose à dire, si ce n’est pas la possibilité de jouer MJ et Miles qui sera le prochain Spiderman sur la PS5 dans des scènes d’infiltrations que j’ai trouvée franchement pénibles au début et qui s’améliorent par la suite avec une très bonne scénarisation. On notera aussi l’abus de mini-jeux, toujours mauvais pour la santé qui consistent à assembler des pièces pour faire du séquençage de matières inconnues ou faire circuler du courant électrique d’un point A vers un point B.

Spiderman est une très grande réussite, un très bon jeu, qui s’inscrit parfaitement dans un abonnement de jeux à la demande. Un jeu qu’on fait une fois, d’un trait, mais qui finalement ne prête pas à y revenir, un peu comme un film. Vendu aux environs de 15 € actuellement, avec les 15 € du Tomb Raider, je suis quasiment à l’amortissement.