SNT – Réseaux sociaux, données structurées

12/07/2020 Non Par cborne

Je continue à me taper le programme,je dois reconnaître que plus on avance, plus on s’enfonce. La partie sur les réseaux sociaux est assez intéressante comme on peut s’en douter, je n’ai pas pu m’empêcher d’illustrer mon cours avec la série d’ARTE sur la dopamine qui me fait franchement marrer.

Dans la partie sur les réseaux sociaux, on demande l’utilisation des graphes, de façon à réaliser des relations simples, pour montrer la distance entre les individus, et notamment la fameuse théorie que vous êtes à six personnes de n’importe qui sur la planète terre ce qui ne veut rien dire à l’époque des réseaux sociaux. On fait donc intervenir tout un tas de définitions, sommets, arêtes, rayon, centre ou diamètre, un vocabulaire qui n’est pas exactement le même que celui des mathématiques. J’ai déjà vu pas mal de limites dans les livres, des erreurs mais je dois reconnaître qu’avec trois bouquins sous les yeux, je n’ai pas réussi à comprendre. Parfois, on a quand même l’impression et c’est certainement le cas, que les bouquins ont été écrits à l’arrache. J’ai trouvé l’explication la plus claire chez David Roche qui s’est positionné dans les premiers pour donner ses contenus librement sur le net. Il offre un cours très complet, mais je le suspecte d’avoir des mutants comme élèves ou des élèves d’Arnaud, notamment quand je vois les passages sur le json.

Oui c’est profondément déprimant quand on voit les contenus et certains auteurs qui se sont lancés dans des requêtes SQL, le CSV qui est un passage obligatoire. Rajoutez à ça dans l’année Python, la CSS, du html, un nombre de connaissances conséquentes avec une heure trente de cours par semaine, on n’a plus l’impression d’être en classe de seconde mais bien d’avoir un master en informatique à faire passer. C’est du délire complet. J’ai commencé à regarder les objets connectés, j’essaie d’écrire mon texte mais je suis en PLS c’est moins facile. Coder une application pour smartphone, programmer une carte avec Python, Arduino bien évidement, construire sa tête nucléaire, pirater le FBI avec son iphone, tout devient possible grâce au cours de SNT.

Comme je l’ai fait remarquer dans le forum, du fait de récupérer le cours en dernière minute ne me laisse que peu de temps pour anticiper, notamment l’équipement quand je n’ai même pas la certitude d’avoir un livre à la rentrée. La moralité c’est que pour que ce soit attractif, il faudrait que j’achète du matériel fois quinze pour organiser des travaux en binôme. Avant d’acheter n’importe quoi j’ai besoin de faire un peu le tour de ce qui se fait, je dois reconnaître que je ne vois absolument rien d’excitant. La carte microbit qui m’inspire tout un tas de jeux de mots est vendue à 20 balles environ mais pour la piloter, il faut un peu plus de matériel. Une étude en amont est donc bien nécessaire avant de se lancer dans un investissement stérile pour du matériel non utilisé qui resterait dans les cartons. Pour moi, l’idéal c’est un matériel qui se pilote depuis le smartphone.

Je me rends parfaitement compte que je fais passer dans mon cours ce que je suis, notamment ce que je suis en train de devenir, un vieux con de philosophe et de moins en moins quelqu’un qui aime mettre les mains dans la merde. Ce n’est pas exactement vrai, si j’ai de plus en plus de plaisir à mettre les mains dans la merde sur du bricolage, demain du jardinage, parce que j’y vois quelque chose de concret pour ma part je vois l’informatique comme un piège à couillon sur lequel il faudrait davantage réfléchir que pratiquer. Je vais certainement sauter ce chapitre sur les objets connectés, car il est à mon sens le point d’orgue de tout ce qui est détestable dans ce programme. Montrer à l’élève qu’avec quatre lignes de codes on est capable de faire allumer deux diodes, je trouve que c’est idiot, que c’est stérile, que ça n’apporte rien. Expliquer par contre aux élèves que d’avoir un slip connecté c’est certainement quelque chose dont on peut se passer, je trouve que c’est plus cohérent. Et pourtant, même si à mon sens, on devrait passer plus de temps à expliquer l’inutilité de s’embarquer dans de la technologie à outrance, le programme nous demande quand même de jouer les petits bricolos.

On ne peut pas dire que le programme fait abstraction de l’aspect philosophique, de la réflexion, bien au contraire, la réflexion est omniprésente, on invite au débat et c’est d’ailleurs assez rare pour être remarqué puisqu’on essaie de montrer au jeune qu’on ne vit pas dans le monde des bisounours mais bien celui de l’argent.

Voici le chapitre trois et le chapitre quatre, nous sommes le 12 juillet au moment où j’écris ces lignes, je fête d’ailleurs mes 45 ans, et je pense que je vais faire une pause et commencer à profiter un peu de mes vacances qui sont et qui vont être particulièrement chargées. Si je dois continuer, soit je me prends le GPS en essayant de trouver un moyen facile de contribuer à Openstreetmap soit je me prends la photo et là encore je trouve qu’on atteint quand même les limites de nos compétences. Tu découvres non seulement dans ce programme que tu dois être ingénieur informatique pour enseigner mais que tu dois désormais être photographe mais aussi ophtalmo pour expliquer le fonctionnement de l’œil à tes élèves. Pardon je me remets en PLS.

Je vais encore jouer les rageux mais c’est pas comme si on n’avait pas l’habitude, je suis profondément consterné par le manque de partage par mes confrères. J’entends par là que si on voit effectivement de la production, des TP, des propositions, on ne voit personne nous expliquer comment il a remporté la plus belle des victoires ou comment il s’est mangé avec ses élèves, comment il a chuté mais comment il compte remonter sur le ring. Alors effectivement c’est l’année du COVID, mais comme je l’ai dit c’est beaucoup plus profond, c’est le malaise le plus complet, on ne partage rien sauf sa mauvaise humeur.

Comme vous le savez, si mon partner n’a pas fini dans l’Aude, je serais présent pour vous raconter, je ne baisserai pas les bras, je ne suis pas né pour ça, même vaincu je continuerai de me jeter dans la bataille, pour l’honneur, comme un samouraï.

Note du guerrier vaincu : à priori la microbit, bon sang, ce nom, s’appaire en bluetooth avec un simple smartphone. Il est probable que je m’oriente vers cette solution. Et bien évidemment comme je suis prof, donc milliardaire, je vais me payer ce matériel de ma poche pour faire mes essais.