SNT – internet mais quand même du bricolage

07/07/2020 Non Par cborne

J’avais prévu de faire un billet un peu classe avec de la pédagogie à l’intérieur mais finalement on va rester dans le plus pur style bornien, du vrai dégueulasse, avec du désordre, de l’entropie à l’intérieur, pour arriver on ne sait pas trop comment à du Socrate, la quintessence de la pédagogie.

La vie c’est complètement idiot, tu traverses parfois des phases de perte de confiance en toi, comme quand par exemple, tu as un mal de dos pas croyable et que tu penses que c’est la fin. Pour reprendre la situation en main, il faut faire des choses simples, il faut faire du bricolage pour se sentir plus homme. Réparer c’est un truc de bonhomme. J’ai constaté que ma barre de douche commençait à avoir une vraie sale gueule, j’ai donc décidé de changer. Il faut savoir qu’une barre de douche, c’est quelque chose qui semble anodin et en fait c’est exactement pareil que le reste, nous sommes au degré zéro des standards. Comprenez que vous n’avez pas deux barres de douches identiques, si bien que si vous ne faites pas attention, vous partez pour refaire des trous dans la faïence. J’étudie donc la question, il faut juste vérifier que l’entraxe, c’est l’appellation, est variable. L’entraxe c’est ce qui sépare le support haut du support bas. Bien évidemment, il faut vérifier que l’entraxe maximal correspond à votre écartement entre vos deux chevilles. Je prends mon tournevis je dévisse le haut qui est rouillé mais pas trop, la barre me reste dans la main sans avoir dévissé le bas. Grande respiration.

Forcément c’était tellement pourri que la vis s’est cassée dans la cheville. Prendre un tournevis, gratter au plus pour dégager la vis, prendre une pince, réussir à dévisser, la cheville était tellement à l’intérieur que finalement j’ai laissé dedans et j’ai remis par-dessus comme un gros dégueulasse. Alors fort de cette confiance retrouvée, il faut s’attaquer à plus gros, le groupe de sécurité sous le cumulus. Il est apparu pendant le confinement que dans le sud de la France, on s’est retrouvé avec une augmentation des températures qui ne fait pas semblant. On ne fait jamais semblant dans le sud de la France, sauf pour le travail. On s’est rendu compte que le cumulus était bruyant et que le groupe de sécurité coulait comme vache qui pisse. Le groupe de sécurité c’est un dispositif qui vous permet d’évacuer quand il y a trop de pression. J’avais réussi à régler le problème en diminuant la température, l’eau sortait bouillante. Confinement oblige, les magasins de bricolage étaient plus ou moins fermés, j’avais commandé ma pièce sur ManoMano au cas où. C’est le genre de choses que tu sens, que ça va pas durer longtemps et qu’il vaut mieux avoir la rechange. ManoMano, une belle découverte ou comment payer 25 € une pièce qui en coûte 15 parce que tu as 10 € de frais de port. En voilà que je n’engraisserai plus à l’avenir, mais c’est une autre histoire. Les descriptions sont pourries, les avis sont parfois écrits dans une langue qui me semble être du bulgare, enfin bref pour un site de bricoleurs, c’est scandaleux, on dirait Amazon en pire.

C’est beau, c’est en laiton

Ces derniers jours, nouvelle hausse de température et nouvelle fontaine. Si vous voulez vérifier que le groupe de sécurité est HS, il suffit de baisser la valve comme dans la photo ci-dessus. Si ça coule c’est que c’est mort. Youtube étant votre ami vous trouverez de nombreuses vidéos sur le web pour vous expliquer comment changer le truc. Ce n’est pas compliqué du tout, le seul problème reste le fait que ça coule quand vous le changez. C’est à mon grand regret que je suis sobre comme un chameau, j’ai vu un gars qui par magie avait un bouchon de bouteille de vin qui rentrait pile poil dedans pour lui laisser faire la manipulation au sec. Je vais quand même vous montrer l’état et le résultat final pour vous expliquer mon souci.

Comme vous pouvez le voir mon chauffe-eau est juste surélevé, concrètement il n’est pas d’un accès facile. La moralité c’est qu’à un moment il a fallu que je me retrouve par terre avec le doigt dans l’évacuation pour éviter de remplir le saut trop vite qui en moins de deux minutes était à moitié plein. Et là forcément pour mettre de la filasse et du téflon, ça commence à devenir particulièrement sportif. C’est ainsi que nous nous sommes livrés à notre sport favori avec mon fils qui aime me poser ses testicules sur la tête dans les endroits les plus exigus. L’opération a été pliée en moins de 10 minutes, gros regain de confiance qui va me permettre d’enchaîner sur la prochaine opération parce que le bricolage comme vous le savez c’est trop simple. Si vous regardez l’ancien groupe de sécurité sur la photo de gauche, le truc bien dégueulasse, il est intéressant de voir qu’il y a une partie plastique au-dessus. Pour une raison que je ne m’explique pas et dont je ne me rappelle pas puisque c’était il y a sept ans, il y a un adaptateur. Sur le modèle que j’ai acheté ça passe crème et donc sans adaptateur. Le problème c’est un écart de 1 cm qui fait que si je veux fermer correctement l’évacuation je dois forcer sur le tuyau et comme on sait que je suis pétri de chance, c’est un coup à le casser. La moralité c’est que si ça ne pose pas de vrai problème pour l’eau, ça en pose un pour l’odeur, ça pue un peu l’œuf pourri. C’est comme si on était dans une station thermale avec l’odeur de soufre. Nous sommes en été, tout est ouvert ce n’est donc pas un problème, ça le deviendra à l’automne avec le retour du COVID. L’astuce étant de couper une partie de l’évacuation au milieu et de mettre une partie flexible. Ce sera l’une des prochaines opérations à mon passage à bricodepot.

Bon. Je viens de plier le premier chapitre de SNT et je suis relativement déçu de ce qu’on peut trouver sur le net, comme je suis tout à fait conscient que ma production ne peut pas plaire à tout le monde. Prendre des ressources, c’est essayer de mettre les chaussures de quelqu’un, c’est un coup à chopper des ampoules ou une mycose des pieds. Je regardais par exemple un jeu qui a l’air rigolo sur la conception d’une simulation de réseau avec les élèves, où le but est de faire passer un message d’un gamin à l’autre. Des gosses jouent les routeurs, etc … Sur le papier l’idée a l’air excellente, après avoir relu quatre fois les règles, je n’ai absolument rien compris à la mise en œuvre, j’ai donc laissé tomber. Je vois beaucoup de tentatives de trucs extraordinaires, mais d’une part je ne me sens pas de le faire, d’autre part je me dis que ça ne sert à rien, enfin je me dis qu’ils ne vont rien comprendre. Tous les prétextes sont bons pour aller à l’essentiel. Dans les ressources étonnantes, j’ai vu un prof qui a monté plus ou moins un site avec des cours payants. Ce n’est pas si cher, 40 € environ, même si le premier chapitre qu’il met n’est pas vendeur, c’est plus la démarche qui me conforte dans ce que j’écris de plus en plus : le partage est mort, vive le partage. Et comme je partage, je vous mets cette chouette vidéo qui fait une synthèse de l’histoire d’internet, je m’en servirai comme introduction de mon cours. Pour le reste c’est comme d’habitude, cinquante-quatre sites différents avec des ressources parfois redondantes, les académies se régalent d’en foutre de partout plutôt que de faire un véritable site fédérateur, certainement pour gratter des badges. C’est certainement pour ça qu’à un moment vaut mieux se lancer que d’essayer de compiler toutes les ressources du monde. Le jour où un ministre s’attaque à la fusion des sites académiques pour un site unique, facile d’accès, et institutionnel, c’est que … c’est … ça … bon ça n’arrivera pas.

Comme je l’ai écrit dans le précédent billet, enseigner c’est mettre en avant sa propre sensibilité. Quand certains insisteront certainement sur des aspects très techniques et mettront des trucs de foufou, on pourra voir que je fais pousser la réflexion sur les DNS et sur leur rôle dans une dictature ou dans une concurrence déloyale. Pour moi, plus que des concepts techniques qui n’ont absolument aucun intérêt comme la CSS ou le protocole TCP / IP, c’est la compréhension des enjeux. Je prendrai donc le temps de faire réfléchir à la neutralité du net, je parlerai même de la quadrature pour dire que c’est une association qu’il faut soutenir. Non je plaisante, faut pas inciter les jeunes à soutenir des bobos gauchistes toujours en colère. Blague à part, j’ai au moins vu l’association dans deux livres, leur combat ne passe donc pas inaperçu, même si personne n’ira mettre la main à la poche et qu’ils retourneront dans un garage ou au bistrot du coin pour chanter leurs exploits passés.

Pour réaliser mon cours, j’ai utilisé diagrams, aka draw.io. C’est un bon remplaçant pour dia le fork de Gimp, ce qui laisse rêveur quant à l’interface. Diagrams comme son nom l’indique permet de faire des diagrammes, le résultat est propre, je trouve en outre que le nombre d’options est trop important pour en faire un logiciel à utiliser aux élèves. À voir toutefois.

On m’a aussi recommandé Filius que je ne connaissais pas, et qui permet de façon « simple » de simuler un réseau. Disons que si c’est simple au départ d’aller mettre les fils et j’en passe, ça signifie que derrière il faut avoir compris la notion d’ip, de passerelles, et d’autres bricoles. Je mets le logiciel de côté pour deux raisons. La première c’est que c’est le premier chapitre que je vais faire et que je ne sais pas si les enfants auront un ordinateur. Je veux que mes élèves de seconde travaillent avec l’ordinateur de la région, si bien que je ne tomberai pas dans la facilité d’aller en salle informatique pour faire utiliser. La seconde c’est que j’attends de voir les retours, j’ai eu quelques réactions de collègues qui sont venus participer à la discussion sur le SNT qui sont utilisateurs ou qui vont utiliser. Comme je l’ai écrit, on fait des cours avec ses tripes, sa sensibilité, je dois reconnaître que passer du temps sur des pings, ça m’excite pas vraiment.

J’ai totalement conscience que je vais me péter les dents sur le sujet comme je suis cassé les dents sur Python cette année. Néanmoins, d’une part le sujet est intéressant, d’autre part cela reste les vrais défis pédagogiques, s’embarquer dans des trucs que personne ne veut faire, aborder des thèmes que personne ne comprend, tomber, se relever et recommencer. Finalement la pédagogie, c’est comme Dark Souls.

Nous nous quittons avec Youssoupha et entourage dans une version philharmonique, c’était ça ou un live de Donna Summer. On est tous solitaire mais on se soigne par le partage, c’est certainement ce qu’on devrait mettre au fronton de nos écoles. Passe ce billet à trois personnes de ton entourage, qui l’enverront à trois personnes de leur entourage, qui l’enverront à trois personnes de leur entourage …