Ronger son frein

19/09/2019 Non Par cborne

Je ne sais pas par où commencer ce billet, je vais donc commencer par ça.

Ça c’est ce à quoi ressemble ma jauge d’huile de mon Partner. Vous le savez l’huile de mon Partner est un sujet sensible, un sujet de paranoïa comme je les aime. J’amène mercredi matin ma fille à son arrêt de bus, et je constate à mon retour que j’ai perdu une barre d’huile sur la jauge électronique reconnue comme étant une grosse merde. Néanmoins, à chaque fois que ça a bougé sur la jauge électronique, ça voulait dire que je commençais à perdre. De retour chez moi, je tire la jauge manuelle qui ressemble à ce que vous avez plus haut, pour avoir désormais quelque chose qui ressemble à ça.

Le bout a cassé, rires dans la salle. On pourrait penser que ça n’arrive qu’à moi, je vous le dis tout de suite ça arrive à des tas de gens très bien. Si vous faites une recherche, vous en avez plein le web. Le premier réflexe c’est d’appeler mon garage pour savoir si ça craint, ça ne craint pas. J’ai vu que certains vivaient dans l’angoisse d’avoir le bout de plastique, la majorité continue de rouler avec, ce sera mon cas. Entre la fameuse crépine du moteur HDI 1.6 qui est entré dans la légende, le filtre à huile, théoriquement, rien ne passe dans le moteur.

C’est un peu au petit bonheur la chance, je vous dirais ce qu’il en est pour moi. Les plus heureux ont récupéré leur bout de plastique dans la vidange, d’autres se sont lancés dans l’aventure de la canne à pêche en fil de fer, les plus inquiets ont déposé le carter, ce ne sera pas mon cas. Car, dans le cas du Partner, le carter d’huile est collé avec une pâte qui fait office de joint. 150 balles pour démonter et remonter le carter, faut pas abuser vu l’âge de la voiture. Je vais donc attendre gentiment la vidange le mois prochain, et ronger mon frein. Pour l’instant je dois me contenter de la jauge électronique qui comme expliqué en avant propos est une grosse merde qui m’annonce deux barres de moins. Une heure après avoir posé la voiture à plat, je retrouve l’intégralité de mes barres. Ronger son frein, c’est difficile pour moi, le gars qui vit dans l’action, dans le faire, ne rien faire c’est compliqué. J’ai ouvert le capot, pas de gras, pas d’huile au sol, c’est donc le capteur qui débloque peut-être, j’ai demandé @iceman de mener l’enquête pour savoir si le bout de plastique pouvait entraver le bon fonctionnement. À suivre.

J’essaie donc de vivre autrement, de manière plus sereine, moins au travail, arrêter d’essayer de sauver le monde. Du fait de mon emploi du temps pourrave, je me retrouve le mardi matin à la maison. À une époque, j’aurais culpabilisé et je serais parti au lycée pour aller faire des ordinateurs. Je me suis fait quatre heures de God of War.

Je suis personnellement Kratos

J’avais écrit que les God Of War à eux seuls, justifiaient l’achat de la PS3, ce God Of War justifie très largement l’achat d’une PS4. Je suis joueur de God Of War depuis la PS2 et ce que j’ai toujours aimé dans ces jeux, à part la violence gratuite, le bourrinage pas prise de tête, c’est la démesure. Kratos qui tue l’intégralité des Dieux de l’olympe, qui libère les titans, qui conduit le char du soleil, tout est possible dans God Of War.

Il s’agit d’une véritable suite à la série qu’on a annoncé comme un renouveau, jv.com y va franchement en balançant un 20/20, rien que ça. Des joueurs frustrés ont la sensation d’avoir perdu le Kratos des débuts et balancent des 0, je les suspecte de ne pas être de vrais joueurs de God Of War. Il est certain que le début du jeu est pour le moins étonnant, un Kratos vieux, père de famille, une vue pas franchement top, une forme de lenteur. Et puis ça commence, une baston monumentale contre un dieu scandinave. Je vous spoile un peu, mais j’ai défoncé un dragon, des monstres géants, des surprises de partout. Très difficile de décrocher, j’attends avec grande impatience le week-end qu’on annonce avec un premier épisode méditerranéen pour avancer, c’est pour l’heure le meilleur jeu que j’ai pu faire dans cette année 2019 et de loin. Je pense que le seul reproche qu’on puisse réellement faire ce sont les patterns des monstres, trop prévisibles. Les quelques fois où je suis mort, c’est parce que j’ai joué comme un pied.

Je ronge mon frein, j’apprends à vivre. Je pourrais dire que je réapprends à vivre mais ça serait faux, j’ai toujours été pressé. Je prends le temps de faire les choses, je me suis mis au régime pour de vrai, j’essaie de me désintéresser de ce qui se passe au lycée d’un point de vue informatique même si j’ai envie de m’arracher le peu de cheveux qu’il me reste sur la tête. Je continue de m’intéresser tout de même, histoire de ne pas trop laisser l’établissement se diriger dans la mauvaise direction, encore faut-il être capable de savoir ce qu’est la bonne direction en 2019.

Je regardais par exemple, Huawei qui n’a pas l’air d’être vraiment sorti de la tempête, sortir des ordinateurs avec la distribution Linux deepin. Pas vraiment connue en France même si on trouve quelques tests, j’ai virtualisé et c’est très joli.

C’est très joli, mais ça ne fait pas tout. Vous noterez que dans une de mes captures j’ai mis Libreoffice qui est en version 5 quand ça fait un moment que nous sommes passés à la version 6. Alors effectivement pour vous ce n’est peut-être rien du tout mais pour moi ça veut dire beaucoup, il s’agit d’une base debian stable, ce qui signifie qu’il va falloir rajouter des sources externes pour réussir à avoir un système d’exploitation avec des logiciels récents. Cela fait partie des points qui me freinent pour un retour à Linux. Quand il suffit pour moi de télécharger et d’installer la dernière version en quelques clics. Lorsqu’on voit que Firefox va désormais se caler sur un rythme mensuel, que des programmes sont mis à jour de façon très régulière, l’utilisation d’une rolling release pour un particulier est presque raisonnable. Pour en revenir à Deepin, d’après ce que j’ai pu lire, on évoque l’instabilité de la distribution. Miser sur ce projet pour une boîte comme Huawei, c’est pour moi quasiment incompréhensible. C’est légitime, parce que pris dans l’étau il faut bien montrer qu’on peut se passer de Microsoft, logique parce que sorti de Linux dans l’urgence, tu n’as pas grand-chose, évident parce que Deepin est une distribution d’origine chinoise. Et pourtant l’incompréhension réside dans la sortie de cet appareil sans contribution massive à cette distribution, à Linux de façon générale.

Si on fait une transposition à l’américaine, Steam pour échapper à l’hégémonie de Microsoft a cru qu’il suffirait de balancer des appareils estampillés SteamOS pour résoudre le problème. Four commercial de toute évidence, le manque de jeu Linux rendant ces machines vendues trop cher totalement inutiles. Plus discret aujourd’hui, Steam développe une version améliorée de Wine au point qu’on voit une explosion de jeux existants sous Linux. Huaweil sort donc des appareils comme Steam a sorti ses SteamOS, en méconnaissance des usagers, du système d’exploitation. Il faut d’abord investir et s’investir avant de lancer un appareil. Où Huawei aurait pu se positionner comme un véritable vendeur alternatif, un soutien à la communauté, il se contente de faire ce que quasiment tout le monde ou presque fait avec Linux, l’utiliser à mauvais escient.

Je ronge donc mon frein pour ne pas me jeter sur la première distribution venue, pour continuer d’utiliser Windows 10, pour prendre le temps.

Dumbledore

Je n’ai pas besoin de ronger mon frein pour ne pas vous parler de l’affaire Stallman même si je vais quand même l’évoquer. Les « journalistes » de l’internet ont tellement voulu faire vite, qu’ils ont publié à l’arrache des articles. Suffisamment rare pour être remarqué et c’est dire la force de frappe des libristes français ou ceux qui se reconnaissent dans le logiciel libre, les articles de nextinpact et de clubic ont été remaniés. Tous les articles francophones ont vu leur nombre de commentaires exploser, ce qui prouve bien que si tu veux faire réagir, il faut secouer un peu les trolls. Entre les mauvaises traductions des uns, les interprétations des autres, il paraît difficile de se forger une opinion, j’en ai toutefois une, peut-être deux.

La grande gueule de RMS aura fini par avoir raison de lui. Avoir une opinion sur tout, jouer la provocation et le manque de modération ça ne fonctionne plus en 2019. Je pense que l’homme va se prendre une « storm shit » monumentale, que ce n’est qu’un début, et commencer une traversée du désert dont je pense il ne sortira pas vivant. Quand on voit qu’on n’a pas fêté les 10 ans de la mort de Jackson, on comprend que nous vivons dans un monde qui n’a pas le droit à l’oubli.

Alors qu’il tient un discours pourtant actuel et acté sur les dangers du monde propriétaire, de l’utilisation des données personnelles, qu’il a un rôle évident à jouer dans ce monde en perdition, RMS est définitivement hors course. Un mal ? Un bien ? Je ne sais pas. À une époque quand j’étais moins modéré, je vous aurais dit qu’il fallait sortir le champagne dans les chaumières et qu’on allait enfin pouvoir passer à autre chose qu’un individu nocif. Même si j’en reste convaincu, qui portera le flambeau ? Qui connaît la FSF et ses actions ? C’est un peu comme Torvalds, on sait que c’est un gros bourrin misogyne et désagréable mais qui à part lui, pour représenter Linux.

C’est peut-être l’opportunité pour des modérés de passer de l’ombre à la lumière, des individus qui ne pouvaient pas se faire de place face à ses dinosaures de la communication, certes dépassés mais prenant quand même franchement de la place. Malheureusement, je me trompe peut-être, je l’espère, il me semble difficile de se faire une place au soleil sans gueuler plus fort que les autres.

À suivre …