Quelques distributions Linux

15/08/2017 Non Par cborne

Xubuntu ou Debian pour le desktop

Il n’y a pas de bonne distribution Linux, il y a la distribution que vous voulez utiliser à certainement deux bémols : son financement, sa communauté. Comprenez que si vous utilisez une distribution comme Ubuntu qui est soutenue financièrement par la société Canonical, vous risquez un beau matin de vous retrouver avec une mauvaise surprise, comme l’abandon du desktop de base (Unity) ou même de votre système d’exploitation pour smartphone (Ubuntu phone). Une société est là pour gagner de l’argent, elle n’est pas une association philanthropique et saura réorienter ses choix parfois au détriment des vôtres si elle ne réussit pas à rentabiliser ses développements. Pour le deuxième point, faire le choix d’une distribution qui débute ou qui n’est maintenue que par un très faible nombre de personnes c’est un pari que vous prenez, un pari que je vous conseille de ne faire qu’assumer qu’à vous même et pas aux autres. En effet si vous êtes un power user, quelle que soit la distribution Linux que vous utilisez, vous finirez bien par retomber sur vos pattes, quoi qu’il arrive, ou même réinstaller à la volée une autre distribution. Si en outre vous installez chez d’autres personnes moins habiles, moins intéressées, si vous avez un minimum de sens moral, vous devrez assurer la migration ou la réparation et c’est parfois difficile si vous avez perdu de vue ces individus, qui quelque part subiront vos choix.

Deux exemples concrets : installer Arch Linux ou Debian Sid n’est pas une bonne idée, tout comme ceux qui comme moi ont parié sur Handylinux, se sont trompés. Ce dernier point est à l’heure actuelle une gangrène du logiciel libre, il y en a d’autres, les gens souvent échaudés par des projets qui disparaissent n’osent plus miser sur un nouveau cheval qui rentre dans la course si bien qu’on arrive à une situation de monopole de certains logiciels libres. Si vous n’êtes pas trop engagés, si vous croyez en un nouveau projet, n’hésitez pas, foncez ! Par exemple, un nouveau client mail, c’est un risque modéré, le protocole IMAP vous mettant à l’abri et vous permet de vous retourner facilement en cas de souci majeur.

J’insiste encore sur la volonté de ne pas impliquer les autres, et par conséquent de ne pas imposer des solutions trop exotiques. J’utilise pour mes machines personnelles la distribution Xubuntu, sur les postes du lycée Debian. Xubuntu est un environnement stable, qui n’évolue que très peu, et qui propose les fonctionnalités d’un bureau basique sans fioriture. La mise à jour semestrielle permet d’avoir les nouveaux logiciels de façon régulière, je pense notamment à la suite bureautique Libreoffice où chaque nouvelle version apporte un lot important de nouveauté. Pour le lycée, l’utilisation faite est celle de connexions RDP vers un serveur Windows sur des machines recyclées, souvent des PIV parfois même en architecture 32 bits. Debian est plus légère qu’Ubuntu, son cycle de mise à jour de trois ans environ me permet d’anticiper sur mes prochaines décisions sans tomber dans la précipitation.

Comprenez qu’il s’agit ici de ma réponse, certains utilisateurs vous expliqueront qu’ils ne jurent que par Arch, d’autres par Mageia, chaque utilisateur a sa propre réponse, vous finirez par avoir la votre, l’important c’est qu’elle vous donne satisfaction.

Ubuntu Serveur ou Debian pour le serveur

Posséder un serveur personnel ou s’auto-héberger relève pour certains d’un fantasme, et c’est effectivement le cas, un objectif qu’il sera impossible d’atteindre pour eux. Il n’a jamais été aussi facile d’installer nextcloud par exemple, avec la technologie snap pour Ubuntu serveur c’est fait en deux lignes de commande : sudo snap install nextcloud et sudo nextcloud.enable-https lets-encrypt

Il est tout aussi facile d’installer un serveur web, une base de données et d’héberger son propre site internet, néamoins quid de la sécurité ? Je vous invite à lire le billet d’Aeris qui balaye l’ensemble des problématiques. Attention toutefois, j’évoque ici le cas qui paraît le plus probable, celle d’un serveur connecté à internet. Dans ce cas effectivement, l’entretien d’un serveur nécessite des connaissances, du temps, que tout le monde ne possède pas, ou n’a pas l’envie de posséder. Vous savez conduire, vous avez quelques notions de mécanique mais vous ne savez pas réaliser l’entretien intégral de votre voiture sauf si vous êtes professionnel ou passionné. Par le fait je ne peux que vous inviter si vous ne vous sentez pas la capacité à vous investir à vous orienter vers un professionnel qui peut être un prestataire comme OVH ou o2switch, vous pouvez aussi tenter l’aventure CHATONS, unixcorn pour en citer un. Enfin, certaines solutions visent à automatiser l’auto-hébergement, Yunohost par exemple qui est un script qui peut transformer une machine de type Raspberry Pi ou un ordinateur traditionnel en serveur avec gestion de la sécurité.

Tout ce qui est écrit se résume à un seul mot : confiance. Vous avez confiance en vous pour la gestion de vos données, vous avez confiance en un prestataire de service que vous rémunérez (ou non pour certaines associations), vous avez confiance dans les capacités des développeurs qui proposent des solutions clés en un main. Du fait qu’aucun système ne soit fiable à 100%, quelle que soit la confiance que vous avez pour la solution que vous avez choisie, il me paraît évident de ne pas stocker de données trop confidentielles en ligne.

Il serait faux de penser qu’un serveur n’a qu’une orientation web, il est possible d’avoir un serveur de fichiers, de sauvegardes, un serveur d’imprimantes à domicile, on peut même imaginer un serveur web qui n’est accessible qu’au local et qui n’est pas visible depuis internet, c’est le principe de la pirate-box par exemple. Dès lors, la notion de sécurité est moins fondamentale puisque les attaques proviendraient des machines de votre propre réseau.

Openmediavault pour NAS, serveur MiniDLNA

Un NAS est un disque dur connecté que tout utilisateur devrait posséder. Openmediavault est une distribution Linux qui permet de transformer un ordinateur en NAS. Il a au moins trois intérêts : il permet de reconditionner une machine à faible coût, il est évolutif quand les NAS restent souvent bloqués dans leur version de firmware, il est modulable, une grande communauté s’est formée autour de la distribution si bien qu’on voit apparaître de nombreux modules. On rajoutera enfin qu’Openmediavault est basée sur Debian ce qui permet de rajouter des possibilités supplémentaires de par la masse de paquets disponibles. Je rajouterai enfin un intérêt inhérent au principe du NAS, la duplication de ses données, on n’est jamais à l’abri d’une panne ou désormais d’un cryptovirus notamment pour les utilisateurs de Windows.

L’installation est triviale, il s’agit d’une debian simplifiée puisqu’Openmediavault s’installe intégralement dans le disque dur de destination sans possibilité de modification du partitionnement. Par le fait, si vous voulez faire du raid, pensez à avoir au moins deux disques durs identiques et un troisième de petite taille pour votre installation d’Openmediavault.

Une fois que l’installation est terminée, il suffit de vous rendre dans votre box pour trouver l’adresse. Si vous êtes encore connecté à un écran et un clavier, faites un ifconfig pour retrouver l’ip

Saisissez l’adresse dans votre navigateur, à la première connexion, l’identifiant c’est admin, le mot de passe openmediavault. Comme on peut le voir, le nombre de protocoles est important, il est possible de rajouter des plugins supplémentaires et d’augmenter le nombre de fonctionnalités.

L’une des possibilités les plus intéressantes est indéniablement le DLNA. Il s’agit d’une technologie pour diffuser sur de très nombreux appareils comme la chromecast, les consoles de jeux vidéos, la clé TV d’orange ou même certaines télévisions connectées de la vidéo, de la musique et des photos, en streamant directement depuis le serveur. Le plugin DLNA n’est pas présent par défaut, il est nécessaire de rajouter des sources supplémentaires depuis le site omv-extras, il s’agit d’un fichier deb que l’on charge dans la section plugins.

Dans la section plugins, apparaît une checkbox pour les paquets extras

Dans le menu de gauche, sous les plugins, une ligne pour les extras. On fait la mise à jour.

De retour dans les plugins, apparaît alors l’intégralité des plugins en lien avec les extras dont le fameux DLNA qu’il suffira d’activer.

Les possibilités d’openmediavault sont très nombreuses, il est possible d’installer directement nextcloud par exemple et d’envisager de transformer la distribution en serveur web. Néanmoins, je trouve qu’on détourne trop de l’utilisation première qui se doit de rester un NAS sophistiqué. Je ne sais pas de plus si sont pris en compte les fail2ban et autres dispositifs de base pour protéger l’appareil. Openmediavault est sans aucun doute l’une des solutions Linux les plus intéressantes.

Gparted Live

Gparted est un outil qui permet de redimensionner des partitions Linux, d’en créer d’en déplacer, enfin bref, l’outil indispensable pour les gens qui sont amené à réinstaller une machine. On pourrait dire que c’est un outil présent dans bon nombre de distributions et qu’il suffit de lancer Gparted au travers du live de Xubuntu cité plus haut, néanmoins l’intérêt est double : bien plus léger en occupation de la RAM qu’une distribution Linux complète, existe en version 32 bits.

Clonezilla

Clonezilla est une distribution Linux dédiée à réaliser comme son nom l’indique un clone d’une installation. Deux intérêts : la duplication rapide de mêmes ordinateurs, en moins de cinq minutes vous avez une réplique ce qui est bien pratique lorsqu’on veut aménager une salle informatique, cloner son installation personnelle à un instant t et la récupérer en cas de crash. L’interface de Clonezilla est pour le moins austère puisqu’intégralement en mode texte, elle reste toutefois suffisamment claire pour ne pas trop tâtonner dès la première utilisation.

Emmabuntus

Emmabuntus ne fait pas partie des distributions Linux que j’utilise à titre personnel, néanmoins il me paraît important de la faire figurer dans cette liste. Emmabuntus vise à la revalorisation d’un matériel considéré comme obsolète, il ne s’agit donc pas d’une simple distribution mais bien d’un esprit. Techniquement la distribution propose une version Debian ce qui est une bonne chose pour la consommation de ressources et pour la pérennité, elle existe aussi en version Ubuntu. On peut être surpris au premier abord parce qu’elle embarque de très nombreux logiciels par défaut, parfois redondants. Il se trouve que la distribution est internationale, si bien qu’elle utilisée en Afrique ou dans certains territoires où l’internet n’est pas facilement accessible, on réalise de cette façon une économie sur la bande passante.

Complément 1 : quid des distributions pour enfants et des distributions pour ordinausores ?

Il y a quelques années j’avais été séduit par le projet Asri Education, il s’agissait je précise d’une autre époque où je rencontrais régulièrement du PII ou du PIII. Basée sur Puppy Linux, elle permettait de revaloriser de vieux ordinateurs d’une façon que je trouvais de plus astucieuse, un bureau différent selon l’âge de l’enfant avec des possibilités plus ou moins importantes comme l’absence d’Internet pour les plus petits. Nous sommes aujourd’hui en 2017, j’ai changé d’opinion. Aujourd’hui je pose une Xfce avec un dock comportant les icones nécessaires et suffisantes, avec les logiciels adaptés c’est certainement ici le nerf de la guerre, bien plus que l’interface utilisateur. Les enfants sont habiles, n’ont pas de problème à cliquer sur l’icone qui va bien, en outre je n’irai pas utiliser algobox pour faire de la programmation chez des CP mais un logiciel plus accessible.

En 2017 au moment où j’écris ces lignes, l’ordinosaure que je suis amené à croiser c’est du PIV souvent en 64 bits. Debian tourne « correctement » dessus sachant que quelle que soit la distribution utilisée c’est désormais le poids des sites internet qui est pénalisant. Consulter Allocine sur une vieille machine est problématique quelle que soit la distribution utilisée. Je ne dis pas que Slitaz ou Puppy ne servent plus à rien, je pense qu’aujourd’hui quelqu’un qui utilise l’une ou l’autre le fait par choix et pas nécessairement par la contrainte de son matériel vieillissant. Slitaz toutefois, avec son installation qui ne pèse que 100 Mo pourrait trouver son sens pour des ordinateurs qui n’auraient été vendus qu’avec moins de 16 Go de stockage. On pense bien sûr aux premières générations de EEE PC mais aussi à des machines plus récentes de type Windows 10 avec de 2 Go de Ram et 16 ou 32 Go de stockage.

Complément 2 : réaliser une clé USB multiboot avec multisystem

Une distribution Linux par clé USB cela peut devenir rapidement problématique dans la gestion des clés. Je conseille d’ailleurs pour réaliser vos clés d’utiliser le logiciel etcher, à la place de Unetbootin que vous trouverez dans de nombreux tutoriaux et qui pourtant fonctionne mal.

Multisystem permet de transformer une clé USB formatée en FAT 32 en une clé comprenant de nombreux systèmes d’exploitation, je vous invite à embarquer au moins clonezilla et gparted live par défaut. Le logiciel est disponible sous forme de dépôt pour Ubuntu et Debian, la présentation de base est simple, vous sélectionnez votre clé, vous sélectionnez vos isos, ils apparaissent au fur et à mesure dans l’application. Les fonctionnalités sont nombreuses, il est notamment possible de tester en virtualisation votre clé USB et les isos que vous avez installé.