Positionnement informatique, juillet 2018

05/07/2018 Non Par cborne

Il fut une époque où j’avais renoncé à faire ce genre d’articles car il paraissait plus logique pour quelqu’un qui viendrait sur ce blog d’aller sur la page qui va bien et de regarder ce que je fais, ce que j’utilise. Il se trouve que mon positionnement évolue parfois (souvent) de façon très radicale, si bien que je préfère laisser une trace.

Contexte : on va tous mourir

Forcément vous vous dites qu’il est encore dans la gaudriole mais je trouve que c’est un sentiment palpable de ce que je lis en ce moment, c’est surtout un sentiment que je développe. Pour moi la tendance forte, c’est la fin des petits projets, c’est la difficulté de la collaboration, c’est l’âge de raison. Comprenez que c’est soit le service propriétaire qui se gave de données, soit le service qu’il va falloir à terme se mettre à payer. Il faut pousser la réflexion plus en avant pour vraiment comprendre la notion de l’importance du financement. Je suis désormais passé utilisateur de WordPress, mais qu’est ce que je rapporte à WordPress ? Absolument rien, je ne paye rien, je ne fais aucun don, je fais le crevard. Chose que je fais pour l’ensemble des logiciels libres que j’utilise. Cela fera partie des choses que j’aimerai faire évoluer, si je ne devais donner qu’à un projet et je vais certainement le faire, c’est Libreoffice, payer Libreoffice aujourd’hui c’est l’équivalent d’acheter des stylos rouges pour corriger des copies. Voyez toutefois la subtilité, je suis forcé de passer en caisse pour mes stylos, pas pour Libreoffice, je n’ai donc pas le réflexe de paiement.

Le problème de cette absence de réflexe, c’est que si aujourd’hui il s’agit de ma liberté, demain j’y serais certainement contraint. Je n’ai pas franchi le pas de la presse payante par exemple, mais ce que je lis dans mon agrégateur est de plus en plus médiocre, des contenus sponsorisés maquillés en article « partenaires », va-t-il falloir mettre la main à la poche pour trouver de la lecture pertinente ? Il faut comprendre que ma position est tout de même ambiguë, vous lisez ce texte gratuitement. Les différents systèmes de dons que j’ai mis en place me rapportent moins de 15 € par mois et c’est une logique. On peut me lire gratuitement, on comprend que la motivation n’est pas financière, pourquoi payer ? Si je ne le sais pas moi-même, si je n’ai pas la capacité de me vendre, alors que j’ai du métier, on imagine qu’il est difficile pour d’autres de le faire. Avec un temps précieux, des mentalités qui ont évolué, le logiciel libre apparaît comme un tremplin vers ce qui sera une possible source de revenus. La confusion entre libre, opensource, propriétaire me paraît de plus en plus importante, avec un libre qui peine de plus en plus à suivre, je pense à l’exemple du cloud et de la mobilité où on est vraiment sur le carreau. Tout ça pour dire que ce n’est pas gagné, et que c’est même plutôt perdu, avec un relâchement des troupes qui commence à saturer des discours sur ce qu’il faudrait faire quand on n’a pas les moyens de le faire.

Hardware : pas assez cher mon fils

La montée en puissance de l’e-sport dans le monde PC a eu pour effet de tirer les prix vers le haut. Pas que lui d’ailleurs, le PC de monsieur et madame tout le monde est en passe de disparaître au profit du smartphone, pas de la tablette tant attendue, et vous le savez, ce qui est rare est cher, le PC populaire devient rare, le PC à monter ou le PC gamer très cher. A une époque à 450 € on jouait, entre des jeux à prix cassés sur Steam, une originalité dans le jeu PC qu’on ne trouvait pas sur console, pour quelqu’un comme moi, le choix du PC était une évidence pour le jeu. Pour ma part, je considère que pour jouer de façon convenable, il faut investir aujourd’hui entre 800 et 1200 €. Damien dernièrement s’interrogerait sur la pertinence du shadow, il n’a pas tort, le calcul est que sur trois ans à 30 € par mois c’est 1080 €. On me dira qu’on ne change pas son PC tous les trois ans, peut-être, mais il y a toujours quelque chose à changer. Pour moi, avec ma connexion internet qui n’est pas assez forte, je ne joue pas assez, un système comme le Shadow n’a pas de sens, mais c’est indéniablement l’avenir de l’informatique.

En juillet 2018 mon hardware est composé de la façon suivante :

  • un téléphone Android à 99 € qui durera le temps qu’il durera et qui sera remplacé à sa mort par un téléphone Android à 99 € ou moins ou à peine plus. Toutes les opérations que je réalise sont basiques, GPS, téléphonie, mail, actualités, internet. Je ne crois pas aux alternatives libres, encore plus celles qui sont vendues à 600 €. La libération des smartphones ne viendra que lorsqu’on fera de la même manière qu’avec le monde du PC c’est à dire une distribution qui passe partout, quel que soit l’appareil. Il semblerait toutefois que l’offre va en se rationalisant, Samsung va produire un appareil Android Go, nombreux sont ceux qui proposent désormais des applications allégées, même le téléphone à l’ancienne cartonne, cela veut dire qu’il peut y avoir de la place pour un acteur différent.
  • Comme évoqué plus haut, qui dit pas de PC de gamer dit plus de Windows, je n’ai plus de Windows à domicile et je le vis plutôt bien dit machine de pauvre sous Linux. A l’heure actuelle j’ai une machine professionnelle HP à 8 Go de RAM avec un icore 3, un SSD de 240 Go et pour compléter un disque dur de 2 To. L’ordinateur a été payé 100 €, la prochaine machine sera du même type dans le même budget, il s’agira d’un icore 5 ou d’un icore 7 d’ancienne génération. Pour l’instant, aucun intérêt à investir dans une autre machine.
  • Une PS4, achetée à moins de 350 € avec une garantie sur trois ans cela veut dire que l’ensemble m’a coûté 450 €. Certes, on paye les jeux plus chers, mais il suffit de ne pas acheter n’importe quoi, de mieux choisir.  Même si la PS4 est déclarée en fin de cycle, elle va continuer à donner pas mal de bons jeux.
  • Une tablette 8 pouces chinoise achetée il y a quelques années et qui me permet de lire.
  • Un ordinateur portable qui commence à dater pour aller au lycée.

Rien de plus, c’est déjà beaucoup. La prochaine étape sera certainement de trouver un appareil qui permette de faire du deux en un entre la tablette et le portable. Tablette avec clavier détachable ou convertible, par contre ça ne se trouve pas en occasion, ce n’est pas donné, souvent sous Windows et cela va être difficile d’y coller un Linux tactile dessus. Pour l’heure je n’en suis pas là, aucune évolution de mon matériel n’est prévue sauf en cas de panne. Au niveau de l’établissement et de façon générale, rien en dessous du dual core, le PIV c’est désormais au recyclage de façon systématique.

Software : c’est le côté obscur

A partir du moment où j’ai un compte Google je pense que c’est mort, je pense que c’est mort pour tout le monde. Alors effectivement vous me ferez remarquer qu’il y a un gouffre entre utiliser un peu de logiciel propriétaire et faire de l’open bar, je pense que tout est possible quand on sait ce qu’on fait, à quoi on s’engage.

Pour la partie locale :

  • Xubuntu pour mes postes, Debian LXDE pour les postes du lycée. Je regardais au classement Distrowatch qui donne une tendance, que Manjaro est première sur les six derniers mois. Pour l’heure je n’ai rien à reprocher aux distributions que j’utilise, Debian me permet d’asseoir une véritable stabilité sur les 120 postes que j’ai sous Linux au lycée, Xubuntu fonctionne parfaitement bien, je n’ai rien à redire. Ce qui est certain c’est qu’il est difficile de recommander une petite distribution quand on voit la tendance à la disparition qui s’accentue, y compris chez des projets qu’on aurait pu considérer comme solide.
  • Virtualbox me permet de tester des distributions Linux même si ça n’a plus vraiment de sens, il me permet surtout de virtualiser openmediavault qui me sert de serveur à domicile et au lycée. L’intérêt est multiple, le DLNA qu’on peut récupérer sur différents appareils, pour faire les sauvegardes, rajoutons à cela le SSH, le ftp, et j’en passe, c’est une distribution simple, basée sur Debian qui fait le job qu’on lui demande. La distribution consomme moins de 500 Mo de RAM, avec 8 Go je passe tranquillement sachant que je ne lance pas la distribution tout le temps.
  • Libreoffice pour la réalisation de mes cours, c’est réellement l’incontournable. En complément les extensions grammalecte et Ahmaths3D. Je n’utilise plus l’extension dmaths, trop lourde, elle ne répond plus à mon besoin, elle me pose quelques problèmes philosophiques mais ce n’est pas le jour.
  • Firefox avec ublock origin et no coin. A priori no coin est inutile. On peut s’interroger sur la pertinence de Firefox quand il n’y a pas une journée où l’on sort un problème de fuite de données. Si j’utilise Firefox c’est pour son ergonomie, la synchronisation entre les différents appareils, sa rapidité enfin retrouvée depuis le passage à quantum.
  • Thunderbird pour les mails avec le calendrier intégré et l’extension cardbook pour la gestion des contacts. C’est d’ailleurs cette partie qui m’intéresse le plus, elle me permet de synchroniser au travers de davdroid mes contacts et mon calendrier sur mon téléphone ou sur d’autres appareils. Thunderbird reste un logiciel qui me pose quelques problèmes du fait d’utiliser un compte office365. On récupère mal les contacts. Il est souvent nécessaire d’aller directement en ligne pour envoyer des mails à des groupes. Pour le téléphone, c’est K9mail qui fait le job et le client outlook.
  • VLC pour les vidéos, Handbrake pour la conversion,
  • Filezilla pour les transferts vers les serveurs, Dukto pour transférer entre les PC dans le réseau local.
  • Kolourpaint pour les quelques retouches légères que je ne fais pas avec shutter, le logiciel de capture. Converseen pour les conversions d’images par lot. Simplescan comme son nom l’indique.
  • Teamviewer pour la prise de contrôle à distance
  • etcher pour la création de liveusb, multisystem pour la création de liveusb avec de multiples distributions.
  • Audacious en lecteur audio.

C’est en gros tout, pour le smartphone rien de particulier. On notera qu’à part Teamviewer tout est libre, on notera enfin que j’utilise les gros projets qu’on trouve sous Mac et Windows ce qui me permet d’avoir une véritable interopérabilité notamment en environnement Windows au lycée sur ma session serveur.

Dans les nuages :

A l’instar de tout ce que je fais ces derniers temps, j’ai largement dégrossi et basculé vers le propriétaire.

  • Après avoir traîné pas mal de temps sur Twitter, j’ai abandonné pour ne rester que sur les réseaux Facebook et Instagram. Facebook a ceci d’intéressant c’est qu’il est universel c’est à dire qu’il me permet d’atteindre tout le monde, jeune ou vieux. Il est aussi local, c’est à dire que j’ai l’intégralité des informations de mon coin, les événements. Je rajoute enfin le market qui est très efficace. En ce qui concerne Instagram je suis plus mesuré, le réseau est effectivement plus facile d’accès et on comprend pourquoi il a temps de succès. Alors que Facebook est très riche, trop riche, qu’il y en a partout, Instagram c’est une photo, un commentaire et c’est fini. Le succès d’Instagram je pense, est à mesurer, mes élèves ne sont pas si actifs sur le réseau, c’est sur Snap que ça doit se passer mais ça n’a pas de sens. Il est possible que lors du prochain article, je n’utilise plus ce réseau social et que ma page soit en veille.
  • WordPress pour le moteur de blog mais pas seulement, pour le site de la boutique école, et pour le site du lycée. L’infinité de plugin sur WordPress permet de tout faire, pour l’instant je fais le minimum syndical et cela me va très bien.
  • Vanilla pour le forum. Un design moderne, responsive, et php / mysql

Avec ce qui précède, j’ai toute ma communication où tout n’est qu’une simple gestion schizophrène de l’information, à distiller l’info dans le bon canal. Il est à noter qu’en terme de retombée pour le blog, l’utilisation des réseaux sociaux est nulle, elle ne me rapporte absolument aucun trafic référent. Les réseaux n’ont d’autres intérêt que d’entretenir … le réseau.

J’ai quasiment cessé d’utiliser toute forme de services auto-hébergés avec dans le désordre les raisons suivantes : les technologies évoluent et ne s’hébergent plus sur du mutualisé, la diminution de besoin, je n’ai pas besoin de tant de services, l’abandon de certains projets, la redondance d’autres, la facilité de s’orienter vers des solutions que je n’ai pas à gérer. J’utilise comme services :

  • Office365, je n’ai pas le choix puisqu’il s’agit de l’outil de ma fédération agricole. A l’époque du Windows Phone, j’utilisais au plus les outils qui m’étaient donnés, à savoir la synchronisation des contacts, du calendrier, etc … Aujourd’hui c’est à minima, j’ai une séparation complète entre le travail et le privé. Je vais utiliser Onedrive par exemple, mais seulement pour y stocker mes cours, aucun autre document.
  • Feedly dans sa version gratuite qui me permet de consulter de façon correcte, responsive les flux RSS des sites auxquels je suis abonné sur PC, Tablette ou téléphone.
  • Je suis à l’essai sur Agora Project pour la gestion des fichiers, c’est un projet qui existe depuis des années néanmoins qui a énormément de retard sur d’autres comme Nextcloud. J’essaie de faire un peu de résistance face à des services propriétaires comme Dropbox, j’ai néanmoins rouvert un cozycloud pour voir comment évolue le projet, lui aussi est en retard par rapport à la concurrence.

C’est en gros ce que j’utilise de façon régulière, c’est très peu, ce n’est pas si propriétaire, pour le reste c’est de l’utilisation ponctuelle sans fidélité. Des services pour retoucher des images, pour faire des mathématiques, mais aucun service où j’y mets autant de fidélité que pour les précédents. A faire le bilan, on peut constater que je n’ai pas déserté le local, au contraire, tout ce que je peux faire sur ordinateur est le bienvenu, je ne fais pas tant dans le propriétaire même si j’utilise l’ensemble des GAFAM (sauf Apple) de manière assez modérée.

L’informatique chez les autres

Après avoir fait du prosélytisme Linux pendant des années, on est dans la situation paradoxale des gens qui me demandent alors qu’avant je proposais. On est dans la situation encore plus paradoxale que je déconseille l’utilisation. Ne nous trompons pas de discours. J’étais ce matin à l’école de ma femme, moins de 100 € pour 4 ordinateurs portables qui fonctionnent sous Debian, un coup d’apt et on a terminé l’année. Debian est utilisé par des enfants de CM2, Xubuntu est utilisé par ma femme, par mes enfants, Linux est utilisable facilement par n’importe qui, c’est son administration qui peut poser problème. Quand on croit que taper deux lignes de commandes pour mettre à jour ou faire mettre à jour quand le gestionnaire le demande, et bien c’est encore trop compliqué. La moralité est donc très simple, installer Linux chez les autres c’est s’engager, cela n’a absolument aucun intérêt. Pendant longtemps on a pensé que faire migrer des gens sur Linux c’était mettre un avion de plus à son tableau de chasse, c’était une erreur, c’est juste une croix qu’on a rajouté sur le mur de la prison. La liberté, la vraie, n’est pas celle qui est définie par Stallman et ses congénères, la liberté c’est de savoir ce qu’on fait en informatique, en mécanique, en politique, en alimentation, la liberté c’est de savoir. Ne pas savoir c’est être esclave de quelqu’un d’autre. Vous aurez beau être sous Linux, si vous dépendez d’un individu pour mettre à jour son système, vous êtes son esclave, nous sommes tous des esclaves. Esclaves du fabricant de clavier qui me permet de vous écrire ces lignes, esclave de ceux qui réalisent nos distributions Linux, la liberté informatique n’est qu’un leurre. La réflexion est ailleurs, c’est de s’interroger sur ce qu’on veut comme informatique, de la même manière de s’interroger sur ce qu’on veut dans son assiette à midi, être libre c’est savoir, c’est choisir.

L’informatique chez les autres se résume donc au dépannage tant attendu, faire disparaître les pages qui s’affichent de façon intempestive, ni plus ni moins.

L’informatique avec les autres et conclusion

C’est pour le côté donne moi ta main et prend la mienne plus que pour l’école est finie.

Cette année 2017-2018 aura été une tentative pour moi de faire quelque chose au niveau du territoire, je trouvais que c’était plus concret, finalement c’est exactement pareil. Particulièrement déçu par les associations de terrain, pas de nom, pas de raisons, ce serait ternir leur action, ce n’est pas mon but. Je trouve de plus les gens exigeants pour du bénévolat, pas reconnaissants enfin bref une catastrophe. Je reviens donc aux fondamentaux c’est-à-dire le grand rien ou la théorie de la montagne. Je suis allé à la montagne, c’était franchement pas sympa, je suis désormais la montagne, j’attends que les gens viennent à moi. Je fais toutefois l’effort désormais de participer aux commentaires de certains de mes collègues blogueurs, essayer de serrer les rangs, en plus ce n’est pas bien compliqué, il n’y a quasiment plus personne qui fait du blog ou du libre, alors des blogs sur le libre …

L’orientation est simple, en lien étroit avec le minimalisme et l’absence de complexes. Le minimalisme est évident, moins j’utilise de cochonneries, plus c’est simple à gérer, mieux j’ai le contrôle. A l’époque, je courrais après tous les gadgets débiles pour ne pas les utiliser, les services c’est la même chose, le cumul ne sert absolument à rien. Décomplexer, on nous a menti sur l’informatique libre, nous faire croire qu’il fallait accepter de se résigner à utiliser une informatique qui fonctionne à moitié sous prétexte que son code source est libre, moi je veux une informatique qui marche, tout simplement.