Politique fiction, réalité bien réelle.

20/02/2020 Non Par cborne

Quand je cuisine, j’aime bien allumer la télévision. C’est une mauvaise habitude que je traîne depuis l’enfance, j’ai toujours besoin d’avoir du bruit, du mal à me concentrer sur une tâche. J’écoutais quelqu’un du gouvernement ou proche dire que Castaner avait présenté ses excuses, et qu’on pouvait passer à autre chose, qu’il fallait que la politique soit plus grande que les petites phrases.

Pour ceux qui auraient raté un épisode. Griveaux abandonne la campagne de Paris pour l’histoire du revenge porn. Olivier Faure qui selon la rumeur appartiendrait au « parti socialiste », ce parti venu grandir les rangs de ceux disparus, explique que Griveaux c’est pas bien ce qu’il a fait. Et notre ministre de l’intérieur d’en remettre une couche sur Faure en disant qu’il le trouvait bien moraliste alors qu’il l’a accompagné dans ses divorces.

Partons de la fin. Tout le monde se met à gueuler sur Castaner parce que tout le monde gueule sur Castaner, mais surtout pour trois raisons. La gauche se trouve un moyen de montrer qu’elle existe encore, plus personne n’y croit sauf elle, Castaner est le ministre de l’intérieur ce qui fait que discuter de vie privée avec lui prend un autre sens quand le gars peut te dire ce que tu as fait précisément la veille, et le dernier point, les hommes politiques ont envie de mettre quelques barrières entre leur vie publique et leur vie privée, ce qui est un faux débat.

Joue la comme Pasqua !

Est-ce que l’affaire Griveaux m’intéresse ? Non. Les histoires de coucherie de mes élus ne me préoccupent pas, néanmoins je peux concevoir qu’elles intéressent le Parisien ou monsieur et madame tout le monde et pas pour le côté graveleux comme essaie de le faire croire la classe politique. Il faut se dire que si on n’avait pas eu l’affaire DSK, on aurait eu certainement un président avec un … problème. On peut se dire que Mitterrand et sa fille cachée ou Chirac surnommé deux, trois ou cinq minutes douches comprises par son ancien chauffeur ont été présidents. Est-ce qu’ils ont été des mauvais présidents ? Je n’ai pas de réponse, on n’a certainement pas assez de recul sur l’histoire et sur leur décision. Il y a à mon avis quelques questions à se poser sur la vie privée des candidats :

  • Est-ce que c’est légal ou c’est illégal ?
  • Est-ce qu’ils utilisent des arguments en lien avec la moralité alors qu’ils ont une conduite immorale ?
  • Est-ce que leur vie privée entrave leur boulot ?

Pour être particulièrement terre à terre, personne ne se préoccupe de la sexualité du gars qui vient de vous sauver la vie après une opération de douze heures. Et si le gars qui vient de vous sauver la vie après une opération de douze heures a trois maîtresses, ce n’est pas votre problème parce qu’il a fait son job, c’est le problème de sa femme. Néanmoins si on ne parle plus de votre chirurgien mais de votre pasteur marié inscrit sur un site de rencontre adultère, comme ça a été le cas dans le site de rencontre Ashley Madison où le pauvre homme a mis fin à ses jours, il y a conflit entre la vie privée et la vie publique. Est-ce qu’on va accepter les leçons de morale de quelqu’un qui n’applique pas ses propres leçons ? Le pasteur a certainement donné sa réponse en mettant fin à ses jours.

Je crois sans me tromper que le problème de fond, c’est la césure entre le politique et l’homme de la rue. Si le maire est l’homme politique le plus apprécié, c’est parce que le maire de ton village, c’est ton voisin, tu bois le café avec lui au bistrot s’il existe encore, parce qu’il y a de bonnes chances pour qu’il doive continuer à travailler sauf s’il était ton enseignant à la retraite. 1 million d’euros pour le couple Fillon, qui aurait pu être notre président, les affaires qui se suivent et qui se ressemblent, un homme politique que j’écoutais à la télé disait qu’il fallait que la classe politique fasse preuve d’exemplarité, il serait temps effectivement qu’elle commence. Je ne me préoccupe pas de la sexualité de mes hommes politiques, je veux qu’ils soient intègres, efficaces, qu’ils améliorent mon quotidien.

Viens la chercher ma culotte !

Je pense que Griveaux s’est trompé et c’est Ovidie qui le dit le mieux. Elle ne pousse pas assez loin son raisonnement. Griveaux aurait dû continuer la tête haute, et dire que sa vie privée, cette décision qui est la sienne, n’a pas d’incidence sur ses qualités futures de maire de Paris. Ovidie ne pousse pas assez loin le raisonnement parce que finalement Griveaux n’aurait été qu’un précurseur de l’homme ou de la femme politique de demain. Un bon tiers des jeunes avoue avoir balancé des photos de son intimité à quelqu’un. Ce qui concrètement veut dire que votre jeune de 16 ans qui a déjà montré ses boules du haut ou du bas, dans 15 ans quand il entre en politique, pourra-t-il se laisser toucher par ce type de révélations ?

Je ne vous ferai même pas l’affront du discours libriste, simplement vous rappeler ceci. Nos jeunes sont inscrits pour certains avant l’âge de dix ans sur des réseaux sociaux qui n’oublient rien, sur des réseaux sociaux qui se manipulent, qui s’influencent. Le jeune aura tenu un nombre de propos à la con incroyable, s’est fait photographier dans toutes les situations les plus bizarres une chicha à la main. L’homme ou la femme politique de demain devra se contenter d’assumer son passé et il faudra que l’électeur de demain, ce qui sera beaucoup plus facile à faire pour lui parce qu’un tiers est à poil sur la toile, comprenne que ce n’est pas forcément la vie privée du candidat qui a son importance. Pour l’aspect libriste, c’est d’autant plus important pour la future génération d’assumer ses erreurs que si à l’époque des tontons flingueurs on n’était pas content d’un président on mettait un tireur et une balle magique sur le toit, aujourd’hui, Google Facebook, Amazon ou n’importe quelle société peut déterrer ce qu’il a envie de prendre dans la vie privée des individus et le mettre au grand jour. Bien sûr, la confiance serait bafouée mais de façon discrète qui saura réellement d’où provient la source ?

Dernièrement une de mes anciennes collègues m’a dit qu’elle voulait se créer un compte Facebook. En effet, une de ses voisines a vendu son bien immobilier par ce biais, ce qui rejoint ce que j’écrivais sur l’importance de Facebook et de son Market. Elle m’a demandé des conseils, elle est particulièrement réticente par rapport aux réseaux sociaux. Je lui ai donné un seul conseil, celui de tout faire de façon publique pour s’imposer une gestion d’une image publique et de considérer que de toute façon tout ce qui est écrit sur le réseau a un fort potentiel pour devenir public. Je pense que ce n’est pas une mauvaise façon de considérer ce type de réseaux et de rester à l’ancienne quand il s’agit des proches, se voir pour de vrai par exemple.

La politique, le futur, le traitement de la politique, c’est pas gagné. En surfant mon attention s’est portée là-dessus :

Pour combler le manque de neige, les gars ont livré de la neige par hélico. Moralité c’est le drame, parce que l’hélicoptère ce n’est pas écologique. On a ici l’affrontement typique entre ce qu’on aimerait, le monde des bisounours et la réalité de terrain, à savoir des gens qui vont vous expliquer qu’il faut impérativement sauver l’emploi. Je ne leur jette personnellement pas la pierre, si demain on venait nous voir pour nous dire qu’on est remplacé par des machines, les gens seraient dans la rue pour essayer de sauver leur emploi, leur vie tout simplement.

L’argument peut s’entendre, oui ça ne mérite certainement pas de se faire convoquer par la ministre, cela ne vaut pas non plus un tollé médiatique mais si on ne fait rien c’est comme la cigarette, les produits toxiques qu’on vend en 2020 parce que des industries et des emplois sont derrières. À force de ne pas s’interroger, de ne pas vouloir tourner les yeux dans la bonne direction, on finira par crever la bouche ouverte en faisant un détour par la case dictature. Car ce qui est indéniable, le réchauffement climatique est bien présent, la génération actuelle par ses quelques tours de passe-passe essaie de sauver les emplois mais ce n’est que du provisoire.

La politique, la vraie, la bonne, ce n’est pas de mettre au pilori ces gens qui essaient de s’en sortir même si les moyens ne sont pas les bons mais de les accompagner pour que les stations de ski deviennent des stations quatre saisons. Les hommes et les femmes politiques de demain ont du pain sur la planche, bien plus important que de savoir s’ils se promènent à poil sur internet. Les hommes et les femmes politiques de demain doivent avoir de l’idée, du bon sens, une certaine forme d’exemplarité, mais surtout être efficaces. Bonne chance !