Le Blog de Cyrille BORNE

Dernier Round

Complément 32 - vacances peut-être pour de vrai

Rédigé par Cyrille BORNE

J'essaie de ne pas trop m'engager ça pourrait porter malheur.

Effectivement avec ma semaine à deux heures de cours, on pourrait dire que ça fait déjà une semaine que je suis en vacances. Cette semaine, j'ai donc fait mes deux heures de cours de façon très intense, et j'ai eu de quoi largement m'occuper. Mardi matin apocalypse au lycée, tout le monde me tournait de façon hystérique autour pour des problèmes informatiques divers et variés. Mercredi j'ai installé 14 PC sous Debian pour donner à la recyclerie. Jeudi c'est un peu la même que mardi, et vendredi alors que j'étais déjà en vacances, j'ai reçu quarante huit appels téléphoniques du lycée pour me rappeler à quel point j'étais totalement indispensable. C'est donc des vacances, des vacances qui je l'espère seront sous le signe du repos, et comme à mon habitude j'aime commencer en force à faire du rangement, parce que finalement le rangement c'est un peu comme le crépi, le rangement c'est la vie. Je viens d'acheter ma troisième armoire Bricodepot en résine, je l'ai encore une fois de plus remplie. Je regarde quand même mon garage, j'ai encore de quoi évacuer, notamment pas mal de composants informatiques que j'ai conservés et qui finalement ne me sont pas d'une grande utilité.

J'ai encore vendu pas mal de babioles ces derniers temps dont une PS3, tout passe par le Market de Facebook qui représente 75% de l'intérêt que je consacre à Facebook. Les 25% restants c'est l'actualité de mon coin, la force de centralisation de Facebook dans le local est totalement indiscutable. Par contre pour le reste, je réalise que je me suis piégé un peu tout seul. Je suis certains de mes collègues du lycée qui inondent la timeline de conneries monumentales. L'idée ce serait de faire sauter cette relation d'amitié encombrante afin de ne finalement se contenter de ramener Facebook à un simple outil informatif et complémentaire, ou remplaçant c'est selon, du bon coin. Seulement le piège, c'est d'avoir un collègue qui ferait une référence à ce qu'il a pu écrire sur Facebook et que je n'aurai pas lu. Il faudrait alors mettre les pieds dans le plat et à part dire de but en blanc que j'en ai marre de lire sa merde, je ne vois pas trop comment m'en tirer. La politesse, les convenances, nous poussent à faire des choses vraiment terribles, alors qu'il faudrait simplement éduquer à l'utilisation des réseaux.

Je regardais cet article anxiogène quant à la mort imminente de Facebook puisque 25% des gens prévoiraient de fermer leur compte. L'article est amusant puisqu'en fait ils seraient un tiers à envisager de fermer leur compte Twitter, si bien que sur le principe, Twitter serait largement plus menacé que Facebook. Je n'y crois absolument pas, et ce pour quelques raisons : garder le contact avec les gens qui paraît la raison la plus évidente, le market qui pour ma part est largement plus puissant que le bon coin, et l'événementiel. En fait la force de Facebook c'est qu'il dépasse le cadre du réseau social, il remplit la fonction du web pour ceux qui ne savent pas, ce qui prouve bien son utilité et le vide qu'il comble. Si je devais remplacer Facebook aujourd'hui, il faudrait que je fasse le tour des sites web pour les annonces d'événements, sites qui n'existent pas nécessairement ou sites qui ne donnent pas les informations comme la préfecture de l'Aude qui diffuse sur Twitter ou Facebook, que je passe par le bon coin, que je fréquente en permanence les pages de vide grenier, etc ... Non seulement il faut comprendre que ce n'est pas si simple de monter un site internet fédérateur, facile d'accès, et que quand bien même on l'a monté, il manquera toujours la centralisation que donne Facebook. Facebook a donc de très beaux jours devant lui sauf si comme je l'avais évoqué, un réseau social qui n'aurait pas cet aspect profil personnel venait à émerger. Concrètement, un réseau social un peu local, où je pourrai voir les événements et vendre des objets, ça serait pas mal sans avoir à me farcir les "si ton prénom commence par la lettre A alors tu devras te mettre une couche culotte sur la tête et chanter happy days".

Je réfléchis en même temps que j'écris, et je me démontre à moi-même et à vous que malheureusement l'aspect identitaire, présentation, a quand même un côté indispensable ou en tout cas rassurant. J'ai été contacté pour la PS3 par de nombreuses personnes et dans tous les cas j'ai consulté leur profil. Quand j'en ai vu un magnifique avec des armes à feu tout le long de la page, je n'ai curieusement pas donné suite. C'est effectivement le serpent qui se mord la queue, on a certainement besoin d'avoir un aspect social qui manque au bon coin d'ailleurs, mais de l'autre on a le pendant insipide d'une "information" qu'on n'a pas voulue. On en revient toujours au même point, le problème n'est pas tant le réseau mais l'utilisation qu'en font les gens, qui ne comprennent pas que parfois il faudrait apprendre à faire preuve de davantage de légèreté. A priori au moment où je vous écris ce billet je viens de vendre une vieille bibliothèque en fer forgé en moins de 10 minutes avec une dame bien éduquée qui passera la prendre demain.

Je regardais mon billet des dernières vacances, et c'est vrai que c'était quand même un sacré cumul. Les problèmes de liquide de refroidissement, la neige avec le rendez-vous médical, ma femme marchait encore avec la béquille, aujourd'hui dans les longues marches que nous faisons, je peine à la suivre, je paye mon gras, mais je paye aussi ma grippe où je tousse encore. Tiens je vous montre parfois où nous conduisent nos marches :

C'est le championnat du monde junior de kitesurf ces jours-ci. Tu m'étonnes qu'ils le fassent chez nous, il faut de l'eau et du vent pour faire du kite. Le principe est simple, une planche de surf, mais quand tu n'as pas de vague parce que la Méditerranée à part Brice de Nice, le surfeur est rare, tu as du vent. Ce serait une invention française, ce qui prouve bien qu'on n'a pas de pétrole mais on a des idées. Vous pourrez noter le temps dégueulasse, depuis le début de l'année il y a eu autant de précipitations que pour l'année 2017 complète. Il était temps d'ailleurs que j'arrête de bosser, la plus belle route de France où je circule à quelques mètres de l'Aude et bien là je roulais dedans, la limite entre le fleuve et la route étant devenue particulièrement mince. Le vent à Saint-Pierre est devenu un tel problème qu'on voit de plus en plus de restaurateurs se débrouiller pour créer des vérandas sur leurs terrasses afin de pouvoir travailler à minima. Certains touristes cette semaine sont venus deux jours et sont repartis, on dirait la Bretagne.

Dans un billet je continuais d'évoquer mon drame téléphonique. J'ai un peu regardé pour savoir d'où ça venait. Il semblerait que les environnements LineageOS et CyanogenMod ont eu un problème quand les apk ont été empaquetés avec un système du nom de aapt2 (je vous mets un lien où des gens vont se plaindre chez F-Droid). Concrètement quand j'expliquais que mon téléphone est tout pourri, c'est un peu plus profond que ça. Tous les téléphones avec ces systèmes d'exploitation alternatifs dont Replicant le Linux de la mobilité, ont rencontré le même problème. La différence entre mon téléphone et les autres c'est que le mien restera bloqué dans cette version sans possibilité de patcher, de corriger en remplaçant la ROM puisque il n'y a ni root ni stock ROM. La réflexion est tout de même assez amusante, se dire qu'à l'époque, le OBI MV1 me paraissait un choix judicieux car il était sous CyanogenMod avec les perspectives de passage vers LineageOS, je suis bloqué parce qu'il est sous CyanogenMod sans aucune perspective de passer à LineageOS, à moins qu'OBI se réveille ou qu'un hacker de génie nous ponde une méthode universelle pour tout gérer. J'avais pesté parce que je n'arrivais pas à installer Yuka, j'ai installé directement l'application open food facts, l'application qui te fait comprendre que ta feuille de salade que tu vas manger ce midi ça passe, mais limite quand même.

Cela vous paraîtra peut-être étonnant mais le seul téléphone qui m'intéresse en ce moment, c'est le Nokia 1. J'attends qu'il sorte, le 18 avril, pour voir des tests, et un prix qui baisse parce que 99 € un smartphone à 1 Go de RAM et 8 Go de stockage, c'est une plaisanterie. Pourquoi ce téléphone ? Ce téléphone a la particularité d'être sous Android Go, c'est à dire une version modifiée et allégée d'Android. J'évoquais l'acte de "consommaction", si on achète ce téléphone c'est montrer qu'on en a marre des téléphones qui coûtent 1200 € et qu'on veut juste faire des choses simples avec.

je suis amoureux de la voix cet homme qui dégage une virilité formidable

Alors effectivement à 99 € je peux me payer un téléphone chinois de la mort qui fait tout, sauf que c'est un business model que je ne veux plus favoriser. J'achète désormais en France, même si le produit est chinois ou à pas grand chose, on peut supposer que la finition sera meilleure, des mises à jour sont prévues pour trois ans, les boutiques potentiellement où je vais acheter le téléphone payent leurs impôts en France.

Je fais une pause dans mon billet on est le lendemain matin, la dame vient d'arriver avec dix minutes de retard et présente ses excuses, je la remercie pour ma part de ne pas m'avoir posé un lapin. Je lui dis que pendant que ma femme s'absente je vends vite des objets, elle me répond amusé qu'elle remplit la maison pendant que son mari n'est pas là.

Le soleil vient de revenir à Saint-Pierre cela fait des semaines qu'un soleil franc n'était pas arrivé, je pense que c'est le moment de se quitter et de vous souhaiter un bon dimanche, sous vos applaudissements.

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Les trois passoires de Socrate ou la frontière fragile entre le bien et le mal

Rédigé par Cyrille BORNE

Trouver la frontière entre la médisance et le propos qui doit malheureusement être tenu.

J'aimerai revenir avec vous sur l'ordinateur Thomson ou l'ordinateur Electrodepot, ainsi que sur les trois passoires de Socrate. On va commencer par Socrate, ça fait toujours bien de commencer par les philosophes Grecs.

Quelqu'un arriva un jour, tout agité, auprès du sage Socrate :

- Écoute, Socrate, en tant qu'ami, je dois te raconter ...
- Arrête, As-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois passoires ?
- Trois passoires ?
- Oui, mon ami, trois passoires. La première est celle de la Vérité. As-tu examiné si tout ce que tu vas me raconter est vrai ?
- Non, je l'ai entendu raconter ...
- Bien, bien. Mais assurément, tu l'as fait passer à travers la deuxième passoire. C'est celle de la bonté. Est-ce que, même si ce n'est pas tout à fait vrai, ce que tu veux me raconter est au moins quelque chose de bon ?
- Non pas, au contraire ...
- Essayons donc de nous servir de la troisième passoire et demandons-nous s'il est utile de me raconter ce qui t'agite tant ...
- Utile, pas précisément ...
- Et bien, dit le sage, si ce que tu as à me dire n'est ni vrai, ni bon, ni utile, oublie-le et ne t'en soucie pas plus que moi.

Il y a un point qui me paraît litigieux dans le coup des trois passoires en 2018, c'est celui de la bonté. Reprenons désormais l'ordinateur Thomson ou l'ordinateur Electrodepot dont je vous rappelle les caractéristiques :

Je vous rappelle que nous sommes face à un produit qui va poser des problèmes à court ou moyen terme au consommateur, pour la simple et bonne raison qu'il ne pourra pas se mettre à jour à cause d'un espace disque partagé par le système et l'espace utilisateur, une quantité de RAM inférieure au minimum attendu par Windows, une résolution qui n'est pas acceptable sauf pour une tablette qui n'a pas la même gestion de l'affichage. On ne va pas se mentir, c'est de la merde comme dirait le regretté Jean-Pierre Coffe. Si l'on suit les passoires de Socrate qui est une base pour savoir si on a raison ou tort sur la diffusion d'un message, je pense qu'il s'agit de la vérité, je pense qu'il s'agit de quelque chose d'utile, en outre ce n'est absolument pas bienveillant puisque je dénigre un appareil. Alors effectivement on peut se dire que Socrate à cette époque n'avait pas besoin d'un guide d'achat sur les ordinateurs portables et pourtant à cette époque déjà, on peut supposer que les marchands peu scrupuleux étaient légions. La question, c'est donc la suivante, faut-il appliquer à la lettre de façon scrupuleuse les passoires ? Quand est-ce qu'il est juste de dénoncer ?

Si vous lisez les témoignages clients, vous trouverez le mien, j'ai écrit globalement ce qu'il y a plus haut. J'ai joué le rôle du consommacteur, en avertissant les autres consommateurs qu'il y avait un problème. Je vous invite d'ailleurs à plussoyer mon commentaire, pour qu'un maximum de personnes le lisent. On remarquera d'ailleurs l'aberration du système de notation des sites internets. Je n'ai pas acheté le produit, je me base sur des valeurs empiriques, aussi bien Thomson ou l'autre constructeur puisque c'est le même modèle avec une étiquette qui change a réussi à faire l'exploit de créer un produit qui déchire et qui malgré ses performances médiocres sur le papier est formidable. Et si mon commentaire n'est pas justifié, que penser des gens qui sont propriétaires du produit depuis moins de 24 heures et qui mettent directement du 5 étoiles, sans imaginer qu'il faudrait un peu plus de long terme sur ce type de produit.

Je vais vous donner un autre exemple, où cette fois-ci c'est moi le dindon de la farce. Souvenez-vous, j'ai acheté un OBI MV1 l'été dernier, un téléphone particulièrement prometteur sur le papier. Sous Cyanogen Mod, des articles sur Numerama, et sur d'autres sites informatiques, avec des éloges et sur les caractéristiques et sur la boîte qui avaient tout pour mettre en confiance. Il se trouve que très rapidement la société n'a plus donné signe de vie, qu'elle n'a pas livré la stock rom pour permettre aux utilisateurs de se retourner, que Lineage OS ne peut donc pas s'installer dessus car il n'y a pas les spécifications de disponible et cerise sur le gâteau des installations de certaines applications font rebooter le smartphone en boucle. C'est donc un mauvais produit, une mauvaise société qu'il faut sanctionner et si on m'avait donné ces informations, j'aurai été bien content d'éviter cet achat. Alors que nous sommes au mois d'avril et que je n'ai acheté aucun nouveau gadget débile, je vais commencer à regarder pour l'achat d'un nouveau téléphone.

Si je fais une synthèse rapide de ce qui précède, il me semble que si on a une information dont on est certain, que cette information n'est pas positive mais que cette information est nécessaire pour éviter de faire tomber les gens dans un piège, alors tant pis pour Socrate qu'on renvoie aux calendes grecques (ça ne veut rien dire mais c'est pour le jeu de mots classe), il faut certainement le dire. A l'heure des faux avis, à l'heure des avis donnés à l'emporte pièce où les gens n'ont aucun recul sur un produit, à l'heure où la consommation devient de plus en plus un acte citoyen, politique, presque un engagement. Il faut, je pense donner son avis quand on a fait une mauvaise expérience et bien évidemment une bonne expérience. Si vous avez le savoir, si vous êtes sûr de votre coup, partagez votre savoir, même si ce n'est pas forcément bon et même si cela peut avoir des conséquences.

Soyons fous. Imaginons que tous les gens un peu compétents en France se mettent à miner tous les commentaires de façon structurée sur tous les sites de vente sur l'appareil de chez Thomson par exemple. Thomson a tout misé sur ce produit sur lequel les marges sont ridicules, il fait faillite, des gens sont licenciés. Bien sûr vous allez me dire que je suis dans la caricature, qu'une société ne s'appuie pas sur un seul produit, mais il faut bien comprendre qu'un avis négatif a un rôle particulièrement important sur les ventes. Imaginez une multitude d'avis. Même si c'est fondé, même si on privilégie l'intérêt du consommateur, porter un avis négatif c'est nuire à quelqu'un.

Si dans le cas d'un appareil pas assez performant, un appareil qui peut être dangereux, c'est assez facile, transposons le contexte au libre. Un exemple qui rappellera quelques souvenirs aux plus anciens d'entre vous :

Environ six mois avant l'annonce de la mort officielle de FirefoxOS, j'annonce que le projet va mourir. En même temps c'était assez prévisible, je m'étais basé sur une seule donnée, aucun téléphone FirefoxOS n'était annoncé, ceux qui étaient prévus finalement ne sortiraient pas. Il faut comprendre que mon message isolé, n'a eu aucune portée et que le sort de FirefoxOS était déjà fixé. Si sur ce coup là j'ai fait mouche, ça n'a pas été toujours le cas, j'ai eu ma période où je me suis spécialisé dans le "on va tous mourir", annonçant la mort de tout un tas de projets qui sont bien vivants. Un exemple bien parlant, j'ai annoncé la mort de Thunderbird cinquante fois, j'ai tout essayé et j'utilise à nouveau Thunderbird, voyez que j'ai raté l'occasion de cinquante fois me taire.

Cette erreur a un prix, et c'est le prix de la confiance, le raisonnement est simple. Il se trouve que fut une époque, j'étais largement plus lu qu'après avoir suicidé dix fois le blog et tronqué son flux RSS, donc je possédais une visibilité assez importante. Si quelqu'un fait une recherche dans Google et tombe rapidement sur un article de blog où l'on annonce que le projet va mourir, il paraît évident que même si la personne doit comparer différentes sources avant d'arriver à sa conclusion personnelle, un article dans le plus pur style Bornien teinté de mauvaise foi peut créer un très grand doute. Voici l'exemple du moment, Mageia se porte mal :

  • Mageia: celui qui plantera le dernier clou du cercueil, viendra de la communauté, vous chercherez le lien sur l'internet si vous êtes intéressés par lire l'article.

  • La fraîcheur et le nombre des paquets, indicateurs de la santé d’une distribution Linux. Denis paye un peu le prix de ce billet à savoir qu'un confrère blogueur dit qu'il raconte des conneries pendant que les gens du forum Mageia le traitent d'incompétent ce qu'il n'est pas. Ça fait partie du jeu, il est plutôt doué d'ailleurs le père Denis, il est de la trempe des hommes qui profitent des attaques pour rebondir, une technique d'usure très efficace qui lasse l'adversaire.

Voilà ici ce que je pense être la limite du système de la dénonciation. Quel enjeu pour les deux blogueurs ? Denis a écrit un article lapidaire sur la fraîcheur des paquets, le blogueur dont je tairai le nom a fait un article à charge sur la communauté Mageia. Il s'agit d'articles à troll avec pour moi la volonté de nuire. C'est mon point de vue, ça peut se discuter, c'est mon interprétation à ma lecture, mais je trouve dans un cas comme dans l'autre, ça manque de fond, ça manque de travail. S'appuyer sur la fraîcheur des paquets pourquoi pas, mais il faut avoir l'honnêteté d'aller regarder dans les pages de développement si le projet est à l'arrêt ou non. Expliquer que les utilisateurs d'un forum sont des intégristes, ça ne fait pas une mauvaise distribution. Pour ma part c'est de la méchanceté gratuite contre une communauté qui n'a rien à se reprocher, qui ne fait pas de mal, et qui surtout n'a rien demandé, en tout cas certainement pas de la mauvaise publicité. Les collègues blogueurs préjugent de la mort du projet, et effectivement sachant qu'ils auront été lus, ils contribuent à cette mort. Si je vous annonce la mort d'un projet, si une deuxième personne en fait de même, la personne qui va choisir d'installer une distribution Linux ne fera pas le choix de Mageia. Annoncer qu'un projet va mourir quand on contribue à le faire crever, c'est provoquer sa perte.

Principalement ce qui me pose problème c'est la forme, pas tellement le fond car dans le fond Denis n'a peut-être pas tort comme le blogueur dont je tairai le nom. J'évoquais plus haut la dénonciation du mauvais produit lorsqu'il y va de l'intérêt collectif. Imaginons, c'est une simple supposition que Mageia ne se porte pas bien et que le projet est effectivement en bout de course. N'est-il pas dans l'intérêt public d'avertir les gens qu'on est face à une distribution qui ne se porte pas très bien et qu'il n'est pas forcément judicieux de l'installer.

J'ai été confronté à cette situation en installant Handylinux qui même si on a une passation de pouvoir avec DFlinux, j'ai fait le choix de ne me focaliser sur les distributions Debian et Ubuntu selon le public, selon la machine. Du fait d'avoir été échaudé par l'expérience qui m'a conduit à réinstaller quelques ordinateurs, je fais du prosélytisme pour ces deux distributions. Comprenez que faire du prosélytisme ne me donne pas le droit d'expliquer que les autres distributions sont à fuir. De nombreux utilisateurs trouvent leur compte avec Manjaro, Solus, Mageia, Opensuse et d'autres, le bon sens veut qu'on tire la couverture à soi avec classe et élégance sans vomir sur le travail du voisin.

Contextualisons un petit plus. Qui va installer Mageia ? Un gars qui sait installer une distribution Linux. Concrètement le risque ce n'est pas d'acheter un appareil à 99€ qui va polluer la planète avec un système d'exploitation qui ne pourra pas se mettre à jour, le risque c'est qu'un type se retrouve avec une distribution qui n'est plus maintenue. J'ai confiance, s'il a su installer Mageia, il sera dans la capacité d'installer une Opensuse ou une Fedora, des distributions qui sont en RPM. Au pire, s'il s'est senti pousser des ailes, il devra se reconfigurer l'intégralité des installations de Mageia qu'il aura semé sur un tas de postes, c'est ce qui s'appelle assumer un choix.

Est-ce que Mageia va mourir ? Personne ne le sait. Est-ce que c'est une information bienveillante ? Certainement pas. Est-ce que c'est utile, absolument pas. Socrate gagne trois points à zéro contre les blogueurs.

Bien. Je ne peux pas conclure comme ça, sur un message moralisateur qui me ferait passer pour un saint homme. Je continue de troller parce que c'est rigolo, mais j'essaie en tout cas je l'espère de ne pas le faire au détriment de quelqu'un. Dans ces histoires, tout le monde est perdant. Un projet est décrédibilisé, des blogueurs se décrédibilisent parce qu'ils passent pour les charognards de service à publier des billets pour annoncer qu'un projet va mourir, les gens commencent à s'insulter parce que n'oublions pas que toucher la distribution Linux de quelqu'un c'est comme traiter sa mère. Plutôt que d'évoquer la mort supposée des projets, plutôt que de désorienter, il va mieux essayer de faire le contraire et de pousser ses expériences positives.

  • Cyrille BORNE c'est une famille avec une uniquement des ordinateurs sous Xubuntu,
  • Cyrille BORNE c'est 100 machines sous Debian au lycée,
  • Cyrille BORNE c'est désormais 35 PC sous Debian qui vont être distribués à des gens dans le besoin.

MANGEZ DU DEBIAN ET DU UBUNTU !

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Adieu Michu, de toute façon on ne t'aimait pas vraiment

Rédigé par Cyrille BORNE

Une réflexion suite à mon retour d'un pèlerinage de plusieurs centaines de blogs.

Je me suis donc farci l'intégralité de la page de lanargeek, les sites qu'il linke ce qui représente en gros la quasi-totalité de ce qui se fait en logiciel libre francophone. Ce qui est intéressant quand tu te fais tout d'un coup, c'est le côté frontal, tu prends tout dans la tête et ça te permet de tirer quelques conclusions d'ensemble.

État des lieux (je fais des paragraphes pour faire plaisir à Cascador)

Les blogs ne sont pas morts, ils sont nombreux à écrire. Le souci toutefois c'est le manque de régularité, on voit des gens sortir de leur pause au bout de trois ans puis repartir. Je pense que ce n'est pas une mauvaise chose. Comprenez pour avoir été un habitué du fait, à produire parfois jusqu'à trois articles par jour, on finit par rapidement écrire de la merde. Finalement blogueur c'est un peu comme chanteur, il arrive à certains de sortir un album tous les sept ans pour prendre le temps d'être inspiré, pour prendre le temps de trouver les mots. Ce qui pose tout de même problème c'est la visibilité, le gars qui pond un article tous les trois ans on ne l'attend plus. Est-ce que c'est grave de ne plus être attendu, un peu, quand on sort un album on espère qu'il sera écouté ou vendu c'est selon. J'en reviens avec un vieux concept de ferme de blogs ou de blog collaboratif même si c'est difficile, ah ben sinon il y a Medium, sauf que je ne miserai pas sur la présence de Medium dans trois ans.

Je suis une espèce en voie de disparition. Comprenez que le blogueur vulgarisateur qui va parfois juste expliquer comment on fait pour installer un paquet, c'est terminé. Aujourd'hui les blogueurs se séparent en deux grandes parties, les philosophes, les techniciens de haut vol, avec une grande majorité de techniciens de haut vol. Et cela va avoir quelques conséquences :

  • Wordpress n'est pas le moteur le plus utilisé, ce sont des moteurs statiques comme Hugo. Les gars pondent leur prose et se foutent complètement d'avoir une réponse. En même temps à raison d'un article tous les trois ans, on peut fortement supposer qu'ils ne comptent pas sur le public. On sent qu'il s'agit de blogs qui sont de véritables bloc notes et où l'on n'attend pas d'échange véritable avec un quelconque auditoire. L'écriture est personnelle, ça peut servir un jour si on doit refaire, et éventuellement ça peut servir à quelqu'un. Il faut tout de même saluer l'effort de la publication, ça pourrait être effectivement pire avec une prise de note privée.
  • Les types sont des développeurs, des administrateurs systèmes, si bien que lorsqu'ils font un billet il faut un autre niveau que dpkg -i *.deb. Et cela va avoir deux conséquences qui sont notables. La première c'est que cela exclut complètement les pauvres gens du débat, la seconde c'est que cette génération de libriste n'a pas grand chose à voir avec l'ancienne, elle assume qu'elle n'en a rien à foutre de monsieur et de madame Michu par son attitude, sans le dire explicitement. Alors personnellement je ne trouve pas ça honteux, de la même manière qu'aujourd'hui j'ai tendance à être totalement indifférent devant mes collègues qui ont leur Word qui vient de crasher, leur Windows 10 qui vient de crasher, on a tout à fait le droit de ne pas avoir envie de se préoccuper du bas peuple. et de sa libération. Ce positionnement se retrouve dans les choix de développement. Avant quand on faisait semblant de penser à monsieur et madame Michu on codait des applications KISS en php même parfois sans base de données, en se disant qu'ils pourraient se libérer en utilisant ces services sur leur hébergement free ou pour les plus riches sur du mutualisé. Aujourd'hui on est totalement déculpabilisé, on code en GO, en python, en ruby dans le langage qui fait plaisir en direction d'un serveur dédié, parce que de toute façon le billet se destine uniquement à des gens qui ont des serveurs dédiés.

J'insiste bien sur ce point, il n'y a rien de mal là dedans, il faut toutefois comprendre que l'internet n'est pas la place pour les débutants dans le monde libre, elle ne l'est plus, car il est bien fini le temps où nous apprenions Linux ensemble et où la préoccupation première c'était de réussir à avoir le son sur son ordinateur. Pour ceux qui n'ont pas connu cette époque, Lionel qui est devenu plutôt philosophe du libre avait fait partie des premiers il y a une dizaine d'années à expliquer comment récupérer du son sur Ubuntu. L'époque a totalement changé, c'est à dire que ceux qui ont découvert Linux avec l'arrivée d'Ubuntu sont soit passés à la vitesse supérieure, soit ils sont passés à autre chose, soit ils ont stagné dans des connaissances qui leur conviennent, c'est tout moi ça. Comprenez par exemple qu'il me serait difficile de faire un tutoriel d'installation de Linux car c'est tellement évident pour moi que je ne sais même pas si mon tuto serait compréhensible pour un débutant, un terme qui ne veut rien dire car il y a une infinité de niveau. Et d'ailleurs ce propos, cette crainte de ne pas savoir vulgariser, Sébastien en a même fait un billet, où il explique que pour garder contact avec la masse, il n'a pas d'autre choix que d'aller la rencontrer physiquement, on va y revenir plus loin.

Avec une vulgarisation qui se perd, avec des services qui deviennent de moins en moins accessibles, libérer un individu c'est lui proposer une offre de services, c'est donc grosso modo lui proposer la même chose que le modèle propriétaire, avec une éthique théorique en plus, ce n'est donc pas vraiment le libérer. On n'est absolument pas prêt, il faut attendre que les CHATONS émergent, la libération est binaire : ceux qui sont capables de s'auto-héberger du début jusqu'à la fin, des gens qui ont désormais un niveau professionnel pour affronter un web où c'est bienvenue dans la jungle, ces mêmes gens qui vont être capables de proposer des services payants pour accueillir ceux qui veulent une autre informatique.

il s'agit de mon image préférée du moment, elle est aussi forte que l'adage qui dit que si c'est gratuit c'est vous le produit. On commence à la voir apparaître sur des tas de sites, les mêmes sites qui expliquent qu'il ne faut pas stocker ses données chez Dropbox mais que vous pouvez les mettre chez un CHATON parce que c'est pas pareil. Il va falloir quand même travailler les éléments de discours car c'est quand même limite suicidaire.

Et maintenant que vais-je faire ? Gilbert Becaud donne nous ta force !

Il faut savoir que Michu reste quand même mon quotidien mais dans le vrai plus que sur le net où je ne croise que des gens qui savent. Comme le fait remarquer Alterlibriste et comme l'ont confirmé d'autres, l'alternative Linux commence à devenir une possibilité, de plus en plus de gens évoquent Linux, savent de quoi on parle et veulent bien y passer surtout quand vous assurez le service gratuit. Je dois vous reconnaître quelque chose et je pense qu'on devrait tous s'y mettre, il faudrait qu'à chaque fois qu'on croise quelqu'un qui nous parle de Linux, lui demander qui lui en a parlé. Quand je vois des gens de mon entourage qui ne sont absolument pas intéressés par l'informatique, je ne sais pas d'où ils sortent l'information, je pense que c'est du bouche à oreille.

A l'heure actuelle toutes les personnes que j'ai croisées qui utilisent Linux sont dans deux catégories, les bourreaux, les victimes. Mon beau-père est sous Xubuntu, il est ravi, il ne sait même pas qu'il est sous Linux ... Ça c'est le vrai monde des Michus. Mon beau-père je pense n'est pas une exception et rentre dans ce qu'on pourrait appeler dans le cadre de "famille de Geek". Nous sommes nombreux à avoir installé du Linux pour nos parents, nos conjoints, nos gosses, par conviction bien sûr mais surtout pour avoir la paix. Alors que mon beau-père a un problème avec son téléphone Android tous les matins, son ordinateur fonctionne toujours. Frédéric s'interrogeait sur la problématique qu'entraîne le développement de Xfce sur une distribution comme Manjaro, je peux vous garantir que si c'est une faiblesse pour une distribution en rolling release, j'ai en face de moi le même écran depuis plus de cinq ou six ans avec l'environnement Xfce, ça rassure tout le monde. Alors que Windows 10 ne cesse de se renouveler, change son interface, met des lustres pour se mettre à jour, l'environnement minimaliste de Xfce, rapide, simple, avec de faibles mises à jour rassure les utilisateurs. Si l'on sort du cadre des familles de Geek, nos victimes, les gens que j'ai croisé sont soit des victimes d'autres Geeks avec des cas souvent délicats, celui de l'abandon, ou des bobos écolos gauchistes qui cherchent à changer leur façon de faire. Ils ont conscience que ça existe, certains essaient de l'installer, parfois réussissent, parfois échouent mais dans tous les cas de figure n'arrivent pas à s'en sortir sur les forums ou sur les sites qu'ils jugent trop difficiles.

Si les forums, les sites ont leur importance car ils permettent d'écrire des solutions, de communiquer à travers toute la France, il est impératif de privilégier l'aide locale et surtout de jouer la solidarité vis-à-vis des autres bourreaux, je m'explique. Comme j'ai pu vous le raconter je suis tombé sur une jeune femme qui s'est retrouvée bloquée dans une version plantée d'Ubuntu 14. Elle a été en couple avec un Linuxien, elle ne l'est plus mais mine de rien elle aura été une victime d'un Linuxien. De la même manière, j'ai installé des gens sous Linux, je suis parti ou ce sont les gens qui sont partis, il paraît légitime qu'un maillage de gens sur le territoire accepte de devenir le nouveau bourreau. On peut aussi prendre le problème à l'envers, à savoir tout simplement refuser de faire des installations et espérer que les gens se mettent à apprendre, on peut toujours rêver.

Dès qu'on a fait le choix d'installer du Linux, il faut être vigilant, organisé et surtout avoir bien en tête que les gens ne feront rien. Je m'explique encore. J'ai l'une de mes collègues qui est une bobo gauchiste écologiste, elle a acheté un PC d'occasion et m'a demandé d'installer Linux, ça ne se refuse pas. Cela commence à remonter à trois ans, et à l'époque j'ai fait une petite erreur stratégique :

Vous l'avez reconnu ? Et oui c'est une Handylinux, projet mort et enterré. Son ordinateur fonctionne parfaitement, le support est lié à Debian donc ça ne pose pas de problème particulier, mais on arrive quand même à la fin. A cette époque, pour un débutant, avec un peu de conviction, ça me paraissait une bonne idée. Ça me paraissait d'ailleurs tellement une bonne idée, que j'en avais collé sur le portable des gosses, des beaux parents, un peu tout le monde. J'ai récupéré son ordinateur cette semaine car j'avais du temps, il est désormais sous Xubuntu. C'est cohérent, je suis sous Xubuntu, tout le monde chez moi est sous Xubuntu, je la mets sous Xubuntu. Son ordinateur n'aurait pas eu la capacité de passer le système, je l'aurai installé sous Debian Xfce. La prise en charge du Michu doit être locale, complète et il faut penser à l'avenir du Michu pour qu'il ne se retrouve pas dans l'impasse.

Si l'on suit donc mon raisonnement, sur l'internet bon ben on aura compris que Michu est banni, si on veut faire du Linux avec Michu ou du libre c'est en face à face. Répondons donc à la question de Gilbert, et maintenant, que vais-je faire ?

RIEN

Il faut savoir que si à une époque, j'ai pu avoir pour idée de changer le monde, ce n'est plus le cas aujourd'hui, si je fais le choix Linux c'est qu'il m'arrange ou qu'on me l'a vivement demandé. Comme je l'ai fait remarquer plus haut, le beau-père, ma femme, mes gosses sous Linux, ça m'arrange. Pas de plantage, peu de logiciels qui une fois qu'ils sont maîtrisés on fait globalement ce qu'on veut. Si j'ai mis mes ordinateurs au lycée sous Linux ça m'arrange. Une mise à jour tous les trois ans, la boîte de prestation peut jouer tout ce qu'elle veut avec le serveur Windows, moi j'ai mes PC qui tiennent la route et qui ne bougent pas. Il faudrait que je vois à perfectionner le système en trouvant un système de kiosk parce que j'ai des gamins qui jouent avec les icônes. Si je donne 35 ordinateurs sous Linux c'est parce que ça m'arrange. Quand on sait que les associations ne se déplacent pas pour mes ordinateurs, je suis bien content d'avoir trouvé des gens qui me les prennent et qui auront la capacité de les faire vivre. J'utilise Linux parce que c'est fun, parce que ça marche bien, parce que l'univers Microsoft me gonfle, parce qu'avec Linux j'y trouve mon compte.

Je ne fais rien de plus que ce que j'ai envie de faire, et dans ce que j'ai envie, dépanner des gens qui sont déjà sous Linux ou des gens qui me le demandent. Pour la réparation Windows, j'envoie chez l'assembleur, il faudrait d'ailleurs que je trouve des gens honnêtes à Pézenas ou un auto-entrepreneur. Pour moi Michu c'est un peu fini, Michu je l'aimais bien mais Michu de toute façon ne comprend rien au libre, et dans le fond n'a pas vraiment envie de s'y intéresser. Désormais pour moi Michu c'est soit Victime, et il est important de respecter les victimes de ses collègues, soit Bobogauchiste qui a un côté sympathique dans ses convictions.

FAUT IL ABANDONNER LE SOLDAT MICHU ? BIEN SÛR QUE NON !

Il y a quand même quelques combats qui méritent d'être menés dans l'éducation de Michu et peut-être pas là où on croit. Iceman disait dans le forum qu'avant d'expliquer quoi que ce soit, il fallait expliquer l'ordinateur et je pense qu'il a grandement raison. Un bel exemple :

J'ai laissé un commentaire pour dénoncer le produit qui devrait être interdit à la vente. Il s'agit d'un appareil à 32 Go d'espace disque partagé avec Windows ce qui laisse supposer que si la mise à jour est trop grosse l'ordinateur ne pourra pas l'installer, l'appareil n'a qu'un giga de RAM donc il va swapper, la résolution est de 1024 ce qui est tout simplement impossible en 2018. Pierre Lecourt fait un article assez virulent sur le modèle Thomson qui a eu son petit coup de pub ces derniers jours avec un article de journal qui a pu le tester en avant première et qui n'est absolument pas objectif. Quelques sites en ont parlé, un ordinateur pour les débutants ou les enfants, mais personne n'a dit ce que Pierre a dit à savoir qu'il ne faut en aucun cas acheter ce genre de modèle.

La grande cause n'est pas forcément où on la croit, ce n'est pas quitter Facebook, ce n'est pas migrer sur Diaspora / Mastodon, ce n'est peut-être pas jeter dans les toilettes toutes les technologies propriétaires mais commencer par faire de l'achat responsable. A 99 € des centaines de litres d'eau utilisés, du carburant pour le faire venir des usines d'Asie, des matières plastiques pour un appareil qui risque d'être rapidement inutilisable. Je vois le défilé des articles qui dénoncent les pratiques de Facebook, un seul homme qui se dresse contre ce genre de produit obsolète à la sortie du carton. Je trouve que Pierre est un peu seul sur ce coup et qu'il serait temps de faire une levée de bouclier face à ces appareils jetables qu'on voit apparaître de plus en plus souvent.

Je regrette que Pierre n'évoque pas le marché de l'occasion, j'espère qu'un jour quelqu'un lui fera une offre de partenariat un peu solide. Il ne s'agit pas d'une critique, le travail réalisé sur Mini Machines est exceptionnel, un seul homme, un des derniers blogs informatique indépendant pédagogique, vulgarisateur avec malheureusement un business model basé sur des nouveaux produits. A 99 € il vaut mieux se tourner vers le marché de l'occasion, ou payer plus cher pour avoir un produit de meilleure qualité. Michu sur le net a peut-être davantage besoin de conseils pour éviter les pièges que de tutoriaux pour lui expliquer comment passer à Linux.

Non il ne faut pas abandonner ce brave Michu, mais plutôt que de lui bourrer le crâne, l'inviter à devenir un rebelle du libre, le guider vers une informatique plus saine, une informatique dans laquelle il n'a pas besoin de tous les gadgets débiles du monde pour exister, une informatique où l'occasion ce n'est pas sale, une informatique plus simple qui peut éventuellement passer par Linux et le logiciel libre. Il ne faut pas pousser Michu dans le maquis dès le premier round, il faut éveiller sa conscience sans le bousculer.

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