Le Blog de Cyrille BORNE

Dernier Round

Cultures, épisode 1

Rédigé par Cyrille BORNE

Bandes dessinées, musique et ciné

Je fais finalement le choix du tir groupé dans un billet, d'une façon différente de ce que je pouvais faire il y a quelques années. Jusqu'à maintenant, j'ai tout commenté et ce n'était pas judicieux. Commenter comme je l'ai dit l'énième bouse de Christian Clavier ou de Kev Adams, n'a finalement pas de sens. Je ne dis pas que je ne le ferais pas, je ne m'interdis rien. Je ferais même peut-être un spécial bouse pour essayer de décrypter la mécanique, le mauvais goût. Il y a quand même de quoi écrire dessus, sur ces titres qui cartonnent au box office à base de racisme, de mauvais humour, de sexisme et de clichés, est-ce que c'est vraiment ce que veut la France ? Du fait de ne pas tout commenter, du fait de ne pas me forcer, j'ai réalisé que je ne terminais pas des oeuvres que je juge mauvaise. Je ne supporte plus les blockbusters américains, j'ai désormais besoin d'être surpris, de ne pas savoir où je vais, force est de constater que les américains ont beaucoup de mal à nous étonner, misant sur les effets spéciaux plutôt que sur une histoire solide. Quand on voit la masse de comics à venir, on se dit que ça ne va pas aller en s'arrangeant, ces films ne sont que des clones des uns et des autres.

Si d'ailleurs il y a un genre où il est difficile d'être original, c'est celui des zombis. Uniquement en écrivant ce mot, je vais spoiler le film que je vais vous présenter de façon succincte : la fille qui avait tous les pouvoirs. Les trente premières minutes du film sont assez captivantes, on voit une gamine qui s'attache elle même à un fauteuil roulant, et qui encadrée par des militaires, est amenée de façon quotidienne dans une salle de cours, avec des enfants comme elle, pieds et poings liés. L'image de ces enfants prisonniers est assez choquante, et on finit par se rendre compte qu'ils représentent une véritable menace, ce sont des zombis dotés d'intelligence, pas le zombi traditionnel qui se contente de courir après le premier être vivant venu. Un film avec un zombi pour héros, c'est assez rare pour être souligné, et c'est plutôt bien mené, la jeune fille lutte contre ses pulsions dévoreuses pour venir en aide au groupe de soldats qui la gardait prisonnière.

C'est peut-être le seul film que j'ai réussi à terminer en un mois, ce qui désormais fait figure de performance. Ce n'est pas le film du siècle, mais il reste suffisamment captivant pour qu'on veuille savoir comment ça va finir. Dans un style totalement différent, la France sur le pouce d'Olivier Courtois. Il s'agit d'une histoire vraie, qu'on suppose bien sûr romancée d'Olivier Courtois lui-même. Journaliste, fraîchement séparé de sa compagne, l'homme en a marre de la vie de sédentaire, du métro, boulot, dodo et décide de faire le tour de France en stop. La bande dessinée est découpée en chapitres très courts, chacun correspondant à une étape du voyage, chaque étape une rencontre. J'ai trouvé le concept intéressant mais je suis globalement déçu par l'ensemble. La bande dessinée est agréable, mais je trouve qu'elle sonne faux, ou disons que les profils choisis ont été sélectionnés pour nous montrer une France sympa, serviable, une France qui tend la main. Il me paraît difficile d'avoir un voyage qui ne fait que bien se passer. Olivier Courtois explique comment les gens se confient, montre les paysages de France où il dort à la belle étoile et dans le fond tout va toujours bien et tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Vous allez certainement me dire qu'en tant que bon fan de Mano Solo, je suis fan des gens qui souffrent à ma place, et je vous accorderai volontiers le point. A la fin de la lecture, je peux dire que j'ai passé un agréable moment, une histoire sympathique que je trouve peu crédible alors qu'elle a été réellement vécue par son auteur. Je n'ai pas la sensation que la France n'est que main tendue, qu'elle n'est que solidaire, qu'on peut dormir à la belle étoile tous les jours sans échapper à la maladie, au froid, ou disons que tout est raconté de façon tellement positive qu'on pourrait croire qu'être sans domicile fixe c'est la belle vie. Contrairement à d'autres tranches de vie du même type qui laissent un souvenir impérissable, une marque au fer rouge, le combat ordinaire pour n'en citer qu'un, la France sur le pouce fera partie des très nombreux titres que je finirai par oublier. Vous trouverez une longue interview d'Olivier Courtois, sur le blog branchés culture, et le documentaire vidéo de 2013. On y croise en "vrai" des personnages de la bande dessinée comme ce père de famille qui évoque la mort prématurée de son fils.

Copyright Olivier Courtois, Dargaud et Phicil le dessinateur

Orelsan va sortir son nouvel album, la première chanson pour annoncer l'arrivée, déjà vue plus de dix millions de fois, "basique". Une musique rythmée qui fait danser, un texte très Orelsan avec son quota de provocation et de lapalissade, un clip excellent et original comme souvent chez Orelsan, une fidélité aussi avec l'apparition de Skread et Ablaye en fin de vidéo. Dans la catastrophe que représente pour moi le RAP des années 2010, Orelsan est pour moi le seul à ma connaissance à sortir du panier. Ce qui me plaît chez lui, c'est ce côté n'importe quoi permanent, Orelsan donne l'impression constante de se faire plaisir, de s'amuser et en aucun cas de ne se prendre au sérieux. Les gens ne retiennent souvent de lui que les textes provocants qui l'ont conduit aux tribunaux, moi je retiens l'association avec Gringe, le clip dans Nîmes avec la tenue des chevaliers du Zodiaque pour finir par une fusion comme dans Dragon Ball, suicide social dans lequel il insulte toutes les professions, ou encore les casseurs flowteurs avec le film demain c'est loin. Ces garçons qui auront osé sortir une chanson débile comme bloqué : Le père de Ranma finit toujours en panda,Je veux faire plus de clics que le Sneezing Panda,T'as un œil au beurre noir, t'as la gueule d'un panda, Paris-Marseille à six dans une Fiat Panda ont démontré qu'ils jouaient dans une catégorie totalement différente que les aficionados de la gonflette, ou des "chanteurs" comme Jul dont je peine à trouver la catégorie et le message. Orelsan c'est le rappeur qui surprend, qui fait chanter, qui fait rire, pas tout le monde, mais moi oui. J'attends avec impatience l'arrivée de son nouvel album. Je vous invite à lire cet article sur Skread son DJ et manager, qui montre qu'Orelsan c'est effectivement un gars qui s'amuse beaucoup, et qui fait vraiment n'importe quoi.

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Lui-même, et c'est déjà beaucoup.