Le Blog de Cyrille BORNE

Dernier Round

Complément 2

Rédigé par Cyrille BORNE

De la parentalité, des applications pour être sûr d'avoir une réponse, de la concentration pour tous.

J'ai lu au travers de l'article de Bronco un long déballage sur la parentalité, c'est un témoignage que vous pouvez lire dans son intégralité sur Mastodon ou chez Sébastien Sauvage. J'y vois un lien avec mon histoire des enfants qui n'ont pas de pitié, je comprends bien sûr parfaitement le propos et que celui qui n'a jamais imaginé sa vie sans enfant me jette la première pierre. La parentalité est complexe, elle est certainement plus complexe aujourd'hui qu'elle l'était il y a trente ans. La parentalité c'est finalement comme l'école, on ne peut résumer l'écrasement d'un système que par le système qui s'écrase sans comprendre qu'il n'est qu'une composante d'un système bien plus vaste. Il y a trente ans, le divorce n'était pas ce qu'il était, les enfants étaient tenus, et vous m'excuserez ce bon vieux discours de droite réactionnaire, c'était certainement mieux avant. Aujourd'hui si vous décidez d'éduquer votre enfant sans le pourrir, sans le laisser faire n'importe quoi, en ayant quelques valeurs de base, vous n'êtes pas dans la norme. Le rapport aux écrans pour ne citer qu'eux, votre gamin ira vous tanner pour vous expliquer que la norme c'est de pouvoir rester jusqu'à quatre heures du matin à s'abreuver de jeux vidéos, de porno et de "cc tfk ?" sur les réseaux sociaux avant de s'effondrer sur une vidéo de chats qui font du volley ball.

La relation avec les enfants est biaisée car elle s'inscrit dans un contexte sociétal qui n'aide pas, mon fameux exemple des enfants de couples divorcés qui s'égorgent quand ils se sont tant aimés, leurs enfants plus vraiment victimes mais profiteurs, comme des charognards sur un champ de bataille. Il serait faux de dire ne jeter la pierre qu'aux enfants, nous avons changé. Nous voulons aussi du loisir, et puis je dirai que nous en avons le droit, à la limite du devoir. Devrions nous nous définir uniquement à travers notre couple, nos enfants, pour n'être que des coquilles vides, ne vivre qu'à travers les autres sans avoir aucun autre centre d'intérêt que celui du travail, de la famille ? Je le refuse.

La société de consommation est une plaie, les enfants veulent croquer le monde, et c'est la responsabilité des entreprises, des états, de laisser cette vitrine trop alléchante pour de si jeunes esprits ouverte vingt quatre heures sur vingt quatre. Parents, il faut malheureusement serrer les dents et attendre qu'un jour l'enfant se retrouve à votre place. Il nous donnera peut-être une leçon magistrale en étant bien meilleur qu'on a pu l'être ou reviendra vers vous en disant qu'on avait finalement pas totalement tort. La difficulté c'est de ne pas franchir ce point de rupture, cette incompréhension qu'on connaît tous. Pour conclure, je trouverai dommage que cet article qu'on ne peut comprendre que lorsqu'on l'a vécu, soit utilisé par des frustrés vivants dans leur grotte, n'ayant connu que leur mère et leur soeur pour femme, une caution pour un mode de vie loin des autres, loin de la vie. Oui les enfants c'est la plaie, c'est évident, mais c'est aussi la vie, être parent modifie la perception de la vie. Je pense que pour changer le monde, pour espérer le rendre meilleur, un adolescent des boutons plein la figure est une source d'inspiration et de motivation quotidienne.

j'ai trouvé cette photo sur le site freephotos.cc, à priori elles sont libres de droit

Toujours dans le même contexte, de cette difficulté de relation entre les enfants et les parents, j'avais écrit que nombreux étaient mes élèves qui bloquaient leurs parents dans Facebook. Les enfants sont formidables pour reprendre Jacques Martin, des milliers d'amis sur Facebook, ils ignorent leurs parents avec les appareils qu'ils ont payés. Le jour où ils ont besoin de quelque chose, le nombre d'amis virtuels importe peu, c'est toujours vers la famille qu'on se retourne. Pour preuve que la situation est pesante, on a même la création d'un marché financier puisqu'un développeur a fait une application qui bloque le téléphone d'un enfant tant que celui-ci n'a pas répondu au SMS ou au coup de téléphone. Malaise tout de même, lorsqu'on en vient à utiliser des outils, des robots, pour communiquer, se faire entendre ou se faire obéir.

Chris Bolin propose un article qui ne se lit que lorsqu'on est déconnecté. Si vous êtes comme moi sur Firefox, il suffit de passer en mode hors connexion et lire l'article. Bien sûr, il est question des notifications omniprésentes, que ce soit la page web, les réseaux sociaux ou votre boîte mail mais l'article va plus loin avec les liens qui casseraient l'article. Concrètement, si vous prenez l'article que je suis en train de rédiger, nous sommes déjà quatre liens hypertextes, j'ai peut-être perdu une partie du lectorat qui a suivi les liens. Je ne partage pas le point de vue, j'ai tendance à ouvrir dans un nouvel onglet les différents articles qui pourraient m'intéresser pour aller les lire plus tard. En ce qui concerne la déconnexion, ce n'est pas le bon mot, c'est l'attention qui compte et parmi les moyens à mettre en oeuvre, intervient certainement la déconnexion. Je sais que j'ai progressé dans mon attention en passant de la vidéo à la musique, je réalise que je n'arrive plus à suivre un film et écrire en même temps. Chacun a des capacités de concentration plus ou moins importantes, à chacun ses méthodes, Chris Bolin a le mérite d'en proposer une.

Comme vous avez pu le voir, j'essaie de me faire violence pour prendre des photos libres de droit pour illustrer les articles, quand je peux en tout cas. Ce n'est pas la solution de facilité, alors que d'habitude je sais exactement ce que j'ai en tête et je vais le chercher sur internet, je tape un mot clé pour voir ce qu'on me propose. C'est un pas que je fais vers le respect du droit d'auteur. Quelques sites pour s'alimenter, la liste est certainement à compléter, je l'ai piquée sur le blog du modérateur :

Autour de la désinformation, chaque catastrophe entraîne désormais son lot d'Hoax. Difficile pourtant quand on voit que six membres d'une même famille meurent ensemble de faire de l'humour sur tout. Mashable présente quelques fausses photos, des requins sur l'autoroute inondée par exemple.

Au sujet du difficile droit à l'image, l'histoire des tatouages dans les jeux vidéo car les tatoueurs sont propriétaires du droit à l'image des tatouages sur les joueurs ce qui laisserait sous entendre qu'ils sont quelque part, propriétaire d'un morceau de leur corps.

Classé dans : blog Mots clés : aucun

Lui-même, et c'est déjà beaucoup.