Le Blog de Cyrille BORNE

Dernier Round

Complément 46 - On s'occupe

Rédigé par Cyrille BORNE

Ben oui faut bien s'occuper.

Je suis donc dans une période de calme avant la tempête, c'est-à-dire que je suis à la maison avant de cavaler comme un foufou pour finir l'année. C'est la seule journée où je n'ai pas pris la voiture, j'ai cavalé ces derniers jours tout de même à gauche à droite pour faire des courses, parce que j'ai la passion des courses. Un peu de peinture, des machines à laver, du nettoyage, un peu de tri dans les fichiers, dans le matériel aussi. Je tente par exemple de réparer un ordinateur portable en changeant son clavier pour 40 €, c'est cher pour tenter sa chance, néanmoins la machine est côtée à 300 € et je ne l'ai pas payée. J'ai fait aussi un test qui me tenait à cœur depuis un moment, l'installation de cloudready sur un ordinateur. Cloudready c'est tout simplement Chrome OS ou plutôt Chromium OS que vous pouvez installer sur n'importe quel ordinateur. ChromeOS a le vent en poupe en ce moment et pour cause, on calcule que c'est l'OS qui va remplacer Android sur les tablettes. L'installation se fait de manière triviale sur la clé USB en faisant un sudo dd if=cloudready-free-66.3.16-64-bit.bin of=/dev/sdx bs=4M, en bas à droite vous avez une icône qui vous permet de lancer l'installation, elle efface tout sur son passage. Bien évidemment c'est particulièrement limité, on se retrouve avec Chromium et rien d'autre. L'idée c'est donc quelqu'un qui travaille beaucoup avec les services Google, en attendant la compatibilité avec Android qui est prévue. Pour l'instant, l'intérêt est quand même franchement limité même si on sait que de nombreux étudiants américains l'utilisent, la réactivité de la machine en outre est particulièrement bonne. Quelques écrans.

On notera la présence de Virtualbox dans la possibilité d'installation, une façon de profiter de Linux et de Windows même si c'est quand même franchement médiocre quand on sait que l'idée sous-jacente c'est de redonner un peu de peps à une vieille machine. C'est donc un projet à suivre, lorsque les applications Android seront compatibles, il y aura matière à le considérer sérieusement comme une alternative. Rappelons-nous que Chrome contrairement à Android, n'est pas forcément conçu pour le tactile si bien qu'on n'est pas dans le même délire qu'Androidx86 qui marche à moitié et qui attend votre doigt, en tout bien tout honneur.

Je me suis lancé dans des fiches de maths pour ma fille qui vient de finir sa cinquième. C'est assez beau de la voir faire, elle y met toute la bonne volonté du monde sans y arriver. Elle a passé une année plutôt difficile avec un enseignant obsédé par le calcul mental. Ce qu'il demande n'est pas bien sorcier mais pour quelqu'un qui ne maîtrise pas ses tables de multiplication, c'est un problème. Il y a plusieurs façons de voir les choses :

  • c'est le problème de ma fille, le calcul mental demandé ne devrait pas poser de problèmes.
  • c'est la responsabilité de l'enseignant qui ne devrait pas faire que des contrôles sans calculatrice car il n'évalue finalement pas pleinement la leçon qu'il fait. Ma gosse par exemple est parasitée par le calcul mental ce qui la ralentit dans ce qui est évalué.

Après je ne me fais pas d'illusion quand je regarde ses contrôles, sans être dyscalculique elle se tape quand même de sacrés bons délires sur ses copies qui traduisent un manque de logique flagrant. Elle correspond à mon profil d'élève, je vais la faire travailler pendant les vacances sur les fondamentaux comme le calcul de fraction ou l'utilisation du produit en croix pour tout faire. Je mettrai l'ensemble en ligne quand j'aurai un peu structuré.

En dur je n'ai jamais trouvé de logiciel pour faire les graphiques que je trouve satisfaisant. Geogebra par exemple, c'est galère pour réussir à avoir des axes à la bonne échelle. Les années passent et les complexes avec, à une époque je vous aurais dit, jamais tu ne dois utiliser de service car à n'importe quel moment il peut disparaître. Quand aujourd'hui tu réalises que c'est vrai pour le logiciel libre que tu utilises, tu te dis que finalement, il n'y a pas de mal à se faire du bien. J'utilise désormais le service Desmos pour réaliser mes courbes, c'est plutôt propre.

L'idée c'est de montrer que lorsqu'on a une droite qui passe par zéro c'est une situation de proportionnalité. Le service permet de faire un export en png dans différents formats, j'ai vu qu'il y en avait quelques autres sur la toile du même type. C'est encore l'un de mes drames, se rendre compte que les services web sont bien plus intuitifs que les lourds logiciels disponibles en dur. L'avenir est indéniablement par là-bas, il faudra que je fasse une liste, une liste de tout d'ailleurs, ce sera certainement l'objet d'un prochain billet.

Je viens de me créer un compte instagram. Je ne sais pas comment je vais l'utiliser mais l'idée est un peu la même que pour la réouverture de facebook. Une élève me contacte pour me demander si c'est moi sur instagram ce qui n'est pas le cas. J'étais au courant que mes élèves avaient monté une page délirante avec toutes les photos qu'ils avaient trouvé sur le web, un délire messianique mélangé à un trip extra-terrestre pour dire que j'avais traversé la galaxie pour éduquer les gosses. Rien de bien méchant, mais si dans la tête d'une gamine de 16 ou 17 ans il peut y avoir ambiguïté, je ne prends pas de risque. C'est un réseau que je ne connaissais pas, et on comprend son succès. C'est simple, c'est basé sur la photo, si bien qu'il y a encore moins d'effort à faire par rapport à un facebook qui peut devenir textuel. Et c'est encore plus ancré dans le réseau par le fait qu'il ne fonctionne qu'avec un appareil mobile, avec l'application. La moralité c'est qu'un partage construit depuis un ordinateur n'est pas possible, il faut passer par le smartphone, on se doute qu'on ne trouvera pas du Zola pour le texte. Instagram est donc bien adapté aux jeunes, dégainer le smartphone pour prendre une photo, peu écrire, c'est l'idéal. Néanmoins même si le réseau vient de franchir le milliard d'utilisateurs, je me dis qu'on aura toujours besoin d'un réseau dédié à l'écriture, jusqu'à ce que la vidéo la supplante complètement.

J'évoquais ici l'insécurité du logiciel libre face au service, et pourtant c'est vrai. Si dans trente ans je suis encore en vie, que j'ai envie d'écrire, y aura-t-il un logiciel libre pour me permettre de continuer mon loisir ? Rien n'est moins sûr. D'une part le logiciel, mais aussi les hébergeurs, qui peut imaginer ce que sera l'informatique de demain ? Sans vivre au jour le jour, la seule projection qui me paraît valable c'est d'avoir le moins de données possibles, d'être le moins investi pour pouvoir se mouvoir le plus rapidement possible. L'informatique, c'est avant tout voyager léger.

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Complément 45 - Au revoir les enfants

Rédigé par Cyrille BORNE

Mais oui, mais oui, l'école est finie !

J'ai donc effectué mes dernières heures de face-à-face élève, deux heures de sujet de maths, et une heure de goûter. C'est une bizarrerie désormais, on finit avec des goûters. Ça montre le côté gamin de nos élèves, mais aussi un attachement, ils font des photos avec nous qu'ils balancent sur snapchat ou instagram, ils sont contents, nous aussi. Si on devait définir aujourd'hui la relation entre les élèves et les profs, je dirai parents à temps partiel. On éduque, on gueule, on fait des goûters.

J'avais cours l'après-midi seulement, c'est donc naturellement que je me suis pointé à 8 heures le matin. Il faut comprendre que quand tu fais 50 bornes pour venir et qu'il t'en reste 50 pour rentrer, qu'en ce moment c'est plus une heure de route que 40 minutes parce que le sud est en train de se remplir de l'envahisseur aux cheveux argentés, tu ne te déplaces pas pour rien. Il restait une poignée de quatrièmes et vous le savez, j'aime faire travailler les enfants, un métier, une passion. Ma collègue était ravie que j'occupe les petits, j'ai refait deux salles informatiques.

Souvenez-vous, cette année j'achetais une palette de PC, à base de dual core, il s'agissait surtout de sauter sur l'occasion. Pendant l'année j'ai fait remplacer les ordis de la salle des profs, ma salle informatique par "cheveux" mon stagiaire, j'en ai profité pour en faire donc deux de plus. Il y avait un AVS qui s'ennuyait et qui ne savait pas quoi faire qui m'a suivi, à huit donc, on a viré 32 postes, remis 32 nouveaux, viré les mémoires et les disques durs des anciennes unités, chargé les vieilles tours dans le partner. Ce matin avec ma fille qui est en vacances, direction Coursan pour les donner à mon fournisseur qui se lance dans le recyclage des déchets électroniques. Je suis content, ces gamins que je ne connaissais pas étaient non seulement intéressés, posaient des questions sur les machines, et plutôt efficaces pour des gamins de 14 ans. Comme je serai leur prof de maths l'an prochain j'ai trouvé mon équipe de déménageurs. Mes collègues m'ont dit que c'étaient des gosses qui pouvaient être lourdingues en classe, c'est ici qu'on réalise la dualité chez l'enfant, un gosse pénible parce qu'il n'est pas intéressé par le scolaire mais de bonne volonté pour des tâches qui pourraient être considérées comme ingrates.

Il est dommage que nombreux sont ceux qui finissent avec des films les années scolaires, mouiller la chemise avec des élèves pour améliorer le confort du lycée, c'est rajouter un lien avec les enfants, c'est les pousser à respecter le matériel. C'est presque un coup à se prendre une classe de quatrième et faire deux semaines de ménage de fin d'année, de peinture en bâtiment ou je ne sais quoi.

Mes ordis sous Linux étaient clonés à l'avance, il m'a fallu juste faire un coup de nano /etc/hostname pour mettre le nom qui va bien, un coup d'apt-get update && apt-get dist-upgrade et en voiture Simone, on peut attaquer la rentrée. Voyez ici tout cet égoïsme que je mets au service de ma propre cause. J'utilise Linux pour faire du Windows, j'utilise Linux car c'est la solution la plus adaptée et la plus évidente pour tourner sur des dualcore sans avoir à me soucier de licences quelconque, je fais vivre du matériel qui pourrait être considéré comme obsolète, j'enterre du vieux matériel dont désormais personne ne veut plus. Voici ma notion de liberté en cette fin d'année scolaire 2018, la liberté d'utiliser les solutions techniques sans aucune trace de philosophie collective, je joue perso, limite open source, c'est la joke du moment.

Je ne suis pas en vacances, je n'ai pas attaqué les réunions, j'ai une période jusqu'à mardi prochain à "ne rien faire". J'ai ma fille à la maison, elle finit son année de cinquième, les livres sont rendus depuis lundi, son conseil de classe a été réalisé le 11 juin, les collègues s'étonnent que les enfants ne restent pas à l'école. Il est évident que pour venir voir des films à l'école, autant faire autre chose, comme des ordis ou de la cuisine avec son père. Pas désagréable, la plage est à nous, les envahisseurs ont l'air d'être plus nombreux sur la route qu'en bord de mer, prendre le temps de faire le marché, de jeter des feuilles mortes, manger dehors, la belle vie.

La semaine prochaine les fameuses réunions bilan de fin d'année, comme elles sont calées sur des demi-journées, j'en profiterai pour finir, j'ai en effet laissé la salle des serveurs dans un sale état.

Ma fille me donnera un coup de main pour faire le tri dans le matériel, finir de vider, ranger. C'est assez impressionnant de se dire que cela fait trois ans que je continue de vivre la même chose, que chaque année je fais le vide et que pourtant il y a encore à vider. Vous pouvez voir sur la photo de droite les écrans que mon fournisseur m'a donnés, si vous êtes dans mon coin ou que vous n'avez pas peur de rouler, je peux vous donner ses coordonnées pour acheter ou pour vider du PIV n'hésitez pas à me contacter, le gars est sympa, sérieux et honnête avec des tarifs de compétition pour du matériel professionnel d'occasion.

Cela va vous paraître idiot puisque pour l'informatique extra-scolaire, il ne s'agit que de chaînes que je me suis mises pendant des années, mais depuis que j'ai décidé de ne plus rien faire, j'accueille ma propre nouvelle et ma décision avec soulagement surtout quand on voit ça :

Notre petit monde est en train de se casser la gueule et j'ai vraiment mais vraiment du mal à m'en émouvoir. S'il fallait vraiment poser les mots, je pense que c'est l'opensource qui est en train de gagner la bataille. Il y a quelques années, j'aurai dit que c'est une simple histoire de mots, aujourd'hui je comprends pleinement la différence. L'opensource c'est le libre dénué de philosophie. En gros, la façon de faire, le code source ouvert, le travail collaboratif, c'est de l'opensource. Vous prenez un programme qui a donc le code ouvert qui est accessible et vous lui collez cinquante spywares à l'intérieur avec un code tout aussi ouvert, c'est la différence avec le logiciel libre qui dirait que ce n'est pas éthique. L'article de Sébastien a ceci de pertinent c'est qu'il ajoute une pierre à l'édifice de la distance qu'on a entre le commun des mortels et les professionnels de l'informatique, certainement la même distance qu'on a entre le berger et ses moutons. Pour l'article d'Alterlibriste, il va un peu plus loin dans la réflexion sur le podcast de France Culture qui je pense aura remué pas mal les tripes des libristes qui auront pu l'écouter. Alors effectivement il reste nous, c'est à dire plus grand monde. Quand on voit qu'on s'interroge sur le devenir du planet-libre, qu'on s'interroge assez mal d'ailleurs, c'est en tout cas mon opinion, quand on sait que le jdh existe, oui, il ne reste plus grand monde. Le planet-libre était une institution à l'époque, je peux en parler pour avoir fait partie des administrateurs, lorsque sortait une nouvelle version d'Ubuntu ou de Firefox c'était plus de 10 billets différents qui paraissaient, on était obligé de modérer les billets. Qui publie encore un billet sur la nouvelle version de Firefox ou d'Ubuntu ?

La communication du libre francophone va franchement mal, de moins en moins de gens pour en parler, et ne pas avoir les mots pour le dire. Remplaçons peut-être libre par éthique, ne nous arrêtons plus à un code source qui peut être ouvert ou fermé, Microsoft premier contributeur de Github pour donner un exemple d'éthique et de code source, penchons nous plutôt sur les acteurs, les gens qui font le libre mais pas seulement. Les gars qui vivent en autarcie avec leur eau de pluie, les gens qui utilisent l'eau de la douche pour leurs toilettes, ou ces personnes qui sont capables de produire des tonnes de légumes en permaculture chaque année. Incluons rapidement le logiciel libre dans un packaging de solutions qui permettent de vivre différemment, qui permettent de vivre mieux.

On a longtemps fantasmé l'idée dans laquelle des millions de Michu viendraient à l'informatique avec la compréhension du libre, contribueraient, donneraient de l'argent, viendraient grossir les rangs. Je pense qu'on peut le dire, c'est un échec cuisant. Comprenant que quelque chose a bloqué, se situant entre l'incompréhension informatique, l'indifférence et bien d'autres facteurs, on se dit que la libération ne viendra pas du petit peuple mais de professionnels qui vont se lancer. Je n'y crois pas deux minutes, je reste convaincu qu'il faut au moins un grand acteur mais centraliser dans le libre, c'est pire que traiter ta mère. Je crois aussi qu'il faut arrêter de chercher le public où il n'existe pas. Comprenez qu'on pensait que tout le monde pouvait passer à Linux, c'est une erreur. Cela dépasse la prédisposition technique, c'est le caractère éthique qui prédomine et c'est ici que le libre pourrait tirer son épingle du jeu. Alors que les technophiles sont en train de passer du côté obscur de l'opensource qu'on traduira j'utilise au maximum du libre mais si je ne peux pas comme avec mon smartphone c'est pas bien grave, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir changer de façon de vivre, de s'alimenter, de consommer, si bien qu'ils deviennent réceptifs. A une époque je vous aurais dit qu'on peut faire passer le message chez les bobos, je pense que ce n'est plus vrai, mais plutôt vers toute personne qui a un peu de conscience. Et c'est d'ailleurs ici le paradoxe, alors que les gens jusqu'à maintenant se moquaient totalement de ce que pouvait être leur environnement informatique, maintenant que les consciences s'éveillent sur tous les sujets de société importants dont l'informatique, les logiciels libres à part les grands classiques comme Firefox dont la part de marché s'effrite ou Libreoffice qui va devoir passer dans les nuages avant d'avoir un problème, deviennent de plus en plus inaccessibles. La balle est désormais dans le camp de tout le monde pour savoir si ça en vaut vraiment la peine.

Pour l'heure je vous laisse avec ceci, j'en sors.

En fait je ne vous laisse pas avec ceci, il s'agit d'une photo réalisée ce soir avec mon nouveau téléphone un Asus Zenphone Live ZB501KL. Comme je l'avais précisé, les caractéristiques sont similaires à celles de mon OBI MV1, j'étais toutefois content d'un capteur à 13 Mp. Une fois de plus, preuve est faite que ce n'est pas le nombre de mégapixels qui fait la différence, les photos sont moins bonnes par rapport au 8 Mp du précédent. Il faut vraiment prendre le temps que ça se stabilise, sinon c'est dégueulasse. Je comptais prendre les chatons qui ont élu domicile dans le jardin du voisin, vous vous doutez que la stabilisation, ils ont eu le temps de partir trois fois avant de prendre la photo. Le téléphone embarque 12000 applications qu'on ne peut pas retirer bien sûr, sinon ce serait trop facile, nous vivons dans un monde de régression où il faut se résoudre à accepter les logiciels sur son téléphone à moins de le rooter par des manipulations complexes, plus on avance plus on recule, le QI, l'espérance de vie, ce qu'on peut faire avec son OS.

Android c'est de la merde, et je ne vois pas de sauveur à l'horizon, c'est presque à réfléchir à se lancer dans l'écosystème Apple en occasion.

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Cultures, épisode 18

Rédigé par Cyrille BORNE

bandes dessinées, film, Assassin's Creed

Masqué est une bande dessinée en quatre tomes, une bizarrerie francophone qui se veut être une ôde aux super héros. C'est l'histoire d'un soldat qui revient du front, bourré de problèmes post-traumatiques, sans travail il atterrit chez sa sœur dans un Paris en proie aux anomalies. Les anomalies, et bien ce sont des ... anomalies, c'est-à-dire des choses qui ne sont pas censées se produire. Cela se traduit par une accumulation de robots, des apparitions, des hologrammes étranges. Il est convoqué par le service de protection du préfet pour un recrutement en tant qu'agent de sécurité du fait de son expérience de la guerre, il apparaît assez rapidement qu'il est en lien avec ces anomalies pour finir par se transformer en super héros. Quatre tomes très bien dessinés par Stéphane Créty dans un style au croisement de la bd francophone et du comics. Masqué est une bande dessinée qui fait penser à X-Files ou à The Leftovers, c'est-à-dire qu'on laisse la place à l'interprétation, je pense un peu trop. Dans un style beaucoup plus carré, beaucoup plus décomplexé, j'ai préféré SuperWorld. Il y a une dizaine d'années, les super héros ont tous disparu d'un seul coup en construisant une barrière de satellites protecteurs autour de la terre afin de la protéger de l'invasion extra-terrestre. Ils ont laissé des orphelins qui ont grandi, des adolescents parqués dans un "ghetto" au pied de la tour Eiffel. En effet, la société étant redevable, les grands parents, les vieux super héros, ont négocié une rente à vie pour les gamins, la contrepartie c'est de ne pas utiliser ses super pouvoirs. Être un adolescent qui grandit sans parent et ne pas pouvoir profiter des boules de feu qu'on envoie, pas évident, ça dérape ainsi très souvent. Il n'est pas évident d'aller plus loin sans spoiler, alors on va juste dire qu'on se doute qu'il ne s'agit pas du quotidien des jeunes super héros, mais que des événements graves vont se produire et que chacun va devoir choisir son camp. SuperWorld présente un dessin très comics, particulièrement réussi et un scénario bien français tout aussi réussi qui est intéressant car il contraste avec le dessin. C'est un peu comme si on voyait Mickey découper des gens à la hâche, un contraste entre un dessin qui amène des situations connues, sauf que là les situations sont moins connues, sauf en regardant du côté d'un Deadpool. Réussi, original, avec de vraies surprises, une très bonne série.

Dans un genre complètement différent, même si à la fin on verra qu'il n'est pas nécessaire d'avoir des supers pouvoirs pour être un super héros, le grand méchant renard. Le renard qui est décrit ici est un looser, il ne fait peur à personne, au point que le cochon de la ferme lui prépare son panier de navets sachant qu'il rentrera bredouille. Dominé par tout le monde, et notamment les poules, il prend conseil auprès du loup qui lui dit que la seule chose qui n'aura pas peur de lui, c'est quelque chose qui vient de naître, qui sort de l'œuf. Et c'est ce que va faire le renard, voler des œufs. Pas de chance, lorsque les œufs éclosent, les poussins sont persuadés que le renard est leur mère. Comme on peut s'en douter, pas si facile de dévorer quelqu'un qui vous appelle maman. Une très jolie bande dessinée qui a été adaptée en dessin animé ou c'est l'inverse, l'anime s'appelle le grand méchant renard et autres contes, trois histoires, dont celle qui est décrite dans la bd. On aura aussi le lapin, le canard et le cochon qui vont partir dans une folle aventure pour remplacer la cigogne et livrer un bébé, et la tournée du père Noël. J'ai moins apprécié, certainement parce que le film s'adresse aux plus jeunes, j'ai noté un certain manque de rythme.

Après avoir visité Paris pendant la révolution Française, nous voici désormais dans les rues de Londres, à la fin du XIX° siècle en pleine révolution industrielle. Aux commandes, non pas un assassin mais deux, les jumeaux Frye. Jacob est la brute épaisse qui va monter son propre gang pour conquérir Londres, Evye est l'intellectuelle, elle va chercher un artefact comme la pomme d'Eden, cette fois-ci c'est un suaire. On sera amené à jouer un personnage ou l'autre, sachant que la différence n'est pas vraiment frappante. C'est tellement peu frappant que les deux arbres de compétences sont identiques sauf pour quelques options de la fin. Cette dualité n'apporte donc absolument rien si ce n'est qu'elle permet de rajouter une couche supplémentaire d'interactivité, de scénario, pour plonger le joueur au cœur de l'aventure. Jouer à Assassin's Creed, c'est jouer à une mécanique, et c'est d'autant plus le cas dans cet Assassin's Creed Syndicate qui est le dernier épisode avant le reboot de la série si j'ai tout compris. Assez mal jugé, en tout cas comme l'épisode de trop, c'est profondément injuste, il s'agit de l'épisode le plus agréable que j'ai pu faire depuis bien longtemps, sachant que pour moi la pire partie de la saga c'est certainement la période maritime. Alors que la répétitivité de l'action est bien présente, j'ai tout de même réalisé la quasi-totalité des missions secondaires et l'explication est simple, les développeurs ont retiré tout ce qui était lourdingue. Fini les voleurs qui sont plus rapides que les assassins, ici le voleur est maladroit et trébuche, fini les impositions de réaliser une mission avec des critères particulièrement pénibles comme les écoutes obligatoires, terminé les soixante dix armes différentes et j'en passe. On pourrait presque parler de casualisation, pour ma part j'ai envie de dire qu'on a fait l'effort d'aller à l'essentiel pour s'amuser. Tuer les gens c'est toujours rigolo, je note pour ma part que les calèches c'est franchement sympa de rouler à fond dans la ville en cassant tout sur son chemin.

Le vrai problème de fond ce n'est donc pas tant la réalisation technique qui est prodigieuse, Londres est vivant, les gosses qui jouent, les gens qui dansent, qui s'embrassent, une photo qui est prise, ce sont des milliers de scènes du quotidien qui se déroulent devant vous, pour moi le problème c'est la déconnexion qui a été réalisée avec l'intrigue du début. On suivait quand même un personnage qui devait sauver le monde, le parallèle entre les vies antérieures et le temps présent, tout ça c'est passé à la trappe depuis belle lurette. Et la question en fait c'est de se demander si cette intrigue de départ qui nous a fait sauter à pieds joints il y a plus de dix dans les aventures de Desmond Miles n'est pas devenu le boulet au pied d'Ubisoft, contraint de passer de siècles après siècles à tenir une histoire de fin du monde et d'Atlantes difficile à faire exister.

Dans les années 40, des enfants sont recueillis dans un manoir (des murmures) afin d'être sauvés d'une maladie qui les aurait contaminés. Les enfants s'aperçoivent rapidement qu'ils ne sont pas malades, ils sont tout simplement des monstres. Ils sont au centre d'une guerre, une guerre dont ils font partie qui opposent les druides aux monstres sauf qu'il apparaît qu'il y a des monstres de partout, y compris chez les druides. C'est ce qui fait le côté sympa de la bande dessinée, c'est qu'il n'y a que des monstres, si bien que tout le monde est logé à la même enseigne, il n'y a qu'une question de choix. En effet, les enfants prennent des pilules qui permettent de stopper la transformation, c'est donc à eux de savoir s'ils veulent se soigner ou  laisser parler leur vraie nature. Alors que la plupart du temps, tout est tranché de façon manichéenne, il apparaît ici que les monstres ont des sentiments, et à part un véritable méchant, chacun se voit dans l'obligation de prendre position par rapport à sa véritable nature et aux réactions qu'elle entraîne chez les humains. Trois tomes, bien dessinés, un peu manga, une réussite. Jean Dujardin est capitaine, il doit épouser la sœur de Mélanie Laurent mais il part au front. Voyant sa sœur se lamenter de ne recevoir aucune nouvelle, Mélanie Laurent décide de répondre aux lettres sans réponse qu'elle envoie. Elle imagine un personnage extraordinaire qui vit mille aventures qu'elle finit par faire mourir, pour que sa sœur puisse passer à autre chose. Alors qu'elle pensait que Jean Dujardin était un simple salaud ou qu'il avait tourné la page, il revient (le retour du héros), en vagabond, il a déserté. Sentant le filon, il se met à incarner le personnage inventé par Mélanie Laurent pour prendre une place dans ce petit monde admiratif. Une bonne comédie avec une Mélanie Laurent qu'on n'a pas l'habitude de voir dans des rôles drôles, elle s'en sort plutôt bien, Dujardin faisant du Dujardin est nécessairement très à l'aise dans le rôle.

Le rire de ma mère c'est l'histoire d'un gamin qui voit sa mère mourir d'un cancer, une femme qui s'est résignée à mourir, elle en a marre de la chimio, c'est une rechute, elle stoppe toute forme de traitement. La situation est tout sauf simple, il doit vivre son adolescence, le décès préparé de sa mère, une femme qui prend beaucoup de place, une femme encore amoureuse de son ancien mari Pascal Demolon et qui prépare sa compagne actuelle à prendre sa place de mère. C'est remarquablement bien joué, je trouve le film juste à bien des niveaux, notamment le fait qu'une emmerdeuse qui a le cancer, reste une emmerdeuse tout de même et que ce n'est pas parce qu'on va mourir qu'on a le droit d'emmerder le monde. Mention spéciale à Pascal Demolon qu'on a connu pour de petits rôles, des comédies, prend une dimension d'acteur extraordinaire en père de famille autoritaire, psychorigide qui doit prendre en charge un fils qu'il connaît pas et accompagner son ex-femme à la mort.

Tout a été certainement dit sur les derniers Jedi, à mon tour d'y rajouter ma petite pierre. La première chose à dire c'est qu'il ne s'agit que d'un ressenti, que je fais partie de cette génération de gens qui ont vu évoluer la saga Star Wars pendant plus de 35 ans et que j'ai bravement la sensation qu'il s'agit ici de la pierre tombale. C'est important de comprendre qu'on n'est pas dans l'objectivité, qu'on est dans l'impression, car Star Wars c'est plus qu'une série, c'est un symbole. Le symbole du passage de Disney, le symbole de la fin de l'événementiel, étant donné que d'un film tous les dix ans on est passé à un film tous les six mois, c'est le fossoyeur de l'attente, une autre époque où on attendait les choses. Après un épisode précédent que j'ai apprécié malgré un très mauvais super méchant, une nostalgie qu'on nous faisait vivre en prenant le temps de distiller au compte goutte les anciens héros de la saga pour finir par retrouver Mark Hamill notre héros à tous dans la dernière minute du film, dans les derniers Jedi, plus trop le choix, il fallait bien avancer l'histoire et prendre des risques. A y réfléchir, le film n'est pas si mauvais, mais les scènes où interviennent Leia qui vole désormais dans l'espace ou Luke à la fin qui s'oppose à l'armée, sont tellement ridicules qu'elles sont dérangeantes au plus haut point. C'est certainement là le cœur du problème, si une certaine forme de kitch était légitime il y a trente ans, les épisodes 1 à 3 avaient ramené une modernité contestée mais légitime par rapport aux codes d'un cinéma plus moderne. Ici les combats aux sabres sont ratés pour faire comme à l'ancienne, tout est surjoué, la sensation omniprésente de faire du vieux avec du neuf (je ne me suis pas trompé). Ce ne serait pas Star Wars, je dirais certainement banco pour l'originalité, malheureusement c'est Star Wars et le sacrilège est trop important pour moi pour réussir à rester positif.

Franck Gastambide c'est un peu comme Ray Donovan, mais à l'échelle d'un club de foot. Il gravite autour du club, ramène les jeunes espoirs ivres de boîte de nuit, trouve des bons plans pour les joueurs, un homme de main en quelques sortes. Après tant d'années de service rendu au club il espère autre chose qu'une vie de combines, il se voit entraîner les jeunes. Des événements vont s'enchaîner, l'homme aura besoin de faire un choix, partir ou rester. Franck Gastambide qui est un "caillera" fait un choix de carrière intéressant, alternant les rôles comiques ou ici plus sombres, peu valorisant puisqu'il s'agit simplement d'un looser, un gars qui n'a pas réussi à percer dans le monde du football et qui doit se contenter d'en prendre les miettes. La surface de réparation n'est pas le film du siècle mais c'est bien pensé, une réflexion assez singulière sur la vie sur les chaînes qu'on se met, sur ce qu'on n'osera jamais faire, sur notre manque de courage.

 

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