Le Blog de Cyrille BORNE

Dernier Round

Installer Linux à côté de Windows

Rédigé par Cyrille BORNE

D'toute façon t'existes plus quand j'ai fermé Windows.

Préambule.

Il s’agit d’une pratique que je déconseille notamment pour les débutants. En effet, installer Linux à côté de Windows c’est souvent utiliser Windows et oublier Linux. Il ne s’agit pas d’un comparatif de systèmes d’exploitation mais d’une question de zone de confort. Si on veut réellement passer à Linux, il faut réellement y passer et oublier Windows.

On s’inscrira dans le cas simple, c’est-à-dire que l’une des partitions Windows est suffisamment grande et visible pour que l’utilisateur ne fasse pas d’erreur.

Attention : Modifier les partitions de son système n’est pas sans conséquence, vous prenez le risque de perdre l’intégralité de vos données.
Attention : vous êtes invités à avoir lu le tutoriel installer Linux sur son ordinateur pour avoir une explication sur le Bios, les clés USB bootables et l’installation d’une distribution Linux.

C’est quoi une partition ?

Couper votre disque dur en partitions c’est le couper en plusieurs morceaux « indépendants ». L’utilité du partitionnement peut se comprendre facilement avec Windows. Imaginez que vous avez un disque dur de 500 Go, vous décidez de le couper en deux partitions, une de 300 Go dans laquelle vous aurez Windows et vos programmes, une partition de 200 Go dans laquelle vous aurez vos fichiers. Imaginons désormais que votre partition système, la partition sur laquelle vous avez tous vos programmes défaille car vous avez un virus qui a contaminé l’intégralité de votre partition. La partition dysfonctionne au point qu’elle n’est plus accessible, pourtant l’intégralité de vos fichiers est sauvée car elle se trouve sur une autre partition. On peut donc sans risque réinstaller le système d’exploitation et conserver ses données. Il est conseillé de façon générale de partitionner son disque dur pour assurer une séparation entre les données et le système.

Attention : une partition reste virtuelle. Comprenez que si c’est le disque dur qui est défaillant, toutes vos partitions seront affectées.

Avant de passer à la pratique, il faut comprendre qu’une partition est « formatée » d’une certaine façon qui va dépendre principalement de votre système d’exploitation. Windows par défaut va formater en NTFS, il peut être utile de formater en FAT32 car certains appareils comme les autoradios ne lisent que ce format. Linux va formater en EXT4. Le formatage c’est un peu comme une langue. Ce n’est pas anodin, si Linux est capable de lire le NTFS ou la FAT32, il n’est pas possible d’installer Linux sur une partition NTFS. Windows quant à lui ne sait pas lire le EXT4 et à fortiori ne pourra pas s’installer sur une partition qui n’est pas en NTFS.

Par le fait, lorsque votre double système sera installé, et Linux et Windows, votre Linux pourra lire des fichiers directement dans votre partition Windows mais l’inverse sera faux. Il faudra donc doubler les fichiers pour les avoir sur les deux systèmes ce qui montre l’importance de faire un choix.

Gparted

Gparted est à la fois un programme et une distribution Linux qui permet de modifier les partitions sur un disque dur. On récupère l’iso en 64 bits pour un ordinateur actuel sur https://gparted.org/. On réalisera la clé USB bootable avec le logiciel Etcher.


 

Au lancement de Gparted on prendra le premier choix. Les autres modes (other modes of Gparted live) vont être utilisés en cas de problème de résolution, si votre ordinateur est un peu ancien et qu’il a du mal à afficher. Sur un ordinateur moderne, la question ne se pose pas.

Premier écran : Don’t touch Keymap. Touche entrée.

Second écran : attention, le verr num du clavier n’est pas activé, pensez à l’utiliser si vous voulez taper avec le pavé numérique. On fait 08 pour le choix du français.

Troisième écran, on fait entrée.

Automatiquement Gparted se lance et va vous présenter votre disque dur et la façon dont il est partitionné.

En haut à droite, il apparaît que nous sommes face à un disque dur de 50 Go. Si on regarde les trois lignes plus bas. Une première partition que vous trouverez de façon systématique avec Windows qui fait 549 Mo. Une partition plus importante qui fait 49,46 Go, qu’on peut voir utilisée à 16,25 Go. L’occupation est symbolisée en jaune sur la partition. Enfin 1 Mo ne sont pas utilisés. La couleur verte représente le fameux format NTFS évoqué plus haut.

L’idée c’est de diminuer la taille de la partition de 49,46 Go afin de pouvoir installer Linux. On fait clic droit sur la partition puis redimensionner.

Attention la présentation est faite non pas en Go mais en Mo, pensez donc dans vos calculer à rajouter en gros trois zéros. Si vous voulez libérer 20 Go, il faudra aller jusqu’à 20000 Mo. La façon de faire est intuitive, il suffit de se positionner sur la flèche noire de droite et de déplacer vers la gauche jusqu’à ce qu’on obtienne l’espace libre désiré.

Il apparaît dans la capture suivante que je vais libérer 24616 Mo soit environ 25 Go ce qui est largement suffisant pour installer une distribution Linux.


 

On clique sur redimensionner déplacer puis sur apply.

Lorsque l’opération est terminée, il suffit de redémarrer l’ordinateur et de lancer cette fois la distribution Linux que vous avez choisie d’installer. On notera que je n’ai pas formaté en EXT4 et que j’ai laissé l’espace non alloué. En effet comme on peut le voir dans l’écran suivant, la grande majorité des distributions Linux vous proposent de s’installer dans l’espace vide si bien que vous n’avez pas à vous préoccuper du système de fichiers.

Au redémarrage de l’ordinateur, vous avez le choix de démarrer sous Linux ou sous Windows.

Pydio et Jirafeau sont sur un serveur mutualisé

Rédigé par Cyrille BORNE

Parce qu'on ne peut pas mettre du Nextcloud de partout et ce n'est pas si grave.

Mutualisé, dédié, auto-hébergé ça fait beaucoup de mots qui finissent en é.

La réalisation d'un cloud personnel comme j'aime à le rappeler pose le problème de la compétence de la gestion du serveur. Concrètement n'allez pas croire que je dénigre un système comme Yunohost, je dis juste que je ne me sens pas la capacité de mettre en place un système que je maîtrise pas en ligne avec ce qu'on peut voir en terme de hacking aujourd'hui. Je vous invite à regarder la vidéo d'Aeris avec la référence au logiciel Shodan qui confirme ma théorie du moi je ferai pas. C'est bien pour les jeunes qui ont un côté un peu foufou et peut-être un peu moins de données personnelles lourdes comme les factures par exemple, les déclarations d'impôts, les fiches de paye et tout ce qui fait la joie d'être un adulte.

Donc quand tu es vieux, tu payes. Et la question c'est l'évaluation du besoin, à savoir ce qu'on veut. Pour ma part, du fait d'être un peu blogueur m'impose d'avoir un serveur, c'est un serveur mutualisé c'est-à-dire que je le partage avec d'autres personnes même si on ne s'en rend pas compte. L'hébergeur jette plein de gens au même endroit et tout le monde se partage les ressources. Pour connaître ce type d'hébergement depuis 15 ans, je peux vous dire que ça a franchement bien évolué, à une époque quand un fou furieux commençait à tirer sur le serveur, on se retrouvait tous en carafe. La justification d'un serveur dédié ne se fait plus vraiment en terme de ressources mais en terme d'installation, un serveur dédié, c'est comme votre machine sous Linux, vous mettez ce que vous voulez dessus, sauf qu'elle n'est pas chez vous, elle est ailleurs. On retrouve le même souci que pour Yunohost, il est impératif d'avoir de bonnes connaissances en sécurité pour assurer la gestion de son serveur, ce qui n'est pas le cas pour le mutualisé où la sécurité c'est le job du prestataire.

De façon synthétique ce qu'il faut retenir :

  • l'auto-hébergement complet nécessite de fortes connaissances si on met la machine en contact avec le net, il garantit l'indépendance jusqu'aux performances de la machine. On a le souci de l'emplacement de la machine, comme c'est souvent le cas, elle est à domicile, si bien qu'on ne peut pas parler d'externalisation des données.
  • le serveur dédié nécessite de fortes connaissances, vous fait payer un abonnement qui peut être parfois onéreux, mais vous n'avez pas de gestion du hardware, vous bénéficiez de plus d'une solution externalisée qui permet de limiter la casse si votre domicile rencontre un problème.
  • le mutualisé est l'idéal pour le débutant (ou le vieux), il n'y a aucune gestion de la sécurité, la limitation provient des langages qui peuvent être utilisés, et des technologies mises à disposition. Par exemple, un logiciel comme Nextcloud ne peut pas être installé car l'hébergeur n'autorise pas la gestion sabredav, indispensable au fonctionnement de l'application. On est donc limité dans les possibilités, sachant qu'aujourd'hui nombreux sont les hébergeurs qui proposent softaculous, une solution qui permet de déployer de façon automatique des CMS et d'autres applications de type php/mysql qui restent un peu les seules choses qu'on peut faire avec du mutualisé quand nombreux proposent désormais d'autres langages. Je ne parle même pas de docker.

Selon ses compétences et son besoin on fera le choix de la solution qui va bien.

L'obsession Nextcloud

A chaque fois que vous me voyez écrire ce type de billets, vous me voyez revenir à Nextcloud, explications. Nextcloud fait partie de la race des forks qui ont gagné, à l'époque c'était Owncloud comme c'était Openoffice, mais la lettre o porte malheur pour les projets donc c'est Nextcloud. Nextcloud le point de départ c'est la gestion des fichiers, des images, puis s'est greffé la gestion du calendrier, des contacts en utilisant la technologie dav, le webmail et dans la multitude de plugins communautaires qui sont apparus, une suite bureautique. Nextcloud fait partie de ces produits libres qui ont réussi à se faire leur place, Nextcloud c'est comme Libreoffice ou VLC. Quand on a Nextcloud on a répondu à de nombreux besoins en terme de services. Il y a bien sûr l'aspect logiciel qui est important mais il ne faut pas dénigrer l'aspect serveur, si on prend le calendrier et la gestion des contacts, vous pouvez synchroniser tous vos appareils, votre smartphone avec davdroid, votre PC avec Thunderbird.

Donc quand tu es vieux, tu payes et tu regardes les offres qui sont proposées en Nextcloud. Comme je viens de le dire, Nextcloud est reconnu, on a donc des prestataires qui sont agréés Nextcloud et qui vendent du Nextcloud, vous pouvez trouver une longue liste ici : Nextcloud providers. Je n'ai pas épuisé la liste pour voir la concurrence, j'ai pris un français un peu au hasard qui fait des tarifs attractifs.

Le prix est franchement attractif, pour 24 € par an vous avez votre Nextcloud avec tout ce que vous voulez dessus, 50 Go de data ce qui n'est quand même pas négligeable et la gestion réalisée par, on l'espère, un professionnel. Ça malheureusement, l'informatique c'est comme la plomberie, on ne sait pas forcément sur qui on va tomber. La différence avec le plombier c'est que si vous misez tout dessus et que la boîte ferme, vous perdez l'intégralité de vos données personnelles. Il y a toutefois quelque chose qui me gêne dans ces offres, c'est le fait qu'elles se ramènent de façon systématique à une proportion entre le prix et la data. Comprenez qu'on a la sensation que l'idée c'est d'avoir un maximum de données en ligne sans se rappeler qu'avant tout Nextcloud est un outil collaboratif c'est à dire qu'il permet de gérer les partages et les fichiers entre différentes personnes. Énormément d'offres à un seul utilisateur, c'est particulièrement limitant.

Il faut se dire que lorsque je raisonne, je raisonne en terme de famille. Concrètement, ma femme, mes gosses et ma mère, oui ma mère. Il faut savoir qu'o2switch permet la création d'un nombre de mails illimités mais plus que cela, pour chaque mail il propose un agenda et des contacts qui peuvent être gérés par dav. Je décrivais plus haut la possibilité de synchroniser les contacts et l'agenda en utilisant Nextcloud et bien sachez que sur mon hébergement mutualisé je réalise la même chose de façon native, sauf qu'à la différence, je peux le faire pour autant d'utilisateurs que j'ai de mails.

Concrètement, pour comparer ce qui est comparable, cette offre qui est à 2 €, il faudrait la ramener à 10 € par mois pour que cinq personnes puissent en jouir, je paye 6 € par mois pour mon hébergement. La balle est donc dans le camp du mutualisé par rapport au prestataire, dès qu'on a besoin d'avoir plus de trois personnes. Dans le cas d'un simple utilisateur, pour qui n'a pas de besoin web autre que ceux proposés par Nextcloud, le prestataire est la solution la plus intéressante.

Puisqu'on est en train d'évoquer de sombres histoires d'argent, il me paraît difficile de faire l'impasse sur ça :

A 99 € par an ou 10 € par mois, on n'ira pas chipoter, on se retrouve avec une offre pour cinq personnes, sauf que c'est chez Microsoft avec la possibilité d'installer des packs office sur cinq appareils. Et c'est ici qu'il y a quand même une réflexion que vous devez mener.

Moi Rocho DataCenter c'est peut-être des gens très bien, mais je ne sais pas qui c'est. Redmond, je sais ce que ça vaut, je connais les énormes défauts des produits, je connais le problème d'enfermement des formats, de tous les formats y compris pour les agendas ou les contacts où aucun export n'est proposé. J'en reviens donc à mes histoires de grosses enseignes libres, ce fameux acteur de confiance, à partir du moment où on discute argent, il est indispensable de présenter patte blanche. Et d'ailleurs à ce jeu là, Cozy Cloud c'est pas si mal. En terme de fonctionnalités on est à des années lumières de Nextcloud, le choix de Cozy Cloud pourtant est un choix de confiance tout simplement parce qu'ils seront nombreux à bien aimer la tête de Tristan Nitot, tout comme la présence de Guillaume Champeau à la communication de Qwant est une force car il est un personnage connu qui va rajouter de la crédibilité au projet. Si je devais recommander une instance Nextcloud c'est indiscutablement chez Philippe que j'enverrai les gens, cela fait une bonne dizaine d'années qu'on doit se croiser sur le net et il respire le sérieux. Pendant que j'écris, je viens d'un coup de trouver une plus value pour les blogueurs, vous voulez gagner en crédibilité pour votre projet informatique, paye ton blogueur, l'appel est lancé, et profitez en pour vous lâcher sur mes pages Tipeee, liberapay et Paypal. Bien revenons en à notre histoire.

Mutualisé, pas de Nextcloud, on fait quoi ?

On vient de voir qu'avec le mutualisé, je répondais à mon problème de synchronisation des agendas et des contacts. Le mail, j'ai roundcube, j'ai de l'imap et j'en passe. La suite bureautique, je pense qu'avant d'être servi, il va s'écouler un certain temps, il apparaît en effet que les professeurs de mathématiques qui honteusement ne font pas de LaTeX, sont bien obligés d'utiliser l'éditeur mathématique de Libreoffice. Je n'ai pas regardé ce qui existait en ligne, mais j'ai peu d'espoir. La moralité c'est que le seul manque, c'est la gestion des fichiers.

Bon on va pas se mentir, il n'existe quasiment rien. Le logiciel le plus sérieux, c'est Pydio et il passe sur un hébergement mutualisé o2switch. Pydio correspond pleinement à la partie fichiers de Nextcloud ou Cozy Cloud, à savoir qu'il permet de partager des fichiers avec un ensemble de personnes qui peuvent toutes avoir un compte, il permet de créer des liens provisoires pour le partage, et j'en passe. L'installation sur o2switch ne pose pas de problèmes singuliers, vous balancez tout dans le ftp, vous crééz votre bdd mysql et c'est fini. Trois écrans :

et l'application mobile.

D'un point de vue rapidité ce n'est pas vraiment ça mais c'est fonctionnel, on peut concrètement sur un hébergement mutualisé, faire la même chose qu'avec un dédié ou un auto-hébergement. Pour des gens qui ont donc le besoin de gérer du partage entre plusieurs personnes, c'est pydio qu'il vous faut.

La définition de mon besoin en 2018 est différente de celle que j'ai pu avoir il y a quelques années. Aujourd'hui stocker en ligne c'est stocker dans une partie qui n'est pas accessible depuis http et illisible de plus car elle est passée par Duplicati, un simple backup chiffré. Mon besoin est différent, je peux me retrouver avec le besoin de devoir récupérer un fichier à un endroit donné et le récupérer à un autre. Exemple concret, je suis sur un serveur Windows bien sale, j'ai besoin de prendre un fichier dessus et de le récupérer dans ma session prof, le plus simple c'est de lancer le navigateur et de passer par une interface web. La solution la plus simple que j'ai trouvée c'est jirafeau.

Jirafeau fait partie des programmes très kiss, un drag and drop dans un ftp, un mot de passe administrateur et c'est terminé. Voici quelques écrans avec notamment le chargement du fichier et l'interface administrateur

Conclusion

Pour moi la tendance est tout de même assez claire. Je ne peux pas dire que les hébergeurs nous limitent à softaculous comme les marchands de téléphone ou d'ordinateurs essaient de nous limiter à des stores et pourtant, il serait faux de dire qu'il n'y a quand même pas un petit quelque chose. Si vous regardez le softaculous officiel, il apparaît que Nextcloud est bien dans les applications qu'il est possible d'installer. C'est donc un choix délibéré d'o2switch de ne pas l'intégrer dans les solutions qu'il propose. Je peux le comprendre, du fait de proposer une offre illimitée, c'est un coup à se retrouver avec des gens qui vont monter des portails Warez en quelques clics de souris ou abuser un peu fort du système en y stockant des tonnes de fichiers. Il apparaît en effet qu'o2switch dissuade l'utilisateur de cette manière de stocker ses données personnelles, données qu'il ne pourra pas récupérer simplement sans passer par l'entremise d'un client FTP par exemple. Je ne jette pas la pierre à l'hébergeur car il s'agit justement d'un hébergeur.

Je pense qu'il est important désormais de comprendre qu'il y a deux activités bien distinctes, celle du gestionnaire de fichiers, celle de l'hébergeur et cela commence à pousser un peu la réflexion sur les prix. à 72 € pour héberger un blog et un forum, mes adresses mails, ça commence à faire cher, notamment si je devais payer pour stocker mes fichiers ailleurs. Néanmoins, compte tenu du fait que j'ai besoin de gérer du caldav et du carddav pour cinq personnes (en fait deux mais un jour ma mère pourrait en avoir besoin et les gosses dans quelques années pourraient aussi vouloir que je gère leur synchronisation), le tarif reste attractif. On perçoit tout de même qu'à l'instar des forfaits téléphoniques où l'on a des forfaits qui se jouent entre la data et le temps de communication, il est peut-être temps de lancer de nouvelles offres qui proposeraient du nextcloud et de l'hébergement de l'autre côté.

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Cultures, épisode 14

Rédigé par Cyrille BORNE

Bandes dessinées, film, chaîne Youtube, le retour de Hikki.

Une réception parisienne, des hommes d'affaires, des politiques, mais un homme qu'on attend plus que les autres : Dantès, comme Montécristo et ce n'est pas anodin. La série Dantès est terminée en dix tomes et elle a, je trouve rien à envier à un Largo Winch avec qui elle partage le goût de l'abracadabradantesque. C'est le genre de bandes dessinées qu'on lit pour le divertissement sans trop réfléchir au scénario dont le but est de captiver le lecteur, surtout ne pas le faire méditer sur les situations impossibles qu'il va lire. Trois cycles différents, le premier raconte comment Alexandre simple courtier en bourse se fait piéger dans le naufrage d'une banque, va en prison et en ressort en étant l'un des hommes les plus riches de la terre, un homme qui n'a qu'un seul but : la vengeance. Le second cycle se déroule en Afrique, comme souvent avec les milliardaires, ils finissent philanthropes, l'une des sociétés de Dantès est impliquée dans un épisode de pollution qui mêle le sommet de l'état mais aussi une grande société française qui pourrait faire penser à une de nos compagnies pétrolières. C'est d'ailleurs ici que je profite de l'occasion pour dire que Dantès emprunte large, jusqu'au dessin de certains personnages, ici on reconnaît aisément un Thierry Lhermitte quand le parti politique de droite impliqué dans la chute de la banque où travaillait le malheureux Alexandre est la caricature du front national. Le dernier cycle, Dantès voit débarquer son père, un homme qui l'avait abandonné, lui sa soeur un peu attardée et sa mère, voyez comme on est dans le cliché. L'homme est impliqué dans un trafic de faux tableaux, il demande l'aide de son fils parce qu'il est poursuivi par les triades chinoises. 

Dantès n'est pas pour moi une bonne bande dessinée, si le dessin tient la route, le scénario c'est quand même du grand n'importe quoi. Néanmoins, si on s'interroge sur le fait que le job soit fait ou non, c'est indéniable, c'est un très bon moment de distraction, les personnages sont très bien construits avec de vraies parts d'ombre, si on est capable d'apprécier Largo Winch, on aimera Dantès. Je pense par contre que les auteurs ont bien fait d'arrêter les frais, parce que quand on a fait le complot politico-financier avec des Russes à l'intérieur, l'Afrique et la mafia Chinoise, il ne reste plus que l'épisode dans le froid ou sur la lune. Une sagesse qui malheureusement n'inspire pas d'autres séries qui continuent l'acharnement thérapeutique.

Sisco personnage central de la bande dessinée, et titre de la série éponyme composée actuellement de dix tomes, est un homme du président et un héros qui ne cadre absolument pas avec ce qu'on est amené à voir dans la bande dessinée francophone. Dans le premier diptyque, puisque comme de nombreuses bandes dessinées, la série est articulée comme cela, on découvre un Sisco qui simule le suicide d'un homme politique qui pourrait faire du tort au président français. Alors que la majorité des héros sont plutôt du côté du bien, ici on a un homme qui fait son job et qui n'hésite pas à laisser des cadavres derrière lui pour la bonne ou pour la mauvaise raison, tant que c'est la raison de l'état. C'est ce qui fait ici tout l'intérêt de la série, même si le type a de l'humour, est plutôt beau gosse, ce n'est pas un héros attachant, c'est plutôt même le contraire, un salopard qu'on a envie de détester. La pari est plutôt osé et réussi, la série intrigue car elle ne se ferme aucune porte, avec un héros qui peut tuer un innocent pour couvrir un secret d'état, tout devient possible.

Camelia Jordana est la caricature de l'étudiante issue de l'immigration, elle vit dans les quartiers, fait du wesh wesh avec ses copains de cité. Elle débarque à l'université pour son premier cours, à la bourre dans l'amphithéâtre de Daniel Auteuil qui l'incendie littéralement. Il faut dire que Daniel Auteuil en caricature de professeur aigri et raciste est plutôt bon, même franchement excellent. Seulement cette fois-ci, cela ne passe pas, il est filmé par les élèves de l'amphi et le président de l'université ne peut rien faire pour lui. La solution pour trouver l'absolution c'est de donner un coup de main à la jeune fille pour qu'elle remporte un tournoi de joute verbale opposant les différentes universités de France. Yvan Attal ce n'est quand même pas le réalisateur qui rentrera dans l'histoire. Le brio est pétri de tous les clichés qu'on a pu voir au cinéma, la banlieue, ces deux personnages qui vivent dans des univers que tout séparent, l'oubli de ses origines avec Camelia Jordana qui va monter en puissance et regarder ses amis d'enfance avec plus de distance, et le happy end pour le final bien évidemment. Si c'est Camelia Jordana qui a remporté le César du meilleur jeune espoir féminin, c'est Auteuil qui tient le film sur ses épaules. Le brio est donc un film qui est très plaisant à regarder, merci ses acteurs, moins sa construction trop clichée.

La série Lanfeust de Troy a connu un véritable succès populaire, c'est relativement mérité, c'est une bande dessinée d'aventure, de l'humour, de l'action, un dessin agréable. Quand on lit cet article où l'on découvre qu'être auteur de bandes dessinées c'est surtout crever la dalle, lorsque des auteurs trouvent une idée qui fonctionne, ils l'exploitent jusqu'au bout. Exploiter c'est le terme, comme une mine d'or, jusqu'à la dernière pépite, jusqu'à ce qu'il ne reste rien. L'analogie n'est pas forcément la bonne, si vous trouvez la dernière pépite dans la mine, cela reste de l'or, dans la bande dessinée lorsque cela dégrade, on avait de l'or au départ, on peut passer par l'argent pour finir avec du plomb. Le compagnon de Lanfeust héros de la série éponyme est un troll, dans cet univers, le troll c'est un monstre surpuissant qui passe son temps à manger, de la chair humaine notamment, qui ne craint que l'eau et qui peut être enchanté par les sages.

Partant de ce postulat, Arleston a tout simplement calqué l'univers d'Astérix sur le sien. On a désormais un village de Trolls, les sangliers sont remplacés par les humains comme les romains d'ailleurs, avec en Jules César l'un des principaux mages de la principauté. Les quatre premiers tomes sont une aventure à part entière qui présentent bien les personnages centraux : Waha, la fille adoptive humaine qui se comporte comme un troll de Teträm le méga bourrin et Pröfy un demi troll qui fait office de fiancé de Waha. L'aventure principale est plutôt sympathique et surtout décalée par rapport à ce qu'on peut lire d'habitude puisque nos héros ont une morale particulière, animale, chaque être vivant qu'ils croisent étant considéré comme quelque chose à manger. Trolls de Troy est donc une série qui est particulièrement gore, où les "méchants" sont souvent mangés à la fin, et où l'humour repose sur deux éléments : le bourrinage et la parodie. Bon le bourrinage on comprend bien qu'avec un contexte pareil, facile, la parodie elle puise surtout dans Astérix, dans tous les râteliers, cinéma, musique, autres bandes dessinées. Au bout de dix tomes s'installe un véritable sentiment de lassitude qui n'arrive pas chez Astérix, preuve en est que tout le monde n'a pas les capacités scénaristiques de Goscinny.

Quand j'évoquais que pour gagner quatre sous on était prêt à tout, Trolls de Troy possède son dessin animé qui ne rend ni honneur à la qualité du dessin ni à son scénario qui se veut light, le cannibalisme à heure de grande écoute, ça ferait vraiment désordre. Huit minutes de médiocrité par épisode, j'ai eu du mal à terminer le premier.

Et tout le monde s'en fout est une chaîne Youtube qui n'est pas inintéressante, c'est une chaîne qu'on qualifiera de culturelle, psychologique, une chaîne qui fait réfléchir. Le pitch, c'est un personnage dans sa cave, la capuche sur la tête, le gars qu'on imaginerait la caricature d'un hacker d'une mauvaise série télé. Sauf qu'il ne pianote pas, il s'exprime, il mange des fruits en faisant un discours particulièrement moralisateur sur l'eau, la colère, la révolte, les hommes, les femmes. C'est très bien joué et le message sous-jacent me plaît bien, la moralité de quasiment chacune des vidéos où l'on en sort quand même quelque chose car c'est documenté, c'est que nous sommes fortement responsables de nos actes et qu'il ne tient qu'à nous de les changer.

Utada Hikaru a été une des reines de la jpop dans la fin des années 90. Elle détient encore quelques records, elle fait partie notamment des rares artistes qui à l'époque ont entrepris une carrière américaine. Il faut savoir que dans la culture de la jpop, quand tu as 25 ans tu es vieille et tu es jetée à la poubelle, ce qui est franchement n'importe quoi. Utada Hikaru a désormais 35 ans, sort de quasiment dix ans de retraite, elle est maman et revient avec un titre groovy de la mort. Il s'agit d'une version courte, je ne sais pas pourquoi sa chaîne officielle n'a pas diffusé la version longue mais cela permet de se faire une idée du titre. A 35 ans, toujours la petite vibration dans la voix, elle a arrêté de hurler comme un cochon qu'on égorge et c'est vraiment réussi. C'est très sérieusement un coup à se remettre à écouter de la jpop.

Je dédie ce morceau à Fabrice Charretton qui vit dans les coulisses de mes différents blogs depuis plus de quinze ans et qui reste indéniablement le plus asiatique des français dans sa musique.

 

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