Plus belle la vie

31/10/2019 Non Par cborne

Les vacances tirent à leur fin, et avec elles le début de ma nouvelle vie. Je n’ai quasiment pas travaillé pour le lycée, et j’aurais tendance à dire que moins j’en fais, moins j’ai envie d’en faire. À un moment j’ai pensé revenir dans la course et puis à quoi bon ? L’idée de revenir dans la course, c’est la culpabilité de voir des choses mal faites que je sais que je pourrais faire mieux. Ce n’est pas de la prétention, c’est du réalisme. Je continue de piloter le jeune de la société de prestation, mais je vais arrêter de le faire, personne n’a l’air de se préoccuper de ce qu’il fait ou de ce qu’il ne fait pas. Nous avons un contrat de six mois avec la boîte, à la sortie, pas grand-chose n’aura été accompli. Je ne jette pas la pierre, quand j’étais accaparé par mes collègues pour tout et n’importe quoi, à n’importe quel moment, ils n’ont pas l’air d’être aujourd’hui dans le besoin quand quelqu’un n’est pas disponible à leur demande. Sans mission précise, difficile d’être productif.

Je pense aussi que l’idée de se remettre dans la course, ce n’est pas uniquement au profit de mon établissement, pour faire avancer cette machine mais aussi la mienne. Parfois je m’énerve à me voir ne rien faire, à régresser, j’ai conservé l’idée qu’il faudrait quelque part apprendre tout le temps pour exister, je n’ai pas l’habitude de ne rien faire. Je vis donc dans la culpabilité le fait de jouer à Zelda, je n’aurai pas sauvé le monde à la fin du jeu, pas le mien en tout cas. Est-ce que j’aurais sauvé le monde pour autant si je me donnais à corps perdu dans le boulot ou dans l’apprentissage de nouvelles technologies ?

Parenthèse. Dans le jeu vous allez rencontrer un boss particulièrement difficile, il s’agit de l’ombre dans le chameau. On fait les quatre éléments, enfin plus ou moins et il s’agit du personnage rapide comme l’éclair.

Le personnage est déséquilibré, encore plus déséquilibré pour la Wii U entre le lag et la maniabilité du personnage. En fait dans une première phase, il se déplace très rapidement et vous met une grosse tarte, on peut le contrer et plus ou moins l’éviter puis le frapper jusqu’à diminuer sa barre de vie à la moitié. Le problème, c’est qu’il vous faut une arme à une main, que vous les cassez rapidement, donc vous passez à deux mains, vous ne pouvez plus parer au bouclier et vous vous faites tuer. La seconde phase, il balance des morceaux de métal, et envoie la foudre dessus, il faut en récupérer un, le placer au-dessus du bestiau et il se foudroie tout seul comme un âne. Et c’est ici qu’arrive la phase trois où son arme est électrifiée, on se fait trucider puisque le bouclier ne sert à rien. Pour le tuer du premier coup, je vous donne la technique ultime, il s’agit d’avoir les treize cœurs après s’être farci bon nombre de temples et retirer l’épée légendaire. L’épée fait très mal au monstre et permet de l’achever en phase deux. Il me reste au moment où j’écris ces lignes à finir le jeu.

Nous sommes partis quelques jours à Collioure. Pour ceux qui ne savent pas où c’est, il s’agit d’une des « plages » du 66, dans la région de Perpignan. Saint-Cyprien, Argelès, ou encore Canet c’est globalement le même coin, sachant que Canet c’est l’usine, le reste est censé être largement plus chouki. On nous a dit tellement de bien Collioure, un lieu exceptionnel à visiter, c’est pas totalement faux, néanmoins Collioure c’est un peu comme le dernier Zelda, on vous ment sur la marchandise.

Nous avons réservé un Airbnb comme d’habitude, même si Airbnb c’est le mal c’est une façon pratique de voyager. Je le dis, je le répète, nous ne pourrions pas voyager autant si nous ne passions pas par ce mode. L’intérêt c’est non seulement d’avoir une surface pour nous accueillir à quatre, sachant que nous sommes considérés comme quatre adultes, et de pouvoir se faire à manger sachant que pour moi c’est compliqué de manger à l’extérieur. Sur la période des vacances, j’ai repris un kilo, et pourtant je vous garantis que je continue de me priver, la différence de rythme avec l’école où je bouge plus, je mange certainement moins est en rapport. Nous sommes reçus par une jeune femme, très souriante, très enthousiaste, cette joie de vivre qui me dégoûte chez les gens de façon générale, car dans la grande majorité des cas c’est de la comédie. Je pense que dans son cas, c’est moitié, moitié, un naturel évident joyeux, mais le problème de l’aspect social de Airbnb. Nous en avons discuté à la fin du séjour. Aujourd’hui les gens sont tenus, il vaut mieux en faire trop que pas assez, la zone étant en plus particulièrement touristique, concurrentielle, le public est exigeant, trop. Si l’aspect social est rassurant, et c’est aussi pour cela que je passe par Airbnb ou par le Facebook market plutôt que le bon coin, la peur d’être mal jugée devient particulièrement malsaine, ridicule. Peut-être moins frappant dans Airbnb où j’ai l’impression que les gens font preuve de davantage de bienveillance, sur Tripadvisor c’est la boucherie. Tripadvisor qui d’ailleurs ne vous permet plus de consulter que deux activités sans avoir de compte, Instagram qui ne vous permet plus de regarder les comptes même publics sans être connecté. L’internet gratuit c’est fini, soit les biftons soit la vie privée.

Collioure je ne vais pas vous mentir c’est magnifique mais ça reste une déception. Comprenez que vivant à la plage, il en faut quand même beaucoup pour m’émerveiller. Collioure c’est ce qu’on fait pour moi de pire au niveau du tourisme, c’est de la construction à outrance pour dénaturer un lieu magnifique, faire du tout payant à tous les étages, et surtout essayer d’en mettre le plus possible dans un endroit minuscule. Collioure n’est pas si différent de Saint-Pierre toute proportion gardée, dans le sens où vous avez le village qui est construit sur la falaise. La différence profonde c’est le patrimoine, avec un château en bord de mer, et le dénivelé, où il est impossible de faire quoi que ce soit sans voiture, à moins d’avoir des mollets d’acier. Comme il faut bien gagner sa vie, les parkings sont payants, néanmoins comme il n’y a absolument pas d’espace, certains parkings (payants), sont à plus de 20 minutes à pied du centre. Pire, on a même une navette pour prendre les touristes d’en haut et les emmener en bas. Nous étions donc à la Toussaint, un temps magnifique et c’était complètement blindé, du monde de partout, j’ose à peine imaginer le monde en été. Les gens sont tendus, comme tout est étroit la circulation est difficile, l’été doit être réellement apocalyptique. Je vous montre quelques images, du château, des quartiers commerçants, de la chapelle.

Beaucoup de boutiques où l’on vous vend des bijoux, des vêtements, des objets, de l’artisanat. Pour sillonner dans pas mal de coins, pour aller à gauche à droite, on réalise que l’artisanat vendu ici est le même que celui vendu ailleurs. En Espagne c’est même combat, ce que vous trouvez dans les boutiques de Gérone, de Barcelone ou de Figueras, c’est pareil, les éléphants de Dali ou les statues de célébrités qui font caca. Est-ce que ce n’est plus de l’artisanat, est-ce que c’est du fabriqué, il est fort probable que cela soit un peu vrai mais il n’y a pas que cela. Instagram, l’internet, on nivelle, on homogénéise, il est difficile d’être aujourd’hui original sans être influencé. J’ai l’impression qu’on ne sait plus créer sans copier, le dernier truc que j’ai vu d’original c’est cet homme qui fabrique des arbres en béton, c’était dans l’émission silence ça pousse.

Une des plages de Collioure … Une plage …

Les plages de Collioure sont totalement minuscules, et faites avec une espèce de gravier, il manquerait finalement que du verre pilé pour recevoir le touriste. Comme il s’agit d’une baie, il n’y a pas de renouvellement de l’eau, c’est donc du vomi, du pipi et du caca pour ambiancer les vacances. 3000 personnes à l’année, 9000 personnes en été, quand je vois comment c’est plein chez moi avec plusieurs kilomètres de plage, j’ose à peine imaginer l’endroit avec quelques centaines de mètres.

Vous comprendrez donc qu’on vient à Collioure parce que c’est beau, pour visiter le patrimoine mais certainement pas pour aller à la plage. Nous avons voulu visiter le château que vous voyez derrière ma fille, la faute à pas de chance, il n’était pas accessible, on y préparait un salon des antiquaires. Alors faute de château, on va au fort Saint Elme. Le fort Saint Elme, c’est le fort qui surplombe la ville de Collioure.

Moi public, tu le sais, mon GPS c’est mon meilleur ami surtout quand il fonctionne, et nous voilà sur la route. Il faut savoir qu’il y a deux routes pour y aller, celle que nous a indiqué le GPS, et la route que prend le petit train, il fallait prendre celle du petit train. Nous sommes arrivés sur une route dans un état pourri où l’on a serré les fesses pour ne pas croiser de voiture et ne pas finir dans le ravin. Nous avons bien sûr croisé une voiture, nous montions, j’avais la priorité, le gars avec ses roues à 10 cm du vide. Alors forcément quand tu arrives, tu as perdu douze litres dans la voiture et tu es bluffé par la vue.

Où on est franchement plus vert, c’est quand Google t’annonce que le fort est ouvert jusqu’à 19 heures que tu découvres un grand panneau, tout en haut bien sûr parce que le mettre au début de la route serait trop facile, que ça ferme à 17 heures et qu’il est 16h50. J’ai fait remarquer au gars qui faisait l’accueil, qu’aujourd’hui beaucoup de personnes dont je fais malheureusement partie, pensent que les gens s’occupent de gérer leur page Google, pas de chance ce n’est pas le cas. Bien sûr je suis impardonnable, car j’aurais dû vérifier sur le site Internet, néanmoins je reste convaincu que lorsqu’on fait du business, certains sites sont immanquables, Facebook, Google, pour ne citer qu’eux.

Dans les activités que nous avons pu faire, la vallée des tortues, c’est génial si vous avez des gamins, ça reste très sympa si vous avez des ados, même des adultes. Des explications très pédagogiques, des tortues géantes, à voir. J’ai appris que les suricates étaient des fous, 20% de perte dans l’espèce, ils passent leur temps à se marave.

Nous avons fait une petite virée à la Jonquera, et cela fait certainement partie des traditions que nous allons casser. Pour ceux qui n’auraient pas le bon goût de connaître, la Jonquera est en gros la première ville d’Espagne que vous croisez après la frontière. Forcément, les petits malins se sont dits qu’en jouant sur la différence de taxe entre la France et l’Espagne, le français fera le voyage pour trouver des produits exceptionnels, cigarettes et parfums notamment. Il s’est monté il y a quelques années un grand centre commercial, Gran Jonquera qui est une grosse surface sur deux étages. Il apparaît qu’à part sur certains produits, il n’y a rien de bien excitant. Encore moins excitant du fait d’avoir payé l’autoroute, l’essence, le repas sur place, bien plus cher que dans le reste de l’Espagne, la crêpe au Nutella à 4 € dégueulasse soit 50 cents de plus qu’à Saint-Pierre, de qualité et face à la mer c’est un peu l’illustration de la Jonquera.

Pourquoi nous allons passer notre tour ? Tout simplement parce que la Jonquera, c’est une grande majorité de produits équivalents à ce qu’on trouve en France, et pas forcément meilleur marché. J’évoquais le nivellement de l’artisanat plus haut, eh bien le commerce c’est pareil. Et lorsqu’on voit dans ce centre commercial deux magasins fermés, on est droit de s’interroger sur la pertinence du lieu, et de se dire que nous ne sommes peut-être plus les seuls à penser ne plus y revenir. La différence se fait certainement pour le consommateur sur l’internet, qui trouvera du changement dans le marché chinois qui lui est désormais facilement accessible en quelques clics de souris, pour avoir de la merde à prix cassé.

J’ai fait un retour en fanfare par l’autoroute A9, pleine à craquer, peut-être un peu plus que d’habitude, au point de rater ma sortie. L’autoroute A9, avec ses deux voies de droite saturée de camions. Je suis sorti aux environs de Valras, c’est-à-dire ma route pour aller à mon boulot. En arrivant par la plus belle route de France, alors que cela fait une semaine que cela a inondé chez nous, je me rends compte que l’Aude est encore très chargée en flotte. Arrivés à l’embranchement d’une partie bien pourrie de ma route, je me rends compte que celle-ci est marquée comme impraticable. Mais moi tu sais public, avec ma femme qui fait la gueule parce qu’on a fait un détour de 20 km, je vois des voitures qui circulent et un Allemand avec une voiture franchement plus basse que moi qui s’engage. Il y a par chez moi, ce qu’on appelle l’étang de Pissevaches. Pour votre culture personnelle, il s’agissait de « pisse vagues » au départ et la culture populaire l’a déformé en « pisse vaches ». Il s’agit d’un étang comme son nom l’indique qui est rempli par les coups de mer ou les fortes pluies. Lorsque ma route est submergée c’est à ce niveau-là. J’arrive de la flotte de partout, des voitures qui circulent, mon allemand qui s’engage, pas très confiant j’avance parce que je sais que ce n’est pas profond en dégageant des gerbes d’eau très importante. Je dis à ma femme que c’est bon ça passe crème par la suite pour se retrouver avec une véritable rivière. Mon allemand continue à rouler comme si de rien n’était, sans faire le malin je le suis jusqu’à bon port, presque à prendre au sens propre. J’ai flippé comme c’est pas permis pour savoir si j’avais tué le partner, on sait maintenant que ma voiture fait aussi sous-marin. Ci-dessous l’état de la plage la semaine dernière, pas si pourrie que ça, c’est pour ça que je suis étonné de voir ma route de morte.

Je prévois déjà la complexité de la semaine prochaine, on annonce de la pluie pour le week-end, si je sais que déjà pour ma route c’est mort et que je vais devoir faire un détour, je ne sais pas si ce détour n’est pas aussi inondé. La prochaine période risque, avec les conseils de classe et cette base d’événement climatique être moins rigolote que la première.

Nous sommes jeudi au moment où j’écris ces quelques lignes, j’ai passé une journée à faire des courses, et du bricolage, nous profitons des derniers moments avant l’arrivée du froid. Rajout d’une climatisation pour le dernier étage, malgré la présence de la mer en face de nous les hivers sont plus froids et les étés caniculaires, nous avons dormi plusieurs fois avec le froid la nuit. Nous avons donc rajouté une clim pour les gosses. Remplacement du radiateur porte-serviettes qui avait fini par rouiller à cause de l’ambiance sauna qu’est capable de mettre ma femme quand elle se lave les cheveux. La condensation était telle que des gouttes d’eau se formaient sous le radiateur, entraînant de la rouille. Les radiateurs de ce type sont mauvais s’ils ne soufflent pas. Vous voulez que ça aille vite parce que votre douche ne va pas s’éterniser, malheureusement sans soufflerie ça ne fonctionne pas. J’ai regardé pour changer, il apparaît que les positions des fixations sont différentes d’un radiateur à un autre, si bien que vous allez défoncer votre mur. Du fait d’avoir de la faïence, du fait de ne pas avoir besoin de chauffer régulièrement la salle d’eau, j’ai préféré opter pour un petit radiateur chauffant que nous allons utiliser quelques mois. Un support pour le tuyau d’arrosage, et en gros c’est tout.

Une fin de vacances à terminer Zelda, qui ne restera pas le meilleur jeu du monde mais un agréable défi sans plus.