Le Blog de Cyrille BORNE

Paysan de l'internet

Ermite

Rédigé par Cyrille BORNE 15 commentaires

Il faudrait que je creuse mais je pense que cela fait plus d'un an que je n'avais pas été sans réseau social, peut être plus. Pour être plus précis dans les dernières années j'ai flingué : 

  • un compte facebook
  • deux comptes twitter
  • au moins quatre comptes diaspora
  • un compte pinterest
  • deux comptes linkedin mais ça ne compte pas vraiment

A l'heure actuelle je suis en manque, et j'en suis à lire ce genre d'articles : les sept réseaux sociaux à surveillerLa Liste des Réseaux sociaux, et d'autres titres du même genre, comme si finalement je cherchais la perle rare, la communauté qui serait prête à m'accueillir après avoir échoué ailleurs. C'est idiot, il faut savoir jeter l'éponge et se rendre à l'évidence, les réseaux sociaux ce n'est pas pour moi. Je me rends compte que l'utilisation que j'ai pu faire des réseaux n'est pas forcément la meilleure, alors que 90% de ce que vous pouvez trouver c'est de l'info repiquée ailleurs et redistribuée, la recherche du bon mot ultime, la promotion surtout pour ses propres articles, je me suis contenté d'échanger et de raconter des conneries, comme d'habitude en fait. Je réalise que le gain de temps est vraiment considérable, mais l'aspect social tellement facilité, me manque. S'il ne devait rester qu'un réseau social pour quelqu'un comme moi, ce serait certainement twitter, twitter c'est tellement fort que les gars ne se cassent plus la tête pour faire des articles, ils balancent juste les échanges. 

Nos blogs nous poussent à battre la campagne pour aller commenter chez les uns et chez les autres, c'est ici que se fait le social, ce social dont on ne veut plus comme je l'avais écrit, ce social qu'on cache de plus en plus pour poursuivre la conversation plus loin, ces fameux réseaux, des conversations qu'on n'a désormais plus envie de gérer, d'arbitrer, de modérer. Il est devenu beau ce web participatif, les sites internet passent quasiment au statique.

La question donc, comment tu fais du social, sans réseau social ? 

  • à l'ancienne en allant dans les rencontres de Linuxiens, 200 bornes aller retour pour aller sur Montpellier, je passe mon tour
  • à l'ancienne en allant commenter chaque billet des collègues, c'est ce qu'il faudrait faire, j'ai tendance à répondre par article interposé, c'est égoïste, je sais que c'est mal. Le gars si tu l'aimes, tu lui ponds un chef d'oeuvre chez lui, et tu as enrichi son blog, si tu le fais chez toi, c'est ton blog que tu enrichis grâce à lui qui aura insufflé l'idée de l'écriture. 
  • les forums, même combat que les blogs, raréfaction, disparition, communautés de vieux gars qui se connaissent trop, on voit de plus en plus les annonces de décès des personnes, j'ai connu ça. Je participe à deux forum, HandyLinux et pluxml, je vais peut être recommencer à me faire une petite liste. 

A l'ancienne, c'est définitivement une étiquette qu'il sera désormais difficile de décoller, plus ça va, plus je me ferme de portes, et le pire c'est que si sur le coup ça me fait un petit pincement, je me rends compte que je suis désormais trop vieux pour faire autrement. Un jour j'avais dit que la définition de la vieillesse c'est quand en 2004 tu continues d'écouter Claude François, que tu y prends du plaisir, et que tu n'as ni le besoin, ni l'envie, ni la capacité à écouter autre chose, là je crois qu'on y est. 

Classé dans : le blog Mots clés : aucun

Into the wild ou l'histoire d'un cercle vicieux

Rédigé par Cyrille BORNE 12 commentaires

Selon les rumeurs, je serais en vacances, mais je n'arrive pas à redescendre. C'est assez rare d'ailleurs, souvent j'arrive aux vacances et je m'effondre dans les premiers jours, là je reste sur le même rythme, je pense que les travaux du samedi ont contribué à la montée d'adrénaline. Lundi matin, correction de l'intégralité de mes copies, un contrôle sur les multiplications de fractions avec des relatifs en 4ème, un brevet blanc en 3ème. Voici une copie type de 4ème. Je ne demande même plus de feuille, je laisse la place dans l'énoncé pour répondre. Pourquoi ? Parce qu'à force d'avoir des gosses qui arrachent les feuilles de leur cahier parce qu'avoir une pochette de feuilles, c'est compliqué, même avoir un stylo c'est compliqué, si bien qu'un des élèves m'a fait l'intégralité de sa copie au feutre, j'ai adopté cette stratégie comme la grande majorité de mes collègues. A une époque, je faisais un contrôle sur les fractions, aujourd'hui j'en fais trois, additions / soustractions, multiplications et enfin divisions. Pourquoi ? Tout simplement parce que déjà qu'ils ont du mal à se rappeler que pour les additions et les soustractions il faut un même dénominateur, si on rajoute les multiplications et les divisions ils essaient de mettre tout au même dénominateur quel que soit le calcul. En décomposant en trois épreuves, c'est mieux mais pas formidable.

La copie ci-dessus fait partie des difficultés que je rencontre de plus en plus, les élèves ne sont plus capables d'organiser une feuille. Il y a de la place en pagaille, la gamine est allée m'enquiller les calculs dans les cases minuscules. Vous vous doutez bien sûr que les consignes ont été données 50 fois. Un calcul, on passe à la ligne, on met de la couleur, et encore il s'agit d'une copie propre. Quels sont mes choix ? Je peux mettre 0 directement aux copies que j'estime inacceptables, je peux coller pour faire comprendre que je suis mécontent et que c'est de l'irrespect, je peux gueuler, je peux appeler les parents pour dire que le gosse se moque de moi. Déjà fait, rien ne marche. Aux corrections des examens, les collègues de français expliquent que l'enseignant doit se débrouiller pour comprendre ce que raconte le gosse, qu'importe le nombre de fautes de français, on se débrouille. Comme je l'avais expliqué, aujourd'hui en maths, un gosse met le résultat sans tout le tralala qui va avec les théorèmes, on met le maximum de points. Voilà le résultat de l'enfant au centre du système scolaire, l'enfant peut faire n'importe quoi, c'est pas grave, on s'adapte. 

Autre univers, même ambiance. 

Aucune explication, aucune justification, alors que tous les profs de maths avant moi qui se sont succédés pour que la propriétaire de la copie arrive en troisième ont tous dû dire qu'il fallait expliquer, j'ai droit à du oui ou du non. 2 heures pour réaliser le sujet, je pense qu'elle a dû le faire en moins de 20 minutes, ce qui signifie 1h40 à regarder au plafond ou à dormir sur sa table. Là j'ai sorti la copie un peu extrême, mais le oui ou le non sans autre justification reviennent de façon régulière. En fait les gamins ne sachant pas expliquer tentent leur chance alors qu'ils savent pourtant que je ne donne pas de point sans raisonnement. 

Quand je vois ça, je ne crie pas au désespoir, comme je l'ai toujours écrit, les mathématiques ne sont pas une finalité en soi. Ce qui me gêne ici c'est la logique élémentaire, c'est à dire qu'on n'arrive plus à communiquer avec les enfants ou à se faire entendre. Pour moi, avoir un stylo, espacer, prendre le temps, rédiger, c'est de la logique élémentaire, mais pas pour une grosse majorité des élèves qui s'en foutent royalement. Il faut reconnaître qu'on leur a largement facilité la tâche en baissant en permanence le niveau des exigences, tous, et les parents en premier qui tolèrent tout. Bébé c'est le plus beau, c'est le plus fort, et il ne faut pas trop lui en demander sauf quand un jour bébé à 15 ans, est un véritable paillasson et qu'on ne sait plus quoi en faire. 

On dira encore que je prône le c'était mieux avant, ce n'est pas le cas. Une époque où les enseignants pouvaient être insultants, humiliants, parfois violents avec les élèves, une époque où l'école n'était pas synonyme d'épanouissement mais de passage obligatoire, une école où si on ne brillait pas scolairement, on montrait les lycées professionnels comme la menace, la poubelle, une école du mépris en quelque sorte. Si ce n'était pas mieux avant, ce n'est pas mieux maintenant, on a oublié que l'exigence n'est pas nécessairement une contrainte, c'est ce qui permet de tirer les gens vers le haut. Si les adultes ne sont pas là pour pousser les gosses, ils ne le feront pas tout seul, il devient désormais urgent que tout le monde reprenne sa place, pas comme avant, mais certainement pas comme maintenant. 

Classé dans : le blog Mots clés : aucun

piqo ou cultivons encore l'art de se faire de nouveaux amis

Rédigé par Cyrille BORNE 2 commentaires

Il aura été difficile d'échapper à piqo l'ordinateur made in France dans les sites que je suis donc que vous suivez aussi car je suis un blogueur influent et je vais encore troller pour le vérifier. Je ne remercierai jamais assez l'auteur de cette phrase :

​La liste est très très longue, et avant de rentrer dans les détails, j'aimerai quand même vous inviter à lire ceci : Il en restera toujours quelque chose... Il s'agit concrètement de l'initiateur du projet qui explique qu'il se retrouve avec de nombreuses critiques de Geek et de libristes sur ce projet avec je cite : J'aurai toujours du mal à comprendre ceux qui défendent l'informatique libre tout en s'opposant aux initiatives de vulgarisation, parce que cela va à l'encontre même de la philosophie « libriste ». La question c'est pourquoi, n'ayez pas peur les gens, vous le savez, ici le suspense ne dure jamais bien longtemps. 

Piqo est un raspberry pi 2 avec un boîtier, une alimentation et une carte micro SD dont la taille varie, par défaut l'installation d'une xubuntu modifiée. Forcément les critiques des gens qui savent vont fuser sur au moins deux points : 

  1. il ne s'agit pas d'un ordinateur français mais d'un ordinateur fabriqué en France, puisque le pi 2 est anglais, le boîtier chinois.
  2. et le classique "oh mais tu as vu l'arnaque on te vend un pi2 comme une nouveauté alors que le pi2 je te le paye moitié moins cher et je te fais tourner Gentoo les yeux bandés". Je vous invite à lire le blog de François, les commentaires où on est en plein dedans

Avant de vous déconstruire l'ensemble, j'aimerai quand même juste souligner qu'on est mal barré chez les libristes. Entre les fanatiques qui disent que chaque projet libre est béni des dieux, du genre la bombe nucléaire libre, je vous garantis qu'on en aura pour applaudir à deux mains et les autres qui voient des escrocs partout sans s'interroger, on est à la lisière du bois des rageux et des illuminés, je crois que les fanboys d'Apple s'en sortent mieux. Il devient de plus en plus difficile de s'exprimer sans que ça parte dans tous les sens, c'est le plus gros problème du libre je pense. 

PARLONS ARGENT 

Le modèle de base avec une carte 8 Go est vendu sur le site du projet à 79 €, si je vais chez Kubii pour en gros la même chose je suis à 66.90 pour la même chose, soit 67 € parce que compter avec les centimes me fait peur ce qui nous donne une différence de 12 €, dérisoire. Il faut payer quelqu'un pour assembler même si ça peut paraître dérisoire, mais il faut le faire quand même, d'après le site la version de Xubuntu est adaptée, il faut bien un codeur pour le faire, il y a des charges, des locaux à payer. Vous me ferez remarquer que Kubii a aussi une marge, et bien nous allons imaginer puisqu'il s'agit d'une action à but non lucratif que cette marge et le supplément partent dans les frais engendrés, on ne peut donc pas parler d'arnaque.

Une volonté de rendre accessible le raspberry pi, Linux de façon générale au plus grand nombre, trouver une façon de le faire sortir de l'ornière. D'un point de vue communication c'est une réussite, je l'ai vu passer sur un tas de site, on pourra dire que le message est passé. Donc j'achète l'appareil, c'est pour faire du desktop, je l'achète dans sa version de base, c'est à dire une carte à 8 Go avec au moins 5 Go de mangés pour le système il me reste 3 Go. Il faut donc enquiller un disque dur en USB ou acheter le modèle à 32 Go ce qui reste faible, acheter un disque dur externe ce qui avec le RJ45 partagé avec l'USB est sale, éventuellement acheter un dongle Wifi compatible pour 15 €. Une addition qui pourrait commencer à devenir salée pour une expérience classique

PARLONS TECHNIQUE

900 MHz, 1 Go de RAM et une Xubuntu dessus qui est devenu un gros veau avec les années, j'espère qu'ils ont fait de sacrées optimisations. Souvenez vous, j'avais fait quelques tests sur le pi2 en mode desktop avec un libreoffice qui se lançait relativement rapidement, je n'avais néanmoins fait aucun test de charge, c'était convenable, mais pas extraordinaire et on était sur une raspbian c'est à dire quand même le système qui va bien, ou qui va le mieux.

Poussons un peu plus loin. Le pi de façon générale est un ordinateur qui est destiné à l'apprentissage, au bidouillage, le lancer en production n'est peut être pas une super idée parce que les concepteurs n'ont jamais parlé de production et on s'adresse ici à l'utilisateur final. Car, si l'auteur a une véritable volonté de bien faire, je vois des pi en mediacenter, je vois des pi en console retrogaming, je vois des pi en petits serveurs, mais je n'ai pour l'instant pas vu ou pas cherché des expériences de pi en version desktop, c'est à dire des gens qui se contenteraient de cet appareil pour ordinateur. Et je trouve que c'est inquiétant, car si l'expérience utilisateur est mauvaise, et y a de bonnes chances pour qu'elle le soit, lent, pas de place, et Linux en plus le pays où rien n'est simple, la promotion du libre qui part d'une bonne intention risque de se retrouve mise à mal par des utilisateurs déçus. Je rajouterai de plus que si on a une volonté de vulgarisation, The Gimp c'est peut être pas la meilleure des idées. 

Enfin qu'on le veuille ou non, Linux restera toujours une implication dès qu'on veut faire plus. Je n'ai pas vu de "communauté" sur le site officiel, j'ai peut être raté quelque chose, mais je pense que l'accompagnement doit aller jusqu'au bout. 

PARLONS LE HULOT OU LA HULOTTE

Forcément on met en avant la faible consommation électrique de l'appareil et par le fait l'aspect écologique, sauvons la planète tout ça. Oui indéniablement mais le problème c'est qu'on a sorti le mot Linux. Moi tu me dis écolo, tu me dis Linux, je te réponds que je te prends un ordinateur du genre dual core et que je prolonge sa vie, ce sera ma prochaine machine, une machine d'occasion. Car même si ça consomme plus, Linux nous permet tout de même d'éviter de balancer des composants qui fonctionnent et c'est une autre vision de l'écologie que je vois, du recyclage. 

Majesté, le mot de la fin ?

J'ai souvenir de l'époque où j'avais taclé Frédéric Baille patron de Linutop, le backlink reste offert, parce que raisonnant en terme de geek, de bricoleur, j'avais du mal à comprendre qu'on puisse payer un produit plus cher quand on peut faire par soi-même. Aujourd'hui c'est quelque chose que j'ai parfaitement intégré, le fait que des gens veuillent un système out of the box, sans se prendre la tête, le fait qu'un développement ça coûte de l'argent et qu'il faut bien le passer quelque part, je ne suis donc absolument pas choqué par le prix si la Xubuntu a été adaptée en force. Et d'ailleurs si on veut faire la comparaison, ce n'est pas si cher, ce même Frédéric Baille qui disait que le pi et ce genre de choses c'était pour les bricolos propose aussi sa solution à 159 €. Là par contre je peux vous dire qu'on a un vrai travail et qu'avec cet appareil on peut faire une borne d'affichage digital ou un kiosque et pour avoir étudié les solutions, ce n'est pas un truc qui se met en place en 5 minutes, même si je trouve une fois de plus que le tarif chez Linutop est cher. 

Je reste en outre perplexe quant à l'expérience utilisateur qui je pense ne sera pas au top de la fluidité. 79 € seulement me direz vous, mais à ce prix là on a une tablette, et pas la nécessité d'acheter clavier, écran, souris, wifi, disque dur externe. J'espère donc que le projet ne va pas gâcher la visibilité qu'il a actuellement, l'image positive du "made in France" par des retours de gens déçus qui ne feront pas de cadeau. Car il ne faut pas oublier que si le projet prend un camouflet, c'est encore un coup dans les dents des solutions libres et ça je pense que personne ne le souhaite. 

A titre personnel, j'ai passé mon tour sur les solutions pi 2 et je préfère mieux m'orienter vers le recyclage de machines plus anciennes. L'auteur évoque dans son billet énervé qu'il est pour les solutions de vulgarisation, et je le rejoins, c'est juste la solution matérielle à laquelle je n'adhère plus. Des initiatives de vulgarisation il y en a de nombreuses dans le monde libre, Handylinux pour exemple qui permet d'accompagner les utilisateurs débutants dans le passage vers Linux et ainsi de réhabiliter leur ordinateur abandonné par Microsoft. Mes beaux parents de 60 ans passés sont utilisateurs au quotidien, et c'est du pur made in France en plus. 

Remarque : l'iso est disponible au téléchargement à cette adresse ce qui montre bien la volonté de transparence du projet. Si quelqu'un a un pi2 que je n'ai plus et veut faire un retour, je ferai tourner ici. 

Classé dans : le blog Mots clés : aucun

Comprendre l'interopérabilité

Rédigé par Cyrille BORNE 41 commentaires

L'interopérabilité est un mot compliqué de plus de huit lettres qu'on pourrait traduire par le fait qu'un objet marche dans le truc du voisin. Prenons un exemple simple, tu prends une cassette VHS, elle marche dans le magnétoscope de René, de Michel et de Raoul la cassette vidéo est interopérable et ce quelle que soit la marque du magnétoscope. Si on part de cette définition simpliste, on peut se dire qu'il suffit pour un objet donné d'avoir le truc qui est capable de l'interpréter et en voiture Simone, le problème est réglé. Oui, si on part du principe d'une logique commerciale où il ne peut en rester qu'un. 

A l'heure actuelle, si vous voulez acheter un film, vous allez l'acheter à Carrefour au format DVD ou au format bluray, sachant que le format DVD est interopérable avec la platine bluray c'est à dire que la platine bluray sait lire les DVD, pas l'inverse car la technologie bluray est plus récente. Si aujourd'hui, il n'y a pas d'ambiguité, il y a quelques années ce n'était pas aussi simple, le bluray avait son concurrent : le HD-DVD. Que s'est-il passé ? Dans une logique commerciale, il ne pouvait en rester qu'un, le fait que la PS3 a l'époque possédait un lecteur bluray a certainement contribué à faire basculer l'avantage et enterrer le concurrent qui ne pouvait pas survivre car les deux formats n'étaient pas interopérables. Comprenez que si les les platines BR avaient la capacité de lire le HD-DVD et réciproquement, les choses auraient été plus simples pour le consommateur, mais sans aucun intérêt pour le "créateur" qui doit tuer la concurrence pour empocher le pactole. 

Il faut donc comprendre que l'interopérabilité et surtout son absence est un enjeu avant tout commercial, le "meilleur" format, en tout cas celui qui rencontre les faveurs du public remporte la mise s'il arrive à s'imposer. Il est important de savoir que la mise est non seulement remportée sur les ventes directes du produit mais aussi sur le brevet de l'invention que les concurrents n'auront d'autre choix que de payer s'ils veulent participer au marché. C'est d'ailleurs à cause de cette notion de brevet, ou grâce, que Microsoft gagne énormément d'argent avec les téléphones Android où certaines technologies inventées appartiennent à la société. 

Ce problème d'interopérabilité, nous le subissons au quotidien, des dosettes de café aux cartouches d'encre, les industriels se gardent bien de créer des standards, de cette façon ils poussent le consommateur à acheter leur produit et pas un autre qui n'est pas compatible. Il existe pourtant un monde qui procède à l'envers, pas travailler par rapport à celui qui a écrasé les autres mais poser les standards, une norme afin que tout le monde puisse lire cette norme, c'est le monde du logiciel libre. L'objet libre a ses plans qui sont parfaitement définis et la personne qui va travailler avec sait ce qu'elle doit faire pour l'utiliser. Si demain on voulait faire une cafetière à dosette libre, on ferait d'abord le format de la dosette, pour trouver quelle serait la dosette idéale, et ensuite chaque personne qui voudrait faire sa machine à café qui pourrait être plus au moins fantaisiste s'adaptera à ce standard de dosette. L'avantage bien évidemment pour le consommateur c'est de se dire qu'en achetant la dosette libre, si sa cafetière venait à rendre l'âme, il n'a pas à s'angoisser quant à l'achat d'un modèle exactement similaire, un modèle de la même marque, il lui suffirait d'acheter une cafetière libre qui est construite pour utiliser cette dosette. 

On a bien compris que dans le monde commercial, tout est fait pour qu'il n'en reste qu'un et c'est plutôt efficace dans le monde réel. Dans le monde virtuel, c'est un peu différent car les coûts de fabrication sont moins élevés ce qui permet à des alternatives d'exister face au ténor et même parfois de faire jeu égal. L'exemple le plus pertinent est celui de la suite bureautique libreoffice. Avant de créer les logiciels pour travailler, pour écrire, pour calculer, on est parti du problème à l'envers c'est à dire qu'on a fait les standards des documents qu'on va éditer : l'odt pour le texte, l'ods pour la feuille de calcul, etc ... Les normes étant accessibles, n'importe quel logiciel peut fabriquer ce type de document et on peut donc sans problème passer d'un de ces logiciels à l'autre. L'intérêt est évident, le choix bien sûr d'utiliser le logiciel qu'on veut, mais surtout la garantie de la pérennité si l'un de ces logiciels venait à disparaître. A contrario, Microsoft qui édite la suite logiciel Microsoft Office ne propose pas de format ouvert mais un format fermé, un format propriétaire de la firme. Si dans une entreprise Paul fait une lettre (un doc) avec Word de Microsoft, Jacques n'aura pas d'autre choix que d'avoir Word à son tour pour lire le document de Paul et éventuellement le retravailler. Il est bien sûr facile de comprendre que Microsoft n'a aucun intérêt à ce que ses formats de document soient lisibles par d'autres logiciels, car il vend sa suite bureautique, le client est donc prisonnier de sa suite bureautique. Et le problème de la prison c'est qu'on subit, notamment l'obsolescence logiciel. On va vous expliquer que le logiciel que vous utilisez n'est plus assez performant et qu'il est urgent de tout changer, moyennant finance bien sûr. 

L'interopérabilité est un enjeu et encore plus dans l'éducation où il est indispensable que les élèves qui travaillent aujourd'hui puissent le faire dans les valeurs de la république, la gratuité en fait partie. Si une école fait le choix de travailler avec des logiciels propriétaires, des formats donc non interopérables, c'est un choix de l'école et on peut se dire que l'élève ne le subit pas, l'école reste gratuite, il n'a pas payé son logiciel. Néanmoins, il y a un énorme effet de bord dans le choix du logiciel propriétaire, si l'élève veut poursuivre son travail à domicile, il n'a pas d'autre choix d'acheter le logiciel propriétaire ou de le pirater puisque les documents propriétaires ne sont lisibles que par les logiciels propriétaires qui les ont fabriqués. Il faut impérativement dans le cadre scolaire privilégier les logiciels libres afin que les élèves puissent disposer de leurs documents sans avoir à débourser un centime. 

Note de sa seigneurie. Il se pourrait que dans cet article j'ai pris de très nombreux raccourcis pour aller à la simplification. Par exemple on sait que Libreoffice ouvre les fichiers de Microsoft. Cela dit quand on voit le résultat c'est un peu comme s'il ne savait pas les ouvrir.

Classé dans : le blog Mots clés : aucun

Que faire quand on trouve un oiseau déglingué ?

Rédigé par Cyrille BORNE 3 commentaires

Comme vous l'avez compris ces vacances sont reposantes et forcément quand c'est reposant, il faut un peu de piment, comme si j'en avais pas assez du marteau piqueur et du reste. Les gosses me disent que chez le voisin, il y a un goéland qui bouge mais pas trop, genre goéland bourré qui n'arrive plus à tenir sur ses pattes. Que faire ? Coup de chance, j'ai un élève qui a fait son stage à la ligue de protection des oiseaux, et qui m'expliquait que c'était le boulot de la ligue de réparer les oiseaux cassés. J'appelle donc la ligue de l'Aude, pas de chance, c'est la ligue de l'Hérault et on m'explique qu'il va falloir capturer l'oiseau et l'apporter chez la bénévole la plus proche à plus de 20 km de chez moi. Bien sûr la tentation de laisser mourir l'oiseau devient alors énorme, mais les enfants vous regardent avec un air que chaque parent connaît, l'air du gamin qui attend que tu fasses quelque chose, cet air détestable où tu sais que tu vas finir par céder. Il faut savoir que s'il peut arriver à la ligue de se déplacer, elle ne le fait que pour un animal capturé, parce qu'avant les gens se déplaçaient mais curieusement les oiseaux étaient partis. Capturer un goéland, j'aurai tout fait dans ma vie. 

Le goéland, c'est pas très souriant comme oiseau, ça a un bec énorme, donc on prend des gants. Ensuite, technique ultime, vous lui jetez une serviette sur la tête, et automatiquement il est neutralisé car il croit qu'il fait nuit. C'est quand même là qu'on se dit que le plan de domination des goélands pour conquérir le monde n'ira pas bien loin, pas bien malin le goéland. A partir de ce moment là il suffit de le chopper et de le mettre dans une caisse avec du journal, parce que je vous garantis que le goéland ça envoie quelque chose, genre tourista dans un pays exotique, nous avons fait la route, les fenêtres ouvertes.

Rendez vous sur le parking de bricodepot avec la bénévole du coin qui remettra le goéland à la ligue le lendemain. Voilà, vous saurez désormais comment sauver un oiseau. On dit merci qui ? Merci le déconstructeur !

Classé dans : le blog Mots clés : aucun
Fil RSS des articles