Ordinateur portable hybride sous elementary OS

11/07/2018 Non Par cborne

Je ne sais pas si vous vous rappelez le dernier post où j’écrivais que je troquerai mon ordinateur portable et ma tablette contre un appareil qui ferait les deux fonctions. Il est un théorème Bornien qui dit que lorsque le Borne l’écrit c’est souvent déjà fait ou en passe de se faire.

Pour ceux qui n’auraient pas la joie de vivre dans ma région et qui auraient raté quelques épisodes, il s’agit de la dernière génération d’ordinateurs distribués aux élèves. Je ne sais pas si je suis dans l’illégalité, c’est ici toute la subtilité de la chose, je ne l’ai pas acheté à un élève, je ne sais pas si l’élève en question a fini ses études ou non. Ce que je sais c’est qu’il s’agit d’un x360, une machine plutôt intéressante puisqu’elle est transformable, l’ordinateur fait un 360 sur lui même pour se transformer en tablette. Je peux donc faire l’usage attendu, tablette d’un côté, ordinateur de l’autre. Sachez que j’ai payé l’appareil 75 €, ce qui n’est pas cher, l’ordinateur est en bon état, il a pris un choc à un endroit mais rien de bien méchant, il n’y a pas d’arnaque à priori, c’est que tout simplement ça ne se vend pas. On commence à voir de plus en plus de prix bas d’ordinateurs, la fin est en marche, tant mieux pour les gens comme moi qui n’ont pas peur de tourner avec une machine qui a dix ans. Ce n’est pas le cas de cet ordinateur qui est une machine tactile.

Linux va mourir, pour la partie desktop et c’est une évidence ou presque parce que Linux est à la bourre sur tout. Linux est incapable de prendre le tournant du mobile, Linux n’est même pas capable de prendre le tournant du tactile, un tournant qui commence à franchement dater. Ce n’est pas que le tactile n’est pas géré, c’est qu’il n’est pas pensé en terme d’ergonomie. La personne à qui j’ai acheté l’ordinateur, exprimait qu’elle galérait à installer Windows 10 dessus et s’interrogeait sur le fait que le tactile soit mort. Comme j’expliquais que l’ordinateur était destiné à l’utilisation de Linux qu’elle ne s’embarrasse pas et fasse un test avec Ubuntu. C’est ce qui a été fait. Voici à quoi ressemble une Ubuntu 18.04. Je rappelle que l’environnement est désormais Gnome depuis l’échec d’Unity, que je ne jette donc pas la pierre à Gnome puisque pour réellement parler de Gnome il aurait fallu que je teste une Fedora qui le livre sans modification, ce que je n’ai pas pris le temps de faire. Je ménage le suspense.

La résolution est minuscule mais ça ne change absolument rien. Regardez moi la taille de l’icône de fermeture des fenêtres, elle est minuscule, avec mes gros doigts boudinés ça ne passe absolument pas. Rajoutons à cela que ça rame et l’expérience utilisateur est particulièrement mauvaise avec Ubuntu. Dans la catégorie des remarques désagréables, la gestion de la rotation de l’écran n’est pas gérée, ben oui ma bonne dame, on imagine qu’on va vous pondre du téléphone libre mais on n’est pas foutu en desktop de gérer la rotation automatique d’un ordinateur portable alors que Windows sait le faire, qu’android sait le faire, mais moi, je suis un bonhomme. Il s’agit d’aller télécharger ScreenRotator, un programme qui n’a pas été mis à jour depuis deux ans et qu’on se demande comment ça se fait qu’il n’y a pas un génie qui a été foutu de le packager. L’installation est triviale, sudo apt install python3-gi puis python3 /le/repertoire/qui/va/bien/ScreenRotator.py ce qui donne ceci en vidéo.

Vous noterez qu’avec mes doigts boudinés j’arrive à rater la rotation pour jouer sur la luminosité mais j’y arrive quand même au deuxième essai. Et là forcément vous vous dites c’est trop facile, et vous avez bien raison. Il apparaît qu’en mettant le programme en démarrage automatique, il n’y a pas la jolie icône mais un panneau d’interdiction en rouge ce qui est franchement dégueulasse. Mais nous sommes sous Linux, tout est possible, il suffit de lire le readme pour savoir qu’il suffit de modifier le script en ligne 13 pour y coller l’adresse qui va bien … 2018, parce qu’on est en 2018.

#!/usr/bin/env python3

import os
import signal
from subprocess import call
from gi.repository import Gtk
from gi.repository import AppIndicator3 as AppIndicator

APPINDICATOR_ID = « screenrotator »
orientation = « normal »

def main():
indicator = AppIndicator.Indicator.new(APPINDICATOR_ID, os.path.abspath(‘/le chemin qui va bien/icon.svg’), AppIndicator.IndicatorCategory.SYSTEM_SERVICES)
indicator.set_status(AppIndicator.IndicatorStatus.ACTIVE)
indicator.set_menu(build_menu())
Gtk.main()

A ce niveau là on est franchement content, je vous montre plus loin le clavier virtuel. Donc Ubuntu inutilisable, j’ai tenté comme il se doit une Xubuntu, car comme vous le savez, Xubuntu c’est comme le crépi, c’est la vie. Malheureusement, Xubuntu n’est pas adaptée même si ce n’est pas catastrophique, encore plus en jouant sur la taille des icônes de la barre d’accès rapide, je me suis arrêté un peu par hasard sur ElementaryOS. Il faut quand même comprendre que ce hasard n’est pas vraiment un hasard, je cherchais avant tout une distribution à base d’Ubuntu, et pour être honnête j’allais tenter aussi une Kubuntu puisque de mémoire il y a un projet pour tactile qui doit voir le jour, devait voir le jour, ne verra certainement jamais le jour. ElementaryOS est arrivé avant sur ma liste, voici quelques écrans.

Le dock est franchement convivial, la taille des icônes est suffisamment grande pour qu’on puisse les manipuler au gros doigt boudiné.

Le menu applications en haut à gauche permet encore d’accéder aux applications cachées. Un drag and drop, au doigt, permet de récupérer facilement les applications supplémentaires.

En haut à gauche la fermeture de la fenêtre la croix, est suffisamment grosse pour être prise au tactile. Comme en plus il n’y a pas d’agrandissement ou d’icône de réduction de la fenêtre on peut fermer avec les gros doigts boudinés.

Du fait d’avoir un mode mono fenêtre, la bascule d’une fenêtre à l’autre par l’effet qui va bien est alors parfaitement adapté au tactile.

Pour avoir le clavier tactile, il est nécessaire d’aller dans le panneau de configuration, et de prendre l’accès universel

Dès qu’on active on-screen keyboard, le premier en haut, on a le clavier virtuel qui apparaît, plutôt ergonomique.

C’est pas extraordinaire, c’est pas fluide comme une tablette ou un smartphone, cela dit sous Windows l’expérience est moins bonne aussi car on sait finalement que ces appareils ne sont pas vraiment faits pour cela. Néanmoins l’expérience pour l’instant est satisfaisante. Quand on se demandait à quoi pouvait servir elementary OS que je voyais comme un délire de plus de remanier simplement un thème, il apparaît que la distribution pour du tactile a quand même un certain potentiel. Je n’irai pas plus loin car je n’ai pas le recul, on verra combien de temps elle tiendra sur mon portable. Les logiciels embarqués sont assez séduisants notamment le client mail qui a l’air de mieux fonctionner, il ne chargeait pas à l’époque l’ensemble de mes messages et le calendrier qu’il faudrait que je synchronise avec dav. Si l’expérience était vraiment satisfaisante, ce serait une réflexion d’abandonner Xubuntu pour passer à cet environnement plus moderne. Pour l’heure, rien ne presse, à suivre.