Nouveau millénaire

05/01/2020 Non Par cborne

Je vais commencer par la chanson de fin parce que j’aime bien vous surprendre.

Millénaire même si nous ne fêtons pas le nouveau millénaire, c’est une chanson bien choisie pour la nouvelle année qui démarre. C’est un collectif qui s’est formé le temps d’une chanson avec Faf Larage, Jalane, Disiz, Taïro, Nuttea, et Vasquez Lusi. Aucun de ces artistes n’a sorti depuis l’âge d’or du RAP français des titres qui auraient pu leur permettre de relancer leur carrière ou tout simplement de leur permettre de continuer dignement. Disiz qui pour moi par exemple était une véritable alternative à ce qui se faisait à l’époque a trop produit, trop sorti d’albums, trop de chansons dans trop de styles différents. Néanmoins, aurait-il pu continuer à produire des chansons comme c’est ça la France ou j’pète les plombs en 2020 ? J’en suis persuadé, il y a un créneau à prendre dans le RAP hardcore et à texte aujourd’hui, le RAP à l’ancienne est loin d’être mort. Si NTM a fait un carton jusqu’au bout, la recette du succès est simple, ils ont simplement joué leurs vieux titres, de cette façon-là, ils n’ont pas déçu leur public.

La production de nouveaux titres ce n’est pas facile quand tu as été au sommet de ton art. Dans la vie scolaire, il y a un passage musical assez sympathique, comme tout le film dans son ensemble, quelques notes de musique qui démarrent à la flûte à bec, on se dit qu’on connaît l’air, forcément, c’est Samouraï de Shurik’n, qui en 1998 avec son album où je vis a tout cassé et j’ai bien peur, a tout dit.

Je n’aurais pas pu être artiste, ou si j’aurais pu, mais pas comme ceux qu’on voit à la télé, j’aurais arrêté quand j’aurais eu l’impression d’avoir tout dit (La menace du cratère à la place du blog). La critique est facile, cruelle, mais I AM n’a rien sorti de bon depuis l’école du micro d’argent, et pourtant que d’albums en pagaille. Ils auraient dû faire comme NTM et se contenter de faire des tournées de leurs vieux titres touchant les vieux nostalgiques et faisant rêver les gosses ravis d’entendre du rap à l’ancienne.

Bon ce n’est absolument pas ça que je voulais évoquer en ce dimanche veille de mon retour à l’école, mais ce n’est pas comme si on n’avait pas l’habitude que je digresse. La journée de demain m’angoisse, comme chaque nouvelle année car je dois affronter la horde des bisous qui vont me souhaiter la nouvelle année. Comme la bonne fée, ils vont espérer pour moi mais sans aucun effort de leur part pour y parvenir que ma famille se porte bien, que je sois heureux, que tout me réussisse, le retour de mes cheveux peut-être, la réussite au jeu ? Finalement quand on y réfléchit bien, ce premier mois de l’année, c’est une séance collective de maraboutage gratuite.

L’année 2020, ce sera ce que vous en faites, aux aléas bien évidemment. Quand Didier écrit un article sur la mort, le cancer, vous vous doutez bien que la maladie n’aura pas foutu le camp parce qu’on a reçu cinquante vœux bienveillants ou presque. J’ai horreur de ces journées de reprise, où des gens dont je n’ai pas eu de nouvelles depuis deux semaines vont faire semblant de s’intéresser à moi, quand je sais pertinemment qu’ils s’en foutent. Je n’ai pas de mal avec ça, j’aurais tendance à dire au contraire, mais poussons alors la franchise jusqu’au bout, se saluer simplement sans faire l’effort d’une politesse forcée, une tradition qui n’a de sens que pour les gens qui se supportent, pour se mettre au boulot, notre seul point commun ou presque.

On veut la paix, l’amour, l’amitié, l’égalité, la santé,
Ouais ma santé, ma thune
Ma gueule et les autres on verra
Fais pas le faux c’est c’que tu t’dis au fond d’toi
Egoïste mais s’il faut être optimiste je peux
Si j’picole j’crois que tout le monde ira mieux
C’est c’que j’veux mais y a rien qui change au 31
A base de cotillons à 2 balles essaierai d’faire bien

Faf Larage, nouveau millénaire

À propos de travail, je commençais à remplir joyeusement mon cahier de texte pour demain, afin de montrer aux élèves et aux parents que travailler le dimanche c’est possible quand est apparue cette erreur

Je sais que mes collègues se sont partiellement rendu compte du problème, puisque mine de rien même quand on est en vacances on continue de travailler, envoyer un mail vous déconnecte directement du site internet. Alors effectivement on pourra argumenter en expliquant que Aplon / Scolinfo est une solution en fin de vie et c’est vrai, que c’est les vacances de Noël et qu’il y a une solution qui m’amuse beaucoup. Mon collègue d’informatique a écrit, ils sont au courant du problème et il apparaît qu’on peut le solutionner en passant par EDGE. Oui vous avez vu, le seul navigateur qui fonctionne c’est EDGE. Et là forcément tu te dis que pour avoir EDGE sous Ubuntu ça va être compliqué, défi relevé !

Le premier essai c’est celui du petit joueur, à savoir tenter une extension pour changer le user agent. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, lorsque vous vous connectez à un site Internet, le site sait le navigateur que vous utilisez. De cette façon il va s’adapter parce que selon le navigateur que vous avez, les choses ne se passent pas de la même manière. C’est le problème quand les standards de l’internet ne sont pas respectés, c’est le problème d’avoir une situation qui tend vers le navigateur unique : Google Chrome. Comme la majorité des utilisateurs utilisent Google Chrome, on ne code plus en fonction des standards de l’internet mais en fonction de Google Chrome. C’est un peu comme si on découvrait qu’il est plus rentable de ne produire que des chaussures en 43 et de se dire que les autres se débrouillent avec. Il est possible de changer le user agent c’est-à-dire de faire croire au site internet que le navigateur que vous utilisez est un autre navigateur. L’extension User-Agent Switcher and Manager est recommandée par Firefox. Comme on le voit, les possibilités sont nombreuses, vous pouvez par exemple faire croire que votre ordinateur est un smartphone et accéder à certaines possibilités interdites comme rajouter des photos sur un compte instagram.

Trop évident, cela ne marche pas, le mal de la programmation est plus profond.

La facilité bien sûr c’est de virtualiser un Windows 10. Parce que je suppose que si EDGE est le seul à fonctionner et que la majorité de mes collègues utilisent Google Chrome, c’est certainement parce qu’il s’agit de la version native de EDGE qui doit disparaître au profit du fork de Chromium. Il faut savoir que Microsoft met à disposition des images virtuelles pour Virtualbox qui ont une durée de vie limitée le temps. Ça dépanne même si ça fait 7 Go de téléchargement pour faire tourner un navigateur.

Comme je n’ai pas envie d’avoir une machine virtuelle avec 40 Go d’occupés, je suis passé à une installation de Playonlinux. Par défaut Playonlinux vous permet de faire tourner IE 8. Du fait que c’est quand même de la programmation bien pourrie, j’ai envie de me dire que qui ne tente rien n’a rien. IE 8 ne fonctionne pas, j’ai tenté l’installation de EDGE sans succès.

Toujours aussi joueur, j’ai installé ReactOS. Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est ReactOS, il s’agit d’un projet vieux comme le monde qui vise à faire une copie libre de Windows, ce qui est un oxymore. Le projet est poussé suffisamment loin pour qu’on puisse installer certains exécutables dans la mesure du raisonnable. Toutefois on ne va pas se mentir, le projet est resté en alpha et ne quittera certainement jamais l’ornière dans laquelle il est du fait de son manque d’utilisabilité. L’installation offline de EDGE n’a rien donné non plus, néanmoins du fait d’utiliser une très vieille version de Firefox, une quarante et des brouettes, j’ai fait le test, ça passe. Ce sera certainement la solution que j’utiliserai pour attendre la réparation qui à mon avis arrivera dans la journée de demain.

Dans les possibilités, le site en partenariat avec Microsoft, browserstack. À mon avis, il ouvre une machine virtuelle distante qui ne laisse accéder qu’au navigateur. Le temps d’utilisation est limité à 15 minutes, je ne sais pas si le compteur se régénère étant donné qu’il faut utiliser un compte pour se connecter, j’ai utilisé celui de Google. C’est toutefois une solution peu onéreuse en énergie et qui dépanne.

J’ai pensé à la rédaction de ce billet vous faire un laïus sur le fait que sortir des sentiers battus en utilisant Linux c’est se vouer à la complexité. En effet, si j’étais sous Windows 10, je fais un clic et je lance EDGE, problème réglé. Ce serait faire un faux procès à la marginalité que représente Linux, tout simplement parce que Google Chrome est le navigateur majoritaire, et que bon nombre d’élèves utilisent SCOLINFO depuis leur téléphone portable qui est majoritaire face au PC. Du fait que c’est seulement l’édition qui débloque, ils auront un prétexte pour ne pas avoir répondu à tel enseignant ou envoyé le travail demandé. La moralité de mon histoire se limitera à dire que j’ai quand même la sensation que tous les outils qui doivent nous simplifier la vie, faciliter notre travail, nous la complexifient largement. Sans dire qu’il faut faire un retour à l’âge de papier faute de pierre, les ENT et tous les programmes que nous sommes obligés d’utiliser dans notre quotidien professionnel sont autant d’obstacles qui nous séparent de notre cœur de métier : tenter de faire apprendre quelque chose aux gosses.

Le compteur de mots me dit que nous avons franchi la barre des 1500 mais on s’en fout on continue. Ma femme voulait poser un four pour avoir un plan de travail plus grand et le bonheur ne se trouvant qu’à IKEA, c’était soit 45 € de frais de port pour une table à 69 € soit partir pour Montpellier. 100 bornes pour aller chercher une table, l’occasion de montrer aux gosses la place de la comédie, cela fait 20 ans que nous n’avions pas mis les pieds, l’époque où nous étions étudiants.

On m’a fait remarquer que je tirais une gueule pas possible sur cette photo, déjà j’ai des quotas de sourire que j’ai épuisés pour Star Wars, et en plus il caillait à Montpellier. Le polygone est en travaux, il faisait gris et froid, je devais certainement être de mauvaise humeur. À l’époque étudiant, avec ma femme qui était ma copine de l’époque, oui 25 ans de vie de couple et 20 ans de mariage cette année on ne rigole pas, on pensait qu’on ferait notre vie ici. Le Cantal ça te change un homme. Montpellier la ville n’a pas changé, pas un gros patrimoine historique contrairement à Toulouse, en une heure on a montré la ville aux gosses qui n’étaient jamais venus. En même temps ils étaient là pour consommer, il faut bien investir le capital de Noël. Et pourtant :

Maintenant tous les centre-villes de France c’est les mêmes
Les mêmes putains d’Fnac, Mc Do, Foot Locker, Célio, Zara, H&M

Orelsan, changement

À part une boutique comme Excalibur au centre de Montpellier, il apparaît effectivement que l’offre est similaire à Narbonne. Pas étonnant de voir sous le polygone où il y a une galerie avec un vendeur de jeux d’occasion qui fait le dernier Star Wars à 70 € quand il est vendu à 50, de trouver deux boutiques fermées. Tout est cher, mais ce n’est pas grave, les gens courent pour acheter parce qu’acheter c’est exister.

Aujourd’hui notre bonheur c’est quoi ?
Détenir un bien qui n’appartient qu’à soi
Posséder ce que l’autre n’a pas
Toujours obsédé par ces mêmes rêves sans joie
Mais pourquoi ?

Taïro, nouveau millénaire

Bien vu quand même pour une chanson qui date d’il y a vingt ans. Je n’en veux pas aux gosses, c’est de leur âge et finalement ils sont partis bredouille trouvant les prix trop élevés. C’est vrai, ma fille qui cherche des chaussures comme Arthur le Graal, a trouvé la même avec 45 € d’écart entre Monptellier et Narbonne. L’ancienne capitale du Languedoc-Roussillon a un prix. Après avoir fait la matinée sur le centre, direction Odysseum. A l’époque puisque j’étais encore étudiant, le polygone de Montpellier avait mandaté des gens pour distribuer des tracts afin que ce grand centre commercial d’extérieur de ville ne s’ouvre pas, menaçant les emplois du centre-ville. Mais on le sait, en tout cas dans le sud, on n’a jamais assez de centres commerciaux, il faut pousser jusqu’à la faillite des autres. C’est la première fois que je mets les pieds dans IKEA, ce sera certainement la dernière. Moi quand du personnel qui tape la discute pour se souhaiter certainement la bonne année, m’explique que je dois me débrouiller avec l’ordinateur de là-bas, quand le magasin est moins clair qu’un bricodepot et que personne ne me vient en aide et que je dois poireauter 15 minutes pour avoir ma table, c’est presque un coup à acheter chez BUT Narbonne … Presque.

C’est pas grave, mal servi dans les grandes villes, de mauvaises enseignes chez moi, j’irais acheter sur Internet à prix cassé et tant pis pour les bonnes résolutions que je n’ai pas prises. C’est une boutade, j’ai cherché dans le marché de l’occasion dans un premier temps mais je n’ai pas trouvé.

C’était le premier billet de l’année à pas grand-chose, j’espère que vous aurez une pensée pour moi quand je serais en train de me faire bisouter avec un sourire forcé. Vie de merde.