Micro:bit, petit, tout petit …

26/07/2020 Non Par cborne

J’ai reçu ma micro:bit, mon kit micro:bit Go pour être plus précis, que j’ai acheté à 20 balles d’euros sur Amazon. Le kit comprend la carte micro:bit, deux piles, un câble USB, un boîtier pour mettre les deux piles.

Je viens de me remettre douze balles de plus dans un boîtier tout chouki en silicone en forme d’oreilles de chat pour protéger ma micro:bit et un set de pinces crocos pour faire la musique de Starwars sur un casque selon le schéma suivant.

Je trouve d’ailleurs que c’est franchement dégueulasse mais c’est une autre histoire. C’est surtout que pour un matériel de base, sans fioriture, pour démarrer, c’est 32 € de ma poche. Vous noterez que le de ma poche n’est pas anodin, je me contrefous de la micro:bit et je ne l’ai achetée que pour faire mon travail et répondre à la partie du référentiel de seconde sur les SNT quant aux objets connectés. En imaginant que pour une classe de trente élèves, on prenne 15 kits pour les faire travailler à deux, on tape à 300 balles d’euros à financer par l’établissement. On pourrait éventuellement dans les fournitures scolaires demander l’achat d’une carte micro:bit, encore faudrait-il en justifier un usage régulier ce qui ne sera certainement pas mon cas.

Je vais tout de même me fendre d’un copier coller de ce que possède cette petite carte qui contrairement à la mouvance populaire n’est pas franchement « amazing » mais c’est parce que je suis aigri de la vie. Je me permets de faire un copier coller de chez François propriétaire de Framboise314.

  • Microcontrôleur Nordic nRF51822
  • Processeur Cortex ARM-M0 (architecture ARMv6-M) RISC 32-bits à 16 MHz
  • Mémoire RAM : 256kB flash
  • Mémoire statique : 16kB
  • Connectique bluetooth 4.0 basse énergie/2.4 GHz maître/esclave ;
  • Un connecteur pour piles ;
  • Un porte-piles (2 LR03/AAA) ;
  • Une prise femelle micro-USB (permet l’alimentation du Micro:bit ainsi que le transfert des codes);
  • Un bouton de ré-initialisation, libellé “R” pour “Reset” ;
  • Une LED jaune du système ;
  • Deux boutons programmables, libellés “A” et “B” sur la carte ;
  • Une matrice carrée de 25 LED (5 x 5) rouges programmables pouvant servir d’affichage, notamment pour des motifs animés, du texte alphanumérique déroulant ;
  • Un capteur de mouvement 3D Freescale MMA8652 via le bus I2C ;
  • Un magnétomètre 3D Freescale MAG3110 via le bus I2C ;
  • 5 ports d’entrée-sortie en forme d’anneau. Chacune des 5 E/S est programmable, pour être traitée soit en analogique, soit en numérique. Les anneaux sont compatibles avec des prises crocodile ou des fiches banane 4mm :
  • 2 ports : Puissance référencé “PWR” & masse référencé “GND” fournissant 3 Volts, éventuellement pour alimenter un autre appareil, libellés “3V” et “GND” sur la carte ;
  • et 3 autres, référencés “Pins” P1 à P3, libellés “1”, “2”, “3” sur la carte ;
  • Un connecteur latéral à 20 broches, à connexion standard, référencés “Pins” P3 à P22. Ceci permet de connecter à un appareil, comme un Arduino, Galileo, Kano et Raspberry Pi

Forcément vu comme ça, on se dit que c’est formidable, j’aimerais revenir sur au moins une partie de l’appareil, la composante bluetooth. Il faut déjà avant d’aller plus loin, savoir que la carte est relativement puissante puisqu’on peut communiquer avec elle en Python, notamment avec l’éditeur Mu dont j’ai régulièrement parlé sur le blog. Seulement on va rencontrer rapidement quelques problèmes :

  • Pour faire des essais, il faut une carte micro:bit. 300 balles minimum pour une carte pour deux élèves. Une justification d’un achat pour ma part, c’est une forte utilisation, un chapitre de SNT sur les objets connectés, faut pas abuser.
  • Déjà que les élèves ont du mal à avoir un ordinateur, à installer Mu sur l’ordinateur, et qu’ils ne comprennent rien à Python même sur des opérations simples, coder sur une carte qu’ils n’ont pas avec un ordinateur qui marche une fois sur trois, sur un logiciel qu’ils n’ont pas réussi à installer dans un langage de programmation auquel ils ne comprennent rien, quelque chose me fait dire qu’on n’est pas rendu.
  • Il est noté plus haut que l’appareil possède une connectique bluetooth et c’est ici qu’on imagine que le téléphone pourrait arriver à notre secours. J’y arrive.

Je viens d’écrire qu’on pouvait piloter la carte en Python, et que bien évidemment les élèves n’y comprennent rien. Il apparaît que la carte est compatible avec Makecode et ça change tout, une image de Makecode.

Comme vous pouvez le voir, Makecode est un logiciel de programmation avec des blocs, ce qui rappellera scratch à des élèves qui sortent de troisième et qui ont donc utilisé ce logiciel pendant une partie de leur collège. De façon très théorique bien évidemment. Jeanvaljean, professeur de 54 ans, réfractaire à toute technologie préfère enseigner le boulier même si ce n’est pas conforme au programme plutôt que de faire du scratch. C’est donc très pratique, facile sur le principe, et c’est pertinent quand on a des gosses qui ne comprennent rien à Python. On imagine alors la super combo avec le smartphone, sauf que l’application micro:bit pour smartphone renvoie vers un site internet Makecode …

Oh mon Dieu il utilise encore Opera après plusieurs mois, se serait-il enfin calmé ?

Force est alors de constater que l’interface est totalement impraticable alors que mon téléphone est en plus de 6 pouces pour mes vieux yeux. En faisant une recherche sur makecode dans le Google play store, on ne trouve absolument rien et je pense avoir l’explication, attention on grince des dents tous ensemble : makecode est un produit Microsoft. Imaginer que Redmond ne développe pas d’application pour avoir la certitude que tous les gamins du monde entier coderont sur du Windows sans liberté, il n’y a qu’un pas à franchir et je le fais très amplement. Je me permets de vous faire remarquer que j’ai réussi à placer du Saez dans la phrase précédente, et je vous le prouve en musique. Le jour où je deviens président de la république, je fais de cette chanson notre hymne national et je nomme le gros Damien ministre de la Culture, de la bière et des BTP. Il ira nous raser les vieux bâtiments qui coûtent trop cher. En chanson.

Nous sommes donc dans une conjecture, mais c’est très personnel, que la micro:bit s’utilise uniquement à partir d’un ordinateur, ce qui en limite certainement les utilisations quant à la mobilité. Comprenez qu’il s’agit de mon premier billet sur la thématique de la micro:bit et comme on le sait, je commence à en dire du mal avant d’imaginer qu’on puisse en penser du bien, chassez le naturel il revient au galop. J’ai vu en effet des gens s’en servir de podomètre, avec une tour de PC à la main, on risque de ne pas aller bien loin. Nous sommes aussi dans une conjecture où il faut un peu d’équipement, mais c’est encore personnel pour réussir à en faire quelque chose comme diriger un robot. Et à chaque fois c’est autant d’argent et d’investissement qu’il faudra compter.

Car là pour moi, ça se limite globalement à ça, toujours dans l’esprit de cette première approche.

Il vient d’afficher un cœur et la température de la pièce. Cet un homme est un génie, il va bouleverser la pédagogie et peut-être sauver le monde.

Un conseiller pédagogique qui n’a pas vu d’élève depuis 20 ans.

Bien évidemment l’engouement pour la carte est forcément plus important que celui que je peux afficher, et c’est sans surprise qu’on a des bouquins, des ressources, des sites et j’en passe. Il s’agit comme je le précise d’un avis à chaud, et j’apporterai les correctifs nécessaires avec mon cours sur les objets connectés pour montrer quelle activité j’ai choisie.

En même temps je sais que ça n’ira pas bien loin, puisque je n’aurais qu’une carte, et je ferai manipuler quelques élèves au tableau, enfin façon de parler parce qu’avec le COVID ça risque d’être difficile, mais ça ne passera certainement pas le cap de une heure de présentation et d’un travail à la maison à tester sur la micro:bit de monsieur BORNE.

En tout cas ces histoires font bien les affaires des vendeurs, j’écrivais plus haut que j’avais acheté une coque, j’ai failli écrire coke, étrange, et des pinces crocodiles pour brancher ma micro:bit sur des écouteurs et obtenir du son, parce que ça marque les esprits : « oh ça fait de la musique ! ». Je l’ai fait sur le site kubii qui est l’un des premiers à s’être positionné sur le pi à l’époque. J’avais acheté en 2015 mon kit pi et il faudrait que je retrouve dans les archives de l’internet pourquoi je m’étais promis, juré, craché de ne plus jamais acheter sur ce site. Bon on sait comment je suis versatile, néanmoins même s’il s’agit d’un vendeur de produits chinois pour la grande majorité de ce qui est proposé, c’est un site français, cela fait partie de ma mouvance actuelle. Accessoirement c’était le tarif le plus intéressant mais ça, c’est une autre histoire. Je voulais partager avec vous cette image.

Il s’agit des kits PI, on est quand même franchement loin des débuts, de ces fameuses cartes d’apprentissage. J’avais vu passer une série d’articles en anglois sur la possibilité de remplacer un ordinateur par un PI, je reste toujours très perplexe. J’ai dernièrement changé la tour de ma belle sœur, j’ai trouvé sans effort un i3, 8 go, 240 Go de SSD pour 120 € sur ebay. La moralité c’est que la pédagogie, ça peut finir par revenir très cher.

En cet été d’une morosité sans nom quant à l’actualité sur internet, digne des plus grands on va tous mourir que j’ai pu écrire, j’aimerais vous quitter avec cette cover de Billie Jean. J’aime beaucoup, la fille qui ne sert absolument à rien au départ a un sacré coffre, elle finit par chanter même si elle fait de la figuration et ce garçon qui ne rentre pas dans les normes physiques de 2020 pour faire les plateaux télé se fait la chanson à la guitare sèche avec une facilité incroyable.

Le talent n’est pas toujours où on le pense, il faut désormais le chercher, parfois même dans la rue, trouver la rose dans le tas de fumier qui nous entoure. Il s’agissait d’une façon détournée de dire que les blogs sont morts ou presque et que ça commence à devenir franchement tendu de trouver une lecture rafraîchissante durant l’été.