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Logiciel libre. Covid m'a tuer

août 31, 2021 - Temps de lecture: 22 minutes

Si vous avez le privilège de me lire depuis des années, vous savez que j'ai été libriste et que j'ai eu toutes les panoplies du libriste. Modéré à gardien du temple, un très joli costume qui vous autorise à juger les autres et leur degré de librisme. Il y a même une ligne de commande pour ça, à priori sous debian ce serait dpkg-query -W -f='${Section}\t${Package}\n' | grep ^non-free. À l'époque ça faisait bien de le lancer pour montrer qu'on avait rien ou presque, que tu étais pur, que tu n'étais pas sali par le logiciel privateur.

Les années ont passé et s'il fallait lister ce qui fait qu'aujourd'hui je suis sous Windows 10, je dirais plus ou moins dans le désordre : 

  • l'âge. Je suis vieux, j'en ai marre de me casser la tête.
  • le temps. Je suis père de famille, faut que ça marche.
  • l'envie. Avec tous leurs ordinateurs pourris qui ne marchent pas, leurs demandes débiles, je préfère mieux faire autre chose. 
  • la facilité. Bonus combo âge, bonus combo envie, bonus combo temps égal méga combo. Chercher pendant des heures pourquoi le scanner ne scanne pas quand je peux le faire en deux minutes de façon naturelle sous Windows, je passe mon tour. 

Et le dernier point, de façon incontestable, tout ce qui précède avec un monde merveilleux qu'on appelle travail qui devient encore plus merveilleux avec le COVID pour donner un monde formidable appelé travailler pendant le COVID. Pendant la période COVID, on aura beau tourner le problème dans tous les sens, sans les GAFAM les choses auraient été largement plus compliquées. Les gens ont pu travailler grâce à Microsoft même si c'est l'empire du mal, les gens ont pu échanger avec leur famille grâce aux différents réseaux sociaux, faire des visios grâce à Zoom qui est pourtant une véritable passoire. Et j'ai envie de dire : et il est où ? Et il est où ? Et il est où le logiciel libre. Le logiciel libre, il a été bien présent, des initiatives de Framasoft, des initiatives du gouvernement, des initiatives individuelles qui se sont pris un gros coup de calme quand la tempête est passée en un seul acronyme, R.G.P.D.

Ah il est certain que dans les premiers temps, c'était quand même open bar. Certains ont d'ailleurs vu une opportunité pour placer leur solution logiciel mais le COVID aura montré au moins une chose, le pragmatisme est roi. C'est donc dans cette urgence, avec des serveurs de logiciels éducatifs saturés, des serveurs qui n'étaient pas prêt à prendre une telle charge, que nous sommes passés par snap, par discord pour finir sur nos logiciels dédiés, dans mon cas Teams de Microsoft. Et c'est ici que je veux souligner cette interrogation. Finalement pendant la période COVID, c'était quoi le but pour le prof ? Est-ce que c'était de passer ses convictions quant au logiciel libre ou est-ce que c'était d'éviter le décrochage scolaire, de rester la main tendue vers les enfants.

Un enseignant qui tend la main

Bon globalement j'ai envie de dire qu'on a certainement perdu sur les deux tableaux. Malgré tous les efforts déployés, la classe à distance ce n'est pas vraiment la classe, en ce qui concerne le logiciel libre, la fête a très rapidement tourné court quand la RGPD a été mise en avant.

Pour moi, cette période a été le coup d'arrêt de Linux pour le bureau. Je continue d'utiliser Linux dans au moins deux cadres, TSE au lycée, mon openmediavault qui fait office de serveur domestique à tout faire à la maison. Les partages d'écran avec Teams ne fonctionnaient pas, à un moment tu fais le choix du pragmatisme, tu installes Windows 10. C'est une histoire qu'on connaît, je l'ai déjà racontée, maintenant ce qui n'est pas inintéressant c'est de savoir où j'en suis. Windows comme je l'ai écrit, est un système auquel on prend goût à de nombreux niveaux. Ça marche, ça te permet de faire tourner tous les outils dont tu as besoin pour travailler, et ça te permet accessoirement de jouer. J'ai fait pas mal de jeux PC ces derniers temps, et je gèle toute idée pour l'instant de changer de console, encore plus avec mes histoires de PS4 dans la nature. Je vais patiemment attendre d'avoir la fibre optique à la maison et voir venir, on avisera. 

L'arrivée de Windows 11 a créé chez moi un petit frisson, un frémissement de liberté, l'envie de crier liberté à l'aurore dans la plaine, de rejoindre la meute des manchots que j'ai laissée derrière moi. Windows 11 ou la médiocrité de la communication de Microsoft dans toute sa splendeur. 

Si vous avez un peu suivi l'histoire, ça commençait bien. Il était une fois un système d'exploitation dont ce serait la dernière version : Windows 10. Alors bon on avait quelques doutes, parce que les gars auraient cessé toute forme de numérotation et l'auraient appelé Windows. Arrive donc Windows 11, sur des bases pas très saines, mais on peut faire encore mieux car Microsoft sait faire toujours plus. Alors qu'on annonçait un système d'exploitation qui irait vers la légèreté, Microsoft un matin se réveille et dit : ton PC, il faut qu'il ait un processeur récent, TPM 2.0, 4 Go de RAM minimum et 64 Go de stockage. Sans ces conditions, il est impossible d'installer le système d'exploitation. Le couperet tombe, quand on a franchi le cap du milliard d'installations de Windows 10 de façon tout à fait correcte en mettant à jour depuis Windows 7, Microsoft met à la casse plusieurs centaines de millions de PC. Le support de Windows 10 irait alors jusqu'en 2025, nous sommes en 2021, ça laisse le temps de voir venir.

Ce qu'on sait désormais avec Microsoft, et c'est dire que je le sais bien parce que je reste quand même le type le plus énervé de France, c'est qu'il s'agit de la plus grosse machinerie à se faire peur du monde mais à la sortie on se rend compte que c'est surtout pipotron premier. La bascule de Windows 7 à Windows 10 en est l'exemple typique. Alors qu'au départ la gratuité de la migration de 7 vers 10 ne devait se faire que la première année, encore aujourd'hui vous pouvez migrer votre Windows 7 à Windows 10. Le support a bien sûr été prolongé. Alors quand on connaît Microsoft, on a pris l'habitude d'attendre, et de savoir qu'après avoir bien joué à se faire peur, nous allons certainement trouver une issue heureuse. 

Forcément quand tu commences à annoncer à des gars qui ont changé tous les ordis de la boîte il y a trois ans que les ordinateurs vont tous passer à la benne, ça commence à créer des tensions. Microsoft qui n'est jamais le dernier dans le ridicule a fait des conférences de presse, des vidéos, à chaque fois il s'est fait sabrer parce que tous les gars ils ont la rage, ils ont la haine. Et au lieu de rattraper le coup, Microsoft à chaque déclaration a réussi à se rater davantage, laissant la place au doute, aux approximations, en proposant par exemple un logiciel de détection de la configuration matérielle faisant des faux positifs ou des vrais négatifs. Fameux logiciel qui a été très rapidement retiré pour être remis aujourd'hui, sauf qu'il faut faire partie du programme insider pour y accéder ... La classe à Dallas. 

Si vous voulez vérifier si votre ordinateur est compatible Windows 11, vous avez la possibilité d'utiliser ce logiciel disponible sur Github : WhyNotWin11.

Voici le résultat pour ma configuration, on notera qu'en fait, à part la compatibilité de mon processeur, un icore de 4ème génération et un partitionnement qui sera à refaire, tout passe. Le Secure boot, les traces de passage de Linux. Et c'est ici qu'on peut s'interroger sur le TPM. Comment se fait-il, alors que la norme est TPM 2.0, la protection obligatoire des bons utilisateurs, que mon TPM 1, 1.2 pour être exact soit d'un magnifique vert sapin de Noël ? Tout simplement public parce que Microsoft a fini comme prévu par faire caca dans sa culotte et laisse la possibilité à tout le monde d'installer Windows 11. 

L'histoire que nous raconte Microsoft avance gentiment dans notre sens, après avoir joué à se faire peur. Désormais il est possible d'installer Windows 11 sur n'importe quel ordinateur, mais le support ne sera pas garanti. Tremble. On essaie aussi de nous faire croire qu'il n'y aura pas toutes les mises à jour, que l'expérience sera biaisée, qu'il sera impossible de réaliser cette mise à jour depuis Windows Update. Mais nous le savons déjà, nous jouons à nous faire peur, car Microsoft aime nous faire peur. À terme, je suis quasiment persuadé que ça passera comme une lettre à la poste, et que dans les 300 millions de personnes qui devront passer par une iso pour installer Windows 11 il y en a bien un qui s'énervera plus que les autres et qui arrivera à activer Windows Update sur votre PC. 

Alors vous comprenez bien que déjà que je n'étais pas chaud pour faire le tour des distributions Linux, trouver deux cents anomalies que je suis le seul à avoir, selon la légende de celui qui est capable de casser n'importe quel logiciel, mon non passage à Windows 11 qui devient désormais une transition fort probable, forcément ça motive pas. Car soyons honnête, à chaque fois on annonce que c'est l'année du bureau Linux, il y a quand même fort à parier que pour une fois, si Microsoft avait laissé autant d'ordinateurs sur le carreau, les gens qui auraient dû racheter une machine se seraient certainement orienté vers MAC ou Chromebook. Et pour les 300 millions de machines sur le carreau, je pense que Linux serait devenu soudainement plus séduisant. Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Je n'aurais pas la malhonnêteté de trouver des prétextes pour ne pas retourner sous Linux, j'aurais juste la politesse de vous dire que ça roxe tranquillement sous Windows.

Si loin si proche, la calculatrice Numworks.

En 2017/2018 avec ma collègue on a fait partie des pionniers de l'aventure Numworks. À l'époque on avait même eu droit au déplacement du commercial qui nous avait donné nos calculatrices, on nous les a changé depuis parce que les touches ont bavé. Je me souviens du contexte de l'époque, j'avais découvert Numworks parce que dans mes sources, du fait d'être libriste, j'ai croisé le projet. Et pour faire plaisir à quelques personnes qui se sentiront concernées j'écris ceci : oui, Numworks a certainement pu amorcer son démarrage grâce à la communauté libriste qui était certainement les seules personnes assez déterminées pour faire un pied de nez à Casio et Texas, à pousser dans leur salle de classe une calculatrice libre. J'en étais.

Alors effectivement j'ai connu Numworks parce que c'était libre, j'en ai fait la promotion mais pas pour les raisons qu'on pense. Le libre n'était qu'un bonus, le projet n'aurait pas été ouvert ça n'aurait eu absolument aucune importance. En classe de première, je me rends compte que la calculatrice CASIO a une interface tellement moisie que mes élèves de BAC PRO préfèrent réaliser des calculs à la main qu'utiliser la machine. Les interfaces n'ont pas bougé depuis des années, c'est vieux, c'est moche, c'est pas intuitif pour deux sous et ils s'en foutent, car de toute façon si ce n'est pas l'un c'est l'autre, c'est comme Bouygues et SFR. 

Numworks a frappé très fort, une interface en couleur, en français, une interface simple, facile à comprendre pour les élèves. L'application gratuite sur smartphone, l'interface accessible sur internet, la mise à jour des firmwares. En gros tout ce que TI et Casio auraient dû proposer Numworks l'a fait. Le tour de force dans un marché saturé, le succès mérité et certainement attendu parce que je ne devais pas être le seul prof de France à avoir ce ressenti. 

Sur Twitter, allez je le fais pour la fan base, vous devriez être plus nombreux à me suivre sur @BorneCyrille, je suis en train de dire que c'est la rentrée alors je mets ma calculatrice à jour. Bebert II me raconte alors l'histoire de la trahison libriste de Numworks que vous pouvez trouver sur le site ti-planet. Je vous invite à survoler l'article tout de même, ne serait que pour réaliser que des gens sont encore capable d'écrire gratuitement, librement, avec une énorme qualité. 

On a dit que Numworks était une calculatrice ouverte et effectivement au début on invitait la communauté à en prendre possession. Les gens de Omega_fork l'ont fait et ont apporté des firmwares alternatifs à la calculatrice. Le firmware alternatif permet d'ajouter des possibilités, je n'ai pas regardé dans les détails. J'ai échangé sur Twitter de façon très courtoise avec un des développeurs qui a participé à la conversation, il expliquait que les modifications permettaient à des élèves de poursuivre dans les études supérieures avec une calculatrice qui ne coûte que 80 € ce qui est dérisoire quand on connaît le prix des engins pour suivre. 

Seulement, comme je l'ai écrit plus haut, le succès de Numworks est allé plus loin que nos frontières françaises. Et forcément quand on essaie de faire utiliser une calculatrice au niveau européen, on doit se soumettre aux exigences de tous les pays. Certaines fonctionnalités ont été retirées pour réussir à créer une calculatrice qui s'harmonise avec l'ensemble des pays européens ce qui vous m'excuserez est complètement con. En effet, du fait d'avoir la possibilité de mettre le firmware qu'on veut, il suffisait de faire un firmware par pays, comme ça tout le monde est content et c'est une pratique courante. Lorsque tu fais par exemple un jeu vidéo pour nos amis les chinois tu es dans l'obligation de demander au démarrage l'identité de la pièce d'identité du jeune pour un meilleur contrôle. 

Le problème c'est que lorsque tu commences à prendre de l'ampleur, que tu n'es plus ce petit projet libre des débuts, tu te retrouves dans la situation où un grand pouvoir implique de grandes responsabilités

Si tu peux bidouiller la calculatrice, tu peux bidouiller le mode examen et là on ne joue plus dans la cours du projet open-source rigolo. Il y a quelques années on s'est dit que ce serait une bonne idée de renouveler tout le parc calculatrice comme avec la voiture électrique, une idée pour le moins étonnante a germé : le mode examen. Imaginons l'espace d'un instant, qu'un élève utilise la partie programmation de sa calculatrice pour y rentrer ... ses formules ! Une idée complètement délirante que nous pratiquions déjà tous il y a trente ans. Cette prise de conscience totalement absurde a poussé à la création du mode examen pour le BAC, à savoir que la calculatrice quand elle est dans cette position doit indiquer qu'elle est dans cette position et bloquer la partie programmation. Pour la Numworks cela se traduit par une lumière rouge. 

Nous avons donc une calculatrice qui se bidouille, imaginons un firmware qui soit capable de faire clignoter la lumière rouge de façon à faire croire qu'elle est en mode examen mais qui n'est pas en mode examen, et on se retrouve avec un outil parfait de triche. Forcément du côté de chez Numworks, on peut difficilement se positionner autrement que de jouer la carte de la prudence. Quand le moniteur d'auto-école de ma fille m'explique que les gens d'une même profession se dénoncent pour non port de masque dans la voiture aux autorités compétentes, vous imaginez que chez la concurrence qui s'est positionnée avec de nouveaux modèles dans la panique serait la première à faire remarquer que la Numworks peut être facilement détournée pour la triche. 

Depuis le firmware numéro 16, il n'est plus possible de faire fonctionner de firmware alternatif, on se croirait sur PS4 (sic). Le code est désormais fermé, la licence a changé. Alors effectivement les gens du fork omega tirent la gueule de la même manière que la communauté libriste en revenant sur le postulat de départ une calculatrice libre. Sur twitter voici la réponse que j'ai donnée dans les grandes lignes et qui nous renvoie à mon utilisation de Windows 10. Qu'est ce qui compte le plus pour moi ? Est-ce qu'il s'agit de mes convictions libristes ou est-ce qu'il s'agit de fournir à mes élèves un outil facile à utiliser ? Le pragmatisme une fois encore. Néanmoins en écrivant ce billet plus au calme, il y a tout de même un petit peu de réflexion à faire et quelques vérités à dire. Ils ont raison. Numworks a pu démarrer car des gens ont cru en eux, et ces gens font partie de la tranche libriste. En se comportant de cette façon, Numworks prouve que l'argumentation du libre n'était finalement que du "libre washing" si je puis me permettre, un simple tremplin pour se démarquer, donner une autre image. Nous sommes aujourd'hui face à une entreprise qui nous le savons, n'est pas là pour donner du travail, mais gagner de l'argent tant pis pour les convictions du début. Faut-il pour autant renier les qualités indéniables de l'appareil, l'écosystème gratuit qui l'accompagne ? Pas pour moi, tant pis pour les valeurs libristes, je n'irais pas regarder ailleurs parce que c'est moins bien tout simplement.

Jamais pourtant le monde n'a eu autant besoin du logiciel libre. Si l'affaire Windows 11 semble être une histoire où tout est bien qui finit bien ce n'est absolument pas le cas. Windows 11 vous imposera d'avoir un compte Microsoft, cela ne me choque pas, c'est nécessaire pour faire fonctionner votre téléphone Android ou Apple. Il n'y a pas de raison particulière pour que Microsoft ne puisse pas y avoir droit. Les impositions en lien avec le système d'exploitation sont toujours de plus en plus contraignantes, on prend de plus en plus de décisions pour vous. On a failli par exemple décider pour vous qu'il fallait changer de PC alors que vous en êtes parfaitement content. L'étau se resserre de plus en plus autour de solutions en lignes incontournables comme Office 365. Microsoft finira par arrêter de vendre des version qui s'installent en dur pour ne fonctionner que par abonnement tout comme on vous affranchira de votre machine pour un Windows complet dans les nuages. Oui, on aurait besoin d'une véritable alternative au monde propriétaire, des solutions faciles à mettre en place. Depuis la crise COVID, j'ai la sensation que le libre est en berne, ou c'est peut-être parce que je ne m'y intéresse plus. On continue de sortir des distributions à la pelle, la nouvelle Debian est sortie pendant l'été, je n'ai quasiment vu aucun article. La sensation que ça aurait été une passade pour pas mal d'entre nous et que le propriétaire sort très largement grandi de la pandémie. Dans mon établissement et depuis que j'ai arrêté toute forme de responsabilité, mon collègue fera travailler les élèves avec Office365, j'ai encore la possibilité de les faire travailler avec Libreoffice, ce que je ferais.

J'écrivais dans mon précédent article que nous étions responsables de l'ubérisation de la société, nous sommes aussi responsables de la puissance des GAFAM. Le projet Numworks a prouvé que des alternatives, libres, étaient possibles. Le succès est certain, et justifié car Numworks a pondu un projet facile d'accès, qui a facilement su trouver son public. Lorsqu'on voit les libristes depuis des années expliquer que si Linux sur le bureau ne se développe pas c'est parce que la vente liée l'en empêche, c'est faux. Vous pouvez acheter des ordinateurs sous Linux, Dell en vend, trouver quelqu'un qui vous installera Linux n'est pas difficile, installer Linux ne demande que peu de compétences, il y a des tutos sur Youtube. Si le bureau Linux ne rencontre pas le succès qu'on attend de lui, si 2021 ni 2045 ne seront l'année du bureau Linux c'est tout simplement qu'il y a un problème quelque part et qu'on n'a pas forcément envie de se poser la question car finalement tout le monde s'en fout. Les développeurs sont restés dans leur bonheur de base, avoir un effet 3D avec compiz par exemple. Si Numworks a réussi c'est parce qu'on a pensé à sa réussite, le produit bien sûr mais ce qui va avec, la présence sur les réseaux sociaux, l'image de la boîte, le produit unique. Tant de distributions, de DE, de logiciels qui font la même chose, de bugs, pour un manège qui continue depuis des années. Avec l'avènement d'Ubuntu il y a quelques années, on pouvait espérer voir arriver une véritable vitrine pour le logiciel libre et pour le bureau Linux, malheureusement aujourd'hui Ubuntu n'est qu'une distribution comme les autres. 

Je ferais certainement un jour mon retour à Linux, quand Microsoft aura poussé le bouchon un peu loin, mais force est de constater que dans ce contexte sanitaire complexe, le pragmatisme est de rigueur. La liberté logiciel est tellement secondaire face à la nécessité de transmission des savoirs, les enseignants n'ont pas de temps à perdre avec l'utilisation des logiciels, il faut des solutions simples et fonctionnelles même si elles appartiennent à des compagnies pas toujours très roses. 

Je vous termine ce billet depuis ma pré-rentrée qui amène son lot habituel de ridicule et de grand n'importe quoi, de choses qu'on avait dit qu'on ferait à la rentrée et que bien sûr on ne fera pas. Des promesses, toujours des promesses. Je ne pouvais conclure ce billet sans vous dire que la partie adverse vient de déclarer le litige au boncoin, l'affaire est désormais dans les mains de la justice. L'acheteur après avoir fait le mort pendant toute la semaine explique désormais que la console reste allumée en permanence et que le bouton d'éjection des disques ne fonctionne pas. 

Nous nous quittons non pas sur du rap mais avec quelqu'un qui a consommé plus de drogues que deux gangs réunis, j'ai trouvé que la libération du cœur c'était pas trop mal comme lien avec les libristes.

À Propos

T'avais jamais lu de blog français avant.
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