LE RETOUR DE LA REVANCHE DU NAS !

19/05/2019 Non Par cborne

On peut facilement ne pas être d’accord avec moi mais on ne pourra pas dire que je suis malhonnête. Moi tu sais public, je n’ai honte de rien, je t’avoue tout, surtout les trucs honteux et nous allons commencer ce billet par une photo qui ne sera pas sans t’en rappeler quelques autres.

Cet espace doit vous dire quelque chose. OH MON DIEU PAS DE CHAUSSETTES DANS LES CLAQUETTES ???

Nous savons et nous le voyons, il y a au fond le vieux Western Digital qui aurait dû avoir du DLNA mais qui n’en a pas. Nous avons vu du buffalo qui est vite reparti. Nous avons vu un mini-routeur qui n’a pas fait une journée. Vu sur le facebook Market un Seagate Goflex Home à 1 To pour 30 €. Il s’agit une fois de plus d’un NAS, celui-ci fait DLNA, pour le prix la question ne se pose pas. Me voici en voiture avec ma fille qui tient le GPS de mon archos et je peux vous dire que c’est une vraie merde. Encore heureux que j’ai mon instinct masculin qui me permet de me repérer aux églises, à la mousse des arbres et accessoirement aux panneaux.

On arrive à la maison, la vendeuse ne me fait pas rentrer parce que c’est la pagaille, elle me tend le NAS mais pas le chargeur, elle rentre chez elle, elle ne le trouve pas. Hummm ça pue. 10 € de mois, je pars avec mon NAS à 20 €, belle affaire sur le papier. On est dans le coin de Electrodepot, merci Google, il faut du 12 V, je n’arrive pas à trouver l’ampérage, dans le doute, je prends le modèle supérieur à 1 A. 19 €, ça me fait le NAS à 39 €. Je rentre à la maison, je branche ça marche, le problème c’est que j’arrive à une page où on me demande un mot de passe et un nom d’utilisateur, je fais les combinaisons que je trouve sur le net, passe pas. Pas de problème je réinitialise l’appareil. J’arrive à la passerelle qui me demande de me connecter, je tombe en échec, je commence à me documenter un peu et je tombe sur cette page.

Tu arrêtes tout pour t’applaudir toi-même, te féliciter d’avoir réinitialisé l’appareil quand je cite :

Après le 31 décembre 2018, vous ne devrez plus réinitialiser votre GoFlex Home.

La loose, philosophie informatique

Donc je commence à comprendre. Seagate qui n’a pas fait une grande carrière dans les NAS et on peut le comprendre, avait choisi pour mode de fonctionnement, une activation en ligne. Bienvenue dans le monde propriétaire, si demain on décide de désactiver votre service, eh bien vous vous retrouvez avec une boîte noire très esthétique qui ne sert absolument à rien. À partir de ce moment-là on commence à regarder l’internet et on se réjouit de voir que des gens ont bricolé et surtout laissé les contenus en ligne. Un blogueur a créé sur blogspot une page dédiée, qui disparaîtra quand Google aura décidé de faire sauter blogspot faute de blogueurs, dans laquelle il m’a sauvé la vie. Il donne une archive, on la dézippe dans une clé USB formatée en FAT32, on la met dans le troutrou qui va bien de l’appareil, on retire le disque dur, on démarre en appuyant sur le bouton reset et ouf, l’appareil revient à la vie avec un compte administrateur admin / admin1.

seagate, ouvre-toi

Dire que l’interface est horrible est euphémisme, à la rigueur ce n’est pas le plus grave, c’est surtout que l’interface nécessite l’utilisation de flash. Quand on sait qu’à terme c’est le genre de produit qui sera tout simplement banni du navigateur, on sait que la satisfaction d’avoir contourné une première obsolescence ne sera que de courte durée.

Je commence donc à faire mes paramétrages, je dois m’y reprendre à plusieurs fois parce que c’est franchement moche. Par contre le message qui me dit qu’il serait bon de mettre un disque dur à l’intérieur ne me plaît pas vraiment, et quand j’écoute à l’oreille, je me dis que le disque est mort. J’ouvre, ça se fait assez facilement, je branche le disque sur mon super appareil SATA / USB, j’entends encore mieux le bruit du disque qui est mort avec ce grattement significatif, je sors mon 2To qui ne fait rien dans le placard et ça fonctionne.

Je suis gagnant parce qu’à 40 € le NAS, on est dans ma tranche débile. Je suis gagnant parce que j’ai désormais le DLNA, c’est ce que je recherchais, j’ai 2To ce qui est pas mal, j’ai surtout l’accès par le FTP ce qui est rapide, surtout quand on voit l’interface pourrie. Mais c’est mal.

Nous sommes dans l’exemple typique du produit propriétaire de merde, car tout le monde propriétaire n’est pas à jeter, mais dans le monde propriétaire qui me pose problème. Un service qui s’arrête et qui vous bloque dans l’utilisation de l’appareil, ce que RMS dénonçait déjà avec les imprimantes. Concrètement cela veut dire que si l’on suit la danse que veulent nous imposer les sociétés, le produit au bout des 8 ans a fait ce qu’il avait à faire, c’est donc poubelle. Et pourtant il continue à faire son œuvre il est suffisant. La moralité c’est que soit tu fais comme moi et tu bidouilles, soit tu te prépares à te séparer de ton appareil qui est déjà obsolète depuis un moment. En effet, il a un client torrent, je me doute qu’en 8 ans c’est une technologie qui a dû bouger. On peut supposer aussi que le NAS n’a pas été patché contre les éventuelles failles de sécurité de samba, bref, un produit mort depuis longtemps qu’on a fini d’achever. C’est la logique propriétaire, c’est une logique propriétaire, l’autre logique consistant désormais à vous faire abonner à un service pour avoir toujours la dernière version comme office365. Il n’est pas étonnant que pour le stockage, on vous incite de plus en plus à partir dans les nuages. Une stratégie qui est à double tranchant car elle interroge sur ce qui peut être fait des données personnelles, quelle certitude que le prestataire ne farfouille pas dedans.

sexy …

Je pense que c’est ici qu’on trouve réellement du sens au logiciel libre, et que peut être parce que ça commence sérieusement à me gonfler de faire n’importe quoi le prochain NAS sera un PC à base d’Openmediavault. En effet Openmediavault permet de transformer n’importe quelle machine en NAS. On peut faire ça à moindre coût avec une machine de récupération qui passe par là. C’est puissant, on peut mettre de nombreux services, services qui seront mis à jour.

Il faut donc comprendre toutefois que quelque part, à tous les coups on perd ou presque :

  • Si tu es blindé, tu perds de l’argent. Tu sais qu’à un instant donné, il faut que tu fasses refaire ton informatique propriétaire que tu as payé un bras. Tu perds aussi du temps, car il faut se réhabituer au nouveau système où on aura modifié ton interface.
  • Si tu es pauvre ou convaincu tu bidouilles. Le problème de la bidouille c’est le temps passé à bidouiller, le temps c’est de l’argent. La réussite de plus n’est pas systématiquement au rendez-vous. Dernier point et pas des moindres, s’il parait évident que le suivi sera meilleur que pour un hardware d’une société qui fait du propriétaire, les projets libres qui s’arrêtent et qui ne sont pas repris, ça existe aussi et pas qu’un peu.

Dans un cas comme dans l’autre et c’est l’un des problèmes de l’informatique, impossible de miser sur du long terme. Même si les solutions cloud sont vues comme l’empire du mal, un prestataire de service de confiance qui utilise des outils de qualité a réellement son épingle à tirer du jeu. Il assure à ses usagers un fort allègement de leur charge mentale quant aux évolutions technologiques tout en garantissant une sérénité quant à l’utilisation de ses données personnelles.

En vieillissant j’ai de moins en moins envie de faire moi-même, pourtant il faut régulièrement mettre les mains dans le cambouis parce que je n’ai trouvé rien de mieux que moi, moins cher surtout. Il y a de l’avenir dans la prestation d’informatique libre, lancez-vous.

Je n’en finis donc pas de perdre du temps, je vous montre l’avant-dernier exemple en date :

J’avais expliqué que si sur le papier, le netbook 8.9 pouces avec Android, un klipad, ça paraissait une bonne idée, dans les faits c’est catastrophique. C’est un produit lent qui se met trop souvent à jour, aller sur Internet c’est la croix et la bannière, j’ai donc fait une recherche pour trouver le produit le plus petit et le mieux adapté. J’ai sorti de ebay un ordinateur de chez Boulanger qui a mon avis est un modèle équivalent à des Asus que j’ai pu avoir. Une diagonale de 10.1 pouces, un processeur Atom poussif mais en 64 bits, 2 Go de RAM, j’ai collé un SSD de 120 Go. J’ai essayé d’installer KDE NEON histoire de ne pas perdre la main, un problème d’ACPI rendant l’ordinateur impossible à installer. J’ai vu que d’autres personnes avaient rencontré le même problème que moi sur différents appareils, j’ai perdu trente minutes, un peu plus un peu moins, on n’est plus à ça pour installer cloudready. Cloudready c’est Chromeos mais libre, vous transforme donc n’importe quel ordinateur en Chromebook, en théorie. Je ne suis pas très sûr, assez rapidement je pensais pouvoir accéder à la console, installer des applications Android ou Linux, je n’ai rien vu de tel rapidement. Ce que je peux dire c’est que dans l’état, c’est un système trop fermé, d’autant plus que je n’utilise pas assez les produits Google. Je note aussi que pour un système d’exploitation qui n’en a que le nom, sachant que c’est plutôt un lanceur de Chrome, j’ai trouvé une véritable sensation de lourdeur.

J’ai mis Windows 10, un peu lent mais cela reste efficace, j’ai pu faire ce que j’avais à faire en toute facilité.

La migration vers Windows 10 est comme toute migration en informatique, un truc qui ne se fait pas dans la dentelle et qui pose des problèmes. Cela rejoint ce que j’ai écrit plus haut, le temps perdu est souvent conséquent, même si on paye pour un nouveau système, qu’on a des connaissances, des automatismes, on est face au changement. Lorsque j’ai copié les fichiers de mon épouse qui est réellement l’utilisatrice lambda, non seulement il y avait de tout partout, mais aussi certains caractères spéciaux utilisés qui ne peuvent pas être copiés vers une partition NTFS. La moralité c’est que j’ai copié ses fichiers sur un disque dur en EXT4 et là vous commencez déjà à voir le problème qui se profile. Comment lire et modifier une partition EXT4 sous Windows 10. Denis sera content puisque sa page fait partie des premières référencées sur la question. J’ai opté pour le logiciel propriétaire Freeware Linux Reader for Windows. Facile et fonctionnel, le seul problème c’est le côté reader, moi j’ai besoin d’une modification du nom des fichiers.

Voyant que ça partait plutôt mal, je suis allé à l’essentiel c’est-à-dire que j’ai virtualisé une Xubuntu pour manipuler les fichiers ce que ne propose pas Denis. Pour un utilisateur de Linux c’est certainement la méthode la plus simple, du fait de passer par un environnement connu.

C’est donc parti pour encore du temps perdu mais ce sera la dernière fois. Mettre le nez dans les fichiers de ma femme n’est pas une mauvaise idée, c’est l’anarchie la plus complète, du WAV non compressé, des redondances, enfin bref, la foire. Ce sera certainement la dernière fois où je perds autant de temps, ce temps est tout de même nécessaire.

Il me restera l’ordinateur de ma fille sous Kubuntu, pas vraiment de problèmes à signaler, je pense le laisser jusqu’à un problème de masse. Lorsque j’aurai fini je passerai du temps pour me débarrasser du hardware superflu de la maison et enfin je pourrais passer à autre chose, Dark Souls remastered par exemple.