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Le logiciel libre des uns s'arrête où commence le propriétaire des autres

septembre 5, 2021 - Temps de lecture: 25 minutes

J'aimerais vous montrer cette nouvelle car c'est une bonne nouvelle, en tout cas on est plusieurs à le penser.

Pour ceux qui auraient raté un épisode, l'association Framasoft est l'association Francophone la plus importante du logiciel libre, vous pouvez consulter son histoire ici. Comme beaucoup des dinosaures du logiciel libre j'ai connu Framasoft à l'époque où ce n'était "qu'un" annuaire. Annuaire qui soit dit en passant a quand même franchement donné un sacré coup de main pour les gens qui cherchaient à passer du côté positif de la force. Je connais Alexis Kauffman depuis l'époque où il s'appelait aka, un autre temps. Alexis Kauffman est professeur de mathématiques, un beau métier, on peut dire qu'il a acquis une certaine expertise du logiciel libre. Il est respecté au sein de la communauté et dieu sait qu'être respecté dans le logiciel libre francophone c'est un véritable défi, son arrivée à la Direction du Numérique pour l'Éducation ne peut être considérée que comme une excellente nouvelle. Comme je lui disais hors antenne, je suis curieux de savoir quelle pourra être la portée de son action, sa crainte c'est bien sûr une forme d'instrumentalisation, j'aurais envie de dire comme Nicolas Hulot au gouvernement. Regardez on a embauché Alexis Kauffman, on aime le logiciel libre mais c'est pas pour ça qu'on fera quelque chose.

L'un des reproches qui est fait de façon récurrente à l'État Français dans le domaine de l'éducation c'est d'avoir vendu son âme à Microsoft. Et pourtant ce n'est pas totalement vrai, on ne peut pas dire que rien n'a été fait dans le sens du logiciel libre en France. 90% du parc de la gendarmerie tourne sous Ubuntu, ou la circulaire de Jean-Marc Ayrault en faveur du logiciel libre. La circulaire a donné beaucoup d'espoir, mais force est de reconnaître que depuis 2013, il ne s'est rien passé.

Je crois qu'il y a à mon sens une vision parfois biaisée du libriste par rapport à une réalité de terrain. La circulaire Ayrault je pense a pour seule faute de ne pas avoir imposé le logiciel libre mais laissé le choix. Vous le savez je regarde avec une certaine forme d'admiration et de frayeur ce que font nos amis Chinois mais force est de constater qu'ils ont quand même la méthode. En Chine lorsque tu juges que des émissions sont merdiques et qu'elles sont mauvaises pour la santé mentale des enfants, tu les supprimes. En Chine quand tu en as marre de voir les gosses s'abrutir sur les jeux vidéos en ligne, tu limites à trois heures par semaine. Ce n'est pas de la provocation gratuite, je n'irais pas vivre en Chine mais c'est l'illustration typique d'une volonté forte d'un état d'avoir une intervention sur son informatique quand nos pays occidentaux sont dominés par les GAFAM sans qu'on ne fasse rien. Je crois que malheureusement, laisser le choix, inviter à faire autrement, sans contrainte, c'est laisser faire et quand tu laisses faire, rien ne change, encore plus en France. En France les choses ne sont font que dans l'obligation, ça permet au Français de crier liberté et dictature.

Ce qui veut dire que lorsqu'on a la circulaire Ayrault qui n'a rien révolutionné au logiciel libre alors qu'elle invitait à faire du logiciel libre un choix prioritaire, le libriste répondra que ce sont les lobbies que Microsoft et les GAFAM mettent tellement d'argent sur la table qu'il est impossible de rivaliser. On vous parlera aussi de l'impossibilité pour le bureau Linux de percer car la vente liée est un frein. Ma réalité de terrain est pour ma part un peu différente. 

Un peu d'histoire informatique. Avant il y avait Windows, il y avait Microsoft Office, les concurrents sont arrivés mais les habitudes sont restées. La réalité de terrain c'est de savoir que j'écris cet article en 2021 et que j'ai encore des collègues qui utilisent Word 2007. De moins en moins cela dit car on a montré qu'avec nos comptes office 365 on pouvait avoir des installations plus fraîches de Office. Mon constat de terrain est simple, si tu n'obliges pas, ça ne se fait pas ... sauf si c'est meilleur et ça c'est aussi une autre réalité. 

Le Cantal, bonjour veaux vaches et cochons.

Nous sommes en 2003 nous quittons la région parisienne après avoir réussi à m'échapper de la grande banque et de COBOL, je deviens professeur de maths, d'informatique et de sciences physiques de la quatrième au BAC (bonhomme). Je comprends qu'il s'agit en fait d'un piège, on ne m'a pas fait venir que pour l'enseignement mais pour le parc informatique. Les PC sont sous Windows 98, c'est la misère. C'est ici que je prends la décision seul avec moi-même d'installer Debian avec KDE 3.5 sur tous les postes et j'explique ouvertement que celui qui n'est pas content prend les CD d'installation et remet Windows. Personne ne s'est opposé. 

Le dictateur bienveillant sait ce qui est bon pour toi, c'est celui qui fait qui dit. Vos utilisateurs se moquent du système d'exploitation, des logiciels à partir du moment où vous êtes présent pour les prendre en charge à n'importe quel moment. Il est évident que c'est une méthode qui marche mais qui présente des limites que j'ai atteintes jusqu'au fond du seau et d'une chambre d'hôpital. 

Comme c'est celui qui fait qui dit, c'est aussi celui qui dit qui fait. Vous avez donc fait le choix d'imposer une solution à l'ensemble de vos collègues, élèves, faut donc que ça marche, tu assumes maintenant. Vous allez donc porter cette solution comme une croix, vous la porterez jusqu'à l'épuisement parce que tout le monde se fout de savoir si la solution est bonne, libre, éthique, faut que ça marche ! On comprend dès lors que les gens qui comme moi ont fait du prosélytisme Linux au travail, à domicile, dans les relations, se sont retrouvés piégés par la propre dictature qu'ils ont voulu imposer pour se retrouver esclave des administrés Linux installés. J'ai presque envie de dire que si l'installation est gratuite c'est l'installateur le produit. 

Une solution imposée n'a pas de sens, car on rappelle de façon systématique qu'elle a été imposée et qu'il est donc nécessaire de l'entretenir. Lorsqu'aujourd'hui quelqu'un me dit qu'il a un problème avec son PC Windows, que cette personne est quelqu'un que j'ai envie de dépanner, je répare son Windows pour qu'il soit fonctionnel sans laisser croire que l'intervention que j'ai pu réaliser me lie à vie à la machine comme ça l'était pour une installation Linux.

Ce que j'ai écrit plus haut n'est pas exact, alors je vais refaire ma phrase. Une solution imposée par un seul individu ou un groupe d'individu n'a pas de sens, c'est une solution imposée par la hiérarchie, l'état, une institution qui a du sens car elle est vue comme une norme. Si demain la circulaire Ayrault était modifiée de façon à ce que le logiciel libre soit le standard, cela voudrait dire que le logiciel libre serait la norme. On aurait comme chez les gendarmes des Libreoffice et des Linux dans toutes les écoles. On se doute bien qu'une décision d'état de ce type ne passera jamais en France où l'on n'impose pas alors pourtant qu'elle est viable, qu'elle ferait du bien à nos caisses et qu'elle serait franchement plus saine.

Socrate, un pédagogue exceptionnel, tellement fort qu'on doute de son existence

Sur le principe, dans le monde merveilleux des bisounours, on pourrait penser que la pédagogie règle tous les problèmes, rires dans la salle. Je paye mes impôts parce que je n'ai pas le choix mais je sais que mes impôts servent à payer le fonctionnement de mon état et mon salaire. C'est important, on m'a expliqué, je le comprends, ça me fait mal au derrière de passer à la caisse mais je le fais quand même. Je jette mes déchets recyclables dans la poubelle jaune, chez moi ce n'est pas une obligation, je le fais car je comprends que recycler permet d'économiser des matières premières et de contribuer à sauver le monde. On notera que pour les déchets, dans certaines villes qui ont commencé à taxer de façon forte le poids des déchets par foyer, on fait des miracles de tri sélectif. C'est un peu comme le pass sanitaire, tu expliques que c'est bien pour tout le monde de se faire vacciner, pas de résultat, tu dis ensuite que tu vas empêcher les non vaccinés d'aller au resto, dans le gros centre commercial et au cinéma, tu fais un million de vaccinations dans la journée. Entre l'autorité et la pédagogie, on sait malheureusement quel est le levier le plus efficace. 

Le concept d'impôts et de fonctionnement de l'État est un concept intelligible. Expliquer qu'un logiciel privateur est un problème car comme tu ne vois pas le code source, il peut se passer n'importe quoi, comme tu ne peux pas le modifier tu es super limité dans tes actions, et comme en plus tu ne peux pas le passer à tes copains c'est pas convivial, c'est curieusement beaucoup plus abscons pour le commun des mortels. 

Alexis dans sa timeline Twitter a partagé deux articles Regouverner (1/2) : la nouvelle ère des licences libres, Au-delà des licences libres ? Il s'agit de deux constats partagés pour expliquer que le logiciel libre défini par RMS s'est quand même un peu pris le mur et qu'il faudrait passer à autre chose, faire rentrer la notion d'éthique notamment qui doit être plus importante que la liberté du logiciel. Et c'est ici la particularité du monde de l'informatique, pour lire ces deux textes il faut comprendre ce qu'est le logiciel libre, les enjeux, et personne n'y comprend absolument rien car personne ne comprend rien à l'informatique. 

De façon synthétique : 

  • Les gens continuent à utiliser les solutions qu'ils utilisent parce que c'est rassurant et en plus ça marche sans se préoccuper de la licence qui est un sujet qu'ils n'imaginent même pas.
  • Expliquer à ces gens que les solutions qu'ils utilisent ne sont pas bonnes est incompréhensible parce que ces solutions fonctionnent pour eux, ils ne voient pas les problèmes en lien avec la liberté logiciel ou le pillage des données personnelles 
  • Obliger les gens à utiliser du logiciel libre, c'est endosser le rôle de réparateur gratuit à toute heure. Ce n'est pas une solution viable sauf si c'est votre job à plein temps.
  • Le monde du logiciel libre est trop complexe, il est la propriété de vieux barbus souvent aigris, les images publiques de RMS ou de Torvalds ne sont pas en adéquation avec un monde plus tolérant, plus féminin etc ... c'est un nid à troll qui attache plus d'importance à la technique qu'à l'homme. 

Un titre de Michael Jackson, est-ce bien raisonnable

Faire le constat que le logiciel libre ne pourrait s'imposer que par la force c'est quand même un peu triste, et il est nécessaire d'avoir une image plus positive, plus construite pour ne pas passer pour quelqu'un d'aigri. 

J'ai écrit plus haut ceci : 

Mon constat de terrain est simple, si tu n'obliges pas, ça ne se fait pas ... sauf si c'est meilleur et ça c'est aussi une autre réalité. 

Cyrille BORNE, là-haut

Quand vous avez pratiqué un peu le monde du logiciel libre, et que comme moi vous avez tendance à appuyer là où ça fait mal, vous vous faites traiter de tous les noms d'oiseaux. Un souvenir qui me revient en tête, c'est sur l'un des modules de Cozycloud, je pense que c'était un module RSS. J'étais allé comme toujours à l'efficacité, c'est à dire que j'avais listé toute une série de bugs et de conclure que le logiciel ne fonctionnait pas. Je m'étais fait littéralement incendié. Alors je reconnais comme souvent que j'ai l'art et la manière de me faire détester, mais si on fait abstraction de la forme il reste le fond. Parce que le logiciel est libre, parce que le logiciel est développé par un développeur bénévole, le logiciel libre peut-être un logiciel de merde. Et si t'es pas content t'as qu'à le coder toi-même. Et si tu ne comprends pas, tu as qu'à lire le manuel. RTFM. 

Par ses propriétés le logiciel libre se dédouane (parfois) de la qualité et c'est ici qu'on rejoint ce qui précède, on ne se pose pas trop de questions sur l'utilisateur final. Le logiciel libre de façon générale n'apparaît pas forcément comme une solution viable pour tout le monde et l'éducation en particulier.

L'avantage de la suppression des commentaires c'est de pouvoir faire les questions et les réponses. Les gens iront expliquer que tous les serveurs du monde sont sous Linux, Android etc ... que je nage en plein délire mais ce n'est pas de ça dont je parle et c'est ainsi que j'aimerais revenir à mon cas. 

Depuis que je n'ai plus la responsabilité informatique, les solutions libres ont pris du recul. La vision de mon collègue n'est pas discutable même si je ne la partage absolument pas. Mon collègue a une vision de l'informatique que je qualifierai d'entreprise avec des machines qui sont renouvelées régulièrement, avec des licences logiciel qui sont payées. Mon collègue a la conviction que travailler sur Office365 c'est le bien car nos élèves seront amenés à travailler sur ces outils plus tard. Ma vision du monde vous la connaissez est totalement différente puisqu'elle repose sur l'allongement de la vie du matériel, par l'utilisation du logiciel libre et je vous le dis, un jour on se rendra compte que j'avais raison et on s'en mordra les doigts chez moi. Ce n'est pas un délire mégalomane mais bien une réalité, et encore plus dans les établissements agricoles. Dans les établissements agricoles on nous demande de plus en plus ce qu'on fait de durable, d'écolo. Nous avons par exemple un label de commerce équitable. 

Comme je l'ai dit on y comprend rien en informatique, pourtant on commence à prendre conscience de quelques bricoles : pénuries des matières premières, les écolos qui parlent de décroissance et dont j'attends avec curiosité les chiffres aux élections. On s'inquiète de la place que prennent les GAFAM, on comprend qu'on n'est pas vraiment maître de notre informatique, mais on n'arrive pas encore à mettre un mot sur la solution qu'on connaît pourtant tous ici, Linux et le logiciel libre. 

Mon chef d'établissement a quant à lui réussi à poser un mot très clair sur la situation que nous vivons entre nos prestataires, le renouvellement des licences Microsoft, les différents abonnements : argent. La sensation d'être pris au piège dans un cercle vicieux qui ne termine jamais, où l'on n'a pas d'autre choix que de payer, payer cher. 

Qui aujourd'hui en France a une visibilité professionnelle suffisamment importante pour proposer une solution remplaçant tout mon foutoir ? J'entends par là une solution qui va prendre en charge le serveur, l'ENT, les sessions des élèves avec uniquement des logiciels libres. Je vous donne une société qui le fait, c'est Microlinux dans le Gard. Seulement Nicolas travaille tout seul et ce n'est pas une vacherie de le dire mais bien une réalité, il n'a pas la dimension des entreprises de l'Hérault et leurs dizaines de techniciens qui arrivent avec des solutions clés en main certifiées Microsoft. Comme personne ne comprend rien, la grosse entreprise qui a pignon sur rue rassure davantage que le gars qui travaille seul avec des solutions qui ne pourront pas être maintenues par quelqu'un d'autre en cas de faillite, de décès ou d'arrêt de l'activité. À mon simple niveau, j'ai installé l'intégralité des postes clients sous Linux. Avec l'arrivée du nouveau serveur, toujours pas arrivé à cause du manque de puces, j'ai dû faire monter tous les postes dans une nouvelle version de Linux pour avoir le Remina qui va bien. Un passage de Debian à Xubuntu que j'étais le seul à pouvoir réaliser au sein de mon établissement. Si demain j'obtiens ma mutation, qui assurera la maintenance de ces postes ? Personne, et plutôt que d'imaginer se former ou chercher un prestataire qui maîtrise on achètera des postes clients sous Windows, neufs certainement. 

L'obsolescence programmée des logiciels Microsoft c'est peut-être ce qui finira par faire changer le système. À l'heure actuelle, toutes les entreprises de la région sont pro-Microsoft. Les établissements scolaires se contentent de payer, de payer très cher car on ne leur propose pas d'alternative viable. Avec Nicolas de Microlinux nous avons échangé au téléphone par le passé et il propose quelque chose de très carré, incluant des postes Windows quand il n'y a pas d'autre choix à cause de certains logiciels métiers. Imaginons qu'une de ces fameuses grosses boîtes de l'Hérault, de Montpellier donc ou de Béziers proposent aux établissements scolaires une alternative totalement libre, avec des postes recyclés, une alternative que j'ai envie de dire durable. Des gens comme moi qu'on trouve de partout dans tous les établissements de France, des gens comme moi qui ont poussé Numworks comme je l'expliquais dans le billet précédent, je serais le premier à me pointer dans le bureau du chef d'établissement pour expliquer tous les avantages. Ce que j'écris ici est fondamental, comme personne ne comprend rien tout n'est qu'une question de confiance. Quelqu'un dans un établissement scolaire qui a fait ses preuves, qui a des compétences, s'il présente une entreprise, un produit, on a envie de l'écouter parce qu'il représente l'expertise. Si en outre on n'a pas l'expertise, alors c'est vers le prestataire que se tourne la confiance. Le prestataire va à l'essentiel, pas à l'innovation et verrouillera bien vos installations pour que vous restiez dépendant de lui.

Des postes qui durent plus longtemps, l'économie de matière première, c'est très bien dans l'enseignement agricole, la fin des licences et du matériel à renouveler en permanence pour un travail similaire, c'est très bien pour le porte-monnaie. Vous noterez que je n'emploie même pas l'expression de liberté logiciel pour me concentrer sur un système qui est une alternative au racket que nous subissons, je ne parle que d'argent. 

Le problème du logiciel libre en France c'est tout simplement la représentativité de l'offre pour les structures comme les miennes ou les particuliers et c'est certainement ici ce qui est le plus inquiétant pour les entreprises françaises ou pour le libre de façon générale. Je ne sais pas comment ça se passe ailleurs, je ne peux que vous parler des départements d'Occitanie. Je sais par exemple qu'un établissement agricole de la région de Toulouse tourne intégralement avec des logiciels libres car l'établissement est suffisamment important pour se payer un informaticien à plein temps qui est libriste. Pour le reste tous les prestataires du secteur ne proposent que du Windows et voient en Linux du bricolage. Il ne s'agit pas de discuter de l'opinion, du bien fondé mais simplement de dire que ce déficit d'image, que personne ne propose de solution est pour moi le problème principal du logiciel libre en France, ça et l'absence de volonté de l'état d'imposer le logiciel libre sur le territoire et regagner en souveraineté par rapport aux compagnies américaines. 

L'initiative du Framasoft avec les CHATONS va dans le principe du bon sens puisqu'elle vise à proposer un maillage de services libres sur le territoire. Sauf que moi demain je vais voir mon chef d'établissement pour lui expliquer qu'on va tout passer sous Linux et qu'un CHATON va nous aider, j'ai peur quelque part de manquer de crédit. 

Quel est le but premier en fin de compte ? Utiliser des logiciels libres ? Gagner en souveraineté ? Faire des économies ? Certainement un peu tout. Pour atteindre ces objectifs, la seule façon d'y arriver c'est de monter une documentation complète clé en main à fournir à toutes les entreprises informatiques du pays. Un commercial du libre qui irait démontrer aux sociétés qu'il s'agit de solutions viables. Paradoxal d'imaginer fournir gratuitement et librement une documentation que ces prestataires iraient revendre derrière. Et pourtant à y réfléchir, les entreprises de secteur sont déjà en place et ont plus ou moins la confiance de leur client qu'elles connaissent bien. Seulement pourquoi changer le système et prendre le risque de tout révolutionner quand les solutions Microsoft sont connues ? 

Alors comme personne n'y croit ou que personne ne veut prendre de risque, la remédiation pour l'année du bureau Linux c'est une directive de l'état qui ne présente plus le logiciel libre comme une proposition mais comme une obligation. C'est la seule réponse. La prise de risque quant à un changement personne n'est encore prêt ou ils ne sont pas assez nombreux et seulement quelques individus isolés ont la capacité de prendre en charge des installations sous Linux. Si du jour au lendemain on explique que toutes les écoles de France et de Navarre doivent passer sous logiciel libre, les prestataires qui n'ont pas vu l'intérêt de proposer des solutions alternatives n'auront d'autres choix que de s'y coller. 

Il est regrettable de se dire qu'en fait, la pédagogie ne sert pas à grand-chose, ou une pédagogie à posteriori pour expliquer que le passage en force c'était pour le bien de tous. Je souhaite sincèrement tout le bonheur du monde à Alexis dans cette nouvelle aventure et je lui souhaite de réussir un passage en force pour que tous les gamins du monde entier écrivent avec Libreoffice. 

Alors bien sûr public, tu sais que je ne t'ai pas oublié et que tu attends avec impatience de savoir où j'en suis avec leboncoin et ma PS4. Alors que j'ai 15 évaluations positives et que l'acheteur n'en a qu'une, à partir du moment où l'acheteur a montré la photo d'un bouton de PS4 explosé, c'est  l'acheteur qui a obtenu gain de cause en moins d'une demi-journée. C'est quelque chose qui est important de retenir, on devrait envoyer l'idée à Elise Lucet pour faire une vente bidon prendre une photo sur le net et voir si on peut berner leboncoin. Votre argumentaire, vos photos, votre nombre d'avis positif n'a aucune importance, à croire que c'est un bot qui a vu le mot "cassé" et qui a tranché. Alors tu le sais perdu, pour perdu, le BORNE garde le panache et la classe. 

J'ai annulé la transaction de façon à ce que le gars récupère son argent sans traîner. J'avais écrit dans les différents billets que la faute à pas de chance, j'aurais pu tomber sur un type honnête et avoir mon seul problème avec mondial relay sur des dizaines de colis quand je me décide à envoyer ma PS4. Pour un peu effectivement que le type soit honnête, plutôt que de le coincer avec ses 140 balles pour un mois, j'ai annulé la transaction pour déclencher son remboursement. 

Il me demande mon numéro de téléphone comme vous pouvez le voir et me demande un RIB, il me dit qu'il tient quand même à me donner quelque chose. La transaction a dû être lancée durant le week-end, un suspense supplémentaire pour le prochain épisode. 

Nous nous quittons ce soir non pas avec du RAP, faudrait pas que ça devienne une mauvaise habitude, mais avec la chanson des années 90 "back to life back to reality", la chanson n'a pas pris une ride et trouve tout son sens en cette période de rentrée scolaire. 

À Propos

T'avais jamais lu de blog français avant.
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