Le blues du professeur

13/07/2019 Non Par cborne

L’école de la confiance, c’est pas gagné …

Cette année scolaire aura été pour moi marquante, pour ainsi dire traumatisante. Et je n’évoque pas les problèmes de santé de ma femme, les miens, le partner ou le quotidien. Je pense que les gilets jaunes est l’événement de cette année, parce que ces gens ont désormais posé une certaine manière d’assurer le dialogue social en France. Pour se faire entendre désormais, la force et ça peut se comprendre. Aujourd’hui si vous faites grève une journée, vous perdez une journée de salaire et tout le monde s’en fout. Aujourd’hui par contre, si vous bloquez l’économie du pays, alors vous avez l’attention de vos dirigeants et c’est particulièrement malsain. Tous les prochains mouvements iront crescendo dans la violence, dans les excès.

Les profs à leur échelle, ont tenté de la jouer gilet jaune avec la rétention des copies du BAC, il apparaît que c’était une très mauvaise idée. L’opinion publique dans ce sondage qui vaut ce qu’il vaut, exprime qu’à partir du moment où on s’attaque aux gosses, c’est la guerre. La SNCF de mémoire il y a une quinzaine d’années avait aussi voulu jouer à une période de grève durant les examens, ça c’était mal passé. Il faut ici voir que la différence entre le service de transport qui par effet domino va toucher l’enfant, et le prof qui par son action va pénaliser l’élève, c’est que nous sommes les protecteurs des gosses. Il y a des choses que nous ne pouvons pas faire et c’est pour cela que je n’étais absolument pas d’accord avec cette forme d’action. On aurait des réactions qui seraient certainement aussi violentes si les urgentistes refusaient de soigner les patients, cela ne passerait pas.

Néanmoins si on fait le point, quelle méthode reste-t-il ? Le monde enseignant est un monde profondément découragé. Je ne reviendrai pas sur les difficultés de la fonction, sur les changements permanents, les réformes, les programmes, les enfants qui s’en foutent, les parents. Il devient difficile de recruter, de moins en moins de candidats, des gens qui arrêtent dans l’entourage.

Le quotidien c’est déjà quelque chose, mais désormais le plus difficile c’est d’être totalement désavoué par le ministre de tutelle, qui n’a finalement pas beaucoup de respect pour la profession. La moralité c’est que les rangs sont dispersés, je crois qu’on n’assistera plus à un grand mouvement de grève comme j’ai pu le vivre de l’autre côté de la barrière dans les années 2000, où les grèves avaient tellement duré que les parents avaient bouffé leurs RTT au point de voir des gosses se promener dans les bureaux de BNP PARIBAS pendant qu’on codait. De toute façon, ce mode d’action n’est pas reconnu, et personne n’a envie de s’asseoir sur quinze jours ou trois semaines de salaire pour rien. L’action de force c’est s’en prendre directement aux gosses et à leurs familles, nous sommes majoritairement opposés je pense à ça, je l’espère profondément.

Demain je vais boire un café avec deux élèves que j’ai eues dans le Cantal, il y a dix ans. Je crois qu’on a du mal à imaginer à quel point on marque les esprits, la complicité, la main tendue au moment où il faut, oui je pèse mes mots, on fait certainement partie des gens qui sauvent des vies et qui en détruisent d’autres, parce qu’on a quand même de braves connards dans l’équipe.

Un enseignant

Mains liées donc, pas de moyen d’agir, on peut penser alors à la liberté d’expression, crier haut et fort son mécontentement sauf que l’école de confiance c’est quand même un enseignant qui doit se taire, car il a un devoir de réserve. Plusieurs enseignants ont été rappelés à l’ordre dans le courant de l’année, il faut reconnaître que pour certains le propos était maladroit, malheureux, mais dans tous les cas il exprime le mal-être de la profession. Est-ce que par exemple, en étant enseignant et dire que le niveau baisse c’est sortir de son devoir de réserve ? Est-ce que dire qu’un élève de 15 ans qui va devoir choisir dès la fin de la classe de seconde des modules comme le ferait un universitaire ce n’est pas une riche idée, c’est sortir de son devoir de réserve ? Est-ce que considérer que le contrôle continu trop présent dans les examens les déprécie complètement c’est sortir de son devoir de réserve ?

Dans les gens rappelés à l’ordre on a pu voir une enseignante qui avait fait un long réquisitoire contre le président Macron avec des propos un peu insultants, une autre qui avait utilisé la boîte mail professionnelle pour arroser des parents de son mécontentement, nous sommes beaucoup à nous exprimer sur nos craintes, nos doutes, et je pense que la confiance serait justement d’essayer de rassurer tout le monde. Expliquer tout simplement que nous les profs, on nous aime bien, qu’on nous fait justement confiance, qu’on va prendre le temps de nous écouter et qu’on nous remercie d’être là. Curieusement j’ai l’impression que ça n’arrive pas, et que ce n’est pas encore arrivé.

On inspire un grand coup, et on se retrousse les manches.

La France tu l’aimes ou tu la quittes, le président Sarkozy spécialiste de la punchline avait quand même raison sur ce point. Je crois que le jour où ce sera vraiment devenu trop compliqué, que je n’y trouverai plus mon compte alors j’essaierai de faire autre chose de ma vie. Je crois aussi qu’on a parfois dans sa vie besoin de prendre un peu de recul, de vivre certaines choses moins à cœur, avec plus de distance.

Vous n’êtes donc pas sans savoir que la réforme du BAC est en marche et avec elle le programme de seconde qui change à nouveau pour la prochaine rentrée. Dans de nombreux forums de mathématiques, d’enseignants, on souligne les grandes difficultés à réaliser ce programme de mathématiques compte tenu du niveau des élèves mais aussi des attentes. La partie qui revient régulièrement c’est la programmation, avec Python qui passerait de façon obligatoire. J’ai lu dans un forum un positionnement que j’ai trouvé inquiétant, intéressant, et qui illustre parfaitement l’état d’esprit dans lequel se trouvent de nombreux collègues. Un enseignant explique qu’il va demander à bouger vers les classes technologiques, parce que finalement il préfère mieux gérer des classes plus agitées qui s’en foutent des maths que devoir assumer la complexité des classes où il n’est pas à l’aise avec les attentes mathématiques.

C’est une opinion que je partage pleinement et c’est pour cela que je suis totalement épanoui avec mes élèves de troisième professionnelle où le défi n’est pas vraiment mathématique, le défi est ailleurs. Se tenir correctement, arriver à retenir quelques bricoles, les méthodes de travail et j’en passe. J’ai demandé à abandonner la classe de seconde générale que nous avons dans notre établissement car je ne me sens pas légitime (syndrome de l’imposteur) du fait d’avoir une maîtrise de sciences physiques, et l’envie d’aller en quatrième pour suivre les élèves sur deux ans. Je m’éclate personnellement au collège, et lorsque je suis arrivé dans mon nouvel établissement où je vais attaquer la cinquième année, on m’a refilé les élèves de seconde générale car il y avait un problème dans la filière. Depuis on a tendance à m’y laisser, je ne vous ferai pas le plan du meilleur prof de France mais il se trouve que je suis certainement dans un contexte précis, pas trop mal placé pour faire le job.

Les élèves que nous recrutons s’ils viennent chez nous c’est pour suivre dans le BAC Techno que nous proposons, c’est-à-dire que nous leur donnons la possibilité de faire une seconde générale, qui tient plus de la seconde technologique, et par le fait d’éviter cette marche à gravir qu’est devenue la seconde générale. Mon fils dans son établissement me racontait que sur une classe de 35 élèves de GT, 30 élèves en fin d’année avaient demandé une réorientation en seconde professionnelle. Lorsque l’on sait que les 90% de réussite à l’examen du DNB c’est en fait moins de 40% de réussite si on retire le contrôle continu, on comprend bien que le niveau n’y est pas et que désormais les deux paliers éducatifs français sont la classe de seconde et la classe de terminale avec la sélection parcoursup. La première c’est la boucherie, la seconde c’est la gueule de bois quand on se rend compte qu’on a été mal orienté. J’évoque souvent ici ce problème crucial d’orientation, du bon choix, si on ne connaît pas les règles du jeu, si on n’est pas enseignant, ça devient difficile. Par exemple, l’ensemble des élèves qui ont fait la filière ST2S, en gros l’ancien sanitaire et social sont passés devant les BAC S pour les entrées en école d’infirmière, les IFSI. L’hégémonie du BAC S c’est fini, toutes les cartes ont été rebattues et je le répète encore, mieux vaut faire aujourd’hui un très bon BAC PRO ou techno qu’un BAC général médiocre. Une élève de chez moi me disait que voilà elle était prise en IFSI avec son BAC PRO SAPAT (Services aux personnes et aux territoires, l’équivalent de l’ASSP pour l’éducation nationale).

Je me suis un peu égaré, j’en reviens à mes moutons, cette réforme. Content ou pas content, d’accord ou pas d’accord, il faut la faire et j’ai maintenant un peu moins de deux mois pour préparer mes cours. Il ne s’agit pas non plus d’une révolution complète, je peux réutiliser certaines choses, mais cette année j’ai décidé de m’y coller pour de bon.

À force d’avoir fait de l’informatique pendant de nombreuses années, trop d’informatique, je pense que j’ai mis une partie de côté de mon métier d’enseignant : innovation, renouvellement. Sans arriver au niveau des dudu qui s’éclatent avec leur vidéo, avec le reste, j’ai envie de remettre un peu de piquant dans mon métier. Avoir une classe de quatrième aurait été très bien pour ça, car contrairement à la troisième qui est une classe d’examen et la seconde GT une classe où l’on ne rigole pas, la quatrième permet de faire pas mal de choses en se disant qu’on a de toute façon la troisième pour rattraper. Je vais donc refaire certaines parties, essayer de voir dans la mesure du possible comment ajouter du ludique, de l’activité intéressante. Les absents ont toujours tort mais jusqu’à maintenant en classe de troisième j’ai dû faire du deux en un, la classe de troisième et de quatrième en même temps. J’ai depuis cette année un collègue dont j’ai la certitude que le programme a été fait, je ne devrai donc pas expliquer, le théorème de Pythagore en classe de troisième, autant de temps de gagné pour faire des choses plus intéressantes, reste à trouver lesquelles. Je suis satisfait de mon travail de troisième, je pense que je peux pousser encore plus loin, notamment dans le travail de groupe et dans les évaluations mais globalement je n’ai pas grand-chose à modifier. Mon problème principal c’est donc la classe de seconde, et éventuellement quelques interrogations pratiques : faut-il continuer à faire prendre le cours aux élèves compte tenu du manque de temps ? Faut-il distribuer un polycopié au risque de rendre les élèves passifs ? Faut-il comme j’ai pu le voir demander aux élèves à partir du livre ou de ce qu’ils ont vu de réaliser leur propre synthèse de cours.

Ce que j’écris est profond et culpabilisant. Je vois des collègues, pas dans l’enseignement agricole plus pratique, plus vieillot ou plus les mains dans le concret, faire des progressions spiralées, des capsules vidéos, des escapes games, c’est à se demander comment ces gens font pour vivre mais aussi s’interroger sur l’utilité, la réussite pour l’élève par rapport à des méthodes plus classiques. Le point soulevé plus haut par exemple, sur le cours, sa prise de note ou non, j’ai vu des dizaines de réponses mais personne n’a vraiment LA réponse. On essaie, on tâtonne, on dépense surtout beaucoup d’énergie pour pas forcément beaucoup de résultats. Je sais que c’est un de mes défauts, ou une qualité, je ne sais pas, j’ai tendance à freiner des deux pieds sur de nombreux points. Quand je lis que le PC repart de l’avant, et que certains se lancent dans les classes tablettes, je me dis qu’on est dans un profond décalage entre la réalité professionnelle et l’école. J’ai toujours été opposé aux tablettes, comme je pense que le code à l’école n’est pas une bonne idée, qu’on ne code pas pour coder, on code pour faire quelque chose, une automatisation. Je pense par exemple que le cours de SNT (Sciences Numériques Technologiques) qui débarque à raison de 1h30 par semaine est certainement bien plus important que la programmation. Il s’agit d’un cours d’informatique généraliste sur les usages. Encore une fois trop ambitieux quand on lit les attentes mais néanmoins important car avant d’apprendre à courir il faudrait peut-être apprendre à marcher. Pour moi marcher en informatique c’est connaître la base, le genre de trucs qui évitera un jour d’installer un cryptovirus dans un hôpital parce qu’on pensait avoir gagné un iphone 12.

Il faut donc que j’arrive à trouver le compromis entre ce qui est réalisable par mes élèves, des activités pédagogiques intéressantes, essayer peut-être quelques innovations dans mes cours trop classiques (mais efficaces), et apprendre à sortir de ma zone de confort professorale.

L’exemple typique c’est certainement Python. Je n’ai pas envie d’apprendre le langage Python car je suis intimement convaincu que cela ne sert à rien. Mes élèves n’ont pas le niveau pour Python et j’ai tendance à être conforté dans mon affirmation quand on voit les cartons qu’ont pris les gosses sur l’exercice sur Scratch, ou mes différents essais avec Algobox en classe de GT sur les dernières années. Est-ce que pour autant, sachant que mes élèves ne poursuivront pas vers un BAC général, que pour le BAC STAV (sciences et technologies de l’agronomie et du vivant) les mathématiques ne sont plus à l’examen mais en CCF (contrôle continu) je peux me permettre de zapper complètement la programmation ? Je ne crois pas.

Se lancer, un plan d’action

Dans ma région on nous propose de prendre un livre ça ne se refuse pas. Je sais que de nombreux enseignants n’aiment pas les bouquins, pour ma part c’est le contraire, même si tout n’est pas parfait, le bouquin c’est une ressource d’exercices, des économies de papier, donc le bouquin c’est bien.

Parmi les éditeurs qui ont fait l’effort de nous envoyer le livre, se détachait pour moi du lot celui-ci :

en fait j’ai pris uniquement le bouquin parce que Barbazo ça fait la contraction entre Bozo le clown, et Barbie

Pourquoi lui ? La masse d’exercices et leur accessibilité. Compte tenu des difficultés de mes élèves, la seule façon de réussir à redresser le tir c’est la répétition. Chez moi on mange de l’exercice tout le temps. Néanmoins je sais que l’une de mes faiblesses c’est de rester trop dans l’application, cette année je vais forcer à plancher davantage sur des problèmes tout en essayant de ne pas les décourager. Comprenez que c’est ce qui fait aussi mon job. Il n’y a pas derrière ces profils comme je l’ai écrit plus haut d’élèves qui partiront faire de longues études scientifiques. Par le fait, je pense qu’il est nécessaire de faire des choix, et peut-être dans certains chapitres qui ne sont pas utilisés en première, j’attends le retour de ma collègue pour en savoir plus et dans le niveau de difficulté et les attentes. Néanmoins après avoir fait tirer la langue à mes élèves de troisième pour un résultat que je trouve satisfaisant dans l’ensemble, j’ai l’intime conviction que plus on en demande plus ils en font, je vais donc beaucoup plus en demander.

Le livre est décomposé en 12 chapitres, je vais certainement faire le même découpage même si je ne partage pas forcément la décomposition. Lorsqu’on fait un peu trop sa sauce, on est forcé pour les élèves de jongler entre plusieurs chapitres pour les exercices, parfois on les perd et parfois on se rend compte que toutes les notions ne sont pas abordées selon le chapitre du livre. L’exemple type ici, la variation des fonctions est séparée dans un chapitre à part entière. J’ai tendance à prendre la notion de fonction de façon générale, puis traiter les cas particuliers. Ce n’est pas le cas ici, la fonction carrée est séparée de la fonction inverse, c’est à moi de voir si ça me convient ou non. Ce qui est certain c’est que je vais produire un cours comme toujours synthétique et certainement faire des fiches rappels de troisième ou acquis théoriques de troisième que je distribuerai. Car comme évoqué plus haut, l’un des problèmes de fond c’est le niveau des élèves, de façon systématique je reprends les équations du premier degré depuis le début quand le mécanisme doit être maîtrisé depuis la quatrième.

Pour l’instant j’en suis à une première lecture du bouquin, il va falloir que je le fasse plusieurs fois, notamment pour trouver les bons exercices, ce qui est faisable, ce qui ne l’est pas. Et réussir à le caser là-dedans.

Comme on peut le voir, ma progression de maths de troisième est faite. Ma progression en informatique ce n’est pas le plus urgent, je compte par contre déplacer certaines parties par rapport à l’an dernier pour les mettre en face des maths. Par exemple je ne fais pas d’habitude les tableurs en même temps que les statistiques, ça risque de changer. Si désormais je fais le compte de ce qui reste, je fais le calcul de 36 semaines d’école moins les trois dernières semaines de l’année, moins les deux semaines d’examen blanc, moins une semaine pourrie parce qu’on a forcément une semaine pourrie qui peut être un truc propre au lycée ou les inondations dont il faut tenir compte chaque année et on tombe à 30 semaines pour caser 12 chapitres. Un chapitre toutes les 2.5 semaines évaluations comprises, ça nous ramène à raison de 4 heures par semaines à 10 heures par chapitre. Dans le livre, l’algorithmique et la programmation sont à part en introduction, il n’y a pas de numéro si bien qu’il faudrait considérer que c’est un numéro 13. Si on refait le calcul précédent avec une division par 13, cela veut dire qu’on arrive à 2.3 soit 9 heures par chapitre. 9 heures pour apprendre la programmation Python ou une partie de la programmation Python, je trouve que c’est quand même franchement délirant sur le papier.

Je pense qu’il faut apprendre à déculpabiliser et que je maintiendrai pour cette année car c’est une nouvelle année Algobox à raison de deux semaines voir trois semaines complètes que je peux potentiellement gratter sur les probabilités. Je ferai comme on le voit dans de nombreux bouquins, et ce que j’ai fait cette année, une passerelle entre scratch et Algobox. L’idée sous-jacente, c’est de montrer que Scratch n’est pas adapté aux maths, je fais réaliser le théorème de Pythagore par Scratch et ensuite par Algobox, les élèves sentent franchement la différence.

C’est compliqué. De façon synthétique je crois que si on devait résumer la complexité je pourrais dire :

  • Le changement permanent ne permet pas d’asseoir les méthodes. On l’a vu cette année avec les collègues, c’est la troisième année que nous faisons passer l’oral du DNB aux élèves, on est franchement meilleur que la première année. Il faudra qu’au niveau de l’EN on réalise que les élèves changent, et que quand bien même on voudrait refuser ce changement on n’a pas le choix, on doit s’adapter au public.
  • Se forcer à sortir de sa zone de confort même si on n’est pas motivé pour le faire.
  • Ne pas jouer aux apprentis sorciers avec les élèves et tenter toutes les nouvelles méthodes plus plus plus vendues par les pédagos qui vont vous expliquer que c’est la meilleure. Ne pas fermer non plus les yeux et les oreilles, rester ouvert.
  • Déculpabiliser face au travail titanesque qu’abattent certains collègues. Quand je vois ce que font certains collègues sur la toile, je me sens minable. Je pense qu’il faut le relativiser, si c’est leur bonheur de passer des dizaines d’heures à réaliser un escape game, c’est leur souci. Il faut relativiser un travail par rapport à un salaire. Je vais passer une bonne partie de mes vacances à refaire mes cours, mes activités, mes contrôles, je ne vais pas non plus m’épuiser à la tâche, je ne serai pas payé plus, je n’aurais pas plus de reconnaissance.
  • Le décalage entre la réalité de terrain et les attentes, c’est certainement le point qui fait rager le plus. Quand vos jeunes ne connaissent pas la surface d’un rectangle en fin de classe de troisième après leur avoir fait recopier les formules parce qu’il faut bien à un moment que ça rentre, on a de plus en plus l’impression qu’on nous demande d’atteindre des objectifs impossibles. Les sonnettes d’alarmes tirées de toute part, les résultats sans le contrôle continu, sont autant de signaux forts qui devraient alerter le ministère sur le véritable niveau des élèves. c’est l’incompréhension pour ma part, qu’on fasse une véritable année blanche en diminuant de façon drastique la part de contrôle continu et qu’on regarde un peu de la manière la plus objective qu’il soit le niveau de nos enfants.

3500 mots, voyez que le sujet me tient à cœur, on y reviendra prochainement.