Jouons !

06/11/2018 Non Par cborne

Nous revoilà partis pour une période de sept semaines de joie et de bonne humeur dans laquelle nous aurons droit à, pour ce qui est prévu : une opération, un contrôle technique du Partner, les conseils de classe. Avec un peu de chance, on évitera le déluge, une catastrophe naturelle ou une attaque extra-terrestre.

J’ai passé des vacances à courir de partout, ça n’aurait pas été rigolo si j’avais eu du temps, Toulouse bien sûr, mais aussi des repas chez la famille et les amis. Samedi dernier, je me suis retrouvé à Lignan sur Orb qui fait un salon annuel du jeu de société. Ma femme a un tour d’avance sur la mode, elle achète depuis toujours. Le jeu de société fait un gros come back avec des concepts modernes issus du jeu de rôle, du jeu vidéo, l’utilisation désormais du smartphone en complément, enfin bref, de plus en plus de produits, de concepts. Méfiance d’ailleurs, on surfe sur une vague, il y a donc à boire et à manger, comme dans le jeu vidéo.

Le retour du jeu sur table n’est pas anodin, il marque à mon avis une volonté de casser l’isolement qu’on peut avoir avec les écrans, même si certains vous diront que les parties à deux cents ne sont pas solitaires. Les skylanders et autres figurines connectées à la console ont montré qu’il était aussi possible de créer du lien entre le réel et le virtuel. Si dans le domaine des consoles c’est pour faire du chiffre et créer la collectionnite aiguë, pour le jeu de société, pour les quelques utilisations que j’ai pu voir, je trouve que c’est à bon escient, une façon d’économiser des feuilles de jeu par exemple.  Dans les tendances fortes, je pense qu’on peut dire que les jeux comme les pokemons ou magic ont fortement inspiré les créateurs, énormément de cartes dans les jeux d’aujourd’hui.

Lignan sur Orb est un village à côté de Béziers, un intermarché, une excellente boulangerie et ce festival « jouons » qui en est à sa septième édition.

François Mitterrand, un grand joueur.

Le principe est simple, des jeux de société en pagaille, des parents d’élèves qui font des crêpes et du café, des auteurs qui se sont déplacés pour présenter leur jeu, un escape game. La boutique Ludik Boutik était de la partie, c’est un spécialiste du jeu de société qui a eu le bon goût de s’installer à Nissan Lez Ensérunes à proximité de Béziers mais aussi de chez moi. Il faut réaliser que nous sommes privilégiés, ces boutiques ne sont pas si communes, les prix sont souvent largement moins chers que chez Amazon ou sur les gros sites, le conseil en plus, ils expédient et sont compétents, c’est leur métier.

Deux associations étaient représentées, ce qui était sympa puisque ça nous a permis d’avoir des gens qui ont joué avec nous, avec des tas de boîtes ouvertes, juste à se servir pour découvrir. Nous avons passé la matinée jusqu’aux environs de 12 heures 30, pas grand monde, beaucoup d’enfants qui s’amusaient à l’extérieur avec des jeux en bois. Je trouve que c’est dommage parce que c’est vraiment intéressant, ça permet de tester avant d’éventuellement acheter, les passionnés sont mobilisés et offrent une belle journée entièrement gratuite. Si le festival est reconduit et je l’espère j’y retournerai avec grand plaisir même si le jeu de société n’est pas ma tasse de thé.

Nous avons rencontré Mathieu Baiget qui nous a présenté son jeu opération archéo, on a fait une partie avec lui. Comme son nom l’indique opération archéo est un jeu en lien avec l’archéologie et c’est plutôt logique puisque son créateur est lui-même archéologue. Le concept du jeu est assez simple, on va tirer un scénario, et s’y conformer. Un centre commercial va être installé sur une zone, il faut trouver le maximum de ruines avec certains objectifs.

Délimiter la zone pour trouver le lieu précis des ruines, trouver une famille d’objets et identifier le type de bâtiment. En effet plusieurs ères sont présentes dans le jeu. Au dé, on va avoir droit à un certain nombre d’actions à réaliser, la pelleteuse dans un premier temps pour essayer de trouver un monument puis la truelle pour trouver des objets. Plus le tirage est important, plus on peut faire d’actions, CQFD.

Ce qui est intéressant au-delà de l’aspect pédagogique du jeu c’est le côté niveau de jeu. Ma femme ramène des jeux pour lesquels on ne s’étonnerait pas que quelqu’un dise kamoulox à table. On se rappelle que je suis quand même le gars qui joue à God Of War, qui finit les Dark Souls, et qui en ce moment se fait l’intégrale Lego. Comprenez que ma patience a des limites et que pour moi les meilleurs jeux, sont les jeux au concept simple. Avec ces deux niveaux de jeu, opération archéo va ratisser large, des gens comme moi qui veulent une partie simple aux gens qui veulent de la complexité. On a, à l’instar d’un Sim City, des événements qui vont se produire pour les scénarios les plus complexes, les personnages vont avoir des capacités, etc … On retrouve un peu la notion de maître du jeu, si vous n’avez personne sous la main, vous pouvez utiliser un smartphone.

Autre point qui me paraît important, le jeu est collaboratif, on joue réellement ensemble. Mathieu Baiget est un jeunne homme très sympa qui respire la gentillesse, si vous êtes intéressés par le jeu de société je vous invite à jeter un coup d’œil ici pour la vidéo, là pour l’interview.

Vous noterez que madame Borne a fait l’énorme effort de nous prêter sa main pour la photo.

J’ai beaucoup de respect pour les gens présents, les bénévoles bien sûr, les auteurs aussi, je pense qu’à l’instar de la bande dessinée, on fait ça réellement par passion. Un membre d’une association nous expliquait que pour un jeu vendu environ 20 €, son collègue qui en était le créateur gagnait 60 centimes par boîte, et que sur ces 60 centimes, il payait des impôts. Quand on sait qu’ils sont une grande majorité dans la bd à crever la dalle, et nombreux sont ceux qui arrêtent pour passer à autre chose parce que la bande dessinée ne permet même pas de vivre dignement, je me dis que ça ne doit pas être mieux chez les créateurs de jeu de société. Et pourtant ces personnes qui d’un côté sont capables de nous faire vivre d’étonnantes aventures à des années lumières de ce avec quoi on nous gave à la télé et au cinéma, blockbusters en premier ou ceux qui réunissent les gens autour d’une table, mériteraient de pouvoir vivre dignement de leur art.

Comme je viens de voir que je me suis engagé à plus de 900 mots, je vais continuer dans le jeu de société pour vous dire à quoi on joue chez moi et qui ne me gêne pas trop. Code Name Duo est encore un jeu collaboratif basé cette fois-ci sur les mots. Voici à quoi ça ressemble :

Dans le coin complètement à gauche ça ne se voit pas, mais on a une petite grille sur laquelle on a les cartes à faire deviner à la personne qui est en face. L’autre joueur a lui aussi une grille, ce n’est pas la même, l’idée c’est de faire aussi deviner ses cartes. Si toutes les cartes qui correspondent à des espions sont posées, on a gagné. Le nombre de tour est limité et il faut essayer de se transcender pour réussir à faire trouver le maximum de case en un seul mot. Par exemple j’ai dit « pays » pour faire devenir « équateur » et « américain » ce qui donne au prochain tour.

C’est intéressant car c’est un jeu qui nécessite du vocabulaire, de la culture et de l’imagination pour trouver la combinaison de la mort, une connaissance de son partenaire. En effet vous allez sortir un mot qui correspond à une private joke de la mort que personne ne peut comprendre sauf le joueur d’en face. Attention toutefois, si la personne se trompe, certaines cartes stoppent la partie. Le nombre de tour étant particulièrement limité, on se doute que un par un ça ne fonctionne pas, il faut au minimum faire tenter de découvrir deux cartes, c’est loin d’être évident, trois c’est difficile. Pour ceux qui n’auraient pas encore compris, Zorro en deux pour trouver « série » et « pointe » parce que Zorro signe à la pointe de l’épée d’un Z qui veut dire Zorro.