Unixcorn, services web et hébergement respectueux de votre vie privée

Par Cyrille BORNE

Unixcorn est un projet de mise à disposition de services et d’hébergement Libre mais non gratuit. Administré par un collectif autogéré nous fonctionnons à prix libre. Au menu : instance Nextcloud, forge Gitlab, partage d’images et de presse-papier, réseau social indieweb et bien plus encore.

Attention ça va déréférencer mais je ne sais pas encore quand et comment mais je sais où

Rédigé par Cyrille BORNE - - Aucun commentaire

Souvenez vous cet été j'ai éclaté mon blog en morceaux et j'existe désormais en plusieurs endroits : le blog de Cyrille BORNE avec des vrais billets de blog à l'intérieur, le blog vaguement culturel de Cyrille BORNE où j'écris mes critiques culturelles sur le jeu vidéo, la bédé, les bouquins, le ciné, l'open bar dans lequel je mets ma veille, mes anecdotes en classe et quelques autres bizarreries et enfin le blog du prof Borne qui est le moins alimenté dans lequel je mets des choses pédagogiques et durables, contrairement à mes délires pédagogiques du moment qui ne sont pas durables mais qui relèvent de l'impression. 

La formule me convient parfaitement à un détail, l'adresse cyrille-borne.com pointe vers le blog, comme si c'était le site principal, dans vos têtes c'est le cas, mais dans la mienne, je veux faire apparaître cette césure si bien que je veux que ça devienne cyrille-borne.com/blog comme il y a cyrille-borne.com/portail, social, culture, prof ou forum. J'imagine un truc comme ça dans les grandes lignes : 

La question, c'est : on le fait avec quoi ? L'idéal serait un CMS mais curieusement je n'ai pas trouvé, ou ma requête n'est pas la bonne, j'étudie toutes les propositions. Pour le moment je regarde du côté des thèmes Wordpress, parce qu'avec Wordpress c'est formidable, tu peux tout faire. 

Troll du dimanche : la vente liée

Rédigé par Cyrille BORNE - - 11 commentaires

En ce moment c'est vrai que j'ai un peu honte, des billets sur l'apprentissage des enfants, sur la réforme du DNB, des billets trop sérieux et la sanction est sans appel, plus de commentaires. J'ai décidé de faire un effort aujourd'hui et de troller un maximum sur la vente liée. Petit rappel des faits : la vente liée c'est quand on achète un ordinateur, du hardware donc, il est lié à des logiciels, genre Windows et tous les logiciels pourris qui vont avec et c'est pas bien. Et vous savez pourquoi c'est pas bien, parce qu'il y a 1% de Linuxiens qui lorsqu'ils achètent une machine, et bien ils ne veulent pas payer le système d'exploitation qui va avec et donc ils veulent pouvoir se faire rembourser. Vous me lisez, vous êtes Linuxien, ou pas loin, et vous vous dites effectivement que si sur chaque ordinateur que vous achetez on vous rembourse plus d'une centaine d'euros et bien vous faites une affaire et qu'il est légitime qu'une action en justice soit menée pour que ça puisse se faire.

Le problème de ce mode de pensée c'est qu'il va poser des problèmes à une majorité de personnes pour une minorité d'individus. Imaginons que 1 personne n'aime pas les oignons chez Mac DO. Cette personne va demander à ce qu'on lui fasse son big Mac sans oignon et se faire rembourser, de la même manière le gars qui n'aime pas les cornichons, etc, vous avez suivi le raisonnement, cela devient rapidement l'anarchie. Si on se ramène d'ailleurs à l'informatique, à l'achat de portable, je pousserai pour ma part plus loin, à l'heure actuelle si j'achète un ordinateur portable, je ne veux pas du système d'exploitation et même je ne veux pas du disque dur tout pourri à 5400 tours qui est avec pour me payer un SSD, j'exige qu'on me fournisse donc un modèle qui réponde à mon besoin. Il faut comprendre que l'action en justice qui est menée, et qui vient d'être déboutée, ne vise pas un intérêt collectif mais à pourrir Microsoft. L'idée sous jacente en fait derrière c'est de forcer les constructeurs à vendre des ordinateurs nus, sans système d'exploitation pour laisser une place à Linux. Depuis des années, le discours est toujours le même, si Linux n'arrive pas à percer dans le monde du grand public c'est tout simplement parce qu'il y a la vente liée, si demain on laissait la possibilité à l'acheteur d'avoir le système d'exploitation de son choix, il est totalement évident que Linux passerait devant. En gros, il y a des gars qui sont en train de faire du forcing pour imposer leur mode de pensée à une grande majorité des gens en pensant que c'est mieux pour eux, une technique de dictateur que nous connaissons bien, j'installe des Linux de partout chez les gens pour les rendre plus heureux, sauf qu'à la sortie on sait qu'ils ne sont pas toujours plus heureux. 

Pourquoi il est normal que la demande en justice ne soit pas passée ? Mauvaise foi en quelques images.

Si aujourd'hui on veut acheter un ordinateur Linux, on le peut, quelqu'un qui se met dans une démarche de vouloir acheter un ordinateur Windows, coller un procès pour récupérer son argent est un emmerdeur, nombriliste qui ne rend pas service à la cause. Car en effet, si on veut valoriser les entreprises qui vendent des ordinateurs sans système d'exploitation ou sous Linux, et bien on achète leur matériel. 

Imaginons tout de même que ça passe et que demain, nous puissions acheter un ordinateur sans système d'exploitation ou avec le système d'exploitation de son choix qui va quand même se limiter à Linux ou Windows sauf s'il y en a un qui veut autre chose. Et d'ailleurs à ce propos puisque c'est le cas avec Lenovo ou d'autres ordinateurs, on réalise qu'on peine de plus en plus à installer Linux sur des ordinateurs, faut-il penser à faire un procès afin que les constructeurs soient dans l'obligation de rendre compatible leurs ordinateurs avec Linux ? Ce qui reviendrait globalement à obliger les constructeurs de voiture à pouvoir embarquer un autre moteur de voiture à la guise de l'acheteur. La vente liée est donc cassée dans notre monde merveilleux, et il paraît évident qu'il sera difficile de proposer une installation de Linux ou de Windows car les constructeurs n'ont certainement pas envie d'aller payer un bras pour customiser un système Linux convenable pour les clients. Cela sous entend que le constructeur doit avoir à disposition un lot de machines sans système d'exploitation, pourquoi pas. 

Sur le principe c'est faisable, mais la démarche me gêne. Car comme je l'ai précisé ici, on force la main aux constructeurs pour une lubie d'acheteurs qui peuvent trouver le produit qu'ils cherchent ailleurs. Je n'aime pas Coca Cola, je ne suis pas obligé d'en boire, je ne veux pas de Cola noir, est ce que je dois imposer ma volonté aux fabricants de Cola ? Est-ce que je dois me passer du produit ou si j'estime que le Cola qui n'est pas noir va changer le monde, je ne devrai pas me lancer dans sa commercialisation. 

Il y a quelques années effectivement c'était plus difficile et on voyait dans la vente liée l'obstacle à pouvoir installer Linux. Et puis des gens ont entrepris, des gens y ont cru, des gens ont pris des risques et ont vendu des ordinateurs portables sans système d'exploitation ou avec Linux. Des gens ont compris que ce n'était pas un procès qui changerait les mentalités mais plutôt de vendre des produits dans lesquels on croit. Faire un procès à des constructeurs est un acte de faiblesse, c'est montrer que finalement on ne croit pas dans les produits Linux et qu'on cherche une astuce judiciaire pour entraver Windows.

Bon je ne suis pas trop mauvais mais je vais quand même faire pire. Si aujourd'hui je devais acheter un produit neuf, j'achèterai un produit avec Windows dessus sans même avoir à m'interroger sur le prix car tout simplement je ferai une bien meilleure affaire que si j'achetais du portable avec Linux ou sans OS. Il y a quelques années j'ai acheté un ordinateur de la gamme Mercure sur LDLC sans système d'exploitation. Galère pour installer Linux un problème de chip wifi qui montrait que ce n'était pas vraiment fait pour. Hardware en dessous du marché pour le même prix, pour finir par une charnière qui casse. Car en fait et c'est ici le ridicule de l'histoire, payer un ordinateur sans OS revient plus cher que de le payer avec Windows et tous les crapware d'installés dessus. Seulement c'est encore une fois un choix d'acte militant, payer plus cher pour avoir moins bien mais marquer ses idéaux. 

Comme précisé, si je devais acheter un produit neuf, mon acte militant se situe ailleurs, si je dois acheter un portable ce sera une occasion, une machine qui aura encore du temps à vivre, qui ne me posera pas de problème de secure boot et que je paierai largement moins cher. 

Bon dimanche sous vos trolls. 

Comprendre

Rédigé par Cyrille BORNE - - 1 commentaire

A l'heure actuelle la tendance sur le blog est particulièrement pédagogique et ce n'est pas fini. Avec la refonte du DNB, la rentrée bien évidemment, la responsabilité de prof principal, l'informatique passe loin derrière, je me trouve quelques occupations bien sûr, comme la refonte complète du site du lycée. Je viens de me mettre dans les tripes du thème colormag free, c'est pas mal. Wordpress c'est vraiment puissant, c'est indéniable, néanmoins on réalise que tout est business ou presque. Le thème Colormag dans sa version gratuite fait partie des rares thèmes qui permettent de faire beaucoup de choses, où l'assistance ne fait pas de distinction entre le thème gratuit et forcément le payant qui va derrière. Le but, vendre le plugin pro qui fait plus, vendre le thème premium qui fait plus, vraie réussite du logiciel libre, tellement réussi que la gratuité n'existe plus ou si peu, mais c'est une autre histoire. 

Et puis il y a les pannes traditionnelles, genre le café renversé sur le PC. Malgré le nettoyage, le mal est fait, ça fait court circuit sur la machine, comme vous pouvez le constater ci-dessous, j'ai fait sauter le clavier, démarré la machine sans problème et j'ai réalisé la mise à jour vers la version anniversaire. Nombreux étaient les collègues à pester, ils se sont retrouvés avec une mise à jour lancée au mauvais moment, et je dirai que je ne blâme pas Windows. Vous avez des gens qui veulent du tout facile, ne penser surtout à rien, et de l'autre côté vous avez quelqu'un qui va livrer sa nouvelle version de système avec son lot d'amélioration, de correctifs, etc ... Si Microsoft à un moment ne force pas la mise à jour, l'utilisateur ne la fera jamais, et malheureusement il n'est pas anormal d'avoir une mise à jour quand on allume l'ordinateur, et si on allume l'ordinateur c'est pour s'en servir. La mise à jour anniversaire nous pousse un peu vers la nostalgie de Windows 8, l'interface commence à ressembler à nouveau à une tablette, pas formidable. Si vous faites attention à l'écran vous noterez que je suis en train de faire la procédure de nettoyage, un lecteur a donné la procédure en détail, le backlink est gratuit. 

Grazoth m'a demandé dans les commentaires comment j'avais la patience d'expliquer quelque chose que j'avais déjà expliqué quinze fois, qui est noté de façon super claire. En fait ça ne tient pas à grand chose : le caractère, le métier et la curiosité. On sait que tout m'énerve mais j'ai la patience d'expliquer, d'expliquer encore. Je crois d'ailleurs que si on n'en est pas capable, il vaut mieux envisager de faire un autre boulot, encore plus avec mon public qui est demandeur. J'ai une masse d'élève qui est en échec scolaire, qui a connu l'échec scolaire, dans 95% des cas, ils ont besoin d'entendre à nouveau l'explication pour eux, si je ne le faisais pas, ce serait comme refuser mon aide, ce n'est pas le genre de la maison. 

Et puis il y a indéniablement la curiosité. Dans mon métier on essaie des trucs. A une époque le genre de fiche que j'ai montrée dans le billet, je ne l'aurais pas faite, j'aurai fait construire intégralement le tableau en classe. Je me suis dit qu'avec des tableaux déjà réalisés, les rappels qui vont bien, la majorité des élèves devrait pouvoir retrouver ses billes, ça n'a pas été le cas, il faudra que j'essaie autre chose l'an prochain. Cette année j'enseigne en première BAC PRO, j'ai très souvent enseigné dans cette classe, et la dernière fois ce fut mémorable, une classe où personne ne voulait enseigner avec des gamins que je suivais depuis la quatrième et qui étaient il faut le reconnaître particulièrement difficile. J'ai deux classes de 27 ou 28 élèves dans une salle minuscule où je peine à circuler dans les rangs, les filles font souvent leur effort pour me laisser passer quand je leur dis que mon régime minceur au Nutella ne m'aide pas. J'ai énormément de plaisir à enseigner, on est réellement dans ce qu'on peut attendre d'élèves qui ont de 15 à 19 ans pour la plus âgée, autonomie dans la prise de cours, participation, sérieux. Le niveau quant à lui est très hétérogène, des élèves issus de seconde professionnelle, de seconde générale mais aussi de CAP, j'explique, je réexplique en boucle, comme toujours. 

Le BAC PRO de maths pour l'avoir souvent corrigé est une catastrophe qui tourne entre 5 et 7 de moyenne, alors que ce n'est pas bien difficile. Un élève qui sait tracer une courbe, faire le tableau de variations, faire quelques probabilités est à même de s'en sortir sans trop de problèmes pour accrocher la moyenne. L'utilisation de la calculatrice est fondamentale pour obtenir le tableau de valeur et pouvoir tracer la courbe, j'ai donc fourni le document suivant : 

Comme d'habitude, ça vaut ce que ça vaut, c'est discutable mais il se trouve que c'est concis, et que si on suit ben ça marche. Dans mon premier groupe de 27 élèves, je pense avoir expliqué pas moins de 15 fois comment utiliser la machine en rappelant la suprématie de la génération Y dans les nouvelles technologies. Je ne mets absolument pas en cause la bonne volonté de mes élèves, je suis passé dans les rangs en disant vous exagérez quand même c'est noté, mais le problème est ailleurs, ma fiche ne sert à rien car ils ne sont plus capables d'apprendre de cette façon, lire c'est pourri. 

Je fais un détour et je reviens, je veux appuyer sur lire c'est pourri. Main innocente mon fils doit lire un bout du horla pour lundi, et dans ma grande tradition pédagogique, il sait que la seule unique question que je vais lui poser c'est : "de quoi ça parle". Avec de quoi ça parle vous savez immédiatement si votre gamin est un gros honteux ou non, il est forcé de réexpliquer avec ses mots ce qu'il a compris, ça permet donc de pointer rapidement du doigt les efforts qui ont été faits. Il me raconte donc cette histoire d'un gars qui est persuadé qu'il y a des démons qui mangent sa nourriture pendant qu'il dort, il me fait une narration presque passionnante et avec sa mère on le regarde en lui disant : et tu n'as pas lu la suite ? Ben non, on lui a demandé de lire jusqu'à tel numéro de page, il s'arrête là. Il est capable de regarder jusqu'au bout des merdes innommables à la télé ou sur youtube, plusieurs fois, en boucle, mais lire jusqu'à la fin c'est un travail. En fait, je suis sûr que si je lui mets le horla en vidéo, il va le regarder.

Le problème de l'école pour un enseignant c'est que tu essaies un truc une fois l'an et que si c'est raté tu dois attendre un an de plus, c'est mon cas ici. Je vous garantis que l'an prochain je vous fais une vidéo avec main innocente, le truc bien dégueulasse où on me voit appuyer sur les touches de la machine, je demande à tous les gosses de sortir leur smartphone et leurs écouteurs et à leur vitesse à l'aide de la vidéo de maîtriser le truc. Je suis persuadé que ça passera comme une lettre à la poste car en fait, les gosses ont compris quand je fais les gestes, pas quand il faut les lire parce que c'est tout pourri. 

Mon billet s'appelle comprendre car c'est ici toute la subtilité de mon métier et c'est tout ce qui dépasse ceux qui ne le pratiquent pas au quotidien. Un ministre ne peut pas comprendre comment on a glissé d'une génération qui écrivait à une génération qui filme, il faut avoir des gosses dans son entourage, au quotidien pour comprendre ce qui se passe. Certains collègues bien sûr ne veulent pas comprendre et d'autres ne peuvent pas comprendre. Quand on a une pièce de théâtre à lire, on ne peut malheureusement pas tout remplacer par la pièce avec Galabru. Et c'est ici le fond du problème. Il ne s'agit pas de faire des mesures pénibles, sans réelle conséquence à part agacer les profs et les user un peu plus, il faut se pencher sur les gosses d'aujourd'hui pour comprendre que les schémas que nous appliquons depuis 50 ans ne sont plus adaptés et qu'il faut une véritable mesure de fond au point de sacrifier certaines choses. N'allez pas me faire dire qu'on devrait arrêter de faire lire et écrire les élèves, mais on devrait sérieusement s'interroger sur les cours de communication, d'expression orale et sur les techniques de montage vidéo car il n'est pas dit que dans 30 ans, on ne soit plus qu'une poignée de vieux blogueurs à se marave, une génération encore capable de lire et d'écrire, un truc qu'on aura oublié depuis pas mal de temps. 

DNB dans l'agricole, pourquoi c'est la grosse foire

Rédigé par Cyrille BORNE - - Aucun commentaire

Ce soir j'ai décidé de vous expliquer pourquoi le Diplôme National du Brevet des collèges c'est encore plus la foire que la foire de l'éducation nationale, voici le schéma : 

Je commence. Comme vous n'êtes pas sans le savoir nous étions dans l'urgence de réformer le système scolaire, et par conséquent le diplôme national du brevet des collèges, mais on va le laisser de côté pour revenir à une grosse réforme, une réforme de fond. Aujourd'hui un gosse entre en CP il se retrouve avec un Livret Scolaire Unique Numérique qui va le suivre du CP donc à la 3ème. Ce livret référence des compétences et il est possible de le suivre en ligne, en tout cas de façon théorique. Pour moi c'est une excellente idée, c'est le même principe que le RIB invariant dans les banques. Vous êtes dans une agence de la BNP vous déménagez, vous n'avez théoriquement pas de problème pour que votre compte vous suive car le numéro est unique. Si en outre vous êtes au crédit agricole, ce n'est peut être plus le cas aujourd'hui, si vous changez de région c'est comme si vous changiez de banque. Cette uniformisation est donc une bonne chose, à l'heure de la mobilité, elle met quelque chose en commun dans toutes les écoles de France sans pour autant intervenir dans la manière d'enseigner. Ces compétences ne sont pas données par les enseignants, elles sont issues d'un référentiel, d'un programme. 

Vous avez globalement compris le truc, des compétences à avoir, des compétences qui suivent l'élève, des compétences visibles au travers d'un truc qui s'appelle le LSU. Seulement il faut comprendre que l'état ne vient pas de mettre à disposition un logiciel de notes, enfin de compétences, gratuitement, on va pas couler des boîtes qui fabriquent pronotes par exemple, il est donc nécessaire de faire une passerelle entre le LSU et les outils actuellement utilisés. Les élèves, les profs existent dans une grande base qui s'appelle SIECLE, c'est un outil à tout faire dans lequel vous avez les coordonnées, les notes des élèves etc ... 

Et c'est là où ça pose problème, les établissement agricoles, leurs élèves, les profs ne figurent pas dans SIECLE quand toute la procédure du LSU s'appuie sur SIECLE. 

Alors oui effectivement, on dira que l'agricole on gave, qu'on représente une faible proportion des élèves, et qu'on ne pas penser à tout, ce que je peux tout à fait comprendre. Néanmoins, on existe, avec un certain talent d'ailleurs en proposant un enseignement alternatif, avec souvent des enseignants qui ont connu autre chose et qui font souvent autre chose à côté, et je pense que c'est bien qu'on existe. Le problème est donc toujours le même, faire dans l'urgence, car là je crois que c'est évident c'est sans aucun doute cette réforme qui va tout changer, l'urgence fait faire n'importe quoi. 

A l'heure actuelle on nous dit que c'est urgent d'attendre, la problématique c'est qu'à la fin d'année il faudra bien que le fameux Livret de Compétences soit rempli et je reviens dans les explications. On a donc notre gosse qui fait son parcours du CP à la troisième et qui valide des compétences. Si on a tout compris et ce n'est pas une certitude, en fin de troisième, une partie des compétences du LSU serait utilisée pour calculer les notes du contrôle continu du DNB. Malheureusement et c'est pour cela que je fais la distinction entre la zone de certitude et vers l'infini et au delà, rien ne nous garantit que ce sera automatique et qu'il ne faudra pas valider d'autres compétences. 

Moralités : 

  • le DNB est un diplôme qui relève de l'éducation nationale, nos élèves passent le même dans sa version professionnelle. Il est donc logique de se caler sur ce qui se fait dans l'EN. J'ai donc fait passer les libellés qu'on trouve actuellement et demandé à mes collègues de se caler là dessus. 
  • Dans l'absence complète d'informatisation, va se poser le problème de certaines compétences qui peuvent être validées par plusieurs personnes : par exemple le travail en groupe. Chaque prof aurait pu mettre une note sur le travail en groupe, l'ordinateur aurait fait une médiane de l'ensemble, là il va falloir faire une réunion pour s'entendre entre collègues
  • Comme ça va trop vite, il y a de bonnes chances qu'à la fin de l'année ce soit un truc tout pourri qui soit mis en place. On va donc faire nécessairement un travail qui n'est pas celui que nous aurions voulu faire, loin des attentes et le seul qui sera pénalisé c'est l'élève.
  • Le manque de clarté de la situation n'aide pas les enseignants à s'impliquer dans la réforme et pourtant il faut le faire. Il faut avoir conscience que le système de notes est voué à disparaître, en tout cas on fait tout pour, quel que soit le gouvernement au pouvoir. Avec un tel foutoir, il est très difficile de faire comprendre l'intérêt, la subtilité, la seule chose qui passera c'est le découragement et l'incompréhension. 
  • Le pire là dedans, c'est qu'avec une mesure prise sur une fin de quinquénat, il est tout à fait possible que tout soit remis à plat l'année suivante. 

Au moment où je vous écris ces lignes, je vous décris ce qui est devenu le plus difficile dans notre métier, cette bureaucratie épouvantable. Notre métier ça devrait principalement être autre chose, de l'enseignement, s'occuper des gamins, trouver des trucs sympas à faire avec eux, se concentrer sur l'essentiel. Les années passent et cet à côté devient de plus en plus oppressant, bloquant pour le métier faisant de nous des administratifs ce qui se rajoute à notre casquette d'assistante sociale, ou d'éducateur spécialisé. Car il faut bien réaliser que le temps passé à comprendre, déchiffrer, faire dans l'urgence, c'est un temps qui n'est pas consacré à autre chose, faire notre job par exemple. 

L'histoire sans fin

Rédigé par Cyrille BORNE - - 2 commentaires

C'est l'histoire d'une youtubeuse qui se voit proposer l'interview du président de l'union européenne, vous l'avez forcément vu cette semaine mais c'est pas grave, on va la refaire quand même. L'exercice est simple, on prend quelqu'un qui a une petite célébrité, qui certainement ne comprend pas grand chose à la politique, et on la place dans une position où elle sera totalement inoffensive. Seulement, et comme souvent parce que l'histoire a déjà été écrite, on essaie de manipuler la personne pour qu'elle pose des questions préparées à l'avance, mais comme l'histoire est déjà écrite, la youtubeuse sort quand même ses propres questions et filme la tentative d'influence de Google, diffuse la vidéo. Bien sûr, c'est pas bien et Google fait ce qu'il faut faire, car l'histoire est déjà écrite, ne pouvant pas fermer son compte, lui couper les vivres, on lui propose 25.000 euros ou dollars, c'est sans importance, et de devenir ambassadrice de la marque. Même M6 avait fait un reportage là dessus, c'est dire qu'on est quand même super loin de la réflexion de fond, vous prenez un rebelle, vous lui grattez le dos, vous en faites votre allié, ça passe tout seul. Mais comme vous le savez c'est écrit, la fille va refuser l'offre et ainsi devenir la princesse de l'internet et tout le monde dira bravo. 

Alors forcément on se dit que tout est bien qui finit bien, que la justice a été rendue, que les youtubeurs ont gagné mais en fait absolument pas, c'est l'histoire de Laurent Ruquier et des chroniqueurs qui se répètent. Ca fait 20 ans que je vois Laurent Ruquier à la télé, dans 20 ans je lui souhaite d'y être encore, il en aura passé des chroniqueurs. C'est presque un théorème, les chroniqueurs passent, Laurent Ruquier reste. Le vainqueur pour le coup ce n'est pas Google, mais ce n'est en aucun cas la youtubeuse et par extension les youtubeurs, tout simplement parce que la youtubeuse continue de faire ses vidéos sur youtube, aucun youtubeur n'a brûlé son compte en diffusant la vidéo sur Dailymotion. Mais seulement quelles perspectives ? 

Notre youtubeuse tellement pétrie de bonnes intentions, chevalier blanc en armure aime quand même se faire frotter le dos, et si elle a refusé le chèque et les voyages c'est qu'il y a nécessairement un calcul derrière, le calcul d'avoir quelque chose de plus bankable, plus de vues, plus de propositions, quelque chose du genre car elle est dans le calcul. Et oui les enfants, car s'il n'y avait pas de calcul qu'est ce qu'il aurait fallu qu'elle fasse pour changer enfin l'histoire ? Fermer son compte et aller vers une plateforme qui offrirait une meilleure éthique ! C'est bien Marcel, tu as bien répondu. 

Seulement notre souci c'est qu'à l'heure actuelle, si tu veux faire de la vidéo, youtube est quand même the place to be. Dailymotion c'est une vaste plaisanterie, Facebook ce n'est certainement pas clair dans la tête des gens. Et c'est bien dans le geste de ne pas fermer son compte qu'on comprend que le grand gagnant de l'histoire c'est Google. Et même si la jeune femme avait fermé son compte, Google aurait quand même gagné la partie et elle l'aurait totalement perdue. Des youtubeurs, on tape dans un arbre il en tombe 50.000, si elle avait fermé son compte pour faire autre chose ailleurs, elle serait tombée dans l'oubli, au moins elle continue "d'exister".

On est exactement dans le grand problème de fond du logiciel libre, faire des choix. Je fais le choix de m'héberger par moi-même, je fais le choix de ne pas être sur les réseaux sociaux, je fais le choix de pluxml, je ne fais aucun choix qui facilite réellement la visibilité de mon message car j'estime que mon message doit être en cohérence avec la façon dont je l'exprime. Comme j'aime à le rappeler, il est difficile d'arroser tout le monde sur le logiciel libre sur certaines valeurs et d'inviter les gens à suivre sur la page facebook même si dans mon cas ce serait hypocrite, je n'utilise pas ses outils car ils ne m'intéressent pas. En dénonçant Google mais en continuant à l'utiliser, la seule chose qu'aura démontré la youtubeuse c'est sa servitude. 

La suite de l'histoire je peux vous la donner, les youtubeurs qui ont la vague sensation de faire croire qu'ils ont gagné la bataille, ont en fait abandonné la guerre, une guerre que de toute façon tout le monde a perdu. Je ne ferai l'offense à personne de parler d'auto hébergement de ses propres contenus vidéos, car à l'heure actuelle c'est tout bonnement impossible si on envisage d'avoir un certain nombre de vues il est obligatoire de passer par la cause hébergement professionnel ou propriétaire. Demain, avec la fibre optique, l'augmentation des débits ce sera certainement possible, pour l'heure, pour qui veut faire de la vidéo, c'est un choix à faire, j'ai fait le choix de dailymotion que je trouve moins pire que youtube, dans l'attente d'autre chose. 

Fil RSS des articles