Il faut sauver le soldat Darksiders 3

12/10/2019 Non Par cborne

La franchise Darksiders a connu un certain succès mais surtout pas mal de péripéties. Le studio THQ ayant fait faillite, personne n’attendait après tant d’années à voir revenir la suite de ce jeu. J’avais refait les deux premiers opus sur PS4, sachant que j’y avais déjà joué sur PC il y a bien longtemps, le concept de jeu c’est en gros du Zelda se déroulant dans un univers apocalyptique au sens propre.

Dans le premier épisode on incarne War, l’un des quatre cavaliers qui débarque donc en pleine apocalypse parce que les sceaux ont été cassés. Il se trouve qu’en fait non, pas tous, et le conseil qui doit assurer l’équilibre entre le bien et le mal l’accuse d’avoir lancé l’apocalypse trop tôt. Entre la terre, le ciel et les enfers, notre personnage évolue dans un univers où les anges et les démons se livrent la dernière bataille. War cherche à savoir qui l’a trahi et tente de lui faire porter le chapeau. Le côté Zelda vient du système de jeu, à savoir que War va trouver de nouveaux pouvoirs qui vont lui permettre d’avancer dans certaines zones qui étaient inaccessibles. Ce premier épisode, réussi, posait les bases d’un univers assez intéressant et original, une enquête entre anges et démons, bien bourrine. Le second épisode avec Death qui veut prouver l’innocence de son frère, sauver l’humanité, avait été saluée par la critique quand moi je le trouvais particulièrement long, pénible et multiple de trois. Le trois s’est fait joyeusement défoncer d’une façon particulièrement étonnante, à savoir de façon conjointe et inattendue :

Deux exemples parmi bien d’autres, j’ai beaucoup apprécié le test de Numerama pas du tout spécialisé dans le jeu vidéo qui se fend d’un article réellement à charge.

Darksiders 3 faisait partie des jeux gratuits du PS+ le mois dernier, j’ai donc lancé le jeu sans attente mais surtout sans avoir déboursé un centime pour une des meilleures expériences de jeu de ces derniers temps, meilleure pour moi que le dernier Batman, en dessous toutefois de God of War.

Je suis belle et rebelle, je suis Fury

Nous incarnons désormais Fury présentée comme la plus faible des quatre cavaliers. La jeune femme très arrogante, veut montrer qu’elle est capable, et le fameux conseil responsable de l’équilibre, lui demande de traquer les sept péchés capitaux.

Pour ceux qui ont fait les deux premiers vous ne serez absolument pas choqué par le character design, comprenez que vous aurez la sensation de jouer à un jeu PS3 et c’est l’un des principaux reproches qu’on peut lire dans les tests. C’est une notion que j’ai toujours du mal à comprendre avec le monde du jeu vidéo. D’un côté on se plaint que c’est la dictature du pixel, de l’autre on s’extasie devant la première merde en huit bits sous couvert du génie du retrogaming. Pour moi, un jeu est bon ou il ne l’est pas, je ne suis pas choqué par l’apparence du jeu qui s’inscrit comme une bonne continuité des deux autres.

Ce qui est par contre insupportable, enfin je l’ai quand même supporté jusqu’à la fin c’est deux choses. Les sauts du personnage et la maniabilité de façon générale, les temps de chargement et les baisses de framerate pour un jeu qui théoriquement ne devrait pas du tout être gourmand.

OH OUI VAS-Y FAIT MOI MAL !

Nous sommes passés de la grosse épée avec un personnage rigide et bourrin pour War à la faux avec un personnage plus souple avec Death, avec Fury nous avons un personnage léger qui tourne au fouet et qui va donc devoir éviter. Qui dit fouet dit forcément Tarzan et c’est ici que vous vous demandez dans les premières minutes de jeu où est ce que vous êtes tombé, au sens propre. Vous sautez, vous appuyez sur le bouton qui va bien et vous tombez comme une merde. Vous recommencez, et vous retombez comme une merde. On finit par y arriver mais c’est laborieux et c’est plutôt frustrant surtout que les phases de Tarzan sont assez nombreuses dans le jeu. La maniabilité du personnage ne pose pas de problème, oui la précision n’est pas toujours au rendez-vous et on va par exemple galérer pour détruire certains éléments du décor, rien de méchant.

La première vraie surprise c’est de tomber très rapidement sur l’un des sept péchés et c’est une bonne chose, parce que cela vous met dans l’ambiance directement, je me suis fait laminer d’entrée de jeu. L’expérience de jeu a été modifiée, le jeu n’est pas plus dur il est devenu plus exigeant et pompe ici directement dans l’univers des Dark Souls. Des combats plus difficiles, des âmes qui sont récupérées et transformées en niveau chez le marchand, et si on se fait tuer la possibilité de récupérer ses âmes.

Le premier boss, un boss pas difficile sauf qu’il faut sauter pour l’achever et avec le bug du saut dès le départ ça a dû en décourager plus d’un

Une fois qu’on a pris le coup, les patterns ne sont pas bien compliqués, il suffit d’éviter au bon moment en appuyant sur la touche R1 pour pouvoir faire un contre magique. Les boss ne sont pas très durs à tuer, il y en a plus de sept, comme on le sait, War a été trahi par le conseil, Fury dans son aventure va croiser des personnages bien connus, ange et démon, ainsi que le curieux maître des abysses qui va lui donner au compte-goutte les fameux pouvoir tant attendus.

  • Le très classique feu qui permet de brûler des trucs et de faire des sauts plus haut. On comprend l’intérêt de sauter plus haut, pour le fait de brûler, ça ouvre des passages bloqués par des toiles d’araignées. Il y a des manières de l’utiliser bien plus subtiles, notamment pour jouer sur le timing, on va brûler à un rideau, le temps que le feu se propage, il faut faire une action le temps que c’est en train de cramer. Le jeu est truffé de bonnes idées de ce type avec une utilisation des pouvoirs particulièrement originale rarement vue dans un jeu vidéo.
  • Le tout aussi classique pouvoir de l’électricité qui ne permet pas de faire grand-chose, c’est le moins utile, si ce n’est de flotter sur de longues distances et de décoller dans les rares courants d’air du jeu.
  • La toute aussi classique glace qui permet de geler les objets ce qui est du déjà vu et qui fait honneur à la série souvent composée de casse-têtes. On va devoir à certains endroits geler un mécanisme pour pouvoir positionner un appui pour sauter (se rater et tomber comme une merde). Beaucoup plus original par contre, le personnage gèle l’eau sous ses pieds ce qui fait que Fury va marcher sur l’eau ce que j’ai rarement vu dans un jeu vidéo et pouvoir faire glisser des objets avant que ça fonde.
  • La force qui permet d’avoir trois pouvoirs particulièrement intéressants. Celui d’avoir un marteau qui permet de déplacer des objets en mettant un grand coup dedans. La force alourdit le personnage si bien qu’il peut marcher sous l’eau et résister au vent, j’y viendrai plus loin. Et le dernier pouvoir, Fury est entourée d’une stase en forme de boule qui permet de rouler sur des endroits bien particuliers et d’accéder à de nouvelles zones.

Dans les critiques qui ont été faites au jeu, la durée de vie trop courte, plus d’une quinzaine d’heures ce qui est très honorable. Le jeu va à l’essentiel, on va noter 18 un Batman qui augmente de façon très pénible la durée de vie avec les 200 énigmes de l’homme mystère mais trouver ça formidable, ici le fait de revenir dans les zones déjà faites pour utiliser les nouveaux pouvoirs et débloquer des lieux inconnus c’est pas bien. Au contraire, c’est le principe même de Zelda, la frustration de ne pas pouvoir aller à un endroit, la récompense de pouvoir enfin y accéder.

Les univers sont bien ficelés, l’action ici ne se déroule que sur terre et on va parcourir des lieux à la Mad Max. Deux endroits sont particulièrement notables, un univers sous-marin où l’on alterne le pouvoir de la force pour marcher sous l’eau et la nage, qui vont nous conduire au seul boss totalement déséquilibré du jeu, la gourmandise.

La gourmandise, un boss qui ne donne pas vraiment faim

Le boss est déséquilibré, il balance des flaques d’acide qui restent au sol et a une attaque imparable. La seule méthode qui va bien c’est la patience, lui tourner autour, lui balancer le shuriken géant donné par les anges à distance. Oui, les anges vous donnent une étoile géante de ninja qui bien évidemment chargée du pouvoir qui va bien va permettre de réaliser certaines nouvelles actions.

L’autre lieu assez notable et original, vous êtes poursuivi par une tempête géante qui vous oblige à vous cacher dans des bouches de métro. Bien sûr comme la précision de Fury n’est pas très précise, on finit dans la tempête, comme les temps de chargement sont très longs on commence à pester mais c’est plutôt rigolo.

Alors que le Darksiders 2 était horriblement trop long, que ce Darksiders 3 est mal jugé, il apparaît que le plaisir, une notion qui a l’air totalement absente chez les testeurs jv, est pleinement au rendez-vous. Quand dans Darksiders 2 on avait voulu en plus rajouter une notion de jeu de rôle avec de nombreuses armes différentes qui ne servaient à rien, le jeu va à l’essentiel en proposant un défi franchement sympathique. S’il est évident qu’à 50 € je n’aurais jamais acheté à sa sortie, à moins de 20 sans aucune hésitation. Si vous êtes à la recherche d’un bon jeu d’action, pas prise de tête, qui pousse à une réflexion saine et à un peu de réflexe, je vous invite sincèrement à faire ce jeu.