House music in my house

13/02/2020 Non Par cborne

On a beau dire que Youtube c’est de la merde, c’est un peu comme tout finalement, ça dépend de ce qu’on a envie d’en faire. À titre personnel, c’est une machine à remonter le temps, et le téléporteur de l’Enterprise, je suis dans toutes les scènes musicales du monde, je suis à tous les âges où ça filmait. Je fais en ce moment une phase, disco, house, funk, ce qui nous renvoie dans les années 90, l’une des périodes qu’on a le plus décrié musicalement. Je redécouvre des titres que je n’appréciais pas à l’époque, trop jeune, trop intransigeant, trop dans le rock des années 70 et dans le rap hardcore. Avec mon baladeur à cassettes puis mon baladeur CD, j’écoutais principalement les Doors et du NTM.

Il y a dans cette version de Sing It Back de Moloko tout ce que je trouve génial dans la musique et pas si différent de Jim Morrison et des Doors. Jim à moitié défoncé sur scène faisant des morceaux de 14 minutes, invectivant le public, inimaginable en 2020 où tout est millimétré. Ici c’est pareil. C’est du grand n’importe quoi, le micro qui se casse la gueule dès le début, la danse idiote du clavier en peignoir et pieds nus, Róisín Murphy habillée comme un paillasson mais qui pose une voix extraordinaire, le guitariste qui prend des photos la clope au bec. L’ensemble donne un côté amateur assez étonnant à voir et pourtant musicalement ça tient franchement la route, le tout sur neuf minutes, de la joie de vivre, du plaisir. La chanson Sing it back est vraiment top, vous pouvez la retrouver remixée de 40 façons différentes, des tas de covers. La palme de l’utilisation dégueulasse revenant au film repomen dans une des scènes d’amour les plus trashs du cinéma.

C’est intéressant de rouvrir une histoire qu’on a trouvée mauvaise, de se rendre compte que les goûts ont changé et que ce n’était pas si mauvais. Dans dix ans je suis persuadé que je trouverai dans les titres de Jul et sa « beuh magique » une philosophie que j’ai beaucoup de mal à percevoir aujourd’hui.

House music mais surtout travaux de maison pour cette première semaine de vacances, en continuité de ce que j’avais démarré avec les élèves de troisième en stage.

On a refait l’intérieur d’un placard. On pourrait penser que j’en suis à un niveau de « que ça à foutre » qui défie l’imagination pour arriver à repeindre les intérieurs de placard mais pas tant que ça. Cela fait sept ans que nous sommes installés à Saint-Pierre et je ne l’avais jamais fait. Au dernier étage, où vivent les fauves pour reprendre l’expression consacrée, j’ai trop d’humidité à mon goût et il va falloir que je me penche sur le problème. J’ai la conviction qu’il s’agit des gosses. Alors effectivement avec mon métier, ma mentalité, l’adolescent est toujours un bon coupable. Néanmoins, même s’ils sont sous le toit, et que je me doute qu’avec la flotte qu’on a ramassée ces derniers temps ce n’est pas fait pour aider, le fait qu’ils soient incapables d’aérer l’étage me paraît la bonne piste à suivre. Malheureusement il est difficile de réussir à poser un diagnostic, à moins d’aller tous les matins aérer les chambres … L’humidité, c’est vraiment un problème de fond et on se rend compte que quelle que soit la construction, il faudra casser, refaire, un truc de plus à faire :

Ça c’est mon balcon, et c’est curieux parce que dans la résidence d’à côté ils refont tout pour le même problème. Dans nos maisons construites dans les années 70, à priori ça a été construit par les touristes pendant l’été, la ferraille a pris la flotte, elle a fini par gonfler et vous avez le résultat, ça fait sauter la briquette. Dans ce cas-là, pas de secret, il va falloir ouvrir plus, gratter la ferraille pour faire partir un maximum de rouille et mettre le produit qui va bien. J’ai espionné la résidence d’à côté pour voir comment fait le gars, sachant qu’à priori il est du métier, c’est ce qu’il était en train de faire.

L’humidité c’est vraiment la plaie, samedi j’ai l’architecte qui vient me donner un coup de main. Il a à priori le produit miracle qui bloque la rouille et qui lorsqu’il sèche a une couleur ciment, ce qui laisse rêveur et me laisse imaginer un ravalement de façade. Il faudra changer deux carreaux de la salle de bain, parce qu’après avoir retiré le radiateur mural qui avait rouillé, on a rebouché les trous comme on a pu et c’est dégueulasse. Je n’ai pas réussi à trouver la même couleur, ce qui me permet de partager avec vous le premier conseil, si vous faites du carrelage ou de la faïence, je vous invite à faire le plein et stocker dans un coin. Ici, il ne s’agit pas d’un de ces fameux « au cas où », mais bien d’une évidence, le carrelage ou la faïence finira par prendre cher. Ma mère dans son appartement alors qu’elle n’a pas de gosses, enfin je me comprends, la structure a bougé, une lézarde est apparue. J’ai pris une couleur radicalement différente, tant pis, plutôt que de prendre un truc qui ressemble plus ou moins mal, on casse la couleur et on se lance dans tétris. Je ne sais pas ce que ça va donner, je vous montrerai le résultat. Mon premier conseil, avoir le maximum de carreaux en double, le second conseil, la location, le célibat ou éventuellement ne vivre qu’avec des hommes. Si le radiateur sèche serviettes a fini par pourrir c’est parce que les femmes de la maison lorsqu’elles se lavent les cheveux (souvenir), transforment la pièce en sauna, si bien qu’elles arriveraient même à faire rouiller des matières plastiques.

Si vous avez suivi le fil conducteur de notre histoire, ce petit problème d’humidité où j’imagine les membres de la famille en coupable, vous ne serez pas surpris qu’ouvrir la fenêtre après la douche n’est pas un geste qui a pris chez moi. Peut-être à la prochaine génération de Borne. Il faudrait acheter un moteur d’avion pour VMC.

Nous allons faire une pause musicale avec « All in you » du groupe Synapson

La chanteuse qui a un sacré timbre de voix est parfaite. Naturelle, en jean, elle est dans son truc et on s’étonne, enfin personnellement je m’étonne de voir qu’elle est chanteuse de RAP. Je suis arrivé sur cette chanson par les suggestions de Youtube qui finalement pour un outil de merde a des goûts pas trop dégueulasse. Il faut que je regarde un peu ce qu’elle chante.

Samedi pendant que l’architecte sera en train de bricoler, je dois lui changer son vieux SSD de 60 Go vers un 120 Go, je fais la révision de son PC, il ne sait pas s’il est resté sous Windows 7 ou s’il est passé sous Windows 10. Il n’a pas non plus le souvenir d’être harcelé par des messages pour lui dire que son Windows 7 est mort. Vous voyez tout de même que l’informatique grand public, c’est toujours pas gagné. L’informatique c’est pas gagné tout court.

Je me plaignais sous Xubuntu je pense que j’avais du mal à faire communiquer mon téléphone par simple câble USB et que le problème était réglé depuis mon passage à Ubuntu la maison mère, en fait non. Du fait d’avoir des répertoires synchronisés par syncthing, je ne m’en suis pas rendu compte. J’évoquais dans mon dernier billet, l’achat d’une tablette Archos. J’ai voulu faire la même méthode d’écriture avec Syncthing pour récupérer les bandes dessinées sur mon PC, il se trouve que curieusement la copie se fait mais les fichiers n’apparaissent pas. J’ai essayé toutes les méthodes possibles et imaginables mais sans grand succès, serveur FTP, partage par le réseau. Par le câble USB, des crashs, le premier fichier qui se copie pas les autres. Il apparaît en parcourant la toile que c’est un problème collectif et ce quelle que soit la distribution. Tiens j’ai pas trollé Manjaro depuis un moment, il est temps, il se trouve que la réponse qui m’a fait le plus marrer, c’est celle-ci et elle vient du forum officiel de la distribution.

Ça part d’un commentaire tout simple, avec le gars qui se met à pester pour dire que l’action la plus basique possible à savoir monter son téléphone sur le PC, ça ne marche pas et ce quelle que soit la distribution. J’ai tendance à dire que je ne peux effectivement pas lui jeter la pierre. Nécessairement le gars se fait incendier très rapidement. Je ne juge pas, personnellement je suis passé de l’autre côté, je préfère mieux proposer une solution. Android File Transfer for Linux. Le gars dit en substance sur sa page github que si vous êtes content de gvfs, mtp, et j’en passe cette page n’est pas pour vous, par contre si ça ne marche pas le programme pourrait vous intéresser. J’ai malheureusement trouvé cette page sur le site anglois omgubuntu, puisqu’il n’y a plus de sites qui donnent les nouveaux logiciels ou les logiciels utiles dans la francophonie. Il existe un app, compte tenu de l’utilisation que j’en fais, j’ai préféré l’installé en dur.

Sur Ubuntu :

sudo apt-get install build-essential cmake libqt4-dev ninja-build libfuse-dev libreadline-dev
mkdir build
cd build
cmake -G Ninja ..
ninja
sudo ninja install

Une installation par un logiciel qui s’appelle ninja, il n’y a que sous Linux qu’on peut trouver ça.

Cela fonctionne sans aucun problème, néanmoins l’interface est assez dégueulasse. La barrière pour le grand-public est toujours là, palpable, bien présente. Imaginez tout de même, que le copier coller impose de passer par un logiciel tiers, pas très joli, à la place de l’explorateur de fichiers. Et pourtant on n’est pas à l’abri de quelques surprises.

J’ai remonté un compte instagram.

Je l’ai fait pour deux raisons :

  • Au départ c’est parti d’une volonté de comprendre le fonctionnement du réseau social et des stories en particulier. Je dois reconnaître que snap où l’on n’est que dans la publication éphémère est un mystère pour moi. J’ai pris un coup de vieux sur certaines technos, le smartphone est un outil handicapant pour moi et je voulais comprendre. J’ai compris. Je fais des stories bizarres, avec du comique de répétition. Dès que je croise une machine à café je mets une chanson d’amour, « sur le drapeau » de NTM et Sofiane pour toute chanson de bricolage, des photos de cuisine avec la musique du moment, la marche de l’empereur avec des photos de paquets de copies, et « oh mon bateau » du défunt Eric Moréna pour les photos de l’Aude ou de mon Partner. Le faible engagement et l’association de l’image à la musique m’amusent beaucoup.
  • J’ai cette année une classe de seconde générale tellement sympa qu’on a fait un goûter pendant le dernier cours de maths avant Noël. Je ne le fais que très rarement, le dernier c’était dans une classe de première où les filles avaient amené un banquet et des lisseurs à cheveux. Cela restera certainement l’une de ces classes mémorables qu’on a qu’une fois dans sa carrière. Ces pauvres gosses sont gentils, obéissants, avec un faible niveau et je les fais vraiment trimer fort. Je ne sais pas si les réseaux sociaux ont cassé quelque chose dans l’accessibilité des enseignants ou parce que je suis quelqu’un d’accessible, mais ils ont tendance à me solliciter pour que je leur donne un coup de main. On ne s’étonne pas de voir passer dans des stories, des bouts de programmes Python. De moins en moins d’élèves ont messenger, ils ont tous instagram. Ce n’est pas l’outil idéal mais ça fonctionne, cela me force à être plus imaginatif.

Parmi mes GT, j’ai une gamine qui dessine tout le temps, elle me laisse des traces au tableau parfois, comme Simon le Python. Ces pauvres gamins sont traumatisés par Python, ils en font une obsession.

Si ici le trait est sommaire, elle a un bon coup de crayon sur des choses plus élaborées. Je lui ai conseillé du fait de son jeune âge d’acheter une tablette graphique, une Wacom à pas cher, et d’apprendre les logiciels de dessin. Elle m’écrivait aujourd’hui qu’elle avait commandé une tablette mais pas de Wacom, parce qu’elle est sous Linux et qu’elle n’était pas compatible. Je l’ai envoyée faire un tour sur le site de David Revoy, et lui ai dit d’installer Krita. Elle est sous Linux parce que sa mère a dit que c’était mieux et qu’il n’y a pas de virus. Elle ne connaît pas sa distribution ce qui ne l’empêche pas de l’utiliser. Voici qui rajoute au mystère, si elle est sous Manjaro, je lui mets des lignes façon Bart : « je ne dois pas utiliser la distribution des gens qui n’ont pas réussi à installer Arch ».

De ce que je retiens de l’utilisation d’Instagram : une perte de temps conséquente, le degré zéro de l’apprentissage, un outil de communication incontournable si vous travaillez avec du moins de 20 ans. Pour l’heure, je n’ai pas trouvé de compte « intéressant » et j’ai envie de dire que ce n’est peut-être pas, certainement pas l’endroit. La tendance à se photographier plutôt que de capturer le monde et par le fait d’essayer de le comprendre, m’est assez insupportable. Pourtant on comprend que pour les jeunes, c’est finalement le plus important, se montrer, plutôt que de montrer ce qui nous tient à cœur ce qui a de l’importance. Plaire au monde quand il faut avant tout se plaire à soi-même, parmi les nombreux maux du monde.

Bonne nuit à tous. Nous nous quittons sur Rim’K qui chante tonton du Bled sorti en 1999 avec un orchestre symphonique. Bien évidemment ce titre fait sourire, quand on sait que un an plus tôt Rim’K et le 113 chantaient avec Rohff et Mafia K’1 Fry, évadés de l’EP Ni barreaux, ni barrières, ni frontières dénonçant de façon très violente la justice et la police, Tonton du bled a contribué à la démocratisation du RAP en France. La consécration pour l’homme de 41 ans, la musique la plus écoutée de France avec des gens qui d’habitude font du classique. Au-delà du très chouette moment de musique, j’y vois tout de même la soumission d’un genre par rapport à un autre, confirmant que c’est ceux qui remportent les guerres qui écrivent les histoires, et même les chansons, pour preuve.

J’écrivais plus haut avec ironie que dans dix ans j’écouterai du Jul, autant me flinguer les tympans tout de suite. Néanmoins, je ne méprise pas, comme je vous invite à ne rien mépriser de ce que font nos jeunes aujourd’hui car ce que nous considérons comme de la sous-culture, ou des mouvements marginaux ou minoritaires seront de toute évidence les codes de demain.