Gérone

07/03/2019 Non Par cborne

Après un silence radio complet ou presque, j’étais un peu sur le forum, je viens de finir Mass Effect Andromeda, j’ai fait 1400 km et je suis revenu de Gérone. Gérone c’est pas forcément la ville à laquelle tu penses pour aller faire tes vacances, c’est un peu comme Nîmes des villes de passage. Gérone c’est la ville de passage pour Barcelone que nous avions fait il y a deux ans, trop frais dans nos esprits. Je cherchais une destination en Espagne, pour un peu plus de chaleur que chez nous, pour un peu plus de sourire que chez nous, pour une meilleure nourriture que chez nous. L’idée sous-jacente c’était l’Espagne sans trop rouler non plus, j’ai eu mon compte avec la semaine de rendez-vous médicaux entre Toulouse et Montpellier.

L’accueil en Catalogne n’a rien à voir avec mon bord de mer, c’est à se demander pourquoi les gens viennent encore en France, encore plus dans le sud où l’Espagne n’est qu’à 100 km. Je vais arrêter mon laïus sur le fait qu’on va tous mourir, et les restaurants de plage encore plus vite que les autres. Le changement est tout de même assez étonnant, alors que l’Espagnol est caricaturé par le taureau, le gars qui parle vite, passionné, énervé, les gens roulent tranquillement, sont calmes, souriants, vous renseignent lorsque vous êtes perdus.

Il n’y a effectivement pas grand-chose à faire à Gérone, et vous aurez l’obligation de prendre la voiture pour aller faire un peu les extérieurs. Nous n’avons pas fait l’intégralité de Gérone, comprenez qu’il y a pas mal de musées à faire, le musée du cinéma par exemple, mais la famille en avait la curée de faire de l’intérieur, nous avons donc voulu faire une visite à l’extérieur. Point important, personne ou presque ne parle l’anglais ou le français, il faut donc une certaine habitude du voyage ou parler l’espagnol pour se faire comprendre. Le patrimoine historique est franchement joli, cathédrale, basilique, muraille, le quartier juif. C’est très médiéval, on ne s’étonnera donc pas que les escaliers suivants ont été utilisés pour Games Of Thrones pour la marche de la honte où la reine se traîne à poil pour faire honneur à la série. La cathédrale c’est celle qui explose. Vous noterez que la cathédrale rencontre un certain succès, nous n’avons pas pu la visiter étant donné qu’il y avait un tournage de plus. C’est un peu le signe de notre séjour, le c’est pas possible, on y viendra plus loin. Lorsque vous quittez la cathédrale vous passez dans le quartier juif, des ruelles étroites dans lesquelles on trouve des boutiques de souvenir comme vous en avez partout en Espagne avec de nombreuses poteries colorées.

Ci-dessous, l’intérieur de la cathédrale. 5 € par tête quand même quand on a pu voir ailleurs des bâtiments similaires de façon gratuite même en France. Je suis un peu mauvaise langue car on peut accéder avec le billet à la cathédrale, la faute à pas de chance la cathédrale était fermée pour tournage comme expliqué plus haut. Il y a une salle particulièrement impressionnante avec des pierres aux tons bleus, pour le reste c’est du classique.

Pour rester dans le registre historique, il existe des remparts qui démarrent au début du centre et qui finissent à la fin, ils font toute la largeur, du pont de Pedra jusqu’au très grand parc de la Devesa. Gérone est une ville particulièrement verte, presque campagnarde, traversée par des rivières. Le matin on était réveillé par le chant du coq, nous étions dans une zone populaire située à proximité de potagers pour les citadins. Les remparts permettent d’avoir un point de vue plutôt sympa de la ville, il y a des tours à différents endroits qui sentent très fort la pisse où des jeunes s’installent pour fumer de l’herbe. Point de vue de la ville mais aussi de l’architecture des maisons, on passe aussi dans un petit jardin bien entretenu à proximité de la cathédrale et de l’université.

J’évoquais le pont de Pedra plus haut, c’est un peu le point d’accès au centre historique, juste sur la gauche de ce pont vous avez l’office du tourisme avec un des rares gars qui parle le français dans cette ville. Depuis le pont de Pedra, on peut voir un pont Eiffel, si j’étais mauvaise langue je dirais qu’on a le même à Olargues, il faut reconnaître que la vue sur ces maisons colorées ça en jette pas mal, je vous offre moi aussi cette photo que vous verrez des dizaines de fois si vous faites une recherche sur Gérone. Nous avons mangé des tapas sur un restaurant de la place de l’indépendance qui donne vue sur la rivière. À moins de 13 € vous avez un repas avec la boisson, l’entrée, le plat et le dessert, le sourire et la leçon de Catalan est offerte. On découvre que de nombreux mots sont communs entre le français et le Catalan, la différence se trouvant souvent dans la façon de rouler les r.

Une fois que vous avez fait ça vous avez fait le gros des extérieurs de Gérone, plus qu’à vous faire les musées. Nous avons donc quitté la ville en direction de Banyoles, où l’on trouve un très gros lac et un monastère qui à priori déchire. La faute à pas de chance alors que le monastère est indiqué ouvert, qu’on arrive à rentrer, à l’accueil personne, on sonne et on se fait envoyer bouler certainement par un moine qui devait chercher sa cosmo énergie pour nous dire qu’il n’y a pas de visite. La faute à pas de chance, on avait besoin de tuer le temps pour faire le lac en bateau mais il se trouve que les sorties bateau ne se faisaient pas avant 12h15 alors que nous étions sur le site à 10h. Le lac de Banyoles est très fréquenté, des jeunes, des vieux, beaucoup de gens qui courent, qui marchent, c’est même surprenant. J’écris que c’est surprenant parce que ça fait franchement penser à Gruissan, le château en moins et qu’autour de Gruissan en cette période, il n’y a pas un chat. C’est très joli, des gens qui font de l’aviron, des canards presque domestique et ces maisons bizarres qu’on voit tout le long du lac. Dans le cœur du village, quelques commerces, une place du village un peu propre, une église à côté du monastère, un musée, des remparts qu’on qualifiera de mur médiéval un peu long où il n’y a rien à faire.

Ce n’est pas parce que tu vis à la mer que tu ne vas pas à la mer. Gérone se trouve à proximité de la Costa Brava, les plages donc, avec une qui nous paraissait à faire, Tossa del Mar. Tossa del Mar a la particularité d’avoir un gros château en bord de mer. Je vous ferais bien un jeu de mots sur le château de sable mais non. À environ 45 minutes de route à vomir, je vous conseille d’y aller le ventre vide, ça tourne, c’est le seul point d’attraction avec un petit peu de vieille ville, l’ensemble se faisant en trente-cinq minutes. La plage quant à elle est jolie, le reste du village particulièrement dégueulasse entre les immeubles moches et les vieilles maisons pourries, il faut savoir détourner le regard dans cet endroit pour ne regarder que les jolies choses et conserver le souvenir de la carte postale.

Et retour en France avec le passage obligé ou presque à la grand Jonquière, le centre commercial qui se trouve à 6 km de la frontière française et qui sait très bien ce qu’il fait. Concrètement, si vous allez effectivement payer certains produits 50% moins chers qu’en France, certains parfums notamment, la très très très très grande majorité des produits, quasiment que des vêtements, c’est pareil ou même parfois plus cher qu’en France. Ce centre a surtout l’intérêt de pouvoir faire une halte pour manger plus que pour consommer.

À noter que c’est mon premier passage en Espagne après les événements indépendantistes et force est de constater que la ferveur est présente à toutes les fenêtres, les statues, impossible d’échapper à la volonté de ce peuple de se libérer du pays complet. Je n’ai pas assez de recul pour avoir une opinion dessus, je pense qu’il serait certainement trop caricatural de dire que c’est comme si la région Parisienne lassée d’être le moteur de la France voulait larguer Clermont-Ferrand.