Trop beau

novembre 2019 modifié dans Blog
Je suis en vacances cette semaine, enfin presque. Mes élèves de troisième sont en stage, je suis dans la semaine qui va bien, il ne me reste que mes élèves de seconde générale, que je vois moins que d’habitude parce que nous sommes dans la semaine qui va bien. Résultat des courses, lundi une heure…

«1

Réponses

  • @System a dit :
    D’une part nous sommes plus égoïstes certainement que nos anciens, parce qu’on se donne le droit d’exister et de ne pas être qu’un père ou une mère.

    Mouais, si mes parents en avaient fait autant pour moi que j'en ai fait pour les chiards (réunions, acivités, etc etc). Enfin, ils n'ont pas fait les mêmes choses: ils ont bossé et dur, je n'ai jamais manqué de rien. Attention, je ne me plains pas, c'était comme ça partout autour et c'était bien aussi.

  • Si j’étais conspirationniste, je dirais que l’état tue la médecine française, de cette façon-là les plus forts survivront et on fera des économies à la sécurité sociale.

    Si j'étais conspirationniste je dirais que l’État laisse mourir l'assurance maladie et les hôpitaux pour mieux basculer sur un système de santé privé comme aux USA. La mutuelle obligatoire en entreprise est un grand pas vers la privatisation.

  • Je ne suis pas fan des US mais on est ici dans l'excès inverse. Quand tout est gratuit, ça ne vaut rien, on peut gaspiller et certains le font.

  • @src386 a dit :

    Si j’étais conspirationniste, je dirais que l’état tue la médecine française, de cette façon-là les plus forts survivront et on fera des économies à la sécurité sociale.

    Si j'étais conspirationniste je dirais que l’État laisse mourir l'assurance maladie et les hôpitaux pour mieux basculer sur un système de santé privé comme aux USA. La mutuelle obligatoire en entreprise est un grand pas vers la privatisation.

    +1

  • @Phreg a dit :
    Je ne suis pas fan des US mais on est ici dans l'excès inverse. Quand tout est gratuit, ça ne vaut rien, on peut gaspiller et certains le font.

    Haha c'est sur que Amazon c'est payant, et ça n'est pas du tout le paradis pour gaspilleurs/consommateurs ...;) je troll gentillement, mais la sécurité sociale c'est notre trésor, je touche du bois pour continuer d'y cotiser sans très rarement en bénéficier, si ça permet à d'autres de bénéficier de soins c'est nickel ! Et même s'ils n'ont pas de papier français, soyons fous!

  • Vivant aux USA, la secu Francaise me manque!
    Je rejoins @poipoi, c'est notre tresor

  • Hmm, il faut savoir qu'en France les bourses sont calés sur l'inflation, autrement dit dire que la vie devient plus chère et les bourses insuffisantes n'est pas complètement vrai. L'article suivant contient d'assez bonnes indications : https://theconversation.com/precarite-etudiante-de-la-difficulte-dune-evaluation-126872

    Pour la faire court : les profils étudiants sont immensément variables, et faire émerger des catégories est difficile. Mais si on s'intéresse à la moyenne : le revenu étudiant corrigé de l'inflation stagne (+1% sur 2013-2016).

    Je pense qu'on peut ajouter deux points intéressants : d'une part, et comme toujours les aides sociales ne sont pas assez souvent réclamées par ceux qui pourraient en bénéficier, ou bien sont trop compliqué à obtenir. C'est un point sur lequel les universités pourraient se montrer plus dynamiques je pense. Enfin, le jour où elles auront une administration performante.
    D'autre part les deux tiers des étudiants bénéficient d'aides sociales en France. A quoi s'ajoute le faible prix de l'université française. C'est pourquoi la comparaison avec le Danemark ou la Norvège, qui ont des salaires étudiants ou des équivalents, n'est pas une très bonne comparaison : là-bas les universités coûtent très cher.
    Quand on prend cela en compte, on est en France pas très loin du salaire étudiant. Ce qui tendrait à prouver que son instauration ne changerait pas franchement la donne.

    Pour la sécu et le reste, eh bien, les caisses sont vides.. Plus sérieusement, la seule et unique stratégie de nos gouvernements depuis 20 ans est d'attendre le retour de la croissance, car la croissance économique c'est un peu magique : les salaires augmentent, les recettes fiscales aussi, les dettes diminuent et on peut remettre des sous dans le service public. Un bon moyen de simuler ça, c'est le jeu vidéo Democracy 3. Faites une ou deux parties et vous verrez que la croissance c'est le beurre, l'argent du beurre et la fermière réunis, avec vous financez tout ce que vous voulez, sans elle vous peinez à parer au plus pressé.
    Problème, il n'y a pas de croissance, du coup, les sommes alloués à la solidarité augmentent mécaniquement (puisqu'il y a beaucoup de chômage), et on pour ne pas laisser les gens mourir de faim, on les paye avec l'argent qui aurait dû être affecté aux infrastructures, aux hôpitaux, aux écoles... D'où le mouvement de privatisation : les mutuelles obligatoires et privés, c'est une manière de déplacer le fardeau financier de l'état vers les entreprises et les particuliers. Bien sûr ce système nous coûte doublement plus cher : plus cher parce que moins efficace, plus cher parce que ne s'accompagnant pas d'une baisse des charges à payer à l'état...

    Je ne pense pas que nos dirigeants aient de mauvaises intentions. De mauvaises idées ou recettes, peut-être. Mais je crois qu'ils essayent tant bien que mal de combler les trous dans la coque avec des moyens limités (même si les sommes en milliard c'est impressionnant).

  • @Silius a dit :
    Mais si on s'intéresse à la moyenne : le revenu étudiant corrigé de l'inflation stagne (+1% sur 2013-2016).

    Ce n'est pas aux profs de math présents ici que je préciserai que la moyenne est un très mauvais indicateur pour caractériser la situation...

  • @Iceman a dit :

    @Silius a dit :
    Mais si on s'intéresse à la moyenne : le revenu étudiant corrigé de l'inflation stagne (+1% sur 2013-2016).

    Ce n'est pas aux profs de math présents ici que je préciserai que la moyenne est un très mauvais indicateur pour caractériser la situation...

    Pas que les profs de math ! Carlos Ghosn devait salement monter la moyenne des revenus chez Renault, beaucoup moins la médiane. :) Je suis plus habitué à la remplacer par médiane/dispersion dans la vie normale et réfléchir sur des centiles/répartitions au travail.

  • novembre 2019 modifié

    "avec un pays qui ne produit plus rien, un pays où accomplir quoi que ce soit est compliqué, les caisses sont vides, tout le service public crie misère, l’état fait ce qu’il peut avec les moyens du bord. Et quand les moyens on ne les a pas, on serre, sans s’interroger sur le long terme."

    Ce qui est intéressant dans ton constat, celui que tu fais souvent, c'est que si on ne savait pas de quel pays tu parles, on penserait que tu parles de l'Argentine en plein crise financière.

    La question que l'on peut poser est pourquoi les caisses sont vides alors que le budget annuel du pays (500-580 milliards/an) est stable depuis 10 ans ?

    Question bonus : l'Etat fait-il ce qu'il peut ou ce qu'il veut ?

  • Question bonus : l'Etat fait-il ce qu'il peut ou ce qu'il veut ?

    Surtout : Est ce qu'il veut en toute indépendance de lobbying et finance.

  • @Damien j'ai quand même l'impression que la France est au bord de l'explosion sociale, et qu'on va avoir beaucoup de mal à trouver de l'argent magique à l'infini

  • novembre 2019 modifié

    @cyrille L'argent magique n'est qu'une formulation pour dire aux gens qu'il n'y a plus d'argent.
    Or si tu regardes les budgets d'Etat depuis 10 ans, les dépenses sont stables.
    Seules les rentrées baissent drastiquement.

    Je m'étonne par exemple que sur un budget de 500 milliards, nos gouvernants ne veulent pas allouer 10-15 milliards pour maintenir le système des retraites tel qu'il est maintenant, voir l'améliorer.

    Les classes moyennes se préparent à un déclassement majeur puisque l'Etat se désengage de ses missions sociales et fédératrices : oui, l'explosion sociale est en cours. J'en suis tristement convaincu.

  • novembre 2019 modifié

    Je m'étonne par exemple que sur un budget de 500 milliards, nos gouvernants ne veulent pas allouer 10-15 milliards pour maintenir le système des retraites

    Pour rester à budget constant, il faudra bien les prendre quelque part ces quelques petits milliards. Et dès que tu auras annoncé quel budget tu réduis, tu assisteras à un mouvement de refus des personnes concernées.

    On peut aussi se demander si maintenir le système actuel des retraites est plus prioritaire que le budget sur lequel on prélèverait les milliards en question.

    Les entreprises tirent le maximum des salariés qui le veulent bien et les jettent ensuite. On pourrait travailler plus longtemps en travaillant différemment.
    C'est d'ailleurs ce que font ceux qui n'ont pas été trop abîmés par leur vie professionnelle en contribuant au fonctionnement d'associations; et ils sont nombreux.

  • Hmm, je suis étonné @Damien, après un petit tour sur Wikipedia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Solde_budgétaire_de_l'État_en_France), je trouve un budget de l'Etat qui varie entre 272 milliard en 2006 et 390 en 2018.
    Ce qui ne fait pas 500 milliard, et qui n'est pas stable du tout.

    Bon après petites recherche (https://fr.wikipedia.org/wiki/Finances_publiques_en_France), 500 milliard correspondrait plutôt aux chiffres de la sécurité sociale qui passent de 486 milliard en 2009 à 574 en 2016 soit un +18%. Ce n'est pas si stable, je trouve.
    En plus, la difficulté avec les retraites c'est qu'il faut essayer d'anticiper sur une ou deux décennies.
    En outre, le budget de la Sécurité Sociale n'est pas à l'équilibre (déficit de 5 milliard l'an dernier il me semble) et il y a de la dette à rembourser ce qui grève les comptes. Donc améliorer le versement des retraites serait possible si il n'y avait plus de dettes à rembourser, ce qui suppose de trouver pas mal de milliard.

  • novembre 2019 modifié

    @Silius tu as tout à fait raison. Erreur de ma part concernant le budget 2018. Je ne sais pas où je suis allé pecher ce 500...
    J'ai trouvé un site très parlant avec des diagrammes et des explications vraiment accessibles pour comprendre le budget de l'Etat :
    https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/economie-francaise/comptes-publics/le-budget-de-letat/depenses-de-letat/

    2018 :
    Recettes: 302 milliards
    Dépenses : 326 milliards

    Le budget de la Sécurité Sociale lui est à l'équilibre par contre.

    Si on part du principe que les recettes doivent baisser ou ne pas augmenter, alors l'Etat doit couper des dépenses. C'est sur. C'est un choix comptable.

    Donc baisse de dotations pour le régime des retraites, baisse des allocations familiales, ou des dépenses d'armée ou de frais de fonctionnement ou arrêt du financement de l'Education Nationale.

    Dans le cas de la non augmentation de recettes, il serait intéressant de consulter les Français avec une question de type "que voulez vous supprimer du budget de l'Etat ?" : ce serait plus transparent vis à vis des électeurs..

    Mais d'autres alternatives existent : aller chercher de nouvelles recettes.

    Dire que les caisses sont vides, oui, mais il faut compléter "parce que nous ne voulons plus augmenter les recettes".

  • il serait intéressant de consulter les Français avec une question de type "que voulez vous supprimer du budget de l'Etat ?" : ce serait plus transparent vis à vis des électeurs.

    C'est pour cette raison qu'il existe des partis politiques qui rédigent des programmes en consultant leur base, des députés, issus de ces partis et qui représentent la population, discutent et votent les lois.
    La transparence existe, sauf si on rejette la démocratie représentative et notre constitution.

    Un des rôles les plus importants de l'assemblée nationale, c'est de voter le budget de l'état. Celui qui fait les choix de "quel est le montant de l'impôt et à quoi il va servir.

  • Le budget de l'État n'est pas géré comme un budget d'un ménage. l'Europe nous contraint à limiter le déficit de celui ci, sauf que la règle de calcul pourrait être modifiée pour sortir les depenses de santé ou pour l'environnement. De fait l'état pourrait emprunter. Le Japon par ex, est endetté à 300% du PIB et ne remboursera jamais. On peut imprimer des billets, la BCE a ce pouvoir là, tout comme la FED. Avec le quantitative easing qui a lieu aujourd'hui, ce sont des milliards qui sont créés ex nihilo chaque jour pour prêter aux banques pour qu'elles puissent fonctionner dans la journée. Car il ya une défiance énorme sur l'emprunt privé, donc les banques ne se prêtent plus par peur du crack.
    Le bilan de la BCE est quasiment au plus haut, ça signifie qui y a un max d'argent en circulation. Mais simplement pas à notre niveau.
    Le boulot des banques c'est de créer des emprunts à partir de l'épargne. Sauf que les taux sont si bas qu'elles ne generent plus de marge. D'où l'arrivée de taux négatif sur l'épargne : deux banques en Allemagne depuis 3 mois avec des taux d'intérêt négatifs.
    Et elles ne peuvent pas remonter les taux sinon c'est le crack...

  • @trentanel a dit :

    C'est pour cette raison qu'il existe des partis politiques qui rédigent des programmes en consultant leur base, des députés, issus de ces partis et qui représentent la population, discutent et votent les lois.
    La transparence existe, sauf si on rejette la démocratie représentative et notre constitution.

    Un des rôles les plus importants de l'assemblée nationale, c'est de voter le budget de l'état. Celui qui fait les choix de "quel est le montant de l'impôt et à quoi il va servir.

    J'ai hésité à rebondir.
    Je pense que les 3/4 des lois votées ne sortent pas d'un programme officiel détaillé.

    Prenons un exemple récent, les APL baissées de 5 € pour les étudiants, ca n'était pas écrit dans le programme de Macron.
    Quid de la réforme du droit du travail (El Khomri/Macron) ?
    La réforme des barêmes prudhommaux ?
    Les multiples lois concernant internet ces 10 dernières années ?
    La restriction du droit de manifester ?
    Le CICE ?

    Autre exemple : cette histoire de réforme des retraites. Je n'ai lu dans aucun programme que les pensions baisseraient dorénavant de 30 à 40% et que l'age de retraite serait poussé à 64 ans.

    Tu noteras bien que toutes ces mesures sont négatives pour le citoyen : on imagine bien que les partis politiques ne vont pas se vanter de vouloir faire ca.

    Donc non, je ne crois pas dans la situation angélique que tu décris : partis politiques, amour, discussions et démocratie :smiley:

    Et oui, à l'heure d'internet, du partage accéléré des connaissances et de l'information, d'une demande d'horizontalité dans la gouvernance, je pense que la démocratie représentative ne représente plus grand chose justement sauf des vieux partis politiques auxquels plus personne n'adhère, qui sont des lieux d'entresoi ou chacun et chacune cherchent à être à un poste éligible... j'en ai fréquenté au mois quatre différents et à la fin, ca part (toujours ?) en eau de boudin.

  • cela serait bien de savoir
    par type de credit d'impot - sté privé ou publique , ce que l'état dépense ....

  • @stephane a dit :
    ce que l'état dépense ....

    C'est public, il suffit d'aller voir.

  • @Damien a dit :
    Dans le cas de la non augmentation de recettes, il serait intéressant de consulter les Français avec une question de type "que voulez vous supprimer du budget de l'Etat ?" : ce serait plus transparent vis à vis des électeurs..

    Cela me rappelle un peu le grand débat national et ses QCM à 2 réponses: augmenter les impôts ou baisser le niveau de service public...

  • @trentanel a dit :

    il serait intéressant de consulter les Français avec une question de type "que voulez vous supprimer du budget de l'Etat ?" : ce serait plus transparent vis à vis des électeurs.

    C'est pour cette raison qu'il existe des partis politiques qui rédigent des programmes en consultant leur base, des députés, issus de ces partis et qui représentent la population, discutent et votent les lois.
    La transparence existe, sauf si on rejette la démocratie représentative et notre constitution.

    Un des rôles les plus importants de l'assemblée nationale, c'est de voter le budget de l'état. Celui qui fait les choix de "quel est le montant de l'impôt et à quoi il va servir.

    Je ne sais pas dans quel pays tu vis mais il a l'air bien...

  • @Damien a dit :

    @trentanel a dit :

    Je pense que les 3/4 des lois votées ne sortent pas d'un programme officiel détaillé.

    Je ne sais pas si tu fais allusion au quinquennat en cours ou si tu considères les choses sur une longue période.

    On pourrait discuter ton estimation des 3/4, mais sur le principe, c'est tant mieux !

    Quand tu vas en voyage, tu te fais un plan de route et ensuite tu réagis en fonction des événements. Tu choisis le comportement que tu juges le meilleur pour faire face à ce qui arrive. Tu ne reste pas inactif parce que ce n'était pas prévu.
    C'est un peu la même chose en politique, ce qui est en amont c'est les valeurs en fonction desquelles on fait les choix et les grandes orientations pour les cinq ans à venir.
    Ce serait une catastrophe si les lois devaient se limiter à ce qui a été prévu dans un programme.

    Les pouvoirs législatifs et exécutifs sont là pour le mettre en œuvre, mais aussi pour s'adapter aux circonstances.

    Depuis plus de dix ans, il y a environ 30% des électeurs qui soutiennent la majorité en place, et 70% qui sont contre. Mais ces 70% ont bien du mal à se grouper pour dégager une majorité qui remplacerait celle au pouvoir. C'est ici que les partis politiques ont un rôle à jouer.

  • @trentanel Je ne comparerais pas un voyage personnel et individuel à la gouvernance d'un pays.
    Changer d’hôtel en cours de route n'engage que ta vie personnelle et ton expérience. Tu décides seul de ta vie.

    La gouvernance d'un pays requiert à mon avis autre chose qu'un vote tous les 5 ans pour des représentants d'un parti politique. Je suis pour ma part partisan de la théorie des parties prenantes et de la coconstruction des idées (et des lois par rebonds). Pas de l'avancée en solo du leader, d'un parti ou d'un groupe parlementaire.

    En tout cas, j'aimerais avoir ta vision angélique de la bonne tenue du débat démocratique en France (aux vues des manifestations sociales de ces 5 dernières années, je me dis que quelque chose coince...). Mais c'est une analyse critique que je ne partage car tu mets de côté de nombreux influences externes qui pourraient nuire à ce débat démocratique détenu entre les mains de 577 parlementaires. Sans réfléchir beaucoup, je pense aux lobbys, au moutonisme ou à l'ambition personnelle (pour être bien vu du parti) qui empêcheraient de voir l'intérêt général et plutôt d'aller vers des intérêts privés. A l'humain donc.

    Peut être ai-je une vision trop négative de la démocratie représentative mais je pourrais étayer cela avec des exemples et affaires politico-économiques tellement nombreux.

    Tu parles des valeurs en fonction desquelles tu votes et fais confiance pour de grandes orientations pendant 5 ans : le problème, c'est que je peux me retrouver sur certaines lois proposées par LREM, LFI ou LR mais jamais intégralement sur l'ensemble de leurs programmes. Plutôt que soutenir des valeurs - liberté de mouvement, liberté d'entreprendre, fraternité, solidarité (que nous partageons tous non ?), je préférerais travailler à la construction de lois et d'actes dans la vie réelle.

  • Dans le fond, les partis politiques devraient sans doute proposer des principes plutôt que des programmes. En caricaturant beaucoup, La gauche défendrait le fait d'accroître les recettes (hausse des impôts, taxes...) et la droite diminuer les dépenses, plutôt que de donner des programmes à rallonges avec leurs Grand Plan pour les années à venir. Car bon, il y a des imprévus. La crise était un imprévu pour Sarkozy (quoique l'on pense par ailleurs de lui et de son programme) et l'a empêché de faire tout ce qu'il avait promis. Idem pour Hollande avec les attentats...
    En outre ces programmes sont basés sur des estimations de la conjoncture à venir et donc doivent être révisés en fonction d'elle. Typiquement, Hollande pensait et pariait que la croissance reviendrait, un peu plus tôt et plus fort qu'elle ne le fit (et encore). Du coup... une bonne partie de son programme était caduc et il a dû improviser.

    Il s'ensuit qu'il vaut mieux voter sur des valeurs ou des principes je pense. Cela n'empêche pas d'être déçu. Mais rend plus adaptable aux évolutions.

    Maintenant, @Damien, je ne pense pas vous apprendre grand chose, mais dédaigner un parti parce que l'on est pas d'accord avec tout leur programme me semble un peu court. Bien sûr il peut y avoir des propositions "Deal breaker" que vous ne pourrez jamais supporter. Mais c'est oublier quelque chose, je pense. Un parti c'est d'abord des gens qui ont fait des compromis entre eux : sur quelques points ou idées ils sont d'accord et tenant absolument à les faire passer, ils se constituent en parti. Sur le reste, il débattent et gardent le silence. En tant qu'électeur, je ne suis pas d'accord avec tout dans les programmes de ceux pour qui j'ai voté, mais il m'a semblé que sur les points essentiels à mes yeux, j'étais en accord. Le reste... La vie n'est pas que satisfaction malheureusement, et il faut bien sauver les meubles (outre le scepticisme sur mes propres idées politiques).

    Je voudrais bien avoir plus de détails sur les parties prenantes et lois par rebond d'ailleurs, pour mieux comprendre votre vision de la chose, si cela ne vous agace ou ne vous gêne.

    Dans le fond, je suis en effet, comme @trentanel, plus optimiste que vous. Je ne pense pas que nos hommes politiques soit tous, ni même en majorité corrompus. Il y a de la corruption, c'est sûr, et des problèmes trop longtemps mis sous le tapis ou ignorés, mais je pense qu'on fait une montagne d'une taupinière (enfin, peut-être d'une colline).

    Reste les trois points que vous mentionnez : moutonisme, lobby et ambition.

    Effectivement dans un système représentatif, l'ambition est inévitable : ne se présente que ceux qui veulent se faire élire après tout, et donc parmi eux quelques ambitieux. Cependant, en démocratie participative le problème n'est pas réglé (je pense que l'Athènes classique nous en donne un exemple).
    Le moutonisme. Un des intérêts et avantage d'un parti, c'est la division des tâches. Les sujets politiques sont nombreux et nul ne peut se former à tous ou acquérir un regard sur tous. Donc les partis choisissent en leur sein des gens qui deviennent le spécialiste du parti sur tel ou tel sujet et donc donnent la ligne officiel sur laquelle la majorité du parti s'aligne. Si j'étais député, ne connaissant rien à l'armée j'aurais tendance à faire confiance à mon collègue de parti qui siège en commission sur le sujet. Evidemment, ce peut être un problème. On peut chercher des moyens de le combattre, le but étant aussi, je pense d'éviter la technocratie.
    Les lobbys. Je pense que c'est une question plus épineuse. D'abord, ils sont inévitables : après tout des gens qui ont une idée à faire valoir et la présentent à des parlementaires, c'est un lobby. La différence avec un parti c'est que le lobby ne veut pas gouverner et se concentre sur un sujet ou idée. En contrepartie il obtient une certaine expertise dessus. Prenons un exemple : un syndicat est un lobby. Un parlementaire peut et doit les consulter en sachant qu'ils sont de parti-pris. De même qu'il doit écouter les universitaire sur le sujet.
    Même chose pour l'industrie du tabac. Ils ont le droit de parler, de se défendre et de tenter de convaincre. Et le boulot du parlementaire c'est de les écouter, même s'il n'est pas d'accord.
    Evidemment, là où cela devient embêtant voir dangereux, c'est si le lobby invite à discuter autour d'un bon repas. Ou fait d'autres sortes de cadeaux... En France on a longtemps ignoré le problème, d'abord pour des raisons de mœurs et d’habitude et aussi par détestation des lobbys (du fait de la notion d'intérêt général, il faut aller voir chez Rousseau).
    Je tends, peut-être à tort, à préférer un député semi-professionnel qui écoute les lobbys à une démocratie plus direct et plus vulnérable à des techniques de propagande de masse. Mais c'est vraiment un point discutable.

  • on va tous mourir

  • Cyrille siffle la fin de la récréation B)

    En tous cas ,c'est très bien d'avoir pu échanger quelques idées.

  • En effet.

    Désolé, je me suis laissé emporté.

    Un autre jour peut-être. Si nous ne mourrons pas tous.

Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.