Le blues du professeur

13 juil. modifié dans Blog
L’école de la confiance, c’est pas gagné … Cette année scolaire aura été pour moi marquante, pour ainsi dire traumatisante. Et je n’évoque pas les problèmes de santé de ma femme, les miens, le partner ou le quotidien. Je pense que les gilets jaunes est l’événement de cette année, parce que ces gens ont désormais…

Réponses

  • sortir de son droit de réserve > son devoir de réserve (plusieurs fois)
    le contrôle continu trop présent dans les examens les déprécient complètement > les déprécie complètement
    je ne devrais donc pas expliquer, le théorème de Pythagore > je ne devrai donc pas expliquer (enlever la virgule) le théorème de Pythagore
    je ne serais pas payer plus > je ne serai pas payé plus

  • Merci !

  • a corriger "comme j’ai pu le vivre de l’autre côté de la barrière"

  • Merci !

  • 15 juil. modifié

    Je relativiserais un peu le sondage cité, vu l'échantillon, la méthode, la source (Odoxa...)...Mais il est vrai que dès qu'on touche aux gosses, le cerveau se met sur OFF, surtout si on en a un de la famille qui est touché...L'humain a tendance aujourd'hui à penser à sa gueule qu'à penser au bien commun, à savoir l'éducation.

    Le plus inquiétant dans tout cela et que Blanquer ne comprend pas, c'est qu'il est aussi en train de tuer le peu de vocations qu'il restait.

    Et puis...
    "Le décalage entre la réalité de terrain et les attentes, c’est certainement le point qui fait rager le plus. Quand vos jeunes ne connaissent pas la surface d’un rectangle en fin de classe de troisième après leur avoir fait recopier les formules parce qu’il faut bien à un moment que ça rentre, on a de plus en plus l’impression qu’on nous demande d’atteindre des objectifs impossibles. Les sonnettes d’alarmes tirées de toute part, les résultats sans le contrôle continu, sont autant de signaux forts qui devraient alerter le ministère sur le véritable niveau des élèves. c’est l’incompréhension pour ma part, qu’on fasse une véritable année blanche en diminuant de façon drastique la part de contrôle continu et qu’on regarde un peu de la manière la plus objective qu’il soit le niveau de nos enfants."

    Ce paragraphe pose bien des questions :

    • La remontée de la réalité du terrain qui ne se fait pas avec les contrôles de début d'année, apparemment
    • La mise en place de nouveaux programmes sans attendre le retour d'expérience, parce qu'il faut marquer son passage au ministère et montrer que l'on bouge
    • Le passage ou le redoublement ?
    • La priorité sur les mathématiques/géométrie ou pas dans notre enseignement, où la France est particulièrement larguée si on en croit les indicateurs internationaux, surtout sur un problème aussi basique et utile dans la vie que celui cité.

    Ceci s'applique aujourd'hui dans des entreprises aussi, pour les 2 premiers points...Inquiétant

  • Un peu trop poétique à mon goût. Ce que je veux dire c'est que oui Parcoursup c'est de la merde, mais faut quand même regarder les dossiers.

  • Je suis globalement d'accord sur les constats.

    Et je finis par penser que tout ça est dû à une seule cause : les économies faites ne sont assumées.

    Pour rationaliser la dépense, l'éducation est peu à peu devenue seulement un système de gestion de flux. L'enseignement en a presque disparu.

    • Un redoublement ça coûte donc, on ne redouble plus.
    • Un enseignant titulaire (fonctionnaire) ou bien formé, ça coûte, alors on les remplace par des contractuels payés à coup de lance-pierre. (Cette année dans mon lycée, une contractuelle n'a reçu sa première avance de salaire que début novembre alors qu'elle était présente dès la pré rentrée !)
    • Une classe à 25 élèves ça coûte plus qu'une à 35.
      • La réforme du lycée est associée à une gestion des moyens alloués aux établissements sur la base de groupes de 35 élèves, quelle que soit la matière.
      • Il y a également quelques heures dont l'établissement use à sa guise.
      • Ça c'est une trouvaille de génie : comme il n'y en a pas assez pour toutes les activités nécessitant des groupes réduits (travaux pratiques, ordinateur, labo de langue...) ça va générer des batailles entre les profs et les diviser, tout en donnant des moyens de pression au proviseur.

    Se pose alors la question : comment faire pour que ça ne se voit pas trop ?

    • Les administrations des établissements mettent une pression amicale pour que les notes restent satisfaisantes.

      • Pression qui est plus efficace sur les contractuels.
      • Des collègues de collèges m'expliquaient l'autre jour, comment ils en étaient arrivés à circuler en classe pendant les contrôles, pour indiquer du doigt aux élèves qu'ils font une erreur ici ou là ! Que les dictées étaient parfois à trous avec des propositions pour la plupart invraisemblables. Que certains notent sur 22 et gardent ce qui dépasse 20 en bonus pour les contrôles suivants.
      • Je ne parle pas de la validation des compétences faites par le principal avant le brevet.
    • Des sujets de bac ou de brevet, qui à quelques exceptions près, ne vérifient que le minimum et des consignes de bienveillance ressassées aux correcteurs aident, mais comme ça ne suffit plus.

    • On ajoute le contrôle continu, qui permet, via le point numéro 1, aux élèves d'avoir le diplôme avant de le passer.
    • J'allais oublier la décrédibilisation continuelle des enseignants par les médias et même parfois par le pouvoir exécutif, qui permet de détourner le regard qui s'attarderait sur le système.

    Pour caricaturer : quoi qu'il fasse ou ne fasse pas, l'élève lambda entrant en CP sortira avec un bac qu'il soit général, technologique ou professionnel.
    On maintient la paix sociale, en survalorisant les élèves jusqu'à leur 18 ans. C'est à dire, tant que leurs parents sont prêts à monter au créneau, comme l'explique @cyrille .

    Résultat : Les élèves issus de classes défavorisées sont incapables d'attraper l'ascenseur social. Et comme on leur a menti pendant toute leur scolarité, ils ne comprennent pas pourquoi ils n'ont pas accès au Graal (l'emploi qui rapporte sans travailler).
    Je vous laisse deviner ce qu'ils font alors.

    Étonnamment, qu'on réduise les coûts de l'éducation ne me choque pas plus que ça.
    Ce qui me choque par contre, c'est l'organisation du mensonge à tous les étages pour acheter une paix sociale de court terme.

    • Il faut assumer les économies d'échelle.
    • Le système étant ce qu'il est, avec les moyens que nous y mettons, il faut dire à tous que, que c'est également la responsabilité des familles et de l'élève de faire en sorte qu'il retienne le plus de choses de l'ensemble de sa scolarité, du CP à la terminale, qu'elles lui servent plus tard ou non, parce qu'on ne peut pas le savoir à l'avance. (j'ai eu cette année un élève qui a refusé de faire tout travail touchant de près ou de loin à l'algorithmique au prétexte que pour être cantonnier dans le village voisin on n'en avait pas besoin. J'ai tout essayé en vain, la carotte, le jeu, le bâton ... et il aura son bac l'année prochaine)
    • On peut donner un certificat à tous les élèves sortant du système, mais pour lui donner du sens et de la valeur, il faut que ce certificat liste objectivement toutes les compétences pérennes acquises.

    Je vais arrêter de rêver, mais @Iceman a raison. Je ne vois vraiment pas ce qui aujourd'hui peut faire rêver dans le métier d'enseignant et susciter des vocations.

  • On ne peut pas non plus éluder la crise familiale, le chômage, les écrans, c'est aussi le résultat d'une société qui se casse la gueule.

  • Ca donne vachement d'espoir quand tes enfants attaquent l'école (maternelle + CM1).

  • @DrCotedePorc

    Pas forcément perdre espoir ni se décourager. Je pense qu'il y a quand même quelques bricoles qui tiennent encore la route :

    • faire avec ses gosses et leur bouger le cul. On bricole, on cuisine, on apprend ensemble, dès qu'il y a quelque chose à faire. Là je fais mes cours, c'est mon fils de 17 ans qui fait l'enduit de lissage. Ma fille quand elle fera l'effort de se lever viendra donner un coup de main. Je crois que c'est fondamental dans une époque où les gamins ne font rien, n'apprennent rien. Je serais plus pessimiste sur la culture, les mieux sont obtus de ce côté là, ce sont des manuels qui refusent de se cultiver
    • avoir une objectivité totale sur son gamin et le mettre face à ses responsabilité. Ton enfant n'a pas le niveau de polytechnique, ton enfant aurait le niveau mais ne veut pas se donner les moyens, eh bien il ne fera pas polytechnique. On ne peut pas rêver ou faire à la place de ses enfants, le système a ses limites. On voit des drames avec des parents qui veulent pousser leur enfant vers le général alors que le gosse a le CAP.
    • avoir conscience que l'école ne fonctionne plus et qu'aujourd'hui autant que le diplôme, le savoir être, le savoir faire. Je pense que l'avenir sera vers des écoles type 42.
  • 16 juil. modifié

    @cyrille a dit :

    • faire avec ses gosses et leur bouger le cul. On bricole, on cuisine, on apprend ensemble, dès qu'il y a quelque chose à faire.

    Je ne l'ai pas fait assez et je le regrette (et ça été pareil avec moi, pour diverses raisons)
    Comme je n'ai fait la lecture qu'au deuxième (ça, j'en ai fait par contre) et pas au premier. Gros, gros regret mais d'ordre émotionnel. Heureusement, il s'est débrouillé par lui-même

    Je pense que l'avenir sera vers des écoles type 42.

    Y'a à boire et à manger dans ce système (vécu). Ca peut convenir à certains qui ont (ou peuvent acquérir) un certain degré d'autonomie, de débrouillardise, qui voient plus loin que le bout de leur nez. Parce que, pour l'apprentissage de certains fondamentaux, tu repasseras. Que de la théorie, c'est peut-être trop mais je penses qu'un minimum est nécessaire, pour ne pas dire indispensable.
    Par exemple, je ne voudrais pas d'une maison construite par un 42 :D

  • @DrCotedePorc , il y a plein d'enseignants bourrés de qualité.

    Je disais que par manque d'informations, des élèves qui ne font rien pendant toute leur scolarité peuvent avoir le sentiment d'être des génies puisqu'ils réussissent à décrocher un bac et qu'ils déchantent forcément après.

    Oui, l'école ne fait pas tout et il faut réussir à partager des choses avec ses enfants. Ce n'est pas facile tous les jours d'être en concurrence avec les écrans quand ils grandissent, mais c'est nécessaire.

    Maintenant quand les parents sont informés, il faut rester diplomate, positiver.
    Mon fils a eu une période où il ne voulait plus aller à l'école. Ce n'est pas simple à gérer. Il faut trouver le bon ressort et ne pas en abuser. Aujourd'hui, sa situation est stabilisée, il ne travaille pas beaucoup. Il est considéré par ses profs comme un bon élève et par les autres élèves comme un imposteur, donc on reste très attentif.

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