Xubuntu : c'est le rêve ? ou l'histoire d'une remise en question

Ce week-end ma moitié m'a demandé d'aider un de ses collègues, qui a récupéré une dizaine de portables HP EliteBook 8470p (2012, écran 14" mat, Core i5, 4GB de RAM, 512 Go) pour les expédier au Cameroun mais sans OS (le service info a bien tout RàZ avant de les dé-commisionner ce qui me semble logique).

La question était simple : quel OS y installer sachant qu'on ne sait pas trop quelle maintenance il y aura sur les machines là-bas. Puisque les PCs n'ont pas de license Windows attachée, on s'est limité à du Linux.

Le but de ce post n'est pas tant de discuter du bien-fondé, de la pertinence de la démarche et du choix de Linux (quoique, tant que Cyrille ne ferme pas le sujet...) que de suivre le chemin de ma pensée suite à cette demande relativement simple. Si vous avez le courage de tout lire, vous verrez que ça va assez loin...

Première idée : CentOS

Comme je suis dans ma période CentOS à cause du boulot, ça a été mon premier choix, notamment à cause du support pendant 10 ans (voir ce fil de discussion: https://cyrille-borne.com/forum/discussion/comment/7020/#Comment_7020).

Cependant, et je donnerai raison à @bloginfo sur ce point, CentOS est quand-même avant tout faite avant tout pour les serveurs, par extension pour des stations de travail, mais pas pour M. Tout-le-Monde (si tant est qu'il tourne sous Linux).

Le principal problème est que les packages multimédia (même un simple VLC) doivent être installés depuis des dépôts tiers (et même pas le EPEL qui est fait par les gens de Fedora, donc reçoit indirectement un support de Red Hat). On a considéré que le risque ce ces dépôts disparaissent dans les prochaines années ou qu'ils manquent de fiabilité était trop important.

Deuxième idée : Xubuntu

Ma seconde idée a été de revenir à LA distribution que je préfère et qui a été MA distribution pendant que j'étais sous Linux: Xubuntu. Comme j'ai de l'expérience avec Xfce et Ubuntu et qu'elle s'accordera parfaitement à une machine commençant sa seconde vie, ce choix semblait logique.

De plus, comme la 18.04 est une LTS, elle sera maintenue, au moins pour les mises-à-jour de sécurité jusqu'en 2024. Les machines concernées auront alors 12 ans. Soit elle seront vraiment bonne pour le recyclage, soit on aura eu le temps de former à la mise à jour. Au pire, elle resteront en l'état, moins sécurisées, mais fonctionnelles.

On s'est donc imposé comme contrainte de n'utiliser que les dépôts officiels (donc pas de PPA) et de privilégier les packets de la distribution aux Snaps et autres FlatPacks même si on ne peut pas complètement y couper, notamment pour Skype (parce que le .deb fourni sur le site ne permet pas de suivre les mises à jour).

La révélation

En travaillant à l'installation (une machine de test me permet de mettre au point un playbook Ansible de post-installation, qui sera lancé après une installation PXE/preseed pour tout automatiser), je me suis rappelé combien j'aimais cette distribution.

Franchement, à quelques petites exceptions près (pas de LibreOffice Impress, de GIMP ou de Thunderbird par défaut; je préfère VLC à Parole, et qulques autres petits trucs), elle me semble prête à l'emploi. Certains changements que je faisais après installation (remplacer des applis Gnome par leurs équivalents MATE, evince par atril, la calculette) font désormais partie des choix par défaut (qui me semblent logiques vu l'objectif de légèreté de la distribution).

Xfce et a fortiori Xubuntu sont mon optimum d'efficacité : le juste équilibre entre fonctionnalité, modularité, simplicité, et légèreté. Mais je suis conscient que c'est un point de vue personnel. Pour moins désorienter les utilisateurs, on pévoit de modifier l'agencement des barres d'outils pour un mode "à la windows" (avec barre d'état en bas, etc.)

En plus (même si ce point est plus à mettre au crédit de Debian et Ubuntu), je n'ai eu absolument aucun problème de reconnaissance de matériel, j'ai eu l'impression que "ça juste fonctionnait". Pour un habitué du Mac comme je le suis devenu, ça a été une bonne claque.

[A suivre ci-dessous...]

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Réponses

  • [La suite...]

    La remise en question

    Justement, je suis utilisateur de Mac depuis bientôt 10 ans. J'ai passé une bonne partie de mes études (et le temps de mon premier emploi) sous Linux mais on m'a un jour mis entre les mains un MacBook Pro au boulot. Pour ceux qui connaissent IT Crowd, j'ai pendant longtemps "vécu le rêve" en ayant des équipements Apple (MacBook Pro, iPhone, iPad) sans les payer de ma poche. Pris dans l'éco-système, j'ai quand même fini aussi par lâcher ma contribution (iPhone pour Madame et moi, nouvel iPad). J'ai même fini par envisager acheter une Apple Watch! Mais pour la plupart, ça a toujours été fourni par mon boulot, avec le droit de conserver le modèle précédent pour soi (point positif des petites structures et pays à haut niveau de vie).

    Pourtant, j'ai conservé pas mal de réflexes de Linuxien : je suis 85% du temps en ligne de commande, j'utilise Vim, j'exècre les logiciels qui "encapsulent" vos données (genre: les fichiers nommés en UUID et une base de données dessus comme Aperture, Photos, etc.), j'utilise encore pas mal de logiciels libres sous Mac (Firefox, Thunderbird, LibreOffice, Zim pour mes notes, Digikam, Cantata). J'ai aussi un Asus X201E (le même que Cyrille, je crois que c'est comme ça que j'ai commencé à lire son blog et son forum) que je ressors de temps en temps, quand les enfants sont couchés, pour me faire un shoot de Linux.

    Même si on a nos comptes Gmail, qu'on utilise les "rappels" et les "notes" iCloud, j'ai aussi un serveur dédié sous Debian qui fait tourner un NextCloud (essentiellement pour la sauvegarde/partage de nos photos de famille mais qui pourrait faire plus), un serveur MPD, Sonerezh pour accéder à ma musique, un TT-RSS et un Wallabag pour faire ma veille technique.

    Avec un boulot à plein temps, au minimum 2h de trajet par jour (en transport en commun et avec correspondances) et trois jeunes enfants, j'apprécie le confort d'utilisation de ne plus avoir à me creuser la tête, parce que tout "juste marche" dans mon bel écosystème à la pomme.

    Mais, comme Cyrille l'évoque dans son récent billet, je fais aussi une overdose de cet environnement propriétaire et de ce qu'il représente. L'accumulation d'artcicles détaillant les rumeurs, les coulisses, l'avant, le pendant et l'après de la présentation d'un téléphone (qui si génial puisse-t-il être n'est qu'un téléphone) coûtant un SMIC, tout ça jusqu'à l'écoeurement n'y est certainement pas étranger. Il y aussi cette course au toujours plus avec un système et des applications de plus en plus gourmandes en ressources avec souvent l'obsolescence programmée de certains modèles. J'ai donc envie de m'en détacher, d'autant plus que je me dis que, vu ma configuration actuelle, rien ne me bloque vraiment.

    Un fait plus anectodique aussi, je cherchais une application légère pour écouter des webradios (du style qui ne fait que ça et vient se loger dans la barre d'état). Sous Ubuntu, j'ai touvé GRadio (en Snap ou FlatPack) ou Good Vibes (via un PPA). Sur le Mac AppStore, les équivalents peuvent coûter jusque 10 Euros, ou bien affichent/jouent de la pub. Idem, des application open-source (SweetHome 3D, gCompris-QT) sont payantes si ont veut le binaires macOS (respecivement via l'AppStore ou directement sur le site). Je veux bien comprendre que chacun doit gagner sa vie, mais ça donne quand même l'impression que comme celui qui a un Mac/iMachin a potentiellement du fric, autant en profiter !

    En plus, il faut avouer qu'on est un peu des écolos/bobos : on essaie de consommer local, de prendre la voiture le moins souvent possible (et on roule en hybride), de modérer nos déchets, notre consommation d'eau. Bref, malgré le bon discours de "lavage vert", être un utilisateur de la pomme ça ne semble tout simplement pas cohérent.

    Et surtout finalement, ça me pose un problème de résilience. Je me pose pas mal de questions en ce moment. J'ai la chance d'avoir un boulot: il est intéressant mais je ne suis pas sur qu'il me satisfasse pleinement (ou bien je suis un éternel insatisfait mais c'est un autre sujet) et il est assez loin de chez moi. J'ai aussi un énorme problème de temps, à tel point que pour gérer, je dors peu et donc je suis irritable et je ne profite pas/plus vraiement des moments en famille.

    Donc si un jour (prochain ?) je veux changer de vie (passer d'ingénieur à prof... une idée au hasard). Je sais que cela aura des conséquences financières. Entre le crédit de l'appartement, de la voiture, les frais de garde il serait illusoire de croire que je peux tout envoyer ballader et aller élever des chèvres. Mais je suis prêt à troquer du revenu contre du temps libéré et/ou un boulot qui m'apporte un vrai sens. Contrairement au reste, je peux maitriser mes dépenses informatiques/technologiques, et c'est (un peu) de liberté financière de gagnée pour l'investir dans autre chose.

  • [La fin]

    La remise en question de la remise en question

    Comme je doute énormément, j'ai bien entendu immédiatement remis en question ces réflexions. J'ai également repensé aux divers billets et contributions lus ici (ailleurs aussi) pour tempérer cela. Ce retour sous Xubuntu ne m'a-t-il pas fait le même effet qu'une ex devant laquelle on retombe en pamoison, en oubliant ses défauts et ce pourquoi on l'a quittée ?

    Est-ce que je ne fantasme pas Xubuntu et la vie qui va avec, comme certains pourraient fantasmer un retour à la nature ou une nouvelle vie au soleil ?

    J'ai essayé de me remémorer toutes les soirées passées "à bricoler", "à faire marcher", "à réparer" mon Linux. Que de temps passé, ou perdu, c'est selon, que j'aurais pu utiliser à autre chose, à partager avec d'autres. Même pour quelqu'un d'un peu initié comme moi, Linux c'est encore quand même pas mal de bricolage. Les billets de Cyrille parlent de ça aussi, de l'écart qu'il y a entre le "ça presque marche (sur ma machine)" et le "ça juste marche".

    Pour moi qui me bat pour trouver le temps de trier des papiers administatifs ou repasser (si si, je vous jure), n'est-ce pas illusoire que de penser qu'un retour sous Linux est possible ? N'est pas juste manquer d'un pragmatisme qui est pourtant à la mode de nos jours ? N'est-ce pas simplement une douce utopie qui va venir se fracasser sur et empirer mon problème de temps libre ? Preuve en est ce carton à la cave, avec des Raspberri Pi et autres projets de geekeries qui attendent et ne verront jamais le jour...

    Et puis c'est aussi paradoxal de tout changer (et donc tout "jeter" pour remplacer) sous prétexte de se libérer d'un ecosystème consumériste. J'ai mis le doigt dans ce système, à moi de "vivre avec".

    Conclusion et perspectives

    Après un aller et un preque retour maison/boulot (j'ai tout écrit dans le train sur iPad, no comment...), j'en suis là de mes réflexions. Je pense que je vais me la jouer trouillarde et ne rien changer ou presque à mon mode de vie (tant sur le plan informatique que personnel) et me dire que c'est le choix de la raison.

    J'étais sur le point de me résigner, mais je vais en fait quand même essayer de suivre un petit plan d'action. Je crois que j'en ai besoin. Je ne me mets pas de date pour ne pas avoir de pression, mais quelques étapes, à commencer par le "pojet Cameroun" parce que, si vous vous en souvenez, c'est le point de départ de cette histoire.

    Il y aussi le centre social qui gère le péri-scolaire de mes enfants, et qui a pas mal d'activités autour de l'informatique et du multimédia. Il font portes-overtes ce samedi et j'ai bien envie d'aller voir ce qu'ils proposent et voir si j'ai l'opportunité de m'y impliquer, ne serait-ce qu'un peu.

    Et puis je peux aussi (et à peu de frais en terme de temps) tester avec Mme l'utilisation du Nextcloud familial plutôt qu'iCloud et pourquoi pas un système de messagerie type jabber aussi pour remplacer les iMessages. Comme ça le jour où nos téléphones sont désuets, on pourra changer de crèmerie sans (trop) de souci.

    Possible aussi de dépoussiérer mon X201E et de passer mes deux MacBook Pros devenus persos (respectivement de 2008 et 2011) sous Linux. De toute façon, ils ne supporteront pas le passage au prochain macOS sans bidouille.

    Je ne sais bien évidemment pas si je réussirai à me tenir à ce plan, mais ça serait bien. Ca me donnerait l'impression, au moins sur un aspect, aussi insignifiant soit-il et à défaut de mieux pour le moment, de reprendre un peu le contrôle sur ma vie et de gagner en cohérence.

  • Tu as quel age ? :D

  • personnellement , ayant connu le monde Apple depuis 1982 ( cad au bas mot AppleIIc , au Macpro 2008 ) , à partir de la version Lion 10.7 apparition de l'AppleStore je n'ai plus adhéré a cette logique , ni aux évolution du système os X.

    depuis 2016 j'ai un PC avec Linux , le macpro est aussi sous Linux , et ce n'est pas pour faire à chaque fois de la bidouille , mais avoir un système qui marche.

    par contre pour choisir la distribution j'ai été assez radical , test sou VM au départ et 3 mois de maj et voir si toute cela fonctionne : sur les 8 ou 9 distributions qui m’intéressait , trés peu ont tenu correctement le rythme des mise a jour. ( de mémoire Q4os , fedora , lubuntu ) , et j'ai choisi Manjaro qui a une bonne communauté en terme d'aide , par rapport a debian ou a Archlinux qui préfèrent choisir au final leurs membres

  • septembre 2018 modifié

    @Clem a dit :
    Tu as quel age ? :D

    35 ans. C'est encore un peu tôt pour la crise de la quarantaine ou de la cinquantaine.

    Quoique je me suis déjà dit que dans 5 ans :

    • la voiture sera payée (prévu de la garder au moins 10 ans : il parait que les Prius c'est increvable, ce que j'espère)
    • on aura plus de frais de garde et pas encore de frais type logement étudiant
    • restera le prêt de l'appartement, mais j'espère plus de gros travaux.

    Je pourrai alors envoyer tout promener pour mes 40 ans...

  • Relier son informatique à l'ensemble de sa vie. C'est quelque chose que j'ai essayé de faire... En vain.

    Linux, le logiciel libre, les idéaux, des choix de vies et de carrière, tout ça, pour au final quel but ? Quelles traces laissera-t-on sur cette Terre ? Rien, si ce n'est quelques tera-octets qui seront bientôt enfoui on ne sait où.
    Le sens de la vie, derrière nos petites vies douillettes, je l'ai souvent cherché. Mais je ne l'ai pas trouvé, malgré les tentatives, de plus en plus désespéré il faut bien l'avouer.
    J'ai 6 ans de moins que toi, à quelques mois de passer le cap de la trentaine je m'interroge sur tout ça. Vivre une vie de paix loin du consumérisme, de l'instantané. Et puis finalement non, je ne peux pas m'y résoudre. Alors je fais le mouton comme tout le monde, sans espoir de vivre quelque chose de plus fort dans ma vie.
    Ta remise en question est salutaire, elle est l'apanage des gens qui réfléchissent et se mettent en perspective. Mais tu le sais aussi bien que moi, notre monde n'étant pas parfait, nous n'avons qu'un seul système pour maintenir nos petites vies douillettes justement.
    Alors oui, la voix du pragmatisme est la meilleur. Les impératifs d'une vie, sociale, sociétale, familiale et même amoureuse font que tu ne peux pas t'en échapper. Et que l'esprit humain, dans sa manière de fonctionner, ne permet que très peu de portes de sorties. Elles sont souvent condamnées par les grandes barres du désir et de volonté.

    C'est en cherchant la paix intérieure, ces conflits permanents que tu pourras avancer dans ce desir de te detacher de la prison qui est sans doute devenu tienne. C'est l'apothéose du pragmatisme : a force on finit par oublier tous nos idéaux ceux que l'on pense enfoui depuis tant d'années.
    J'espère que tu trouveras cette paix. Je la cherche. Mais je la trouve pas mon esprit ne me laisse pas tranquille je suis torturé de vivre parmi tant d'autres à travers le prisme d'une réussite, d'une construction familiale. Mes convictions les plus profondes se sont effondrés. Alors le seul conseil que je te donnerai cette nuit parce que je suis par une terrible insomnie, c'est d'écouter ton âme. Si tu as émis ce souhait a travers ces questionnements légitimes c'est qu'il y a une petite pousse au fond de toi qui le veut.
    Soit juste toi même progresse pas a pas, à ton rythme. Et quelque soit le monde informatique où tu seras, tu y seras bien. Parce que ça sera ton monde, tes règles, ton fonctionnement et rien d'autre.

    Puisses mon long texte t'être d'une quelconque aide, si petite soit elle. Je me dirai alors que ma journée n'est pas totalement perdu.

  • @gjherbiet Sinon il te reste des PC ? :D

  • Dans l'ordre :

    • C'est une association ? C'est quelle démarche pour envoyer les ordinateurs en Afrique ?
    • Cameroun je dirais emmabuntus. La distribution a l'air d'être quand même utilisée en Afrique et répond à la problématique de ne pas avoir de haut débit de partout.
    • Après de façon générale, mon idée c'est que l'Afrique c'est un truc qui nous dépasse complètement et qu'il faut y être pour comprendre
    • Passer à prof ce n'est pas la meilleure idée du moment :smiley: article à écrire
    • L'exemple du pi et des cartons qui prennent la poussière j'ai trouvé la solution en virant tout.

    En fait comme j'ai 43 ans, j'ai un tour d'avance sur toi, c'est assez terrible de voir que finalement nous nous contentons tous de reproduire les mêmes erreurs.

    Si je suis sous Linux aujourd'hui c'est principalement parce qu'il me convient et qu'il ne me pose pas de problème particulier dans une utilisation que je cherche à rendre la moins complexe possible. Je crois que c'est un tort du technophile, on a tendance à vouloir tout utiliser (@Redscape
    est dans cette phase), pour finalement ne rien utiliser.

    Je te conseille avant de prendre une décision importante, qui va te bouffer un temps pas possible, de faire le grand ménage, que ce soit dans les objets ou dans les activités pour savoir ce qui est réellement indispensable. Ensuite tu verras franchement plus clair.

  • 'LLo,

    Par contre en Afrique du nord-ouest (Maroc, Mauritanie,Sénégal) la couverture réseau mobile est bien meilleure que dans mon trou du cul de la france !
    De là à se servir d'un smartphone comme modem, peut-être une solution..!

  • J'aurai commencé par dire qu'un Elitebook HP, c'est une belle merde pas fiable... et qu'envoyer ça en Afrique me semble les prendre indirectement pour une poubelle. On me dira que c'est mieux que rien? Je pense que les gens sur place savent aussi ce qui convient à l'utilisation...

  • moi la merde en icore 5 je la prends tout de suite :smiley:

  • S'il m'appartenait je te filerais la bouse que j'ai ai boulot avec son démarrage aléatoire, sa perte d'alim de ports USB...

  • @cyrille a dit :
    moi la merde en icore 5 je la prends tout de suite :smiley:

    Justement, si l'ami @gjherbiet en avait encore en stock :D

  • @Redscape @cyrille :

    Apparemment, le mec s'est déjà battu pour en récupérer 12. Et il y a un document de son employeur qui précise les n° de série des équipements et stipule bien que c'est donné à cette association.

    @Iceman :

    Je ne suis ni à l'origine de la démarche, ni celui qui ait accepté tel ou tel modèle. On m'a juste demandé un peu d'aide technique et quelques conseils.
    Les PCs ont l'air tous fonctionnels et en assez bon état (la plupart a juste voyagé du bureau en salle de réunion...).

  • @gjherbiet une machine cotée à 350 € sur le marché de l'occasion, c'est quand même plutôt joli, je comprends pourquoi le gars s'est jeté dessus, j'espère juste que ça part bien à l'endroit voulu.

  • @Iceman a dit :
    J'aurai commencé par dire qu'un Elitebook HP, c'est une belle merde pas fiable... et qu'envoyer ça en Afrique me semble les prendre indirectement pour une poubelle. On me dira que c'est mieux que rien? Je pense que les gens sur place savent aussi ce qui convient à l'utilisation...

    Pas de problème particulier au travail avec les HP EliteBook. PC solide et durable. Comme quoi.

  • je souhaiterais réinstaller un vieux Acer portable (2009, 32 bits, sous XP) avec un linux pour ma cousine qui est institutrice. Etant donné que c'est pour des petits enfants, pas besoins d'avoir énormément de softs installés, qu'est-ce que vous pourriez me recommander svp ? Je pensais tester Lubuntu

  • En tant qu'élu local, je suis assez scandalisé par la fait que des PC portables de cette qualité ne viennent pas plutôt équiper nos écoles rurales qui en ont tant besoin. Je suis très heureux de voir que votre pensée va au Cameroun. J'aimerais qu'elle aille se concentrer sur l'état de délabrement numérique de nos écoles.

    En toute honnêteté, combien de ces ordinateurs arriveront à bon port ?

  • Ce post est typiquement le post numérico-existentiel qui me plait.

    @gjherbiet

    Comme le taulier ici, j'ai un temps d'avance sur toi (remarquons ces similitudes avec Cyrille, 43 ans, enfant(s) adopté(s), ma femme est enseignante, je travaille maintenant au contact des collèges REP et REP+, libriste, ex-grande gueule-rentre-dedans... bref...).

    Les crises existentielles nous guettent tous. Sache que cela est salutaire : ton esprit critique et ton jugement fonctionnent, bravo.

    J'ai traversé ce genre d'épisode. Il m'a fallu quelques mois douloureux et quelques lectures pour me faire réflechir.

    J'ai changé radicalement d'environnement professionnel. Certes mon niveau de vie a baissé mais ca rejoint mes aspirations non consuméristes. J'achète du matériel informatique et téléphonique de qualité reconditionné. Je mange et bois bio. Je m'occupe de ma famille.

    j'ai arrêté de vouloir sauver le monde à travers 50 actions associatives et politiques : je me focalise sur mon nouveau taf qui permet d'aider certains élèves et de sensibiliser des grosses entreprises à l'innovation sociale. Et j'ai stabilisé mon environnement informatique (cf l'ami @Redscape hyper indécis mais ca va passer, c'est l'age ^^).

    Solde tes emprunts. Allège tes dépenses personnels et familiales inutiles. Libère toi d'un max de contraintes consuméristes et tu pourras envisager plus sereinement un changement professionnel qui pourrait te rapprocher de ton lieu de vie, de ta famille et réduire ton temps de transport (donc te donner du temps pour ce qui est important).

    Courage, aucune situation n'est jamais définitive. Surtout celles qui sont pourries.

    Et bravo pour l'aide que tu apportes pour l'opération "Cameroun".

    • dépenses personnelles
  • je tiens à dire que @Damien a été largement pire que moi dans la rébellion anarcho gauchiste.

    @bloginfo sans tomber dans l'interrogation de "combien de ces ordinateurs arriveront à bon port ?", je partage pleinement ton avis, il est clair qu'avec ce genre de machines tu peux faire une jolie salle de classe. Le problème est finalement toujours le même, c'est le premier qui l'emporte y compris dans la solidarité. Le type a tout simplement été meilleur que les autres, tout est une question de réseau.

  • septembre 2018 modifié

    @Damien C'est sûr, en termes d'indécision, je bats très largement @cyrille et j'espère qu'une médaille me sera attribué... ou pas.
    Quant à son côté anarcho gauchiste, bordel, c'était insupportable à l'époque. Mais le jour où j'ai su qu'il utilisait Evernote, il m'est apparu sympatique. Ou comment relier un homme avec son logiciel :D (ultra stupide, j'en conviens)

  • je trouve qu'il est intéressant de voir qu'en vieillissant on a tous pris un coup de bonification.

  • Et vous m'avez pas connu anarchovegan.... :s

  • @Iceman a dit :
    Et vous m'avez pas connu anarchovegan.... :s

    Ça ressemble à quoi ?

  • un type qui fait pousser des carottes le tout piloté par un arduino en chantant l'internationale.

  • Tu envoies du rêve par cargaison de poneys.

  • @cyrille a dit :
    un type qui fait pousser des carottes le tout piloté par un arduino en chantant l'internationale.

    ça fait rêver.
    Sauf que moi je mettrai du wagner parce que je suis un affreux facho capitaliste. :wink:

    Sinon Cyrille, je suis déjà un prepper alors tu es en retard...

  • octobre 2018 modifié

    Bonsoir à tous,

    Vu le regain d’activité de ce fil, je me dis que c’est le bon moment pour vous faire un petit retour.

    Tout d’abord merci à @cyrille, @Redscape et @Damien pour leurs retours. Même si chaque situation est unique, je pense qu’on gagne toujours à écouter les aînés qui ont déjà traversé les mêmes épreuves, questionnement etc.

    D’un point de vue technique, j’ai fini la configuration des postes. Après avoir sélectionné quelques logiciel avec l’intéressé, j’ai configurer l’interface et j’ai surtout expliqué le fonctionnement de l’application. « Logiciels «  (gnome-software) pour en installer d’autres. J’ai aussi configuré l’installation automatique des mises à jour de sécurité et limité la mise à jour de la distribution. Elle devrait donc avoir besoin d’un minimum d’administration pendant les prochaines années. Par contre, j’ai oublié le déploiement par Ansible pour simplement cloner le disque de la « machine témoin » : à la fois par manque de temps et d’envie de peaufiner le playbook d’installation mais aussi parce que ça voulait dire télécharger 15 fois les mêmes paquets ce qui est un peu aberrant vu ma connexion ADSL pas hyper véloce.

    Pour répondre à @bloginfo. je me suis renseigné : l’entreprise qui a donné les PC est coutumière du fait (depuis qu’elle achète le matériel et les gère en interne au lieu de faire du leasing avec gestion du parc) et elle a déjà équipé de la sorte des écoles de sa commune et de quelques communes environnantes. C'est toujours compliqué de hiérarchiser entre les besoins de solidarité mais dans le cas présent l'entreprise a clairement choisi d'aider autour d'elle avant d'ouvrir à des associations s'occupant de demandes plus lointaines.

    Sur le côté perso, j'ai tout d'abord essayé de commencer à suivre mon petit plan d'action pour retourner vers le libre. J'avais choisi de commencer pas un truc simple : rajouter les applications tâches, calendrier et contacts dans mon instance Nextcloud. Ce qui aurait du être simple s'est évidemment révélé plus complexe : en faisant du ménage sur mon instance, j'avais supprimé les tables correspondantes dans la BDD que bien sur la ré-installation des applications depuis l'interface web ne recrée pas. Après un peu de recherche, j'ai fini pas réinstaller une instance en parallèle, juste pour récupérer la structure des tables (SHOW CREATE TABLE pour les initiés) et le re-créer à la mano, le tout avec en arrière-plan madame qui me demande ce que je fais plutôt que de ranger les courses et faire la vaisselle. Le tout pour un résultat moyennement satisfaisant : problème d'import des évènements de l'agenda, les tâches ne sont en fait que des calendriers, impossible de partager une liste de tâches (il faut en fait partager le calendrier).

    Cette petite expérience m'a surtout montré que :

    1. si je le voulais, je pourrais faire ce qu'il fallait pour retourner vers le libre (y compris en cas de problème) : j'en ai les capacités techniques
    2. cette démarche demande cependant du temps, temps que je n’ai plus forcément ou n’ai plus envie de consacrer à cela.

    Je me suis souvent demandé si j’avais fait le bon choix en faisant de ma passion mon métier. J’ai souvent en tête un ami, tout aussi ferru d’informatique mais qui a préféré s’orienter vers un autre branche pour cette raison. Mais je suis maintenant sur d’avoir pris la bonne décision : je peux assouvir ma passion dans mon travail (avec le surplus d’intérêt d’intervenir aujourd’hui sur une infrastructure critique au niveau national) mais surtout je peux me consacrer à vraiment autre chose en dehors (les choses vraiment importantes comme la famille) sans me sentir frustré de ne pas faire ce qui me plaît.

    Et puis il faut le reconnaitre, je n'ai pas envie de prendre la tête à "faire marcher" les trucs à la maison en ce moment (je réserve ça au boulot, c'est pour ça que je suis payé) et privilégie d'autre activités, des trucs simples comme faire la cuisine, passer du temps au jardin avec les enfants et le voisins, faire des promenades en famille. Avec madame, nous avons passé la soirée de samedi à trier et ranger pour exploiter notre nouvelle bibliothèque. Ce fut une soirée très agréable, parce que passée à deux, mais aussi à retrouver des dessins des enfants, des objets avec une histoire affective : petits instants d'un bonheur simple.

    [...]

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