Le manque de professeurs dans le secondaire est dû à ....

"un problème de conditions de formation" des étudiants

https://www.francetvinfo.fr/societe/education/le-manque-de-professeurs-dans-le-secondaire-est-du-a-un-probleme-de-condition-de-formation-des-etudiants_2835639.html#xtor=RSS-3-[lestitres]

Alors que ce genre de propos pourrait être tenu de façon théorique par des gens du ministère, cela vient de la secrétaire générale et porte-parole du Snes-FSU, 45% des syndiqués sont chez eux, les défenseurs donc de notre profession. En gros, la dame explique que le souci vient de la difficulté du concours et qu'il faut bosser à côté. Ce qu'elle oublie de préciser c'est que beaucoup d'étudiants travaillent et ce quel que soit le concours visé. Elle avoue tout de même que le métier ne fait pas rêver, il y a de fortes chances qu'il continue à ne pas envoyer du rêve quand on évoque dans les bruits de couloir les vacances au 16 juillet ... Je viens d'allumer la clim tiens.

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Réponses

  • Ce qui est dramatique, c'est la baisse du nombre de postes pour les concours aussi. Tu bosse dur et même si tu es excellent, tu n'es pas sûr d'avoir un poste, tu te dis, au lieu de gâcher une année, autant faire un truc sans concours.

  • ça dépend de la matière. A priori tu fais des maths ça passe tout seul.

  • Quand on commence, on commence à l'équivalent d'1,2 Smic.

    Ah ouais quand même. Après 5 ans d'étude ça fait mal au c**

  • on ne va pas pleurer non plus.
    chaque métier à ses avantages et ses inconvénients.
    le métier de professeur n'échappe pas à la règle.

  • @love_leeloo a dit :
    on ne va pas pleurer non plus.
    chaque métier à ses avantages et ses inconvénients.
    le métier de professeur n'échappe pas à la règle.

    Comme le dit l'article tu peux pas vivre avec 1,2 smic, surtout dans les villes où le logement est cher.
    Et puis le mec qui s'est tapé 5 ans d'études (pas gratuites) et qui pourrait se faire embaucher comme ingénieur à 30K dans le privé, c'est limite insultant de lui proposer une somme aussi basse dans l'éducation nationale.

  • @love_leeloo a dit :
    on ne va pas pleurer non plus.

    Tu pleureras quand tes gamins iront au collège, là tu en auras compris les conséquences.

  • Toutes les larmes de mon corps

  • @src386 a dit :

    @love_leeloo a dit :
    on ne va pas pleurer non plus.
    chaque métier à ses avantages et ses inconvénients.
    le métier de professeur n'échappe pas à la règle.

    Comme le dit l'article tu peux pas vivre avec 1,2 smic, surtout dans les villes où le logement est cher.
    Et puis le mec qui s'est tapé 5 ans d'études (pas gratuites) et qui pourrait se faire embaucher comme ingénieur à 30K dans le privé, c'est limite insultant de lui proposer une somme aussi basse dans l'éducation nationale.

    c'est d'ailleurs pour cela qu'on a le problème des vocations, les gens préfèrent aller bosser ailleurs

  • Je pensais que le CAPES permettait un meilleur salaire que cela (c'est pas autour de 2000 euros bruts ?)
    Apres le seul prof que je connais c'est mon frere ingénieur qui a passé le CAPES car il ne trouvait pas de taf dans sa branche. Bon ben il a bien fait, il l'a eu, il a ensuite passé l'aggrégation en interne après quelques années. Maintenant il gagne tres bien sa vie a 40 ans.

    Bref je suis pas persuadé que l'herbe soit toujours plus verte chez le voisin

  • Quand mes parents ont commencé à enseigner, avec le CAPES, ils gagnaient environ 2 fois le SMIC. C'était en 1969 ... Il n'y avait pas trop de postes non plus.
    Maintenant, à 1.2 fois le SMIC, le métier de prof est de plus en souvent alimentaire, peu de vocations.

  • @cyrille a dit :
    ça dépend de la matière. A priori tu fais des maths ça passe tout seul.

    @cyrille a dit :
    ça dépend de la matière. A priori tu fais des maths ça passe tout seul.

    Ah bon ? Moi quand j'ai tenté de le passer, le nombre de postes a été divisé par 2 et ils n'ont pas pris 100% des candidats admissibles. Ceux qui ont pu l'avoir ont été rares.
    J'ai passé ma maîtrise en // et j'ai bien fait : l'oral du concours, c'est du grand n'importe quoi.

  • Quelques précisions pour ma part

    • le discours larmoyant professoral a tendance à me gonfler un peu, si les gens ne sont pas contents qu'ils changent de boulot. Ça paraît un peu raide dit comme ça mais j'ai de nombreux collègues dans l'entourage qui se plaignent du travail, et pourtant ils continueront de le faire jusqu'à la fin. Ceux qui se plaignent ne sont pas forcément les plus travailleurs, ceux qui partent se taisent, les autres vivent le boulot avec gaieté et vont la fleur au fusil chaque matin.
    • quand l'état aura envie de se poser les bonnes questions, d'une part on aura moins de folklore au niveau des réformes et on commencera à revaloriser le métier de façon à faire venir du monde, c'est une question d'offre et de demande. A l'heure actuelle, l'état n'est pas inquiet du manque de vocation, au contraire, c'est l'occasion pour lui d'éviter d'embaucher des fonctionnaires et de tester si le fait de prendre n'importe qui pour faire n'importe quoi auprès des gosses ça fonctionne. Pour ma part, tous les jeunes que je vois rentrer dans le métier c'est une catastrophe, et on y retrouve ce qu'on voit chez nos élèves : à la ramasse, perdus, aucun sens de l'initiative, enfin bref la totale. Il faut que le niveau continue de baisser pour se rendre compte qu'il est urgent d'avoir des professionnels de l'éducation aux commandes, des gens qui sont capables de tenir des élèves, de faire passer le message, d'être des référents pour ces jeunes en devenir.
  • @Damien, je suis pas certain que beaucoup de gens ici insultent la profession.

    Je compare assez souvent avec mon petit frere qui est prof en banlieue parisienne (prof de physique en lycée). Il a une formation d'ingénieur, il n'a pas trouvé de taf pendant un an, il a passé le CAPES et est prof depuis 12 ans maintenant.

    Il a passé l'agrégation en interne il y a deux ans, son salaire et tout a fait comparable au mien (je suis ingénieur dans le privé) et si il a eu des classes dures (les mecs qui répondent au tel en classe en demandant au prof de se taire parce que ca les gene) il est tres content de son taf et de ce qu'il fait.

    Pour ma part je bosse dans les équipes de production informatique d'un gros groupe industriel, et les utilisateurs/directeurs d'usine qui t'appellent a 1h00 du mat parce qu'ils n'ont plus de réseau sur leur site j'en ai ma dose, et je suis pas certain qu'ils soient mieux élevés que les eleves sus-cités ^^

    Comme souvent on trouve l'herbe plus verte ailleurs, sans toujours se rendre compte de comment c'est chez soi.

  • @cyrille a dit :
    Quelques précisions pour ma part

    Ceux qui se plaignent ne sont pas forcément les plus travailleurs, ceux qui partent se taisent, les autres vivent le boulot avec gaieté et vont la fleur au fusil chaque matin.

    Criant de vérité en plus, tellement c'est visible.

    • (...) c'est l'occasion d'éviter d'embaucher des fonctionnaires et de tester si le fait de prendre n'importe qui pour faire n'importe quoi auprès des gosses ça fonctionne (...) Il faut que le niveau continue de baisser pour se rendre compte qu'il est urgent d'avoir des professionnels de l'éducation aux commandes, des gens qui sont capables de tenir des élèves, de faire passer le message, d'être des référents.

    D'où les bruits de couloir d'un retour au recrutement dès Bac +3.
    Mais limite ça m'arrange tu vois, car aujourd'hui si on me propose cette option même si au bout j'ai 1,2 SMIC je la prends, car pour le moment par exemple je suis AESH, 21 h hebdo pas plus pas moins, et 0,6 SMIC.
    Obligé donc d'avoir une deuxième activité à temps partiel et ne pouvant prendre mon indépendance.

  • Enfin bref, des tanches y en a pas que dans l'Éduc Nat aussi.
    Et il n'y aura pas plus de solides formations dans 5 ans ou dans 10 ans en ESPÉ qu'on en a dans la plupart des secteurs d'activités actuels.

    Comme l'a dit Cyrille, une fois qu'on aura fait un stock d'incompétents (baisse des exigences en amont) on pourra se dire qu'il faut peut-être faire le tri (hausse des exigences en aval).
    C'est toujours sur ce principe que le système français a fonctionné, pourquoi en changer ?

    Des fautes d'orthographe, et de grammaire, et d'accord etc. tout le monde en fait, en a fait et en fera, consciemment ou non. Le monde va t-il s'en enorgueillir pour autant ? Va t-il s'effondrer ?

    Réponse A : Oui si je suis professeur de français
    Réponse B : Non si je suis caissier de supermarché.

    L'intérêt de ces débats estivaux annuels et perpétuels autour des résultats du bac, des admissions, des problématiques scolaires est sans cesse limité par la marge de manoeuvre envisageable.

  • @DrCotedePorc a dit :
    @Damien, je suis pas certain que beaucoup de gens ici insultent la profession.

    Personne n'insulte la profession, en plus on est bien placé pour en parler, entre les profs et les maris d'enseignantes, on est plus qu'un groupuscule ici

  • @Damien a dit :
    Pas sur que de baisser le niveau de recrutement aidera à créer des vocations. Ou plutot des effets d'opportunismes.

    Tant qu'il n'y aura pas de formation pédagogique au métier de professeur sérieuse (et non simplement à une matière X ou Y), difficile d'avancer.

    Là, la gouvernance générale va pallier au déficit de recrutement et aux départs en retraites par la baisse des exigences à l'entrée. Ne nous étonnons pas que le niveau général ne remonte pas.

    Je me rappelle d'un temps où 5 fautes d'orthographe dans une copie d'Histoire Géo ou de Math valait zéro au devoir (même si les réponses étaient correctes). Aujourd'hui, 20 fautes dans un devoir en 3ème en Français, c'est -2 sur la note finale.

    Les exigences se sont effondrées, ce qui nous donne 80% de taux de réussite au BAC et des milliers d'élèves qui font se fourvoyés dans l'enseignement supérieur.

    La formation pédagogique, je ne sais pas. Je pense qu'il faut surtout éliminer les fous à l'entrée. Ce que je veux dire c'est qu'il y a effectivement du travail, mais avant tout un vrai savoir être. Pour les exigences, c'est une évidence et faire machine arrière sera mission impossible. On veut 90% de réussite aux examens, on est content, on les a.

  • Pour info :

    • dans ma prépa, on a rétabli depuis 10 ans une heure hebdomadaire de grammaire/orthographe/syntaxe car les fautes sont lourdement pénalisées aux concours d'entrées dans les grandes écoles de commerce et de management,
    • mon ex-belle soeur, rh dans une entreprise publique poubellise tout cv à partir de 2 fautes (elle a environ 100 cv pour 1 poste en moyenne).
  • Pour avoir cotoyé un certain de profs (ben oui, avec des mômes un peu spéciaux), je peux dire que y'a des cons, y'a des incompétents, y'a des peau de vache mais y'en a des supers de chez super
    **ET **c'est partout pareil.

    Dans ma jeunesse, j'ai été un petit peu pion dans un collège : je ne serais jamais prof !!!

    Par contre, un truc que j'avais trouvé bien et qui, je crois, a disparu, c'était les IUFM. Au moins, tu te confrontais au métier avant d'être lâché dans l'arène.
    Car avoir les connaissances ne suffit pas (plus). J'ai la connaissance pour apprendre à des gens, je sais à peu près enseigner mais en aucun cas, je ne pourrais être prof.

  • l'IUFM avait pour seul avantage c'est qu'il ne plongeait pas l'enseignant dans le bain directement, il avait moins d'heure. Le problème des IUFM, les formateurs comme souvent, loin de la réalité du terrain. C'est un métier qui manque d'accompagnement, il faudrait que les enseignants les plus âgés qui sont parfois au bout du rouleau face à des publics qui sont de plus en plus difficiles, sortent du circuit pour former les gens qui arrivent dans leur établissement, passer le relai, un truc qu'on est incapable de faire en France.

  • +1, c'est amusant de constater que dans le privé on nous bassine sur le fait qu'on doit etre capable de changer de carriere, d'évoluer etc. Que le poste de 40 ans dans la même boite c'est terminé. Et qu'a l'inverse à l'éducation nationale on n'arrive pas a faire bouger les lignes en transformant les fins de carrières...

  • @DrCotedePorc en effet. Cela s'avèrera d'autant plus difficile qu'il y a pénurie d'enseignants dans certaines matières en Belgique avec, en prime, prolongation jusqu'à 67 ans d'ici une dizaine d'années.

  • @cyrille Il y a des choses que je comprends de moins en moins concernant le recrutement des enseignants au collège ou en technique (donc sans "l'élite" des S et des classes prépa).

    Prenons comme exemple la discipline que tu enseignes, mathématiques. Avant 1991 le parcours était licence de math (bac + 3) + prépa capes => CAPES => enseignement. Certains physiciens ou chimistes égarés (comme toi) devenaient aussi profs de math après quelques souffrance (genre 2 tentatives au Capes).

    Ensuite avec la réforme de Sarko/Fillon/Darcos (2010) avec l'exigence de Master (donc de bac + 5) comment veux-tu trouver des candidats ? Rien que le fait de devoir payer 2 années d'études en plus est dissuasif.

    Pour la période 1991-2009 je n'ai pas de références, je ne sais pas si ça a été un bien ou un mal, un avis ?

    Les questions, bien sûr rhétoriques, sont les suivantes :

    • en quoi la fait de connaître la topologie ou la mécanique analytique ou le rotationnel d'un rotationnel vont m'aider à enseigner Pythagore ou Thalès à des élèves entre la 6e et la 3e ?
    • en quoi le MEN s'obstine à vouloir passer par un circuit de recrutement plus que dépassé ?

    Qu'il remettent donc en route un système comme celui des IPES mais bien évidemment adapté au monde moderne. J'ai connu quelques ipésiens (les derniers) : ils étaient heureux de pouvoir étudier tout en gagnant leur croute pour ensuite devenir prof.

    Je parie que les recrutement remonteraient en flèche.

    Emilio, français énervé (moins qu'un coréen quand même ;-) )

  • PS : l'énervement pour la méca est dû au fait qu'en DEUG A2 les cours étaient le jeudi matin à 7h30 :-1: cauchemardesque

  • En fait tu as la réponse dans tes questions et dans mon dernier billet de blog. Un concours qui ne tient pas compte de la pédagogie mais uniquement d'un niveau technique c'est une façon d'écrémer à l'entrée sachant que la place acquise c'est celle d'un fonctionnaire, donc du à vie. Moralité s'il fallait expliquer que les enseignants sont désormais recrutés sur CDI comme c'est le cas dans l'enseignement agricole privé d'ailleurs et en train de se produire pour des vacataires qui ont six ans d'expérience, ça poserait des problèmes aux syndicats qui hurleraient que la profession est menacée.

  • @cyrille J'ai bien dit que c'était des questions rhétoriques :wink:

    Vu de ma fenêtre je ne suis pas sûr que ça vienne que des syndicats.

    Début 2016 (donc en milieu d'année scolaire) j'étais au chômage, j'ai une Maîtrise d'informatique et je sais que dans l'académie où j'habitais ils manquaient de profs en math : il y avait au moins 4 postes à pourvoir dans des collèges éloignés des centres urbains (donc problème de transport).

    Ils n'ont pas accepté ma candidature (comme vacataire, dernière année avant suppression du statut) car je n'avais pas un diplôme de la filière (c'est dommage mon fils était en 3e et ma fille en terminale ES, j'avais les programmes en tête :wink: )

    J'étais même passé par la principale d'un des collège qui était plus que ravie de ma candidature. De l'académie d'où elle venait il était habituel que les proviseurs et principaux proposent des candidats surtout sur des disciplines "tendues" (il est resté non pourvu)

    J'ai même demandé à parler à l'inspecteur général de la discipline car le recrutement passait par lui. Refusé bien sûr. J'ai laissé tomber. En plus je suis grillé vu que j'étais assez insistant donc je n'ai postulé pour un poste de prof technique (postes ouverts car maîtrise d'info).

    Il est évident que je n'aurais pas postulé pour un poste en lycée. Je connais mes limites : je n'ai pas forcement envie de me mettre à expliquer l'intégration par parties.

    On m'a dit de postuler pour des établissements privés. Mais là c'est moi qui bloquait.

    Mes 2 centimes.
    Emilio

  • T'inquiète, il n'y a plus d'intégration par partie depuis la dernière réforme :smiley:

  • quelle académie ? Et pourquoi pas les établissements privés ? Je suis dans un établissement privé :)

  • il faut sans doute voir aussi dans le cursus de formation d'un enseignant , ce qui a évolué au niveau de la pédagogie et échelle enseignant élèves , le diplôme universitaire est très loin de tout cela , sans parler des cours magistraux

  • juillet 2018 modifié

    @CitronDoux

    Très intéressant comme retour d'expérience pour obtenir un job dans tes cordes, qui plus est n'était pas à créer mais à pourvoir par quelqu'un d'impliqué et de concerné.

    La cerise sur le gâteau de la frustration serait d'apprendre une semaine après que le poste désiré a été filé à un mec ou une nana moins diplômé(e) (ça à la limite c'est pas si grave), moins compétent(e) et moins impliqué(e).

    Après, faut pas s'étonner que la plupart des gens prennent leur job actuel (du coup un job par défaut) par dessus la jambe alors qu'on voulait faire autre chose, mais qu'en France il est plus jouissif de vous mettre des bons gros bâtons dans vos roues pour vous décourager d'aller au bout de vos ambitions.

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