Demain j’arrête mais pour de vrai

15 nov. modifié dans Blog / Forum
Je fais une mauvaise année et je suis en train de ramer comme un fou pour essayer de corriger le tir. Je vais vous expliquer où j’ai flanché. En ce début d’année scolaire, nous avons reçu des TBI, il y a des choses à faire comme la création des classes virtuelles, l’organisation des examens d’entrée…

Réponses

  • Je suis entièrement d'accord avec le problème de la bulle que tu évoques à la fin.

    Les gosses et de plus en plus de gens s'enferment dans des bulles de certitudes.
    Souvent basées sur les réseaux sociaux : le gosse c'est un youtubeur qui injurie sa prof dans une vidéo mais qui gagne plus d'argent qu'elle, l'adulte c'est hold-up parce que c'est plus simple de croire au complot...

    Quand tu en es là, tu peux préparer tes cours ou pas, ça revient au même.
    En seconde, j'ai des élèves qui pensent que 3×2 = 5 et que 5×1 = 6, en première que -3/2+5/2 = -8/2 ou -8/4 ou même 2/0 ! (2 élèves sur 35 trouvent 2/2 sans simplifier) et en spécialité math de terminale que (3x²+x)/(3+x)=3x²/3=x² .
    Et pas un ne doute de ce qu'il écrit.

    La dernière, c'est un message à 22h00
    « Bonjour mr, J'ai essayé de faire les exercices sur labomep mais il y avait visiblement un problème car les bonnes réponses que je donnais étaient comptées fausse et je ne pouvais pas recopier la bonne correction pour je ne sais quelle raison ce qui m'empêchais donc de continuer »
    Au bout de 15 jours et à 2 heures de la fermeture, le gamin passe 4minutes et 11 secondes chrono sur le travail et t'envoie ça.
    Et après, il soutient qu'il a raison. Quand Labomep lui dit qu'il se trompe, lui est sûr que c'est labomep qui se trompe et que donc il peut arrêter de travailler avec ce site de m...

    Au bout de 4 minutes sans sa dopamine, il craque.

  • 16 nov. modifié

    Concernant ce problème d'equipe, ne plus faire, cela pose quand même des problématiques annexes :
    Au debut de la reprise de ton poste par un autre, il sera moins efficace que toi et cherchera à faire à sa manière. Toutefois, si cela dure et que l'on continue à faire appel à toi, ca peut être par habitude ou bien parce que le collègue ou le prestataire ne sait pas répondre. Problème de compétence, d'organisation par rapport à un besoin ? Ce n'est plus ton problème pour le juger mais celui d'une hiérarchie. Tout ce que tu peux faire c'est remonter le fait qu'on continue à te soliciter sur des problématiques qui ne sont plus les tiennes.
    Après il y a aussi des outils pour suivre ça côté management mais j'ai comme l'impression qu'ils sont ignorés.

    Du fait de tout cela, forcément le reste est mal ressenti. C'est aussi propre aux périodes de transitions entre postes. Mais là s'ajoute une situation exceptionnelle et floue avec cette navigation à vue de captain blanquette et ses sbires. Je doute que la seule sévérité marche avec les récalcitrants, le mal est profond.
    En entreprise quand je vois que je suis souvent le seul à préparer les réunions, les supports,. ..c'est qu'il y a aussi une envie qui n'est plus là, l'attente qu'un autre fasse le taf parce qu'aussi on en a déjà ras la gueule.

  • @Nono53 remédiation ? Personnellement j'ai l'impression d'avoir atteint mes limites. Ces problèmes je les rencontre aussi avec mes enfants. Ma fille le monde c'est Instagram, je l'ai mise dehors hier pour qu'elle aille s'aérer avec une copine pendant une heure. Le téléphone à la maison c'est limité 4 heures par jour, l'après-midi de 14 à 18 heures comme la guerre sinon ça ne serait que ça.

  • 4h comme limite, c’est quand même pas mal :o
    Moi j’ai mon petit génie anxieux qui commence à se faire des copines, en 5ème, il a pas l’habitude et leur a filé son portable.
    Il a un simple téléphone mais il a fallu qu’un samedi pour qu’il nous fasse une crise d’angoisse car il recevait sms sur sms et ne savait pas comment gérer ce temps de téléphone le pauvre...

  • @sébastien ils ont 16.5 et 18 ans :D

  • @cyrille a dit : remédiation ?

    J'allonge mon temps d'automatismes (mes ex-questions rapides) en début d'heure.
    Avant en 4/5 minutes chrono, les élèves avaient répondu à 4 questions, s'étaient accordés par îlot et j'avais validé/corrigé.

    Aujourd'hui, je passe les 4 questions en 2 minutes. Je laisse 2 minutes pour que les îlots s'accordent (sauf depuis la distanciation) et je passe jusqu'à 10 minutes à expliquer le pourquoi du comment et à répondre aux questions que ces « automatismes » génèrent. Parfois, je suis amené à faire noter des résultats dans le cours.
    Parfois ils s'en rappellent le cours suivant, parfois non :-(

    Et là je vais passer en mode terminator envers les élèves qui ne font pas leur travail, parce que je n'ai plus d'îlot donc plus de point rouge pour le sanctionner et que ça ils l'ont tout de suite intégré.

    Je n'ai pas grand-chose d'autre.
    En plus de couper les devoirs en 2 parties (une sans calculatrice, l'autre avec un peu comme les E3C de stmg/st2s), je vais sans doute annoncer l'intégration au barème de mes devoirs, d'écrire les opérations et les phrases réponses, pour tenter d'obliger les élèves à lire et comprendre réellement les énoncés.
    Ça c'est pour contrer une chose que j'ai repéré en SNT.

    • La majorité des élèves ne lit pas les consignes ou questions.
    • Ils répondent au feeling, au pif, voire au hasard, un simple mot ou nombre.
      • En n'expliquant pas, ils ne prennent pas le risque de montrer qu'ils n'ont pas lu.
      • Quand la réponse est numérique, ils essaient plusieurs opérations avec les nombres à leur disposition et écrivent le résultat que leur parait le plus vraisemblable.
      • Beaucoup pensent que la chance est suffisante pour réussir

    C'est peu comme remédiation. Mais il faut aussi que j'avance le programme pour mes 4 élèves normaux. Normaux au sens d'il y a 10 ans, parce qu'aujourd'hui ils ne constituent plus la norme.

  • et les autres que vont-ils devenir ?

  • 18 nov. modifié

    Je fais tout ce que je peux pour que tous comprennent le nouveau cours dont je ne dispense personne.

    Il faut que je vérifie, mais je crois que pas mal d'entre-eux veulent stopper les maths l'année prochaine. Leur problème va être de réussir à rester en général, parce qu'en technologique les maths restent au tronc commun.

  • A mon époque (rien qu'en disant ça je fais vieux) les profs faisaient cours pour le meilleur tiers de la classe, et le reste essayait de s'y accrocher. Il me semble moins bête de se rendre compte à 15 ans qu'il vaut mieux s'orienter vers le technique que d'arriver à l'âge adulte avec rien de plus qu'un "niveau bac" général qui ne sert à rien d'autre que glander quelques années de plus en fac. L'objectif 85% de bac a surtout créé un nivellement par le bas.

  • @Phreg a dit : il vaut mieux s'orienter vers le technique que d'arriver à l'âge adulte avec rien de plus qu'un "niveau bac" général qui ne sert à rien d'autre que glander quelques années de plus en fac.

    Je suis totalement d'accord, mais aujourd'hui la technique d'une élève lambda sans famille éclairée derrière consiste à ne rien faire le plus longtemps possible.

    Donc si un élève veut stopper les maths, il faut qu'il arrive à rester en général.

    Une des rares choses intelligente de la réforme est d'avoir laissé des maths en série technologique pour essayer d'obtenir un niveau minimal de compréhension de choses comme les taux, les unités de surface, de volume, les fractions ...

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