Des licences Windows de 5 à 15 euros : l’imbécile y croit !

@bloginfo https://www.dsfc.net/internet/juridique-internet/des-licences-windows-de-5-a-15-euros-l-imbecile-y-croit/

Je fais partie de ces imbéciles, ça marche plutôt bien et depuis des années. J'ai acheté régulièrement sur scdkey : https://www.scdkey.com. Assez régulièrement des sites informatiques font du billet sponso pour eux ou rcdkey, souvent on fait remonter l'aspect légal, et pourtant alors que ces sites sont connus, vendent des clés depuis des années, j'ai envie de dire que si Microsoft avait voulu s'en mêler ça fait un moment qu'il l'aurait fait.

J'aimerai bien que tu précises en fait l'origine de ton article, et quel site en particulier tu vises et ce qui te permet de justifier que ces sites sont illégaux

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Réponses

  • En tout cas, moi ça ma sauvé la mise l'année dernière lors d'une mission dans un pays africain, j'avais 1 pb avec une licence Access payé au prix fort qui ne fonctionnait pas et j'ai pu en acheter 1 par ce biais. Et je me demande même si ce n'est pas par @cyrille que j'ai eu l'@ du site.

  • f6kf6k
    26 sept. modifié

    De prime abord, et sans avoir creusé le sujet, je peux amener une piste (ouiiii, on va faire du droit ! Et du droit d'auteur avec ça ! Joie dans les coeurs !).

    Il existe un arrêt bien connu, à savoir CJ, 3 juill. 2012, UsedSoft, qui concerne la revente de logiciels. En gros il s'agissait d'Oracle qui avait attaqué UsedSoft, société allemande, parce que cette dernière revendait des logiciels produits par la société Oracle, en occasion (et beaucoup moins cher). Notamment UsedSoft revendait des licences d'utilisation Oracle. Forcément Oracle n'est pas content et attaque UsedSoft.

    Le problème bien sûr est qu'Oracle prévoit dans le contrat de licence une interdiction de revente à des tiers. Pour Oracle, UsedSoft enfreint son droit d'auteur. Je ne vais pas vous faire un commentaire d'arrêt mais, en gros, ce qu'il faut savoir ici est que le droit d'auteur a des exceptions et des limites, et l'une de ces limites est la théorie de l'épuisement du droit.

    Ce qu'il faut comprendre c'est qu'à partir du moment où une société met un objet sur le marché (européen ici bien sûr), elle perd sa main-mise sur celui-ci. C'est une théorie bien connue pour les objets physiques --- et qui explique qu'on peut sans problème revendre sa console de jeux avec les jeux vidéos physiques qui vont avec, soit ce qui fait le marché de l'occasion. En l'espèce il s'agissait non pas d'objets corporels mais numériques, dématérialisés, d'où l'intervention de la Cour de justice de l'Union européenne. La question est de savoir si l'on peut utiliser cette théorie dans un cadre immatériel, sans support physique (comme par exemple le fait de revendre juste une licence d'utilisation, qui n'est au final qu'une suite de numéro et de lettre permettant le déblocage d'un logiciel, ainsi que l'autorisation de l'utiliser).

    La réponse de le Cour va être très claire : le régime juridique entre les supports physiques et les supports immatériels est indifférent en l'espèce. Autrement dit, on applique les mêmes règles, peu importe que l'objet soit corporel ou non. L'idée, bien sûr, est de faire valoir la circulation libre des marchandises dans l'espace européen. Si l'on reprend UsedSoft c. Oracle, les droits d'Oracle sur les produits sont épuisés, et il ne pouvait donc pas s'opposer à la revente de ses produits par UsedSoft (même à des prix très inférieurs à ce qu'offre Oracle).

    Le lien avec les licences Microsoft n'est pas très compliqué à faire. On peut imaginer plusieurs cas de figure où des sociétés auraient acheté en gros des licences Windows pour les utiliser un temps (voir même ne pas les utiliser du tout pour une raison quelconque). Puis ces sociétés ne les utilisent plus (à nouveau peu importe la raison) et décident de revendre ces licences qui sont toujours fonctionnelles. Elles les revendent à, mettons, SCDKey qui achète en gros à pas trop cher et qui revend à l'unité à un prix lui permettant de faire à la fois du profit tout en proposant un prix cassé diablement moins cher qu'une licence en "première main" auprès de Microsoft. Microsoft peut ne pas être joyeux mais, vous savez, dura lex sed lex.

    Et le cas des clefs Windows 10 pas chères du coup, me direz-vous ? La clef est effectivement un support physique qui contient un logiciel. Puisque c'est physique, on tombe de toute façon sur la théorie de l'épuisement des droits. Mais le cas de Windows 10 (entre autre) est particulier puisque les images disques sont proposées gratuitement par Microsoft (https://www.microsoft.com/en-us/software-download/windows10ISO). On peut donc imaginer des entreprises qui achètent des clefs en gros sur AliExpress, et y collent une image gratuitement accessible de Windows 10 dedans. Ils ne vendent pas Windows 10 mais bien une clef USB et une licence. Ce que l'on achète donc (au-delà de la clef) est bien la licence d'utilisation, elle-même couverte par la théorie de l'épuisement du droit.

    À nouveau, je n'ai pas spécifiquement étudié la question de ces licences Microsoft, mais si l'on est bien dans un cas de revente du type UsedSoft, tout est parfaitement légal.

    NB : je me permets d'insister : il existe probablement des spécificités concernant le cas d'espèce dont je n'ai pas conscience. Mon hypothèse est donc une explication possible parmi d'autres. Idéalement, il faudrait contacter un revendeur comme SCDKey pour savoir comment et où ils ont acquis les licences, et voir les contrats.

  • 25 sept. modifié

    ok du point de vue de occasion ou épuisement de droit ,
    mais dans le cas ou la société vends toujours la version au catalogue , c'est du dumping ?

  • f6kf6k
    25 sept. modifié

    EDIT : j'avais écrit tout un truc mais je ne comprends pas complètement ta question. Qu'entends-tu par société qui vent une version catalogue ? Dans l'exemple de Microsoft tu parles de Windows 10 ? (qui est toujours au catalogue de Microsoft au sens où ils vendent toujours des licences d'utilisation pour cet OS ?).

    Par ailleurs, le dumping est un acte très particulier de commerce international où on joue sur la différence de prix d'un même produit entre deux pays (e.g. prix de la tomate française versus prix de la tomate espagnole, du coup on inonde le marché français avec une tomate espagnole beaucoup moins chère au kilo et on casse le marché français de la tomate) ; dès lors je ne vois pas trop en quoi ça s'appliquerait ici.

    EDIT 2 : en fait je crois que j'ai compris. Tu pars d'abord du principe que l'occasion ne concerne que des produits qui ne sont plus vendus par la maison mère. Ce qui est faux. Je peux acheter le dernier jeux Nintendo et le revendre dans la semaine sur le marché de l'occasion. Si tout le monde fait comme moi et revend le jeux pour la moitié voir le tiers du prix parce que le jeux est mauvais, Nintendo sera pas content parce qu'il cherche toujours à le vendre au prix fort, mais il ne peut rien y faire.

    Ensuite, il y a une mauvaise compréhension je pense de la théorie de l'épuisement du droit. Cela ne veut pas dire que, au bout d'un moment, la société mère n'a plus de droits sur son produit. Ça veut dire que les exigences de l'auteur sur sa création ne doivent pas faire obstacle à la libre-circulation des biens, peu importe depuis combien de temps l'objet est en vente. En gros on met en balance les droits de l'auteur et la libre-circulation des biens dans le marché européen. Il faut trancher. La Cour en ce sens explique qu'à partir du moment où un objet est mis sur le marché européen, on ne peut aller contre sa libre-circulation sur ledit marché (y compris en ce qui concerne la revente).

    Enfin, pour le prix vraiment moins cher, il y a des raisons tout à fait pratique à ce genre de situation ; voir mon exemple dans mon post ci-dessous.

  • j'ai rien compris, c'est trop long. Légal ou pas légal ?

  • f6kf6k
    26 sept. modifié

    Version courte (désolé c'est toujours un peu long mais c'est comme des maths, tu peux pas donner une réponse sans le raisonnement qui va avec hein :wink: ). J'ai pas le détail pour les licences Windows ; mais :

    1) une licence d'utilisation est un objet marchand comme un autre, qu'il soit matériel ou non (CJ, 3/07/2012, SoftUsed) ;

    donc 2) à partir du moment où une société met un objet sur le marché et qu'il est acheté, elle perd sa main-mise dessus et ne peut s'opposer notamment à sa revente par épuisement de son droit (en gros, dès que c'est vendu, ça appartient au client et la société n'a plus rien à dire, le client fait ce qu'il veut de son objet dans les limites de la loi (bien sûr)) (à nouveau CJ, 3/07/2012, SoftUsed) ;

    dès lors 3) Microsoft vend des tas de licences à bon prix à un client X. X, en fait, passe à autre chose (peu importe) et cherche à revendre. Il fait donc un prix sur son lot à Y (sachant que X ne peut revendre à perte, sauf exceptions) ; Y revend à l'unité, notamment à Cyrille pour un prix qui n'a rien à avoir avec ce que pratique Microsoft pour le commun des mortels. Cyrille est content parce qu'il a une licence Windows officielle pour 10 euros ; Microsoft moins, mais c'est le droit de l'UE qui l'emporte sur les stipulations contractuelles (hiérarchie des normes). EDIT : on peut même imaginer le cas où c'est X qui revent directement les licences à l'unité au client final, ça colle avec l'arrêt SoftUsed.

    Bref, si on est dans un cas comme ça (ce que je crois) : légal.

    Bienvenue dans le monde de l'occasion dématérialisé. Et oui, le dématérialisé ne se dégrade pas dans le temps, donc acheter en "seconde main", voir en "troisième main" du dématérialisé c'est au final "acheter neuf mais avec un prix plus sympa" !

    NB : Je précise dans mon exemple : le client X est un gros client, donc il achète certainement pas sa licence windows au prix du client lambda mais à bien (bien) moins cher que ça (le prix du client lambda selon Denis Szalkowski c'est 90 euros, mais c'est à discuter, mon expérience me montre qu'on a cherché à me vendre avec un ordinateur une licence windows (non OEM) à 40 euros récemment). Par ailleurs, il faut savoir que Microsoft a tendance à brader ses licences en fonction du marché pour être sûr qu'on utilise son logiciel, voir même à payer pour avoir le marché (il y a de nombreux cas référencés, et ce n'est pas bête parce que ça assure son avenir). Cela explique d'ailleurs certainement la variation de prix sur ces licences ; ça dépend du prix qu'a payé X à Microsoft à l'origine, de combien X revend à Y, plus combien Y prend sur l'unité finale.

    NB2 : si vous voulez des exemples simples d'exception à la vente à perte dans le cas qui nous occupe, il y a la cessation d'activité, déclaration de faillite, etc. Par exemple quand Qwant va être déclaré en faillite, vu que je suis sûr qu'ils ont des tas de licences windows, ils vont chercher à les revendre et ils pourront le faire à perte ; attendez-vous à des opérations commerciales sur des licences W10 chez vos revendeurs habituels dans les jours qui viendront ! (oui oui humour mauvais toussa)

  • C'est marrant, la version courte n'est pas courte :D
    Ça m'a l'air légal. Gogogo !!!

  • J'ai fait exprès de mettre une image pour bien faire la cission entre la "version courte" et mon commentaire après. C'est quand même plus court non :disappointed: ? En vrai oui, il me faut encore faire des progrès question synthétisation, mais ce sont des sujets qui me passionnent alors je m'emporte assez vite :smiley:

  • C'EST TROP LONG !!! C'EST LEGAL OU PAS LEGAL ????

  • 26 sept. modifié

    Par ailleurs, il faut savoir que Microsoft a tendance à brader ses licences en fonction du marché pour être sûr qu'on utilise son logiciel, voir même à payer pour avoir le marché (il y a de nombreux cas référencés, et ce n'est pas bête parce que ça assure son avenir MONOPOLE).

  • Les clés de licences Windows 10 vendues à pas cher sont des clés de type OEM (Dell, HP, Lenovo ...).
    Elles sont aussi sur le marché via les sites Internet comme SCDKey, CDiscount, Amazon ...

    La différence c'est que lors d'un soucis avec Windows10, si vous contactez le support de Microsoft France, vous n'aurez pas accès au même support. En effet, avec une clé OEM, vous serez considérés comme un "constructeur" et non comme un utilisateur "bon père de famille", donc à vous de trouver la solution et non au support Ms !!

    De plus, la version OEM est mono-utilisation : 1 clé pour un PC alors que la version boite peut être utilisée sur plusieurs PC mais pas en même temps (upgrade hardware, nouveau pc).

    Donc c'est légal :)

  • Après, il y a le marché de l'occasion logicielle comme les licences vendues par Used-Soft.
    Used-Soft l'explique via sa page juridique : https://is.gd/hcKNf7

    A titre professionnel, nous avons commandé des tas de licences Ms Office 2013/2016/2019 pour les communes que nous infogérons.
    Nous avons même acheté des licences Ms Windows10 Pro pour une médiathèque car ils voulaient upgrader leurs PC "publics" et "gamers".
    Là, j'ai une commande pour une suite graphique COREL en attente de validation.
    Pendant le confinement, nous avons acheté une 100aine de jetons RDS Win 2019 pour la mise en place du télétravail.

    J'ai reçu tous les contrats et documents de conformité, comme ils ne peuvent pas vendre une version boite, ils peuvent envoyer gratuitement un support physique en DVD. J'ai mis le service juridique sur le coup avant la première acquisition ...

  • 26 sept. modifié

    Merci @f6k tout est très clair, j’ai cru lire un raisonnement de ma fille me démontrant par A+B que j’avais tort dans mon for intérieur :-) : je ferai donc mon mea culpa à mon neveu qui n’a pas peur quand il rachète des clés neuves au détail à des grossistes qui ont payé leur lot en toute légalité. Sauf que ....peut-être ces derniers devraient-ils récupérer la TVA d’un côté et la redéclarer en fonction du prix de vente au client final de l’autre, non ?

  • f6kf6k
    26 sept. modifié

    @cyrille a dit :
    C'EST TROP LONG !!! C'EST LEGAL OU PAS LEGAL ????

    :D

    Oui, c'est légal !

    @Arnaud2023 a dit :
    Sauf que ....peut-être ces derniers devraient-ils récupérer la TVA d’un côté et la redéclarer en fonction du prix de vente au client final de l’autre, non ?

    Entre commerçants on ne parle pas de TVA (sauf rares exceptions et pourvu que l'on soit dans le cadre de l'activité commerciale). La TVA n'est calculée et récupérée que sur le client final (qui lui n'a pas le statut de commerçant, ou s'il l'a, n'achète pas dans le cadre de son activité commerciale).

    @zeodrake a dit :
    J'ai reçu tous les contrats et documents de conformité, comme ils ne peuvent pas vendre une version boite, ils peuvent envoyer gratuitement un support physique en DVD. J'ai mis le service juridique sur le coup avant la première acquisition ...

    Toujours un bon réflexe ça. Des juristes ça coûte cher, si on y a accès dans le cadre de son boulot sans avoir à débourser un sou, il faut en profiter !

  • Est-ce que vous avez déjà vu des clefs pour Windows 10 Entreprise ? Si j'ai bien compris c'est la seule version qui permette de désactiver toutes les télémétries de Microsoft.

  • 27 sept. modifié

    @Cyrille

    Une licence OEM est attachée à un matériel vendu, sachant que la licence OEM associée à un disque dur n'existe plus depuis la fin des années 90. Elle est le résultat d'un accord entre l'éditeur et le fabriquant. Comment donc serait-il possible de disposer d'une licence OEM sur une machine qui ne lui est pas associée ?

    Le lien d'explication est dans l'article.

    Les licences sur clé USB ou sur DVD ne sont pas OEM par nature. Ce que j'ai du mal à piger, c'est qu'elles soient vendues 90 euros sur Amazon alors qu'elles sont à 160 chez Ldlc.

    Chez MS :

    licence Windows 10 Familiale = 145 euros
    licence Windows 10 Pro = 259 euros

    Ces "licences" vendues à 5 et 15 euros ne sont donc pas légales. Si elles étaient légales, alors vous pourriez vous les procurer à ce prix auprès de revendeurs comme LDLC qui ont pignon sur rue. Or, ce n'est pas le cas bien évidemment !

  • @CitronDoux a dit :
    Est-ce que vous avez déjà vu des clefs pour Windows 10 Entreprise ? Si j'ai bien compris c'est la seule version qui permette de désactiver toutes les télémétries de Microsoft.

    Pour la télémétrie, il y a tout de même le pare-feu.

  • @bloginfo tu as vu le baratin des gens là haut ?

  • 27 sept. modifié

    @cyrille

    Oui. Et à la fois, excuse-moi, bien peu d'éléments factuels.

  • ce qui m'étonne le plus quand on sait comment les sociétés sont procédurières c'est le fait d'être encore en activité après autant d'années. J'ai acheté ma clé SCDKEY en 2017, le concept existait depuis bien plus longtemps.

  • Légal ou pas, je pense que ça n'a pas grand intérêt. L'essentiel est de voir que MS n'agit pas contre ces sociétés ou contre leurs clients. Par manque de rentabilité j'imagine.

  • En plus, utiliser Linux, ça me fait ce problème en moins. ;-)

    C'est pour sourire hein. Pas pour lancer une polémique victor.

  • f6kf6k
    27 sept. modifié

    Allez un peu de baratin pour faire plaisir à @cyrille :wink:

    @bloginfo a dit :

    Ces "licences" vendues à 5 et 15 euros ne sont donc pas légales.

    Suivant ton article de blog, ton allégation se base sur le fait que 1) c'est écrit dans le contrat de Microsoft et 2) qu'une licence ne t'appartiendrait pas (que tu n'en serais pas "propriétaire" pour te citer).

    Pour le 2), c'est du droit des biens basique. Tu achètes un bien (oui une licence est un bien, même si c'est dématérialisé) et du coup tu en deviens propriétaire. Je pourrais te détailler les attributs de ton droit de propriété sur ta licence Windows, mais bon il y a des cours 101 de droit des biens sur internet facilement accessible qui explique cela très bien.

    Ensuite pour le 1), elles le sont si l'on entre dans le cadre d'une revente d'un premier acquéreur direct à un second, puis un troisième, etc. (v. aff. SoftUsed, 2012), et elles le sont parce que la CJUE le dit.

    Voir pour cela le cons. 88 de l'arrêt cité, notamment que « en cas de revente d'une licence d'utilisation emportant la revente d'une copie d'un programme d'ordinateur téléchargée à partir du site Internet du titulaire du droit d'auteur (...), le second acquéreur de ladite licence ainsi que tout acquéreur ultérieur de cette dernière pourront se prévaloir de l'épuisement du droit de distribution (...), et, partant, pourront être considérés comme des acquéreurs légitimes d'une copie d’un programme d'ordinateur ». (le gras est de moi).

    Pourquoi ?

    La Cour te donne elle-même la réponse (cons. 82 et 83). Elle explique que « l'argument d'Oracle, de l'Irlande ainsi que des gouvernements français et italien selon lequel la notion d'«acquéreur légitime», (...) ne viserait que l'acquéreur habilité, en vertu d'un contrat de licence conclu directement avec le titulaire du droit d’auteur, à utiliser le programme d'ordinateur ne saurait être accueilli. » (le gras et l'italique sont de moi).

    Autrement dit, elle refuse de considérer comme "acquéreur légitime" uniquement la personne qui a passé le contrat directement avec Oracle.

    Et la raison est simple ! Parce que « un tel argument aurait pour effet de permettre au titulaire du droit d'auteur d'empêcher l'utilisation effective de toute copie d'occasion à l'égard de laquelle son droit de distribution a été épuisé, (...), en invoquant son droit exclusif de reproduction (...) et priverait ainsi d'effet utile l'épuisement du droit de distribution ». En gros, une telle stipulation contractuelle ne permet pas une distribution complète du produit acheté (la licence), principe fondamental dans l'espace européen, ce que la Cour ne tolère pas.

    Oui, cela va à l'encontre du contrat que propose Oracle en l'espèce, et Microsoft pour le cas qui nous occupe. Mais c'est tout l'intérêt de cet arrêt : rendre caduque ce type de clause d'un contrat d'utilisation d'un objet non corporel sur le marché européen, afin, comme dit, de valoriser la libre-circulation des machandises (dématérialisées en l'espèce).

    Peut-être trouves-tu cela anormal, amoral, bizarre, révoltant, ou autre, mais la CJUE c'est pas Joe le clodo en bas de chez moi. C'est juste l'une des intances juridiques contraignantes les plus hautes au niveau européen. Et, du coup, la hiérarchie des normes fait que la décision de la CJ prévaut toutes les stipulations contractuelles de Microsoft en la matière.

    Si tu veux un exemple un peu plus parlant, c'est comme si dans ton contrat de bail tu avais une clause qui disait que si tu payes pas ton loyer en temps et en heure chaque mois alors le contrat de bail prend automatiquement fin. Cela s'appelle une clause résolutoire expresse. J'en ai une dans mon contrat de bail par exemple. Mais cette clause dans un contrat de bail est contraire à la loi française (qui est une norme supérieure au contrat entre particuliers, dois-je le rappeler) et elle est donc réputée nulle et non écrite. On fait comme si elle n'existait pas, et mon bailleur aura beau l'invoquer pour me faire peur -- ce qu'elle a déjà fait pour deux jours de retard --, ça reste du vent.

    Donc si tu croises des personnes de chez Microsoft qui te disent que c'est illégal parce que c'est écrit dans leur contrat d'utilisation, que c'est censé être attaché à une seule machine parce que tel est leur bon plaisir, tu peux te dire que leur clause est nulle parce que la CJUE le dit.

    EDIT : et si la question des licences d'utilisation octroyant un droit pour un nombre d'utilisateurs prédéfini vous interpelle, la Cour y répond aussi dans le même arrêt.

  • @bloginfo a dit :

    @CitronDoux a dit :
    Est-ce que vous avez déjà vu des clefs pour Windows 10 Entreprise ? Si j'ai bien compris c'est la seule version qui permette de désactiver toutes les télémétries de Microsoft.

    Pour la télémétrie, il y a tout de même le pare-feu.

    Celui du poste ne suffit pas, il est outrepassé par design par Microsoft. Et en plus si tu es mobile, tu ne peux rien faire.

  • @f6k a dit :
    Allez un peu de baratin pour faire plaisir à @cyrille :wink:
    ........

    Merci pour toutes ces précisions. Là c'est clair et ça semble définitif, jusqu'au prochain jugement ;)

  • @CitronDoux

    Le pare-feu MS combine applications, protocoles, ports et adresses ip sur la même règle. L'as-tu au moins une fois dans ta vie configuré réellement ?

  • @f6k

    Désolé. Aucun élément factuel supplémentaire. J'ai mis les liens dans ma réponse que chacun peut vérifier quant aux prix pratiqués.

  • 27 sept. modifié

    @bloginfo a dit :
    @CitronDoux

    Le pare-feu MS combine applications, protocoles, ports et adresses ip sur la même règle.

    Nooon c'est dingue, je ne savais pas qu'un fw était capable de faire tout ça. Merci, je viens d'apprendre quelque chose. Je vais mieux dormir.

    L'as-tu au moins une fois dans ta vie configuré réellement ?

    Je ne sais pas, tu en penses quoi ?

  • f6kf6k
    27 sept. modifié

    aucun élément factuel ? Seriously? Des années de procédures, deux sociétés, une région et deux gouvernements, un nombre de magistrats, de juristes pas concevable, un arrêt en grande chambre (avec un rappel des faits !) écrit en bon français de sorte que tout le monde le comprenne (si jamais il y a toutes les autres langues européennes), une pratique bien ancrée depuis des années et des années sans que Microsoft ne bouge ni ne sorte ses armées d'avocats, des services juridiques qui planchent sur la question histoire d'être quand même sûr avant de donner le feu vert (voir l'intervention de zeodrake ci-dessus), trois versions de décorticages malheureux de ma part ici même ; qu'est-ce que tu entends par "éléments factuels" que tu veux en supplément ? Que la Cour en grande chambre (quand même, soit onze personnes chevronnées qui en ont discuté pendant des mois avant de statuer) viennent te le confirmer en personne ? :disappointed:

    Ta réponse c'est il y a "un lien wikipédia" (enfin la ligne dans le paragraphe qui nous occupe) qui en passant n'apporte absolument aucun élément "factuel" sinon de paraphraser la contrat d'utilisation de microsoft sur la question. Je n'ai pas trouvé plus d'arguments dans l'article d'origine sinon les deux points que j'ai nommé ci-dessus. C'était patant au point que le maître des lieux a ouvert ce thread histoire de savoir où était le source de l'assertion (parce que oui, on a tous vu et ouvert le lien wikipédia, évidemment, qui n'apporte pas plus de véritable réponse juridique à la question). Sincèrement, mon apport ici est tout à fait discutable mais au moins j'y mets des arguments référencés, expliqués autant que possible et sourcés vers des documents officiels qui ont force de loi.


    (moi et ma femme, là, (allégorie))

    @bloginfo a dit :

    Désolé.

    Non, vraiment, c'est moi qui suit désolé :smiley:

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