Réécrire l’histoire

27 août modifié dans Divers

Trait d’humeur - désolé.
Vous avez certainement vu, « 10 petits nègres » est rebaptisé « ils étaient 10 ».
L’histoire démarre avec Amazon qui décide de bloquer le livre qui ne respecte pas les standards du groupe. Alors, c’est intéressant de voir le choix arbitraire et très américain, potentiellement choquant ou pas en soi, qui infuse dans la société française, grâce aux films et réseaux sociaux; désormais on va dire que non, ce truc n’a pas le droit d’être vendu. Après tout, quelle Obligation ? Un magasin choisi ce qu’il vend. Admettons même si c’est limite.
Par contre la réaction duale de l’éditeur et du petit fils est encore plus forte, puisqu’ils décident de rebaptiser le livre, et son contenu évolue aussi avec la même censure d’aujourd’hui. Il y a aussi un léger opportunisme et buzz derrière, en tout cas c’est coup double pour vendre.
Donc plutôt que de focaliser sur l’avenir, plutôt que traiter les Gros problèmes profonds qui font qu’un pauvre gars se prend 7 balles dans le dos parce qu’il est noir (Que bcp diront black, ce qui est aussi un problème de Fausse pudeur qui justement crée un problème), on va réviser l’histoire et imposer la culture d’aujourd’hui, américaine surtout. Plutôt qu’expliquer, on change, on réécrit le passé.
C’est bas du front, et Extrêmement dangereux, encore une victoire du monde au rabais.
On est habitué avec les séries américaines. Ok. Là on touche à un livre. Pour de très mauvaises raisons.
Je n’ai pas fini d’expliquer aux enfants pourquoi c’est tout sauf un détail, et pourquoi c’est une mauvaise solution pour faire évoluer les mœurs.

Réponses

  • J'adhère en grande partie à ton point de vue. Le plus effrayant dans tout ça c'est que s'y opposer passe pour de l'affront, une forme de résistance, d'arriérisme, alors que l'on souhaite légitimement que les faits soient posés et contextualisés.

    Dans la même veine que ce classique d'A.C il y a le film de Mel Brooks (Blazing Saddles) qui subit un avertissement qui ne manquera pas de susciter des interrogations. Et un peu plus tôt, au moment de l'affaire George Floyd, le film Autant en emporte le vent.

    Bref, on fait table rase d'un passé (pas si lointain quand même), on regarde derrière par peur probablement de l'avenir qui nous attend et dont on ne maîtrise rien.

    Je ne pense pas non plus que déboulonner des statues permettra à la génération actuelle de comprendre pourquoi des noms sont écrits dans les manuels scolaires.

    La société est un peu orwellienne sur les bords, on censure, on s'auto-censure pour ne plus choquer personne. Qu'est-ce qu'on se marre quand même.

  • Totalement en phase ! Société orwelienne effectivement, bien trouvé !

  • @brucenico on était en train d'en discuter dans le post inutile. Comme je l'écrivais, pour ma part le problème de fond c'est qu'effectivement s'engager dans cette piste, c'est la solution de facilité, c'est oublier la France de la colonisation, des collabos qui font pourtant partie de notre histoire celle-ci et bien d'autres. Tintin au Congo est pour moi l'un des tops de l'horreur, et c'est aujourd'hui je pense une bande dessinée qui devrait être accompagnée d'une explication historique. Mais seulement c'est plus facile de ne plus vendre un produit ou de modifier son titre plutôt que d'éclairer sur une partie de l'histoire où les mœurs étaient différentes.

    Rajoutons à cela, une forme de courant de bien-pensance avec le remaniement de termes informatiques comme maître esclave, liste blanche, liste noire, les féministes qui s'insurgent contre tout quand dans les faits rien ne change.

    Quand on voit cette gamine violée sur un lieu de vacances par trente hommes https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/1598535632-israel-viol-presume-a-eilat-un-des-principaux-suspects-affirme-avoir-tente-d-aider-la-victime ou que pendant le confinement les inégalités ont continué de plus belle avec papa est tranquille dans son bureau pendant que maman se démerde, il faudra comprendre que le mal est plus profond que quatre mots de vocabulaires, que quelques symboles mais bien faire rentrer sérieusement l'éducation dans le quotidien et avec elle la culture.

    Malheureusement avec une jeunesse qui pour la plupart s'en fout, trop préoccupée par son petit univers du quotidien pour fuir un avenir qui ferait flipper n'importe qui, avec des marques qui pensent qu'en abrutissant chaque jour un peu plus les individus on va faire davantage de profit sans réaliser qu'il y aura un demain, on n'est certainement pas rendu.

  • Je ne sais pas si accuser Amazon est correct car j'ai lu quelque part (où ?) que les droits de la version française étaient terminés donc une nouvelle version apparaît qui utilise le même vocabulaire que la version anglaise parue dans les années 60.

    J'ai l'impression, peut-être à tort, qu'il y a plus un hasard de calendrier que la volonté de suivre le mouvement BLM.

  • "Là où on brûle des livres, on brûlera des hommes" – Heinrich Heine.

    Je remets ici cette caricature en anglais trouvée sur Politico :

  • Sauf que la décision était déjà prise par l'autrice et sa famille, les éditeurs il y a bien des decenies. ..pas en France ?
    "Paru au Royaume-Uni en 1939 : Ten Little Niggers, devenu And Then There Were None aux États-Unis à partir de 1940, puis au Royaume-Uni en 1985"

Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.