Oui, il faut faire rentrer les enfants

18 juin modifié dans Blog
J’ai pris un moment avant de me lancer dans l’écriture de ce billet pour être un peu sûr de pas dire trop de conneries même si on en raconte forcément. Pas évident de faire de la politique dans notre pays, car quelle que soit la décision, elle est contestée, critiquée ou moquée. On fait rentrer…

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Réponses

  • Toujours pas convaincu, je reste sur ma position.
    En plus des brèches sont en train de s'ouvrir, finalement ce ne sera pas si obligatoire que ça... Pfff, aucune fermeté dans ce gouvernement, c'est désolant.

  • 19 juin modifié

    et pour ma part je reste convaincu qu'il fallait faire plus tôt plus méthodique (les descentes d'avion par exemple ont été ridicules par rapport à beaucoup de pays au MEME MOMENT, et même encore), faute de tests et de masques, pour mieux anticiper tout le reste derrière...Après, dire qu'il y a du décrochage de prof, on est vraiment dans la caricature aussi et cela reste minoritaire. On devrait aussi parler de l'aspect psychologique de cette situation chez beaucoup de profs, cette peur qu'il y a comme chez chacun des salariés, ou bien simplement cet inconfort. Quand je pense qu'on me force à porter des masques pourris plutôt que "les miens", par exemple, j'imagine toutes les situations qu'on doit rencontrer dans divers établissements ou entreprises.

    Le pire dans tout cela, c'est que l'on va encore avoir des mesures bricolées en septembre, un relâchement bien naturel, un retour possible en octobre novembre parce que la terre a deux hémisphères, etc... Quand on voit la manière de traiter déjà l'hôpital quelques semaines après, avec un Segur qui ressemble à un dialogue de sourds, on imagine le ministère de l'éducation... et de l'agriculture.

    Faire rentrer les enfants, rendre ça obligatoire ? Des mots... rien ne sera sanctionné de toute façon.

  • avec le recul, c'est l'ensemble des gosses qu'il aurait fallu faire reprendre de façon obligatoire le 11 mai puisque finalement on s'est rendu compte que l'épidémie s'est essoufflée alors que c'était l'open bar. Qui aurait pu le prévoir ?

  • 19 juin modifié

    essoufflé? Ce n'est pas ce que les chiffres montrent. On stagne depuis dans tous les pays comparables, c'est tout mais c'est transitoire.

    on a ici la date du déconfinement et la prise en compte de l'incubation sur les chiffres quotidiens corrigés des cas enregistrés....

  • @Iceman a dit : «Des mots... rien ne sera sanctionné de toute façon.»
    Ben oui, parce que pour ancrer les bonnes habitudes dans les comportements, il faut un minimum de contraintes, de répression.

    Dans mon bahut, il y a du ruban de chantier partout pour délimiter des zones, des pulvérisateurs de gel hydroalcoolique dans toutes les salles, ...
    Mais quand en conseil de classe tu dis que machin t'a envoyé un message le premier jour du confinement pour te demander de te connecter à son SnapPintGram mais n'a rendu aucun des travaux de tout le confinement et que ce n'est pas admissible. C'est toi le méchant qui manque de bienveillance.

    L'éducation nationale n'est plus qu'une vaste plaisanterie où tout le monde sort le parapluie pour ne pas être responsable et où l'élève peut ne rien faire en toute impunité, mieux avec la bienveillance de l'administration.
    - Avant le confinement, le même machin fait partie de la bande qui a posté une vidéo d'un autre élève avec des commentaires dégradants et déplacés.
    - une journée d'exclusion pour celui qui a mis en ligne,
    - un courriel aux parents pour les autres.
    - le délégué élève qui faisait partie de la bande et qui s'offusque parce qu'on en parle au conseil de classe, que ça lui rappelle des choses désagréables alors que lui il avait déjà oublié et l'administration qui embraye en disant qu'elle gère avec l'infirmière, donc qu'on passe à autre chose. À oui, j'allais oublié et être injuste, l'élève harcelé a le droit d'aller voir l'infirmière.

    • Machin le même, a posté du rap pendant le confinement, donc il faut le valoriser.

    Donc, c'était déjà plus ou moins le cas avant. Avec le confinement, c'est openbar pour tous les élèves.
    Je suis d'accord avec @cyrille, à la rentrée de septembre, ceux qui tenteront de faire respecter les règles de politesse auront bien du mal, ils passeront pour des rétrogrades, voire des faschos.

  • Ben oui et c'est bien ça qui est désolant. Une rentrée obligatoire en mai oui cela aurait été plus intelligent sauf peut-être d'un point de vue sanitaire.
    En tout cas la solution mixte présentiel - à la maison, c'était juste idiot, une rentrée pas obligatoire, des profs à devoir faire cours en présentiel ET à distance, du n'importe quoi.
    Et là une rentrée "obligatoire" pour juste deux semaines mais les absents ne seront ne seront pas sanctionnés, ben voyons...
    Mes gosses ont bossé, peut-être plus que si ils avaient eu école, ils ont joué le jeu et au final ils vont se taper deux semaines d'école à se faire chier et être avec peut-être des élèves qui n'auront rien foutu et dont forcément il faudra s'occuper en priorité. Merci.
    C'est peut-être égoïste comme réaction mais ça me gonfle.
    Maintenant, le passage sur lequel je suis d'accord, c'est qu'il faut mettre le mot fin sur cette année scolaire et que pour ça, il faut bien que les élèves et les profs se retrouvent.

  • @Alain pas évident de savoir ce que ça veut dire concrètement. Je pense qu'il aura d'autres chats à fouetter que de regarder du côté du mercredi après midi et du week-end quand on sait la complexité de faire rentrer certains enfants à l'école.

  • 20 juin modifié

    Je suis d'accord en partie sur ce point. C'est ok que le sport - musique - art plastique sont important au collège pour ceux qui ne peuvent découvrir cela par eux-mêmes (pas le temps, pas l'argent, ...) mais pour ceux qui pratiquent cela en dehors des heures de cours, c'est peut-être du temps perdu à ne pas travailler les maths, le français ou l'histoire géo. Ou pour aller le faire dans une vraie structure plutôt qu'au collège sur le même temps scolaire.
    Style les matières "classiques" le matin, et l'après midi pour les activités artistiques et sportives en asso ou club pour ceux qui le veulent - peuvent, ou au collège pour ceux qui sont moins motivés ou qui ne peuvent pas?
    Ca permettrait à mon petit génie de 6ème également doué naturellement pour le sport d'avoir plus d'heures de pratique dans son sport en club et à des heures plus pratique aussi plutôt que de devoir aller le traîner à la salle le soir après les cours jusqu'à 20h quand c'est pas 22h...
    Et oui, la vie et l'éducation d'un enfant, c'est pas seulement ce qui se passe en semaine de 8h à 17h...
    Et cela peut révéler des surprises...
    Mais c'est moins vrai pour le sport : les profs de sport s'intéressent généralement à la vie de leurs élèves en dehors de l'école, ce qu'ils font les week-ends, surtout si ils sont dans des clubs. J'ai vu des profs de sport venir à des épreuves sportives importantes auxquelles participaient leurs élèves en dehors du cursus scolaire, c'est rare mais ça se voit.

  • Ça veut dire que Jean mimi souhaite que l'eps, la musique, ... sortent de l'éducation nationale et soient assurés

    • par les collectivités locales ou
    • par des officines privées pour les moins démunis.

    Voire que le seul tronc commun raboté à l'extrême reste dans le giron de l'état.
    Ce qui pourrait permettre de baisser le nombre de fonctionnaire et les coûts de l'EN.
    C'est juste l'aboutissement de la pensée libérale et le début de sa procédure de mise en œuvre.

    • Je ne dis pas l'idée que j'ai mais,
    • même si c'est totalement faux, je mets dans la tête du peuple, les idées

      • que le système actuel est pourri (40% des profs sont des fainéasses même pas capables de ramasser des fraise, ...)
      • que des changements très ciblés pourraient sous certaines conditions êtres efficaces
    • puis une fois que l'opinion permet le passage à l'acte, le changement ciblé est élargi et les conditions de son efficacité sont oubliées

    En gros, il s'agit de préparer le début du démantèlement de l'éducation Nationale.

  • Le démantèlement est déjà à l'oeuvre ...

  • Bref bientôt des gilets d'une autre couleur ?

  • Le peuple n'attend pas forcément qu'on lui mette des idées dans la tête non plus.

  • @sébastien a dit :
    Le peuple n'attend pas forcément qu'on lui mette des idées dans la tête non plus.

    Ce n'est pas ce que je disais.
    @cyrille disait "pas évident de savoir ce veut dire concrètement l'annonce du ministre. "
    Je disais, mais peut-être pas de façon claire, qu'il n'y a rien de concret, mais juste une stratégie de communication destinée à atteindre un but libéral.

  • Moins d'heure de cours à assurer, toujours plus (voire no limit) d'heures au global : besoin de moins de profs, moins d'établissements, bref économies tout azimut, je vois déjà les structures privées hors contrat se frotter les mains. Que dis-je, la bave leur coule des lèvres !

  • @Nono53 a dit :

    @sébastien a dit :
    Le peuple n'attend pas forcément qu'on lui mette des idées dans la tête non plus.

    Ce n'est pas ce que je disais.
    @cyrille disait "pas évident de savoir ce veut dire concrètement l'annonce du ministre. "
    Je disais, mais peut-être pas de façon claire, qu'il n'y a rien de concret, mais juste une stratégie de communication destinée à atteindre un but libéral.

    Ah ok j'avais pas compris ça comme ça. Mais oui, très certainement :/

  • @Alain a dit :
    Moins d'heure de cours à assurer, toujours plus (voire no limit) d'heures au global : besoin de moins de profs, moins d'établissements, bref économies tout azimut, je vois déjà les structures privées hors contrat se frotter les mains. Que dis-je, la bave leur coule des lèvres !

    Il y a quand même aussi une part de réflexion à faire pour les écoles hors contrat. Si on prend le cas très particulier de l'école 42, le résultat n'est pas forcément négatif.

  • Le problème principal, c'est le désengagement de l'État de tout service public.
    Dans le milieu des classes préparatoires, le privé hors contrat est un milieu interlope je trouve. Dans ma filière, 9000€/an, Paris, ce qui se monte actuellement suite à des départ d'un autre institut, il n'y a même pas de prix affiché depuis 2 mois que le site est en ligne ...

  • @Alain a dit :
    Le problème principal, c'est le désengagement de l'État de tout service public.
    Dans le milieu des classes préparatoires, le privé hors contrat est un milieu interlope je trouve. Dans ma filière, 9000€/an, Paris, ce qui se monte actuellement suite à des départ d'un autre institut, il n'y a même pas de prix affiché depuis 2 mois que le site est en ligne ...

    Au fait vous en êtes où dans le remplissage de votre prépa ?

  • Une vingtaine, ça se présente un poil mieux que l'an dernier. Je suis davantage inquiet pour la classe de 2nde année.

  • @Alain a dit :
    Une vingtaine, ça se présente un poil mieux que l'an dernier. Je suis davantage inquiet pour la classe de 2nde année.

    Vous avez beaucoup de défections entre sup et spé ?

  • Il y a toujours des abandons en cours ou bien en fin d'année. Là, ce sera au moins 2 sur 18 ... Le problème est alors de pouvoir recruter de l'extérieur pour compenser un peu, sachant que je n'incite jamais mes étudiants à redoubler (sauf potentiel Top3/Top5), quand bien même ça m'arrangerait pour des questions d'effectif.

  • 22 juin modifié

    Tu veux dire cuber pour passer du top5 au top3 ou cuber pour rentrer dans le top3/5 ?
    Édit : j'ai relu, effectivement tu parles du 2e cas.
    Mais le 1er cas arrive aussi.

  • Oui, 2nd cas.
    Mais j'ai déjà eu, en effet, un étudiant dans le 1er cas. Faut des co***les.

  • @Alain a dit :
    Oui, 2nd cas.
    Mais j'ai déjà eu, en effet, un étudiant dans le 1er cas. Faut des co***les.

    Oui, le neveu d'un ami l'a fait sous la pression de sa mère. Il a eu X, maintenant (il a une 30aine d'années) il est en Ardèche et il fait de la confiture and co. 😉

    Le fille du même ami n'était pas dans le top 3 commerce et, en suivant le conseil de son père (et contre l'avis de sa tante), n'a pas cubé et en est très heureuse.

    Le raisonnement de son père (ingé) est de dire que le jeux n'en vaut pas la chandelle sur le moyen / long terme.

    Comme tu dis il faut avoir des c… ou être un peu à côté de la plaque. Après c'est des choix très délicats qui dépendent, à mon avis, aussi beaucoup du contexte familial.

    Est-ce que les élèves viennent souvent vous demander conseil ?

    J'au aussi rencontré un gamin dans le bus qui lui aussi cubait car il voulait absolument le top 5 alors qu'il n'était pas dans le top 10 et là je peux comprendre.

    Ceci étant j'ai toujours du mal à concevoir que le système prépa / grandes écoles puisse réellement former de meilleurs professionnels par rapport aux autres pays qui n'ont pas ce système très franco-français. (Long discours qui sort de ce cadre).

  • @Alain a dit :
    Moins d'heure de cours à assurer, toujours plus (voire no limit) d'heures au global : besoin de moins de profs, moins d'établissements, bref économies tout azimut, je vois déjà les structures privées hors contrat se frotter les mains. Que dis-je, la bave leur coule des lèvres !

    La réflexion d'un salegôchiste (ok il parle supérieur et pas secondaire, mais quand même) :
    https://www.latribune.fr/economie/france/thomas-piketty-reclame-un-plan-d-investissement-massif-pour-l-universite-850795.html

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