Faire mieux chaque jour

11/07/2019 Non Par cborne

Vacances j’oublie tout, plus rien à faire du tout disait le groupe de philosophes élégance. Ce n’est pour l’instant pas mon cas. Jusqu’au 17 nous enchaînons les rendez-vous médicaux, dont demain un examen relativement important pour mon épouse, le jour de mes 44 ans. C’est d’ailleurs ici l’illustration que Facebook c’est de la merde, on viendra me souhaiter des joyeux anniversaires faciles, Facebook est là pour nous le rappeler, ceux qui savent demanderont comment ça va.

Néanmoins même si Facebook c’est de la merde, je n’aurai pas l’insolence de faire comme Steve Wozniak et de vous inciter à quitter le réseau maintenant. Wozniak ne manque d’ailleurs pas d’humour, ou d’hypocrisie, une page pro existe encore et le dernier message date de mai, quant au compte personnel il n’a effectivement pas été alimenté depuis 2015. Woz qui est malheureusement celui qui a le moins bien réussi de la bande n’a donc pas supprimé ses comptes, certainement au cas où. Pour ma part, j’aurais deux conseils :

  • Quittez Facebook, quittez l’ensemble des sites, des réseaux que vous n’utilisez pas. Je suis utilisateur de Facebook, il me permet d’obtenir mes informations locales, de communiquer avec un grand nombre de personnes, je n’ai pas de raisons de le quitter. En outre quelque chose me fait dire qu’ils seront bientôt quelques-uns à quitter Instagram, parce qu’Instagram ça marchait mieux avant. Pas évident en effet de faire un véritable business modèle là-dessus, je trouve avec du recul que ce réseau social est creux, qu’il manque de texte.
  • Ayez une utilisation modérée de ces réseaux, ne vous sentez pas dans l’obligation de tout publier, de tout commenter, de tout suivre. L’avenir est ici, less is more.

On a un peu échangé dans le forum à propos de la violence sur internet, morceau choisi, l’affaire de la bouée licorne sur le toit de la voiture.

Sur le compte Twitter de la gendarmerie du Var, les gendarmes racontent qu’ils ont donc coincé un gars avec sa licorne géante. Effectivement sur le principe ça pourrait faire marrer, néanmoins pour rouler quand même pas mal et avoir vu des choses assez originales devant moi comme une bâche qui se détache pour venir vers moi ou des centaines d’oranges sur la route, on se dit que si le truc tombe, ça risque de pas faire rire les gens de derrière. On se dit aussi que niveau visibilité c’est pas terrible, on se dit enfin que pour faire le drôle ou par paresse de devoir regonfler arrivé sur la destination des vacances on met des vies en péril. Vous le savez c’est mon côté aigri. Les réactions sont variées, les vannes à deux balles, les gens qui estiment que ce n’était pas nécessaire de verbaliser et que la gendarmerie aurait dû avoir un rôle pédagogique et puis ça :

Soit ces gens-là ont franchi un degré d’humour que je ne maîtrise absolument pas, soit ils viennent de passer aux insultes. Alors je me dis que c’est certainement la faute à pas de chance, le hasard, mais à chaque fois que je vais sur les réseaux, je trouve ce genre de propos. La loi contre la haine est passée, je rejoins sur un point les détracteurs, les dispositifs existent, et n’ont pas été utilisés jusqu’à maintenant. Néanmoins et contrairement à ceux qui voient le mal partout, quand on aura fait le ménage dans tout ce qui ne prête absolument pas à confusion, alors effectivement on pourra s’interroger sur la nature des propos qui pourraient prêter à ambiguïté. Oui, pas trop traîner sur les réseaux sociaux, pas une mauvaise chose en soi, que ceux qui apprennent des choses tous les jours sur Twitter et sur Snap me jettent la première pierre.

En ce moment je lis ça :

C’est d’ailleurs totalement en lien avec ce qui précède. Le minimalisme, l’alimentation, le recyclage, le DIY, certainement le véganisme, indiscutablement le logiciel libre, tous ces courants expriment la même chose : le changement. Un changement réfléchi, pas une mode, un changement qui nécessite d’en suer un peu. Pour l’instant, à plus de la moitié du livre je ne suis pas vraiment convaincu par la forme. Il faudra certainement relire le bouquin. La présentation est trop blog, on a l’impression d’avoir un journal de bord avec de nombreuses redites. Ce qui est certain et je suis bien d’accord, on se fait enfler par le capital, les publicitaires, il y a un important travail psychologique à faire sur des années de conditionnement pour se défaire de très mauvaises habitudes.

Là où je reste forcément plus dubitatif, c’est qu’il s’agit d’une petite entreprise qui ne connaît pas la crise. Dénoncer les gens qui font de l’argent et préciser qu’essayer de faire de l’argent sur une planète morte c’est vrai, néanmoins leur démarche n’est ni bénévole, ni gratuite au point que ce soit devenu leur boulot. La mise en scène de la petite famille, devant les caméras avec les gosses blondinets qui font le tri, c’est vendeur. C’est d’ailleurs ici qu’on se rend compte que tous à notre manière, dans notre chapelle, on essaie de dire plus ou moins les mêmes choses, mais on risque d’être choqué par le propos du voisin, ou pointer du doigt quelque chose de gênant, on n’a pas la même poutre dans l’œil. La famille zéro déchet lutte contre la mondialisation mais pas contre Facebook, les réseaux sociaux, enfin vous voyez ce que je veux dire, RMS les montrerait certainement du doigt et leur jetterait des cailloux. Je ne juge pas, je me permets ce positionnement pour écrire de façon totalement gratuite sur mon blog et de partager certaines recettes de grand-mère, enfin grand-père, enfin de bon père de famille, pour espérer qu’on vive mieux pas qu’on vive vieux.

L’autre aspect sur lequel je suis d’accord avec le concept, c’est le fait qu’il est facile de dire qu’on n’a pas le temps de faire, de cuisiner pour éviter les déchets, mais à côté de ça on a le temps de faire les marathons des séries télé, de regarder l’intégrale de demain nous appartient pour n’en citer qu’une au hasard. Encore une fois un peu dubitatif sur deux autres points. La sensation quand même qu’il faut de l’argent pour adopter ce genre de vie, être au bon endroit. De façon récurrente, presque un martèlement dans le bouquin, on revient sur les économies réalisées. J’ai la chance d’avoir un maraîcher à l’année, mais je ne pense pas avoir par exemple un magasin de vrac. Les supermarchés se sont mis au vrac, et je suis quasiment certain que le prix des pâtes au kilo est plus cher en vrac qu’emballé. C’est toute la classe de la grande distribution. On peut supposer qu’à Narbonne ou à Béziers, j’ai des enseignes spécialisées qui me permettraient d’adopter ce mode de consommation, mais pour combien de kilomètres réalisés ? Dans l’une des nombreuses vidéos disponibles sur le net, on voit le couple acheter du fromage sur le marché. Acheter du fromage pour quatre sur le marché de Saint-Pierre c’est prendre une hypothèque directement sur la maison, pareil pour les olives. C’est un de mes regrets dans le bouquin, j’aurais bien voulu le budget complet.

Si le livre insiste bien sur les moments de découragement, sur le problème de la vie en société avec la famille ou les amis qui va à l’encontre de votre mode de vie, je trouve qu’il oublie un peu l’aspect financier, l’aspect géographique, je trouve que de façon générale il sonne presque trop facile, presque trop juste quand on sait que tout est un parcours du combattant quand il s’agit de se mettre en marge de la société. Que les Linuxiens me jettent la première pierre.

Je pense que c’est un peu comme le librisme, ou comme tout d’ailleurs, pousser quelqu’un dans l’eau et lui dire nage, ne va pas donner de bons résultats. Si on en revient à mon exemple, à celui des réseaux sociaux par exemple, puisque nous sommes tous un peu informaticiens ici, je ne coupe pas tout, j’ai déjà tout coupé et il apparaît que c’est trop brutal, on finit par la suite par faire tout et n’importe quoi. L’erreur à mon sens c’est de vouloir aller trop vite, de vouloir tout faire en même temps.

En ce moment je me focalise sur deux points qui me paraissent essentiels, le rangement que je qualifierai de ménage par le vide, la nourriture et avec elle les courses. Le ménage par le vide n’est pas si simple à réaliser, parce qu’il ne s’agit pas de tout prendre et de tout jeter à la benne. Ma femme avait acheté des gros pots en plastique pour y faire pousser des plantes, elle ne l’a jamais fait, il a fallu que je trouve des gens à qui donner. J’ai pris deux heures avec mon fils pour faire le tri dans ses fringues, il en a trop et ne porte que le haut de la pile qui revient de la machine à laver. Les courses c’est finalement la même chose, on se retrouve avec les placards trop plein, on réalise qu’un truc a dépassé depuis trois mois la date de péremption. On achète donc moins, faute d’acheter mieux même si nous avons déjà des habitudes pour les fruits et légumes. Acheter moins c’est aller faire les courses plus souvent et pour l’instant c’est en grande et moyenne surface. Je peux vous dire que les grandes et moyennes surfaces par ici en période estivale, c’est insupportable.

Ce dont j’ai désormais la conviction, c’est que pour éviter d’entrer dans la filière recyclage, déchets, la meilleure des façons c’est de ne pas acheter ou consommer ce dont on a réellement besoin. Et c’est ici la véritable difficulté, nous sommes formatés pour consommer toutes les conneries possibles et imaginables. L’une des solutions c’est d’éviter la tentation, un peu sur le même principe de ne pas amener un alcoolique dans un bar, sauf que là c’est la société au grand complet qui picole.

J’avais évoqué dernièrement une nouvelle réduction dans mes flux RSS, j’ai viré Google News, si bien qu’en termes d’actualité à proprement parler j’ai l’indépendant dans Facebook qui est biaisé puisqu’on n’a parfois des trucs qui vont qui viennent, francetvinfo, le sub France de reddit qui permet d’avoir un tri gauchiste en amont, et linternaute. J’arrive au grand maximum dans une journée sans regarder mes flux à 300 nouvelles. Je n’ai pas l’impression de rater des informations, j’ai surtout la sensation d’avoir moins la pression, moins anxiogène. J’ai moins ce sentiment de pression pour les sites informatiques, en tout cas pas au point d’aller faire le ménage.

Une forme de déconnexion d’un monde, l’imposition d’une reconnexion à un autre monde. J’évoquais la famille zéro déchet, il faut trouver des sites qui font des propositions, qui apportent des solutions pour amorcer sa transition vers une autre façon de vivre. Car, c’est un peu comme le logiciel libre, si tu ne connais pas, c’est difficile de connaître, quoi qu’en pensent les skippy le grand gourou et autres gardiens du temple qui ont l’impression que c’est d’une simplicité enfantine.

Quand j’aurai fini de tout vider, j’en ai encore pour un moment mais c’est l’opportunité des vacances, d’avoir du temps à y consacrer, je m’attaquerai à l’alimentation par un point simple, mon point d’entrée, mon légumier.

Pour l’heure, je fais partie des gens qui auraient tendance à consommer des tomates en n’importe quelle saison de l’année, et on sait que c’est une mauvaise idée. Tout ce que je fais s’accompagne de façon systématique d’une démarche rationnelle, tu refais pas le scientifique. À partir du moment où j’ai le légumier, il me suffit de prendre les légumes de saison et d’apprendre à les cuisiner, le reste suivra. En hiver avec le blender chauffant, on fait les soupes maisons, c’est meilleur et vraiment économique. Dans les grandes décisions, arrêter la malbouffe, les paquets de gâteaux avec trente morceaux de sucre à l’intérieur, ce qui veut dire que je me lance dans la réalisation de gâteaux maison pour compenser.

Ce que je trouve le plus délirant là-dedans, c’est d’essayer de réagir à 44 ans. J’ai consommé comme un dingue pendant des années, j’ai acheté toutes les conneries possibles et imaginables, j’ai fait vivre le commerce de la malbouffe, par ignorance. Et c’est ici qu’il faut comprendre que l’implication personnelle n’est pas suffisante, ce chemin que je suis en train de faire n’a aucun sens si mes enfants ne le suivent pas. C’est un point essentiel qui est bien abordé dans le bouquin de la famille zéro déchets, c’est quelque chose qui se fait en famille, c’est une éducation qu’on attrape en chemin et qu’on apprend tous ensembles, à notre rythme, en essayant de faire que le jour de demain soit meilleur que le jour précédent.

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