Faire des choix

21/07/2018 Non Par cborne

elementaryos m’a permis de découvrir deux applications que je trouve pertinentes, calendrier et gnome-contacts. Un peu d’images :

Bon, vous me ferez remarquer que c’est largement dispensable parce que dans Thunderbird on peut faire la même chose avec l’extension lightning d’un côté, cardbook de l’autre, sauf que de temps en temps, je ne cracherai pas sur des applications un peu moins moches et moins austères. L’idée de base, c’est de se dire qu’il suffit d’installer par le biais d’un apt-get install gnome-contacts et calendrier, l’affaire est terminée, et bien non, ce n’est pas si simple parce que vous êtes sous Linux. Xubuntu prend un coup de vieux, ce n’est pas tant sa faute, c’est plutôt celle de Xfce, ça manque de GTK. Ce n’est pas vraiment la faute non plus de Xubuntu si on ne sait pas faire les packages, c’est à dire qu’il manque des dépendances pour que cela fonctionne, c’est encore moins la faute de Xubuntu si quand vous faites un sudo nano /usr/share/applications/gnome-online-accounts-panel.desktop vous tombez sur ça :

[Desktop Entry]
Name=Online Accounts
Comment=Connect to your online accounts and decide what to use them for
Exec=gnome-control-center online-accounts
# Translators: Do NOT translate or transliterate this text (this is an icon fil$
Icon=goa-panel
Terminal=false
Type=Application
NoDisplay=true
StartupNotify=true
Categories=GNOME;GTK;Settings;DesktopSettings;X-GNOME-Settings-Panel;X-GNOME-Ac$
OnlyShowIn=GNOME;Unity;
X-GNOME-Bugzilla-Bugzilla=GNOME
X-GNOME-Bugzilla-Product=gnome-control-center
X-GNOME-Bugzilla-Component=Online Accounts
X-GNOME-Bugzilla-Version=3.28.2

Concrètement cela signifie que les programmes Gnome ne s’affichent que dans Gnome, si vous ne voulez pas modifier à la main chacun des programmes que vous utilisez, il est toujours possible de faire un env XDG_CURRENT_DESKTOP=GNOME gnome-control-center pour que ça fonctionne. Bon admettons, c’est pas terrible, alors je me suis dit que je pouvais faire un test avec elementaryos qui utilise calendrier donc qui utilise du gtk3, le problème est similaire tout comme avec Mint Cinnamon qui utilise aussi GTK3. Vous noterez que j’ai évoqué Mint, on va s’attarder un peu sur ce cas.

Si je dois changer de distribution, une distribution qui me permettrait de jongler un peu avec des applis rigolotes, du genre GTK3, le cahier des charges de base serait une distribution à base de deb. Le dernier test que j’ai pu faire d’Ubuntu, je l’ai trouvé catastrophique, le Gnome pur et dur ça me prend aux tripes, je ne dois d’ailleurs pas être le seul quand on voit comment Xfce est le bureau de base de nombreuses distributions Linux. Il n’était donc pas si honteux de jeter un coup d’œil chez Mint qui caracole en tête du classement distrowatch depuis un moment, même si désormais c’est Manjaro qui trône et de loin. Mint en bureaux principaux se décline de trois façons différentes : Cinnamon qui est le bureau réalisé par les gens qui font Mint, il s’agissait de proposer un bureau à l’ancienne, une opposition à Gnome 3 et son style trop tablette. En ce qui concerne la présence de Xfce et de Mate, je reste franchement dubitatif, je ne sais pas ce qu’apporte ces bureaux de plus par rapport à Cinnamon au point que des gens s’interrogent pour savoir lequel utiliser,  comme moi d’ailleurs. Pire, on peut lire sur le site de Mint : Choose your favorite edition below. If you’re not sure which one is right for you, « Cinnamon 64-bit edition » is the most popular. En gros si tu ne sais pas quoi choisir, tu prends celle-là, il n’y a aucun argumentaire précis pour faire le choix entre les trois sur le site officiel, j’aurai donc tendance à dire qu’il n’y a pas de justification à ce que les trois existent.

Car, et c’est ici la force de Mint, enfin je trouvais, celle de ne pas proposer toute la panoplie des environnements de bureau. Si le nombre de distributions est discutable, si le nombre d’environnements de bureau est discutable, ce qui me paraît encore plus discutable, c’est le fait qu’une distribution essaie de se décliner dans tous les bureaux disponibles. A l’heure où tout le monde se plaint du manque de bras, où les projets ferment les uns à la suite des autres, où la monétisation est une préoccupation, il me paraîtrait judicieux de faire des choix. Il n’y aurait rien de honteux de prendre le pari de ne rester que sur un environnement de bureau et de le customiser au mieux. Car finalement quel est l’enjeu ? Aucun. Proposer un maximum de bureau c’est donner l’impression qu’on essaie d’attirer le maximum de monde, à quoi bon ? La bataille pour le bureau Linux est perdue, le choix stratégique d’elementaryos de ne se focaliser que sur son bureau, de ne pas se disperser, de développer ses propres outils pour faciliter l’intégration est à mon avis le bon. Il y a par contre encore du travail, car si vous faites le calcul sur le choix qui m’intéresse, c’est à dire avoir la possibilité d’utiliser le gestionnaire de contact, pantheon mail n’est pas capable de le faire, gnome-contacts n’a pas été inclus dans la distribution et présente les mêmes problèmes pour son intégration, il faut donc encore bricoler.

Je vais quand même par acquis de conscience faire une passe sur Fedora en virtualisé, pour voir ce que ça vaut un bureau Gnome. Il faudrait que je regarde aussi le mode dégradé, mais de ce que je vois de Gnome c’est devenu la customisation à l’extrême pour espérer avoir un peu de confort. Il y a fort à parier qu’à la sortie je reste sur une Xubuntu ou une Lubuntu, pourquoi pas. Cette distribution que je juge pourtant comme vieillissante, continue de répondre à mon besoin, tout comme ce Thunderbird que je trouve moche, surchargé, reste encore l’outil le plus efficace lorsqu’il s’agit d’utiliser du dav.

Choisir, je pense que je risque de le faire avec les réseaux sociaux, et laissé plus ou moins à l’abandon ma page instagram. Je me suis pris dernièrement à publier des contenus depuis instagram vers Facebook, ce qui est une mauvaise chose. La bonne utilisation d’un réseau social, c’est celle qui consiste à diffuser des contenus uniques sur une plateforme, d’adapter ses contenus à la plateforme. Instagram a ceci d’intéressant, que ne fonctionnant « que » sur smartphone, à partir d’une image, il pousse à la création de contenus personnels et évite donc des chaînes de débilité, des images débiles, enfin ce genre de choses qui fait que je passe beaucoup de temps à bloquer des comptes. Et c’est ici qu’on voit la limite du réseau, c’est que cette façon de procéder autour de l’image est limitante. Instagram n’apprend rien, instagram cultive le narcissisme, certains font l’effort de montrer un paysage, un événement, mais finalement c’est peu. La moralité, c’est qu’alors que j’ai des élèves qui vont être des gros consommateurs de twitter, certainement de snap dont je ne connais pas le fonctionnement, instagram c’est assez pauvre.

C’est triste et rassurant quelque part. C’est triste car cela veut dire que l’adolescent face à la création n’est capable que de balancer des selfies, ils sont rares à utiliser l’outil de façon différente, j’ai une ancienne élève qui l’utilise pour diffuser ses dessins, mais c’est vraiment tout. C’est d’autant plus triste car sorti du narcissisme, le jeune n’a rien à dire, ce qui ne l’empêche pas de distribuer tout et n’importe quoi. En même temps c’est aussi le propre de l’adulte, quand on voit le nombre de conneries qui passent dans une timeline facebook, c’est là qu’on se rend compte de sa différence. Et pourtant, certaines personnes sont capables d’utiliser autrement, j’ai une collègue qui a fait un séjour au Liban, elle a illustré avec des photos et des textes comme elle l’aurait fait avec un blog, sauf qu’elle ne saurait pas faire un blog.

C’est donc quelque part rassurant, car même si instagram cartonne, je pense qu’il finira par s’essouffler. Une image a besoin d’être légendée, expliquée. Je vous en remettrai bien une couche pour vous parler de Youtube et cette monétisation qui n’existe plus mais ça c’est une autre histoire.