Et maintenant ?

27/12/2018 Non Par cborne

On ne va pas faire jouer le suspense, j’ai rendez-vous chez le cardiologue le 9 janvier pour le test d’effort. Je vais mieux mais j’ai encore des grosses poussées de stress. Je vous écris ce billet, je vais plutôt bien, je viens de faire conduire mon fils pendant plus d’une heure, j’avais une pression sur la poitrine monumentale. Ce qui me chagrine dans les histoires de burnout, de dépression, c’est qu’on évoque les problèmes d’image de soi, de trouble du sommeil, ce genre de chose. Je suis toujours le roi du monde, j’ai juste du mal à contrôler mon corps qui me crache à la gueule. On pourra dire que cela ne fait que cinq jours que je suis passé par les urgences, on pourra dire que les fêtes de famille ne sont pas les meilleures pour récupérer intellectuellement et physiquement, c’est une certitude, mais je fais le calcul que la rentrée c’est dans douze jours et que pour l’heure je suis tendu comme un arc avec le souffle de Jeannie Longo après 400 km de vélo.

Les fins d’années sont propices aux bonnes résolutions, et comme je l’avais évoqué dans le précédent billet, si c’était à refaire, il serait difficile pour moi de faire autrement. Ma vie se résume à travail et famille, je ne suis engagé dans rien, s’il avait fallu renoncer à quelque chose dans cette période, ce serait le travail, arrêter d’être un mari ou un père, ça aurait été difficile. J’aspire en fin de compte à arrêter d’être maudit, ce qui serait une bonne base pour envisager de faire d’autres choses.

Je vais donc continuer ce que j’ai déjà amorcé depuis quelque temps, continuer d’arrêter. Pas de bénévolat, pas de travail supplémentaire, j’ai envoyé un message à ma hiérarchie qui finit par J‘aurai un test d’effort à faire le mercredi 9 janvier, c’était compliqué de me le placer pendant les fêtes. Ayez donc cette information en tête si vous apprenez que je commence à défaillir en classe, c’est que ce n’était pas que du stress, ça permettra de tester le défibrillateur. J’ai donc envie de croire qu’on va me laisser un peu tranquille. On pourrait dire que mon pire ennemi c’est moi-même, avec le rythme que je m’impose, ce n’est pas totalement faux mais pour ma part faire autrement serait une preuve de laxisme. Si j’arrive à 7 heures au lycée parce que j’ai planté le PC de la secrétaire, c’est normal, la question à se poser c’est plutôt tu attends quoi pour lâcher l’informatique. C’est une question qui va être tranchée plus ou moins rapidement, curieusement le 9 janvier ou après si on estime que je dois pousser les analyses.

Travailler plus pour gagner plus, avec mon épouse, ça fait un moment qu’on a compris qu’on ne serait jamais millionnaire. Avoir ce qu’il faut, on y reviendra plus loin, être à l’abri, pouvoir faire des promenades en bord de mer et tuer quelques monstres sur la console, il en faut peut pour être heureux.

Baloo philosophe Macroniste

Après 5 ans de maladie et 6 opérations, ma femme souhaite, souhaiterait passer à 75% ce qui lui permettra de récupérer un peu et de se préparer à l’opération du genou gauche qui finira par arriver. S’il apparaissait que je sois bon pour des ressorts, à ce compte-là je lâcherais l’informatique qui apparaît comme étant un vecteur de stress et d’impondérable largement plus important que la gestion des élèves. Car c’est ici qu’on voit la compassion des gens, entrer dans l’arène d’une classe de troisième c’est une peccadille face à des profs désorganisés qui veulent tout, tout de suite. Alors oui il faut apprendre à dire non, à gérer les priorités, plus facile à dire qu’à faire.

La situation est donc pour le moins merdique, j’ai toujours l’intime conviction que je n’ai rien, mais je me prendrai volontiers un flacon de lexomil ou me mettre à fumer de la ganja pour récupérer un semblant de sérénité. C’est d’ailleurs ici que la situation est totalement merdique, intellectuellement je suis totalement égal à moi-même, mon thorax quant à lui a l’air de penser le contraire.

2019 se doit de correspondre à ce que j’ai fait en seconde moitié de 2018, le moins possible, en espérant avoir le moins de problèmes possibles. Se consacrer donc au travail en continuant d’avancer, sans en rajouter plus, se consacrer à la famille en espérant que tout le monde y mettra du sien, les enfants en tête de file. Ce qui par contre est impératif c’est que je mette mes affaires en ordre au cas où. Imaginons qu’il ne s’agisse pas d’un problème de stress et que je casse ma pipe, il faut que j’ai noté l’intégralité des codes et des activités quelque part afin que ma femme ait au moins cette pensée de moins à traiter. Continuer donc de réduire la voilure, ce qui tombe bien puisqu’il n’y a plus rien à dire ou presque.

Je pourrai m’interroger sur l’avenir du blog, vous pourriez, mais ce n’est pas le cas. Linux et le logiciel libre ce n’est pas une fin en soi, il y a tellement d’autres thèmes à aborder. Démystifier le quotidien, je trouve que c’est déjà beaucoup, partager des expériences, même si je me retrouve à expliquer qu’on finit par me planter des ressorts dans les artères c’est une expérience à partager, tout est bon à prendre. Je ne serais pas en outre une caricature de moi-même à m’accrocher à une thématique pour laquelle je pense qu’on a partiellement fait le tour et qui peine à se renouveler. Le bureau Linux en 2018 fonctionne parfaitement pour qui a envie de réellement le faire fonctionner, l’ensemble des logiciels est suffisant pour qui a un usage de bon père de famille. Il y a de fortes chances cette année pour que je m’intéresse à minima à la gestion d’un serveur Windows pour les opérations courantes, j’ai demandé un devis au dernier prestataire que j’ai reçu, il n’est toujours pas arrivé. J’ai demandé de se positionner sur les TBI aussi pour remporter le marché, il n’a rien fait.

Je crois qu’on peut dire de toute évidence qu’on vit dans un monde de merde, que le sérieux ça commence à devenir difficile et qu’il va falloir trouver les moyens de remettre les compteurs à zéro. Pour vous dire ma situation informatique, en quête de prestataires de service alors que j’en ai un qui s’est assis sur 800 €, l’autre qui est montpelliérain et que je ne suis pas super chaud pour faire travailler parce qu’il n’est pas assez local et cher, je pense que je vais revenir au prestataire initial, celui que je cherche à fuir. Un jour j’écrivais que je serais le premier à partir de SFR parce que c’est une mauvaise entreprise, j’ai écrit aussi qu’il serait fort possible un jour que j’y retourne parce que les autres ne valent guère mieux. Alors que je suis en recherche de compétences, de valeurs, de sérieux, je vais devoir serrer la pogne de quelqu’un qui a salopé le travail mais qui connaît la boutique et qui face à quelqu’un qui la connaît de mieux en mieux et qui pose ses marques sera forcé de mieux bosser ou de m’envoyer paître. Elle est loin l’époque où l’on croyait que le client était roi.

Quand on voit débouler dans l’agrégateur RSS une pléthore de sujet pour bien digérer à Noël ou sur l’inutilité du régime détox à la sortie des fêtes on comprend que ça va mal. On évoque le fait de pouvoir s’empiffrer sans tout recracher alors que la moitié de la population crève la dalle. On marche complètement sur la tête, en fait non, on court tête baissée vers la fin du monde. On pourra reprocher une partie du discours du pape François, ne pas le partager, ou simplement ne pas le comprendre si on n’a pas la connaissance de la bible, mais force est de constater que sur le Noël consumériste il fait mouche. Cette année la sensation que Noël n’est qu’une simple fête commerciale est encore plus présente, on ne s’étonnera pas que face à l’obligation d’offrir des cadeaux parce qu’il le faut, les plateformes de vente d’objets d’occasion explosent dès le jour de cette belle farce familiale où des gens sont seuls par milliers. Et comme les gosses n’ont pas l’âge de revendre leurs cadeaux sur internet, ils se contentent d’appeler la police pour dénoncer une liste de cadeaux qui ne ressemble à rien.

Oui nous touchons le fond, on aspire à en avoir de plus en plus, parce que les spécialistes du marketing ont bien fait leur job, être heureux c’est consommer. Comme je l’évoquais plus haut, pour moi le bonheur ne se définit plus par le nombre de produits inutiles que j’achète, le bonheur c’est déjà la santé, les bons moments, faire avancer les choses. Je pense qu’il y a deux courants dans notre société, un qu’on ne médiatise pas assez et qui prend racine, celui du vivre autrement, celui du vivre mieux, celui de vivre avec moins. L’occasion est en pleine explosion, j’ai vu pas mal d’articles sur un Noël minimaliste, responsable, la prise de conscience est bien là, mais elle ne va pas assez vite. De l’autre côté, pour médiatiser, on médiatise, la médiocrité, l’irresponsabilité, la bêtise.

Kaaris contre Booba vous en rêviez, avec Hanouna qui essaie d’être de la partie, c’est tellement gros que même le Gorafi n’oserait pas. Après avoir donné une image déplorable en se tapant dessus dans un aéroport, les deux hommes vont remettre ça sur un ring de boxe. On n’est pas content, on se marave, on va se gaver de pognon parce que les gens se déplaceront par milliers, des paris, enfin bref la totale. Quelle image pour la jeunesse ? T’es pas content tu règles ça à la baston, la loi du plus fort. Les médias s’étonnent de se faire sauvagement taper sur la gueule lorsqu’ils essaient parfois de faire leur travail de journaliste, il ne faut pas chercher bien loin. Le jour où l’on arrêtera de donner de l’importance à des non événements pour faire réellement de l’actualité, de la transmission de savoir, alors certains mériteront leur carte de presse.

Ceux qui disent qu’on ne va pas assez vite avec la transition écologique ont raison, le problème de fond c’est qu’ils ne réalisent pas qu’on ne va pas assez vite pour rattraper le retard éducatif, car tout n’est qu’éducation. Lutter contre l’immédiateté, lutter contre la consommation à outrance, arrêter de croire qu’il faut avoir un iphone à 1200 € pour être heureux, voilà ce qu’on peut commencer à mettre sur notre liste de bonnes résolutions en 2019.

Vous m’excuserez pour ce billet un peu confus, on mettra ça sur le compte d’un coup de pompe, ou d’un coup de cœur, c’est selon. Si j’étais joueur, je dirai que vous devriez profiter de chaque billet parce que c’est peut-être le dernier mais j’ai du mal à y croire.