Demain 2018

29/12/2017 Non Par cborne

Nous allons tout de même finir l’année 2017 sur ces deux images :

A gauche ma terrasse, à droite celle du voisin, le regard chez lui se voit facilement, le mien est sous le framboisier, comme le gars des musclés avec la moustache. L’année 2017 aura été une année lourdingue, j’aurai tendance à dire comme d’habitude pour paraphraser Claude François, mais aussi à me demander quand est-ce que ça s’arrête pour reprendre cette fois Orelsan. Je suis dans un tel état d’énervement que je n’arrive pas à me poser, à me concentrer, si bien que j’ai embarqué toute la famille pour aller aux courses. Que l’embrayage du Partner lâcherait, je ne serais qu’à moitié étonné. Cela dit ce n’est pas bien grave tant que cela ne se produit pas en sortant en cinquième de l’autoroute, si ça doit se produire, je ferai front comme d’habitude, je suis devenu expert en gestion de crise. Il paraît que ma vie doit être adaptée dans un téléfilm avec Kiefer Sutherland dans le premier rôle.

2017 aura été l’occasion de faire table rase, une fois de plus, mais ça en valait la peine. Je crois que nous sommes nombreux à vivre une rupture avec le libre, avec l’informatique, avec le web, nous l’exprimons de façons différentes les uns des autres, mais c’est palpable. Ceux qui n’écrivent plus, oui, il est aisé de dire que les blogs n’en finissent plus de mourir, mais là je pense qu’ils sont quand même franchement bien morts, ceux qui passent à autres choses, et moi qui veut faire autrement.

Je n’ai pas encore réussi à poser de façon correcte les mots, je vais vous dire ce qui me gêne, ce qui m’insupporte en 2017 et que je ne ferai plus en 2018. Je vais parler plutôt de ce que je vois ailleurs, étant donné que j’ai fait le ménage chez moi, je l’espère, pour essayer de passer au mieux à autre chose.

je ne supporte plus la critique gratuite, je crois que c’est partagé. Je vais de temps en temps regarder les vidéos d’Actualia, l’homme est trop dans la gaudriole à mon goût, il connaît mon opinion sur les personnages en 3D et sur le ton de sa chaîne, il est surtout respectable et courageux. Sébastien se tient depuis des années à la chaîne Linux la plus regardée de France avec quasiment 6000 followers sur un marché de niche, il évoque ses expériences en se coltinant le public le plus rageux de France en gardant le sourire, rien que pour ça il mérite le prix Nobel de la paix. Sébastien exprimait son ras le bol sur des commentaires Linuxiens qui se permettaient de le juger. Contrairement à Sébastien, je couperai la poire en deux. Nous sommes des personnages qui nous exprimons de façon publique, il est normal que des gens réagissent dans un sens ou dans l’autre. Ainsi quand Sébastien s’insurge en se demandant ce que ça peut bien faire à certains qu’il change quarante fois de distributions par semaine, et bien cela fait partie du jeu. Là où je rejoins Sébastien, c’est le problème d’avoir des gens qui ne sont que là dedans, des gens qui ne savent faire que ça. Des types qui passent leurs journées comme des snipers à attendre que vous sortiez la tête par la fenêtre. On se dit que si ces gens déployaient autant d’énergie à créer plutôt qu’à casser, l’intégralité des wikis de France déborderait de documentation.

La sensation de plus en plus présente de méchanceté gratuite, d’avoir des corbeaux dans le monde du libre, fait partie des choses que je n’ai plus envie de lire, de voir. Par le fait, sans refuser la critique, je refuse la facilité. Si l’on considère que quelqu’un est dans l’erreur, qu’on argumente, qu’on explique, qu’on propose mieux, qu’on se fasse violence plutôt que de tomber dans le cynisme. J’évoquais dernièrement le fait que je ne m’abonnais qu’à des sites, des comptes twitter qui portent des bonnes nouvelles, de l’action, ce sera encore le cas en 2018 car la critique n’apporte rien dans la grande majorité des cas. Avec certaines lectures que je suis amené à faire dans le monde du libre, j’ai la sensation d’avoir des Mathieu Kassovitz en puissance : gratuité, irresponsabilité et quelques autres mots en é. Quand quelqu’un explique que la police ne sert à rien car on se permet de juger du travail des forces de l’ordre sur une opération liée à du cannabis, c’est oublier les gens qui nous protègent au quotidien, les gens qui sont morts pour que d’autres continuent de vivre. Les attentats en France avaient propulsé nos fonctionnaires de police au rang de héros, il serait bon de s’en souvenir. Le mauvais esprit, cracher dans la soupe pour tout, j’en ai ma claque. A partir de ce moment là, il y a des lieux, des sites, des blogs qui me deviennent infréquentables, je purge au moment où je vous écris ces lignes tellement de flux dans mon agrégateur RSS que j’en viens encore à me demander s’il est encore utile.

Forcément quand tu tiens le discours de celui qui rejette le rejet puisque c’est mon cas, il faut adopter une attitude constructive et je dois vous dire que je ne sais pas trop par où commencer. Comment être vraiment utile ? A qui être utile ?

Mon blog n’est lu que par ceux qui le connaissent, il n’a pas vocation à être utile, il est là pour me défouler, pour organiser ma pensée pour partager avec ceux qui le connaissent. C’est un peu comme un vieux bistro qui fait franchement peur de loin, tu vois des gars à l’air louche à l’intérieur qui ont l’air de tous se connaître et tu te dis que c’est pas là dedans que tu vas passer une bonne soirée.

Dans les raisons de l’abandon des blogs, je pense qu’il est indéniable de dire qu’on a quand même fait pas mal le tour de la question. A l’heure actuelle, si je prends mon cas personnel, j’ai les connaissances qu’il me faut pour faire ce que j’ai à faire et je ne suis pas forcément intéressé par en apprendre plus en informatique quand il y a tant à apprendre dans d’autres domaines. Je viens de passer deux semaines à faire de la plomberie, à étudier les droits de copropriété, les cas de racines qui pulvérisent des canalisations, l’informatique ne m’a pas manquée, au contraire, malgré ma diminution de flux RSS, je trouve que j’en ai toujours trop. Ne vous attendez donc pas à voir débarquer des dizaines de tutoriaux sur le blog, il y en a plein la toile, vous ne me verrez écrire que ceux qui n’existent pas et dont j’ai besoin. Par exemple, une nouvelle version de Pastèque vient de sortir en version 8 pour répondre à différents changements de lois, quand cette version sera stabilisée, je mettrai à jour mon tutoriel. J’écris par rapport à mes besoins d’apprentissage, je fais des remontées de bugs par rapport à mes utilisations de logiciel.  Je serais donc de la partie quand ce nouveau pastèque arrivera, de la même manière que BoZon stabilisé ou la prochaine version de PluXml.

Je crois de moins en moins au web comme outil d’entraide, juste un simple support. A l’époque où on veut tout délocaliser sur internet, apprendre tout par les MOOC, les réseaux sociaux, je suis de plus en plus attiré par les petits groupes, les personnes physiques, les associations. Dernièrement une dame a contacté Montpel-libre pour demander quand aurait lieu le prochain atelier pour arranger son ordinateur sous Ubuntu. J’ai proposé mon aide par Internet, c’est difficile, il se trouve qu’elle habite à Pézenas, le monde est bien fait. C’est ici l’enjeu et la difficulté, réussir avec ce mode si particulier de vie, moitié Pézenas, moitié Saint-Pierre la Mer à essayer de se raccrocher à cette association bienveillante. Car, je l’ai compris avec les années, seul on va effectivement plus vite, à plusieurs on va plus loin (ce n’est pas de moi). Seul je ne ferai rien, il faut se raccrocher à une structure locale qui a un savoir faire, de l’expérience, Montpel-libre est cette structure.