Days gone la poutre mal aimée comme un zombi

30/10/2020 Non Par cborne

Cela peut sembler étrange comme sentiment, mais j’attends le jour de mon dernier jeu. C’est un peu comme les cheveux, un jour je sais que je n’en aurais plus, ici c’est pareil, un jour je me dis, ce sera fini. Je me rends compte qu’il devient assez difficile de m’accrocher. Il me faut de l’action, il ne me faut pas trop de stress, il me faut un gameplay qui soit accessible sans avoir à maîtriser douze pages de craft, il me faut aussi un défi. Forcément ça élimine pas mal de choses et ça fait de moi un joueur de Souls. Comme j’ai pu l’écrire j’ai assez rapidement amorti mon abonnement au PS Now, et pourtant la cuvée du mois dernier me laissait présager le début de la fin. J’ai lancé une masse de jeux sans accrocher. Days gone a réussi à me scotcher pendant des heures malgré quelques défauts.

J’ai lancé Days gone, une exclusivité PS4, un jeu Sony comme God Of War ou Spiderman, le genre d’exclusivité qui sur le papier font de vous un acquéreur heureux de Playstation. Days gone s’est fait largement défoncer par la critique et je me dis qu’ils ne sont certainement pas nombreux à l’avoir fini tant le jeu apporte du contenu, tant le jeu est long, certainement trop long. Days gone est un jeu à la troisième personne dans un monde ouvert qui va globalement manger à tous les râteliers dans sa structure : Assassin’s creed pour la vue à la troisième personne, les scènes d’infiltration, Far Cry pour les missions répétitives à souhait. On mange aussi à tous les râteliers pour son histoire, principalement les films de zombis avec World War Z le film avec Brad Pitt, the Walking deads et Sons of Anarchy of Anarchy pour les bikers.

L’univers est donc classique, connu par les gens qui regardent un peu la télé ou le ciné, n’innove pas ou peu mais il est franchement bien foutu. La gestion de la météo est particulièrement réussie, il pleut, il neige, le jour ou la nuit avec des zombis qui vont avoir un comportement différent selon l’heure, cela aura un rôle primordial dans le jeu et notamment sur la façon de jouer. On traverse des zones variées qui retranscrivent très bien ce que pourrait être ce type de catastrophe. Ici des tentes avec des campeurs bouffés à l’intérieur, des maisons abandonnées, des fermes etc … L’ambiance est parfaite avec parfois de longues ballades country qui se lancent, ou une musique qui devient de plus en plus oppressante quand la situation devient tendue et elle se tend souvent.

C’est certainement ce qui fait la plus grande originalité, la notion de horde. Vous allez devoir à certains moments attaquer plusieurs centaines de mutants dans des combats pouvant durer une bonne demi-heure. Il faut savoir que le son a une action assez importante et dans les nombreuses quêtes additionnelles, vous allez devoir ouvrir des laboratoires du NERO afin de récupérer des injections qui font monter vont caractéristiques. Pour les ouvrir, vous allez devoir rallumer l’électricité et avec elle des haut-parleurs qui balancent un message d’alerte et qui rameutent les monstres. La sensation de poursuite, de se faire serrer par les monstres, de tension pour ne pas être débordé est palpable, c’est certainement l’une des plus grandes réussites du jeu, son ambiance.

On incarne Deacon St John un biker, qui vit à l’écart des différents camps qui ont pu se monter avec son camarade de toujours Booser. Deacon est un personnage aux multiples facettes, capable de tuer tout le monde sans pitié, ami fidèle, il ne veut pas devenir un leader et cherche à conserver son indépendance. Il accomplit des tâches pour les différents camps afin de pouvoir subvenir à ses besoins. Deacon est à la recherche de Sarah, son épouse, qu’il a mise dans un hélicoptère et qu’il croit pendant un temps du jeu avoir perdue pour de bon. L’avancée de l’histoire nous permettra de se rendre compte qu’elle a survécu. Et si la narration est parfaite, Deacon qui va parler à la « tombe » de Sarah, la mise en œuvre, au début en tout cas, est particulièrement laborieuse.

Le jeu essaie dans un sens de faire preuve d’une certaine forme de réalisme, et c’est donc sur certains aspects que pèse ce choix. Les armes comme les battes ou les machettes ont une usure, il faudra trouver des pièces détachées pour les réparer, comme votre moto qui peut prendre des dégâts considérables. Dans ces facteurs de survie, c’est un des principaux reproche qui a été fait au jeu, l’essence.

L’idée sur le papier n’est pas mauvaise, car elle impose de faire des arrêts réguliers dans de très nombreux endroits et de récupérer des pièces détachées pour fabriquer les très nombreux éléments du jeu. Une survie bienvenue qui vous pousse à visiter le territoire Malheureusement au départ, la mise en pratique est assez insupportable, puisque votre moto a un réservoir qui se limite à moins de deux kilomètres à parcourir. Le mémorial cité plus haut se trouve dans une extrémité de la carte et le jeu joue sur de grosses ficelles en vous imposant d’y aller au moins cinq fois. On passe donc son temps à chercher de l’essence. On essaiera alors de faire un ensemble de quêtes dans le même coin, le jeu étant plus généreux en équipement qu’en gazole, c’est tout à fait faisable.

On notera qu’il est possible d’utiliser le voyage rapide mais pas partout, avec en plus des temps de chargement qui sont assez insupportables. On va donc se « téléporter » pas trop loin du point à atteindre et encore se déplacer en moto, c’est long. Alors que dans l’ensemble c’est plutôt bien fait, le jeu n’est pas exempt de bugs et d’imperfections. Parmi eux, le système de sauvegarde automatique très binaire, à savoir que si vous avez passé trente minutes à tuer une horde et qu’il vous reste un dernier zombi qui vous tue par chance, il faut reprendre depuis le début. On notera un fonctionnement que j’ai trouvé pertinent, si vous échouez trop souvent, le jeu vous propose de considérer que vous avez accompli la phase, si bien que vous n’êtes jamais bloqué.

Il vaut mieux. Comme je viens de l’écrire, certaines parties techniques laissent à désirer, elles sont rares mais pénibles et parfois bloquantes. Vous vous retrouvez dans une grotte, vous venez d’abattre un monstre et une horde doit débarquer, sauf qu’elle n’arrive pas. Après avoir relancé trois fois la sauvegarde, sauvegarde assez éloignée, on voit dans les forums qu’il faut couper le jeu. De la même manière, vous délivrez un otage dans le jeu et il se trouve qu’une horde se déclenche pile à ce moment, vous n’avez donc pas la possibilité de réagir. Seulement comme vous avez dû vider un camp d’ennemi pour y arriver, vous devez recommencer la mission depuis le début, sauvegarde ratée oblige, et c’est long.

Même si le jeu est globalement bien fait, avec des scènes d’actions nerveuses, la recherche de réalisme gâche souvent les choses. Le système d’essence assez pénible, mais aussi la visée et le déplacement de la caméra ne sont pas terribles face à la demande, si bien que dégommer une horde complète devient souvent compliquer. L’idée c’est de trouver des passages pour ralentir la horde et jeter des grenades ou des molotov. Seulement les monstres vont très vite, la visée est laborieuse, comme le retournement de caméra, on meurt donc souvent et on recommence bien sûr le combat, très long, au début.

On a un jeu qui parfois agace mais que je trouve remarquablement bien écrit. L’obsession de Deacon pour retrouver sa femme, est parfaitement retranscrite, on aura de nombreuses cinématiques nous montrant le mariage, la rencontre et j’en passe. De la même façon, on va croiser de nombreux PNJ dans l’histoire et je trouve que l’écriture est encore très bonne, dans les relations, la psychologie ou les dialogues. On rajoutera à cela un doublage français de très bonne qualité qui contribue à rendre encore plus crédible et attachant l’ensemble. De la même manière, les méchants à la façon d’un Batman le sont devenus par nécessité, pour survivre, ou sont tout simplement devenus fous dans ce monde de peur. Ici encore c’est très bien expliqué, c’est très bien amené, c’est dur. Par exemple, dans les camps, le travail forcé est obligatoire, on sent la pression sur les gens qui sont battus s’ils ne travaillent pas. Le jeu est violent et n’épargne pas grand-chose, Deacon qui égorge des gens ou qui tue des gosses transformés en « têtards », des petits zombis qui s’éloignent peu des toits.

Les scènes d’action sont prenantes, ici encore le jeu est particulièrement généreux, de très nombreuses armes, des explosifs, des pièges, vous pouvez réellement adapter votre façon de jouer, même si on a tendance à aller à l’essentiel, le fusil mitrailleur. Trois arbres de compétences vous permettent d’augmenter vos capacités de combat au corps à corps, la visée ou encore les capacités de survie. Le développement de la moto est le bienvenu, le réservoir surtout, tout comme les armes qu’on débloque et qui sont de plus en plus puissantes. La montée en puissance est bien au rendez-vous et on regrettera qu’elle se fasse au détriment du bon sens. Les soldats ennemis que vous finissez par croiser dans la dernière des trois parties du jeu, possèdent des protections qui leur permettent d’encaisser des rafales de fusil mitrailleur sans broncher.

J’ai passé la totalité de mon temps jeu sur ce dernier durant les deux semaines de vacances, et si effectivement le jeu a quelques défauts, que la notion de « réalisme » n’est pas toujours la bienvenue, on a ici un excellent titre à la très / trop grande durée de vie et à l’histoire très prenante, un vrai film. N’écoutez donc pas les critiques et foncez. On notera d’ailleurs que les gens n’ont pas dû tant écouter, on arrive à un pourcentage de fin de plus de 30% ce qui est assez rare pour un jeu, ça signifie qu’un joueur sur trois en a vu le bout, ce qui prouve qu’il ne doit pas être si mauvais, c’est quinze pour cent.

Avec le confinement modéré pour moi puisque je vais aller bosser tous les jours, mais des weekends et des mercredis à la maison, je viens de réinstaller the Witcher 3 à qui je n’avais pas donné sa chance.