Cultures, épisodes 45

22/10/2019 Non Par cborne

Des lendemains qui chantent est un film assez original sur une période absolument pas traitée dans les films, certainement parce que trop récente, la gauche des années 80 jusqu’à la déculottée de Lionel Jospin face au FN. C’est cette histoire qui nous est montrée à travers les yeux de Pio Marmai, fils d’ouvrier (André Dussollier) et frère de Gaspard Proust qui vont finir par avoir en amour commun, Laetitia Casta. Le meilleur ami est interprété par Ramzy Bedia qui dans le film va devenir l’inventeur du minitel rose. Le film est assez ironique dans le sens où tout commence en 1981 avec la victoire de François Mitterrand, ces jeunes gens plein d’idéaux qui vont tous suivre un chemin en lien avec l’argent, la politique, et le pouvoir. C’est plaisant, certainement parce que c’est une période que je connais pour l’avoir vécue enfant, même s’il n’y a pas vraiment d’histoire, j’ai été ravi de me replonger dans ce bain de nostalgie et d’humour.

Karine Viard est l’animatrice d’une émission très célèbre en France, avec une très grande sensibilité, elle arrive à faire s’exprimer ses auditeurs qui livrent leur intimité. Et pourtant cette femme si proche des gens, ne l’est pas en réalité, elle ne l’est en fait que virtuellement. Hypocondriaque, sèche, solitaire, sa vie au quotidien est triste, la tristesse d’une femme qui porte un poids sur ces épaules. Livrée à l’assistance publique depuis sa plus tendre enfance, elle vient de découvrir l’identité de sa mère. Elle va à sa rencontre dans un milieu très populaire qui n’est pas le sien et s’immisce comme elle peut dans la vie de cette famille qu’elle n’a pas eue. Parlez-moi de vous n’est pas un film extraordinaire, néanmoins le jeu de Karine Viard réussit à tenir le spectateur.

Richard Berry et Waly Dia sont père et fils (thérapie !), policiers de leur état, ils ne se supportent pas. Richard Berry, super flic, prétentieux, le fils vit dans l’ombre de son père, dans une mission, ils en viennent aux mains, Waly Dia finit par demander sa mutation dans une autre région. On les retrouve plus tard, réunis pour une mission qu’ils sont les seuls à pouvoir réaliser. Un avocat d’affaire pourrait donner des informations sur le kidnapping d’un policier. Il a été inscrit par sa femme de force à un séminaire pour le rapprocher de son fils avec qui il a des difficultés. Même si Richard Berry en fait des tonnes, qu’on se demande ce que le si classe Jacques Gamblin vient faire dans cette histoire, le conflit générationnel entre ces hommes est plutôt bien mené, une bonne comédie à la française.

Rachel McAdams débarque en tant que productrice dans une émission de télévision, une matinale, une matinale que personne ne suit ou presque. Diane Keaton est l’animatrice vedette, qui joue les grandes dames, le présentateur un abruti. À peine arrivée, elle vire le présentateur et découvre qu’Harrison Ford est payé à ne rien faire, une ancienne gloire du journalisme, totalement imbuvable, tellement imbuvable qu’il a réussi à se faire payer à ne rien faire. Elle le menace de faire sauter sa pension s’il ne se met pas au travail, ce qu’il fait de mauvaise volonté. La jeune femme réussira-t-elle à sauver l’émission ? Morning Glory est une comédie américaine facile, dont on connaît l’issue dès les premières minutes de film. Le job est néanmoins fait, c’est plaisant.

Max Boublil chanteur de mariage, rencontre Mélanie Bernier, et c’est le coup de foudre. Le garçon rêve de musique, mais prenant conscience que le succès ne vient pas, il décide de se ranger, d’entrer dans une boîte de recouvrement de dettes, de passer au mariage et à la vie de famille. Il fait alors la rencontre d’Alain Chabat et de Sandrine Kiberlain, ses futurs beaux-parents. Lui n’en peut plus de sa vie d’homme rangé, sa femme qui ne vit que pour les œuvres caritatives, il claque la porte et décide de vivre comme un gamin(s) (les). Il va entraîner dans ses délires son futur gendre, boîte de nuit, soirée à n’en plus finir, ce qui aura quelques conséquences sur la vie du jeune homme et son avenir tracé. Max Boublil joue quand même excessivement mal, Alain Chabat en fait trop, mais la comédie est particulièrement réussie, des scènes très drôles, avec un très bon casting et pas mal de guests, Iggy Pop lui-même ou Kheiron en ambassadeur iranien, avec une scène finale hilarante.

Dans un futur proche, on a trouvé de quoi régler la grande majorité des problèmes de santé avec des organes artificiels vendus à prix d’or, ou plutôt à crédit. Malheureusement quand vous n’avez plus les moyens de payer, les repo men viennent récupérer les organes, même s’il faut pour cela tuer le débiteur. On suit les aventures de Forest Withaker et Jude Law, deux anciens soldats qui travaillent dans une entreprise de recouvrement. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles jusqu’au jour où Jude Law se retrouve avec un cœur artificiel qu’il n’a pas les moyens de payer. Film d’action cynique, particulièrement gore pour ne pas dire vraiment dégueulasse avec certaines scènes mémorables. On notera une baston finale dans un couloir qui rend hommage au cinéma asiatique de façon très réussie.

LEGO fait partie des sociétés qui ont su négocier le virage du numérique, ce qui n’était pas forcément gagné, en tout cas pas pour tout le monde, Barbie par exemple, pour ne citer qu’elle, ne s’en sort pas, elle est ringardisée. Je pense que la technique ultime de LEGO pour rester dans les clous, c’est le côté Geek. En s’associant à de grosses licences comme Star Wars, le seigneur des anneaux, Harry Potter, les Marvel ou encore pirate des Caraïbes, la marque va ratisser très large et de façon intergénérationnelle. Le père a joué aux LEGO quand il était gamin, le père a regardé les STAR WARS dans sa jeunesse, c’est donc une continuité, une tradition que de continuer à jouer aux LEGO. LEGO a compris que pour rester dans la course il fallait aussi penser féminin et ne pas rester dans le ghetto des garçons, si bien qu’il a sorti la marque LEGO Friends.

Le premier jeu LEGO apparaît sur PC, PS2, Xbox, GCN, GBA, Mac en 2005 c’est bien sûr un LEGO Star Wars avec un concept simple. Vous allez revivre les films avec vos personnages favoris qui ont été transformés en LEGO. C’est mignon, et surtout il n’y a pas d’enjeu. Comprenez que le jeu s’inscrit dans le casual, non seulement ce n’est pas difficile mais si vous mourrez vous le faites à côté et vous vous contentez de perdre des pièces.

Le but est simple et se retrouve avec quelques évolutions dans la totalité des jeux. Vous vivez votre aventure, souvent un film, vous cassez tout, vous ramassez des pièces. Le fait de pouvoir tout casser vous permet de collecter de l’argent qui vous permettra plus tard d’acheter les personnages du jeu, comme les Pokemon, une collection, mais aussi de construire d’autres objets que votre personnage va pouvoir utiliser. Chaque personnage, a des pouvoirs qui lui sont bien spécifiques. Je viens de faire par exemple le Clone Wars. Les Jedi vont pouvoir sur certaines plaques utiliser leur pouvoir et découper des passages au sabre laser, faire des grands sauts ou encore utiliser le pouvoir de la force. Les clones quant à eux, vont selon leur catégorie pouvoir utiliser des explosifs ou réaliser des tirs de précision. Dans cet épisode, vous avez la possibilité de réaliser des combats spatiaux, selon le jeu LEGO, comme expliqué plus haut vous aurez des variantes, il faut bien essayer de renouveler une licence qui a 15 ans.

Il apparaît tout au long de votre aventure, que certains objets vous sont inaccessibles et on comprend qu’avec un autre personnage, on pourrait y accéder. Il est donc possible de refaire l’intégralité de l’aventure en alternant les personnages, pour récupérer l’ensemble des bonus du jeu. Je pense qu’on atteint quand même ici les limites du système de récompense. Dans Darksiders 3, j’écrivais qu’il était intéressant de pouvoir revenir en arrière pour accéder grâce aux nouveaux pouvoirs à des zones inexplorées. La différence entre l’univers LEGO et Darksiders, c’est que ces zones inexplorées sont non seulement inexplorées (c’est le principe), mais surtout qu’elles permettent de poursuivre le jeu. Dans LEGO, recommencer l’intégralité du niveau ne débloquera pas une zone complète, mais juste un point inaccessible avec peut-être une animation sympathique, pas de quoi en tout cas pour moi recommencer, sauf pour ceux qui veulent faire monter leur profil de gamer en collectionnant l’ensemble des bonus.

l’une des meilleures licences

Dans la masse de jeu, il doit y en avoir une bonne vingtaine, tout n’est pas bon, loin de là. Il faut comprendre que les pistes empruntées pour ne pas casser l’existant mais aussi renouveler une licence aussi vieille ne sont pas toujours heureuses. Dans le vraiment mauvais, LEGO Marvel Super Heroes – L’Univers en Peril sur 3DS. Pas de scénario, on enchaîne les combats avec les différents super héros, une maniabilité et un graphisme vraiment douteux. Le jeu mise moins sur le casual, dans le sens où mourir vous fait reprendre le niveau au début. Ce serait acceptable si la maniabilité n’était pas catastrophique pour ne pas dire aléatoire. Le hobbit pose aussi des problèmes en misant sur une carte gigantesque qui fait qu’on a tendance à se perdre et ne donne pas du tout envie d’essayer de rejouer en jeu libre. Pour ma part, dans les quelques jeux que j’ai eu l’occasion de faire et à ma grande surprise, j’ai adoré le Jurassic World sur une licence qu’on n’attend pas vraiment, du fait de ne pas incarner un super héros ou un jedi. L’univers est graphiquement très bien travaillé, les scènes d’actions sont variées et cohérentes, la possibilité de jouer avec les dinosaures en font un très bon épisode de la série.

Des films sur Hercule on en a fait des tonnes, même un dessin animé de Disney. Pour se démarquer, le film avec Dwayne Johnson pose une approche plus pragmatique. Et si Hercule n’était pas un héros, un demi-dieu mais un homme plus fort que les autres dont l’histoire aurait été largement déformée. On retrouve donc notre héros, pas vraiment héros, venu délivrer un peuple, pour une forte somme d’or à la clé. Hercule n’est pas un héros mais un mercenaire accompagné par des tas d’amis dont Atalante, comme dans la bande dessinée de Crisse. Hercule, le film, est un film d’action honorable qui n’est pas sans faire penser au Troy de Brad Pitt, à savoir que les Dieux ne sont pas présents. La différence toutefois, c’est qu’on flotte en permanence avec l’interrogation, vrai ou pas vrai, et le film abuse d’effets, comme des cavaliers au loin qui donnent l’impression d’être des centaures mais qui n’en sont pas.

Geoffrey Rush est commisseur priseur, l’un des meilleurs, pas le plus honnête. Collectionneur, il a tendance parfois à escroquer tout le monde en déclarant un vrai, faux, pour l’acheter avec son complice Donald Sutherland. Il est contacté par Sylvia Hoeks, une jeune femme qui vit cloîtrée chez elle et qui vend l’intégralité de la collection de ses parents décédés. Intrigué par cette femme qui ne se montre pas, agoraphobe, névrotique, l’homme si méticuleux devient amoureux. The best offer est un film extrêmement bien joué, avec une histoire en béton, et qui réserve son lot de surprises.

Les voyages spatio-temporels sont souvent un échec dans la littérature ou au cinéma, à cause des paradoxes. Pour réussir à s’en sortir, c’est comme les magiciens, il faut réussir à tromper le public, détourner son attention, c’est le cas de Looper qui s’y prend très bien. La plupart du temps, dans le voyage dans le temps, l’idée c’est de remonter dans le temps et de tuer Hitler, ici dans Looper, l’idée est au contraire, de partir dans le futur. Dans le futur donc, c’est la mafia qui gère le voyage à remonter dans le passé, tellement c’est illégal. Les loopers sont des tueurs à gage, qui lorsqu’on veut se passer de leur service, on les envoie dans le futur et ils se tuent eux-mêmes sans savoir qu’ils s’exécutent. On a alors la certitude qu’ils seront bien morts. Les choses ne se passent pas parfois comme prévues, notamment quand le moi du présent reconnaît son moi du futur ou comme c’est le cas ici, un Bruce Willis qui refuse de se faire tuer aussi facilement. Bruce Willis dans le futur a trouvé l’amour et refuse de se faire abattre. Il découvre aussi, toujours dans le futur, que quelqu’un fait se tuer tous les loopers, il remonte dans le temps pour trouver un enfant qui serait à l’origine de ses problèmes. Très bon film d’action, original, prenant.