Cultures, épisode 9

02/01/2018 Non Par cborne

India Hair qui ne m’a pas marqué au cinéma décroche avec Crash Test Aglaé son premier long métrage en compagnie tout de même de Julie Depardieu et de Yolande Moreau. Jeune femme déséquilibrée, cette dernière ne trouve son équilibre que dans une entreprise de crash test où elle est la meilleure. Malheureusement, l’entreprise va fermer et on lui propose d’accepter un poste en Inde, à l’endroit où va être délocalisée l’usine. Contre toute attente, elle accepte, ses deux amies partent avec elle en voiture pour aller en Inde. Le film est une satyre de pas mal de choses, notamment le monde de l’entreprise, patrons, syndicats, tout le monde en prend pour son grade. Le film est assez original, on suit l’aventure sans trop savoir où elle va nous mener, une très bonne comédie française. En 2073 on a réussi à régler le problème de l’alimentation, malheureusement en contrepartie toutes les cochonneries qu’on a mises dans la nourriture donnent un nombre d’enfants trop important ce qui fait qu’on n’a pas vraiment réglé le problème de l’alimentation. Pour lutter contre la surpopulation on a décidé d’appliquer la politique de l’enfant unique et de cryogéniser les enfants supplémentaires.  William Dafoe se retrouve grand-père de septuplées qu’il va devoir élever et refuse de se soumettre à la politique de l’état. Il trouve pour astuce de les faire incarner chacune un jour de la semaine d’une même femme. Le concept est réellement génial et particulièrement bien mené, on imagine la difficulté pour les sept sœurs de n’avoir le droit de vivre qu’un jour par semaine, la communication parfaite pour expliquer les événements de la journée à celle qui prendra le tour suivant. Très bien ficelé, l’intrigue démarre quand « lundi » ne rentre pas le soir et sème la panique dans l’organisation de la famille.

Helldorado est une bande dessinée de Morvan, scénariste chevronné qui n’a pas l’habitude de faire dans la dentelle, qui propose une vue de la conquête espagnole en Amérique du sud au travers de plusieurs personnages bien particuliers : deux vauriens indiens qui essaient de survivre, la fille du roi des indiens, un chef espagnol complètement fou. Trois tomes d’une bande dessinée particulièrement violente qui fait penser à Apocalypto de Mel Gibson qui ne présentait que l’aspect des Mayas. Ici tout le monde s’entretue, et on rajoutera à cela une ambiance assez nauséabonde puisque les peuplades luttent contre la peste. Trois tomes d’une violence rare, dans un univers assez original car tout le monde est méchant, essaie de survivre dans un univers impitoyable. L’impératrice (empress) intergalactique en a marre de son mari, une brute épaisse craint dans tout l’univers qui a réussi quand même à ramener la paix. Elle part avec ses enfants, accompagnée de son capitaine à travers toute la galaxie pour retrouver sa sœur. En effet, simple serveuse avant de rencontrer son mari, le deal c’était de ne rien révéler sur son passé sinon il tuerait toutes les personnes citées. Empress est un comics passionnant accompagné d’un très bon dessin qui nous fait traverser la galaxie jusqu’à la terre promise avec une fin qu’on n’attend absolument pas et que je ne vous spoilerai pas. Le travail sur les personnages est de qualité, si le fils suit sa mère avec envie du fait d’être considéré par son père comme un faible, pour la fille c’est à contre-cœur. La guerrière et l’intellectuel apprendront à conjuguer leurs talents pour se sortir de situations improbables.

En 1941 sur un paquebot, embarque le champion du monde d’échecs. Le type est une machine qui remporte tous les tournois, personne ne semble l’inquiéter. Nécessairement sur ce bateau de gens cultivés, la présence intrigue et on aimerait le faire jouer aux échecs le temps d’une partie. Le champion accepte, il accepte même d’affronter tous les joueurs en même temps. Si la première partie est sans appel, la présence d’un aristocrate autrichien vient bouleverser la donne. Comment cet homme totalement inconnu réussit-il à mettre en échec (c’est de circonstance), le champion du monde ? Je n’en dirai pas plus car ce serait spoiler, le joueur d’échecs est une bande dessinée qui vaut le détour et pour son histoire qui arrive à vous tenir en haleine de par les mystères et la partie finale mais aussi pour son dessin qui relève plus du tableau que de la bande dessinée. La tristesse des éléphants est la bande dessinée la plus triste que j’ai eu l’occasion de lire ces derniers temps, et je trouve qu’il est regrettable que ce soit sans demi-mesure. C’est l’histoire d’un petit gros à lunettes, orphelin, qui tombe amoureux de la petite fille qui s’occupe de l’éléphant dans un cirque. Chaque fois qu’elle part, c’est l’occasion de mieux se retrouver quand elle passe dans la région, le lien entre les deux enfants devient de plus en plus fort. Je n’irai pas trop spoiler en vous disant qu’ils se marièrent et n’eurent pas trop d’enfants, imaginez le pire et vous aurez le scénario. Cela ne se discute pas, l’histoire tient la route, c’est un choix, le choix de faire triste, on peut le faire lire à ses enfants à la place de la petite fille aux allumettes. Le dessin est une réussite, en noir et blanc de façon générale avec quelques teintes de bleu et de rouge parfaitement utilisées.

Le triangle amoureux c’est quelque chose qu’on aura vu des centaines de fois au cinéma, en bande dessinée ou dans la littérature, en sautant dans le vide tente sa chance et c’est plutôt réussi. Bande dessinée en cinq tomes qui se déroule dans les rues de Barcelone au dessin très fortement inspiré par le manga, on découvre trois jeunes Raul, Edu et Luna. Edu aime Luna depuis l’enfance, il est passionné par le manga, Luna la fille de l’équipe est attirée par Raul, elle finit par sauter le pas en l’embrassant. Les trois amis sont adeptes du parkour, comme dans le film des yamakasis, suite à une brouille entre Raul et Luna, le garçon fait un mauvais geste qui va conduire à l’amputer de la jambe. C’est à partir de ce moment là qu’on va rentrer dans une partie plus sombre de la bande dessinée. La prothèse qui permettrait à Raul de courir à nouveau coûte une fortune, son frère Hector, ancien membre des mouvements néo-nazis va chercher à trouver la somme. Très joliment dessiné, de vrais cliffhangers en fin de chaque album, des personnages intéressants, complexes, une excellente bande dessinée.