Cultures, épisode 8

17/12/2017 Non Par cborne

Les préquels ou les suites ont le vent en poupe ce qui est relativement inquiétant dans le sens où on a besoin d’utiliser des univers bien connus plutôt que de réussir à en faire des nouveaux. Ce n’est pas pour ça que ce n’est pas bon, on peut penser par exemple à la quête de l’oiseau du temps mais c’est révélateur de cette époque. Dans la Grèce mythologique, les dieux ont cessé de s’exprimer, et ce n’est bon pour rien. Soudainement un homme se voit possédé et délivre un message, il faut aller récupérer un objet bien particulier sur une île bien particulière pour ramener les dieux aux affaires. Dans les conditions nécessaires, Jason doit en être. Le Jason de la toison d’or vit en ermite, sa femme pour se venger d’avoir été répudiée a tué ses deux fils, c’est un homme brisé qui s’est retiré. Ses équipiers sont un prince déchu qui a la main coupée et qui voit dans cette mission la possibilité de récupérer son honneur, une amazone qu’on a mis en esclavage, un poète. L’aventure est bien dessinée, passionnante, et elle concorde de façon cohérente avec une nouvelle épopée.

Dernier épisode de la série écrit par Convard et Ferri, je trouve qu’il est moins bon que les précédents. Le thème c’est à pas grand chose le tour de France et les clichés qui en découlent. Les routes sont mal entretenues et le responsable a la bonne idée de faire une course à travers l’Italie pour montrer que le pavage est de bonne qualité. Obélix dans un marché rencontre une voyante qui lui annonce qu’il va remporter une course, les événements s’enchaînent et nos deux Gaulois se lancent dans l’aventure. C’est une bande dessinée qui illustre bien la mécanique Astérix, à l’instar d’une production américaine où l’on sait un petit peu à l’avance dès le début du film comment ça va se passer. Les clins d’œil à l’Italie sont nombreux, souvent laborieux, on place la Joconde, le Vésuve, quelques autres, rajoutons à cela les traditionnelles bastons, la présence de César qui sait s’avouer vaincu ou encore les peuplades participant à la course qui nous rappellerons les précédentes aventures des deux Gaulois. La bande dessinée ne transpire pas le plaisir, l’amusement qu’on peut trouver dans les tomes réalisés par Goscinny, mais presque l’obligation. Je pense qu’il ne serait pas honteux pour les auteurs de prendre du recul, de laisser un peu filer et puis surtout d’oser. Oser prendre possession des personnages, oser des aventures différentes. Le pari est risqué et pas toujours réussi, souvenons nous du catastrophique « le ciel lui tombe sur la tête » écrit par Uderzo lui-même pour dénoncer le manga.

J’ai été un grand fan de la série 24 heures, moins vers la fin, car Jack Bauer dépressif ce n’était tout simplement pas possible. Une série qui cumule autant les qualités que les défauts, et d’ailleurs les deux sont intrinsèquement liés. Le sous-titre de la série aurait dû être : plus c’est gros, plus ça passe et c’est exactement ça 24 heures, du grand n’importe quoi, du cliff hanger improbable pour faire trembler le téléspectateur, des revirements de situation totalement improbable, qui font penser à James Bond et l’obligation de tuer le héros en le jetant dans des requins quand une simple balle suffit. 24 heures legacy est un reboot / suite de la série, puisqu’on va trouver par exemple le personnage de Tony Almeida qui est devenu un mercenaire, c’est dire qu’on est proche de l’univers. Notre série démarre avec un nouveau personnage, Carter, un soldat qui est rentré de mission et qui a dû changer d’identité, lui et son équipe. Toute son équipe est en train de se faire massacrer par des terroristes qui sont à la recherche d’un coffret qu’ils auraient récupéré durant leur mission qui visait à abattre un leader ennemi. Carter qui est le nouveau Jack en plus gentil, pas difficile, va devoir déjouer des attentats sur tout le territoire. La catastrophe en terme de crédibilité arrive très vite, du fait que le gouvernement a été infiltré puisque son équipe avait changé d’identité, il va cacher sa femme chez son frère, qui tient un cartel de la drogue et qui était l’ancien amant de celle qui est devenue son épouse. Vous imaginez la tension entre les personnages, le triangle amoureux, ce ne sont plus des ficelles mais des cordes. La série n’a pas rencontré son public, avec une audience plutôt faible et pourtant il n’y a rien à redire, tout y est, le n’importe quoi, la torture, l’improbable, j’ai regardé la saison d’une traite. Si vous êtes fan de la série, vous ne serez pas déçu.

Les Vikings ont la côte ces derniers temps, ce qui pour des navigateurs, avoir la côte, est quand même une bonne chose. Série télé, jeu-vidéos et bande dessinée. C’est l’histoire d’un homme qui aime sa femme, sa femme moins, elle le trompe. Chez les vikings on règle ça à l’ancienne, si bien qu’il va passer l’amant au fil de l’épée. Comme on reste effectivement chez les vikings, le frère de la victime vient pour réclamer vengeance mais il est trop tard. En effet, le tueur, son épouse, son frère, la sœur de son épouse et sa petite fille ont été exilés, ils sont allés vivre sur un cailloux, une toute petite île. On suit le quotidien du groupe, les tensions, les espoirs. La saga des brumes est un one shot de qualité, entièrement dessiné en noir et blanc où les auteurs réussissent la performance de captiver le lecteur alors qu’on passe quand même les trois quart de l’histoire sur une île déserte avec quelques personnages, une forme de huis clos.

Les chroniques de la lune noire c’est la bande dessinée de mon adolescence, une bande dessinée avec des dragons, de la magie, des démons, des scènes de batailles gigantesques, tout pour faire rêver un boutonneux. Cette série, au fil des années aura été quand même franchement massacrée pour, ne nous leurrons pas, une histoire de profit. Quand on réalise les tomes d’un scénario qui n’a ni queue ni tête pour un dessin qui n’est que l’ombre de lui même, c’est qu’on n’est plus dans l’art mais dans la cagnotte. A l’instar du monde de Troy où on pourrait vous en dire long sur le profit qu’on peut réaliser sur un univers qu’on aura saigné à blanc, plutôt que de faire des spin off, on a fait les Arcanes de la lune noire où l’on prend un des personnages de l’histoire pour raconter ses origines. C’est un univers qui est rassurant, car les histoires sont dans l’obligation de s’intégrer dans l’existant. On est déjà attaché aux personnages, c’est bien pensé, les tomes sont pour l’instant réussis. Cette fois-ci c’est Greldinard qui s’y colle, il s’agit de ce chevalier en armure rouge qui est toujours aux côtés d’Haazheel Thorn le maître de la lune noire. On va découvrir très vite qu’il est le croisement d’un orc mort et d’un humain. La bande dessinée est sans surprise, de la baston, de la montée en puissance et de la baston. Plaisant, même si on n’apprend pas grand chose, il s’agit d’un diptyque, on verra si on en apprend plus au prochain épisode. Le dessin est réalisé par Morgado qui réussit parfaitement à imiter Tacito, Pontet et Ledroit, ce qui est tout de même une bonne performance.