Cultures, épisode 67

12/12/2020 Non Par cborne

Car toutes les opportunités sont bonnes à prendre le film connectés joue la carte du confinement. Plusieurs amis se retrouvent pour un apéro virtuel qui va dégénérer. Quand même un sacré casting : Nadia Farès, François-Xavier Demaison, Stéphane De Groodt, Audrey Fleurot, Claudia Tagbo, Pascal Demolon, Michaël Youn. Tout dégénère donc quand l’excellent Pascal Demolon à qui l’on devrait interdire de jouer avec Michaël Youn qui a quitté sa femme Nadia Farès se retrouve dans la visio alors qu’il n’était pas attendu. Le malaise, malaise qui va s’accentuer lorsque ce dernier se fait agresser par un homme qui va commencer à déballer les secrets des uns et des autres. Si le concept du film n’est pas du tout original, les amitiés qui n’en sont pas vraiment où tout le monde se déteste, le film avec les masques, le confinement, les attestations, chapeau, c’est le premier sur le coup. Bien évidemment ce n’est pas le film du siècle mais ça fait le job. Le film se fait pulvériser sur Allociné, il n’est pas plus mauvais que d’autres, comme celui qui suit d’ailleurs dans lequel on retrouve une partie du casting.

Arnaud Ducret découvre que sa femme le trompe en plein séminaire, les micros sont restés branchés au mauvais moment. C’est la honte, c’est le divorce et puis c’est le rejet par tout son entourage. Il retrouve François-Xavier Demaison un ami qu’il avait perdu de vue et qui a particulièrement réussi dans les affaires. Il va emménager chez lui et former le divorce club, où se joignent à eux des divorcés de leur entourage afin de réaliser des fêtes totalement excessives. Le film gratte sévèrement du côté de Very bad trip ou Projet X, c’est bien gras, bien lourd, en même temps il y a Michaël Youn. Ici encore aussi stupide soit-il, le film fait le job, certains passages font sourire.

Un architecte de génie est en plein doute, l’un des projets qu’il a réalisé s’est effondré durant la construction, avec lui des ouvriers. Alors que son but c’était d’illuminer le monde avec son art, il est rappelé à la triste réalité, des morts, une femme avec qui il ne s’entend plus, des engagements financiers. Il part au Japon pour soutenir un projet, le cœur n’y est pas, il sera pris en charge par une charmante jeune femme. Graphiquement magnifique, très géométrique, une sacrée palette de couleurs, l’histoire par contre, entre le doute et l’errance, un peu trop dépressif à mon goût pour une fin qui laisse sur sa faim.

J’écrivais la dernière fois que Matz c’était mieux avant et que le dernier opus du tueur ça sentait le réchauffé, je confirme avec cet arrêt de jeu. Lucas est le joueur star de Paris, une vie équilibrée entre son fils qu’il élève seul, son jus d’orange, ses deux seuls amis et la call girl qu’il fréquente pour éviter les problèmes. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes s’il n’était pas approché par un homme d’affaires dont il attend la proposition peu scrupuleuse. On sent certainement la frustration de Matz de ne pas avoir pu faire un épisode du tueur dans le monde du foot, parce que la couverture aurait été peu plausible. Tous les clichés y passent sur les footballeurs, l’argent gagné indécent mais qui fait gagner encore plus aux entreprises, les gens qui gravitent autour et j’en passe. Oui la bande dessinée est parfaitement montée, oui c’est prenant, mais l’abondance de clichés est tout de même préjudiciable à l’auteur qui ne semble pas capable de faire autre chose que des critiques de la société. À quand une bd d’humour ou romantique ?

Restons dans les clichés et dans le football avec le défi du champion, un film italien qui sent le déjà-vu mais qui fait bien le job. C’est l’histoire d’un prodige du foot, une tête brûlée sans éducation. Son club veut qu’il réussisse son BAC mais il ne fait absolument rien comme on peut s’en douter. Sa copine est une espèce de mannequin superficiel qui vit pour son nombre de followers, des amis à lui squattent sa grande maison dans laquelle il fait des fêtes gigantesques, pendant que son père profite de son argent, sa maman, la seule personne qui a vraiment compté dans sa vie est morte d’un cancer. Pour réussir à le faire progresser, on recrute un enseignant absolument pas intéressé par le foot, austère qui a vécu un drame personnel mais qui saura trouver les moyens parce que la pédagogie c’est plus fort que tout. Comme je l’ai écrit on est dans le classique, mais ça reste particulièrement sympa.

Passons du foot au vélo avec les porteurs d’eau, un one shot d’une centaine de pages qui a pour protagonistes deux jeunes cyclistes qui tentent de faire un gros coup dans le monde de la drogue et du dopage. Malheureusement dès les premières pages cela se passe mal, la police tombe sur la transaction, c’est avec l’argent et la marchandise qu’ils vont s’enfuir, la police et les malfrats aux trousses. Ils vont traverser la France en faisant jouer les relations, d’anciennes gloires du deux roues tombées dans l’oubli qui ont mal fini, la faute au dopage. Et c’est d’ailleurs sur cette corde, de la bonne grosse corde, que joue la bande dessinée, c’est la faute au dopage. Le dopage qui fait pourtant les affaires des clubs moins des cyclistes. Si l’objectif de la dénonciation de la bd est parfaitement atteint, on peut regretter que cela se fasse un peu au détriment d’une histoire qui manque franchement de nuances.

De Rage numéro 1 j’ai un souvenir particulièrement flou, celui principalement de Borderlands en fait. Il s’agissait d’un jeu post apocalyptique où l’on descendait des masses de monstre, un FPS pas mémorable comme on l’a compris mais distrayant que j’avais fini. Rage 2 démarre sur une prise d’assauts de mutants contre un camp de l’humanité, bien évidemment vous allez survivre et récupérer une super armure sur un combattant tué. Vous allez vous retrouver au centre d’une mission qui doit sauver l’humanité, étonnant, relancer le plan dague, ça fait penser à l’opération daguet, référence de vieux. Pour cela, vous allez devoir dans un open world avec différents véhicules, trouver des gens, accomplir des missions aussi inintéressantes les unes que les autres et multiplier les quêtes FEDEX. J’ai dû jouer je pense une paire d’heures, il est agaçant à des tas de niveaux. Les nuées d’ennemis font penser à Doom sauf que Doom c’est autre chose, on sait qu’on est là pour ça. Les grenades volent de partout, les ennemis sortent de partout, c’est particulièrement nerveux, ce qui pourra certainement ravir les joueurs de niveau reptilien. Pour ma part je n’ai trouvé absolument aucun intérêt, rien ne m’a donné envie de continuer. C’est plat, les dialogues sonnent creux, la maniabilité des véhicules est pourrie, de très nombreux bugs de collision. Le jeu pourra certainement trouver son public, mais je me dis qu’il y a trop à jouer, pas assez de temps à consacrer pour me perdre là-dedans.

Et c’est ici qu’on se dit qu’il n’est pas nécessaire d’aller mettre des fortunes pour faire un bon jeu, c’est le cas de Valley. Valley est un jeu qui dure moins de 10 heures et que j’ai payé 4 € sur le playstation store. Le jeu a un énorme bug d’affichage des sous-titres ce qui gâche pas mal l’histoire. Si j’ai tout compris, il s’agit plus ou moins d’une uchronie à la Biochock. Des scientifiques ont trouvé un univers parallèle, une vallée, dans laquelle il y a pas mal d’énergie qui traîne, ils souhaitent l’utiliser pour faire une arme, l’action si j’ai tout compris encore se déroulant pendant la seconde guerre mondiale. Vous êtes un archéologue, vous avez atterri on ne sait pas trop comment dans cette vallée et vous allez en percer les secrets. Vous trouvez assez rapidement des jambes artificielles, on va donc beaucoup, beaucoup courir dans le jeu.

Les mécaniques sont simples, on va beaucoup courir, sauter, un peu comme Mirror’s Edge mais pas sur des immeubles. Vos jambes vont progresser, si bien que vous allez pouvoir à la fin du jeu marcher sur l’eau ou sur des murs. Sans être original, l’aventure est plutôt prenante, c’est intuitif, on n’est jamais bloqué, c’est agréable sans vous prendre aux tripes. Il y a un point que j’ai trouvé franchement sympa, c’est votre barre de vie en lien avec la fameuse vallée. Si vous mourrez, en tombant dans l’eau la plupart du temps, c’est l’univers qui se dégrade. Vous avez deux pouvoirs, celui de prendre la vie, donner la mort. Donner la mort vous fait gagner de l’énergie, donner la vie vous en coûte. Quand l’univers a pris un sacré coup c’est-à-dire que vous êtes mort souvent, de nombreux arbres sont flétris. Il vous suffit alors de redonner la vie à un maximum d’entre eux pour « guérir » la vallée et augmenter votre nombre de vies. Plutôt positif et bien pensé.

Stern est le nom du héros et de ce western pas très original mais qui fait pas trop mal le job. Lire Stern c’est une vague impression de déjà-vu, déjà lu, un peu comme bouncer, ou dernièrement undertaker. Stern est croque-mort dans une petite ville, comme tous les croque-morts, tout le monde le déteste, il vit à l’écart du monde, dans le cimetière, sa seule passion, presque une obsession ce sont les livres. On va suivre notre personnage bien triste au gré de ses aventures, du meurtre d’un ancien militaire à ses déconvenues dans la grande ville, découvrant un peu plus à chaque album son histoire. À part un manque flagrant d’originalité, rien à dire, bien dessiné, bien raconté.

Fabrice travaille dans une grosse boîte au service des achats. Tout le monde le décrit comme un énorme fayot, il attend la promotion mais celle-ci ne vient pas, c’est une jeune femme d’une société concurrente qui récupère le job. Il vit particulièrement mal cette situation, d’autant plus qu’il est pris en grippe par la responsable de la gestion des risques, une femme obsédée par les accidents du travail. Entre le porno qu’il consomme, sa fille qui fait des tags sur les murs du lycée, sa hiérarchie, sa vie qui n’avance pas, il se met à disjoncter en faisant picoler le stagiaire de troisième ou en trouvant les prétextes les plus stupides d’accidents du travail potentiels pour se moquer de la responsable des risques. Stop Work est une caricature grossière du monde de l’entreprise qui ne fait preuve d’aucune subtilité mais qui est quand même franchement drôle.

Elsa Zylberstein est psy, elle élève sa fille à contrario de sa mère, c’est-à-dire dans le dialogue et dans la bienveillance. Malheureusement lorsque sa gamine fait sa crise d’adolescence, la guerre est déclarée entre les deux femmes qui vont se faire toutes les vacheries possibles. Adorables est une comédie qui fait le job et qui n’est pas sans faire penser à papa ou maman, où l’on pousse trop loin le bouchon, jusqu’à l’empoisonnement pour ne pas garder ses gosses. Je trouve que sur des thèmes de ce style, il faut avoir certaines frontières, lorsque la fille essaie de droguer sa mère, je pense qu’elles sont franchies. Bien évidemment c’est de la comédie, bien sûr c’est du cinéma, mais tout de même. En fait le film est peut-être intéressant où on ne l’attend pas vraiment, dans le fait qu’Elsa Zylberstein veut à tout prix ne pas être sa mère et finit par y aller à grand coup de claque. Une réflexion assez pertinente sur le fait qu’il est difficile d’être parent et que rejeter sa propre éducation n’a pas forcément toujours du sens.

Un couple vient en amoureux dans le sud de la France, Palavas, et forcément dans ma région, on dit qu’il fait un temps à décorner un bœuf. Sauf que ce n’est pas le taureau qui est décorné mais l’homme qui est décapité net, une pancarte métallique. Sa compagne n’a pas la réaction attendue, plutôt que de se morfondre, elle va réaliser l’intégralité du planning prévu par son fiancé très méticuleux. Elle va rencontrer un homme étrange qui tient une boutique d’objets ésotériques et qui collectionne les articles sur les morts stupides. Je vais rester aurait pu être financé par l’office du tourisme de Palavas les flots, c’est une bande dessinée qui s’attache à la description. Les plans sur les gens qui s’amusent, la plage, la vie qui continue quoi qu’il arrive, et la jeune femme au milieu, imperturbable. On reste jusqu’à la fin de la bd pour ça, savoir si elle va finir par s’effondrer, quand est-ce qu’elle prendra conscience du drame … ou pas.

Gurdan (du malt), est un vieux nain de la légion qui manque mourir sur le champ de bataille, il se fait mettre dehors par son chef qui lui dit de régler ses problèmes avec son passé et c’est ce qu’il compte faire. Revenir sur les terres de son enfance, retrouver son frère jumeau, cultiver. Il ne retrouve que son neveu dans une propriété à l’abandon, la source est tarie, son frère a disparu. Dix-septième tome de la série nains, l’intérêt est toujours le même, le dessin toujours au top, les personnages haut en couleur, on continue !

Guylaine est une enfant heureuse jusqu’au jour où elle découvre qu’elle est moche (une vie de). Cette prise de conscience dès l’enfance, va orienter sa vie, toutes ses stratégies visant à trouver l’amour, de la culture du look à devenir amie avec une belle, pour espérer ramasser les miettes. Très bien écrit, prenant, libre, les auteurs s’offrent de nombreuses fantaisies en lien avec les pensées de Guylaine, Gainsbourg intervient dans la bd par exemple. Les 200 pages du one shot se lisent d’un trait, pour une moralité qu’on connait déjà, mieux vaut être né du bon côté de la barrière, être jeune, riche, beau et intelligent, ce n’est pas qu’un cliché.