Cultures, épisode 63

26/08/2020 Non Par cborne

J’ai donc fait le tour du PS NOW, c’est un peu comme Chuck Norris qui a compté jusqu’à l’infini deux fois et j’ai repris le chemin de la PS3. Mon fils est content, il peut retrouver Fortnite, quelle misère. X-Men Origins : Wolverine est un jeu d’action à la troisième personne où vous incarnez curieusement Wolverine. Le jeu essaie de manger au moins dans deux râteliers, celui du beat them all traditionnel où vous griffez beaucoup, celui de Tomb Raider où vous résolvez des énigmes un peu pourries. L’action se situe dans deux temps différents, le passé où Logan est en Afrique pour une mission qui va mal se dérouler, de nos jours où l’on aura droit à la fameuse scène de l’introduction d’adamantium dans son organisme.

Le jeu est assez joli avec des cinématiques très réussies, mais a un lourd problème technique sur PS3, ça lague. Rajoutons à ça des soucis de collision assez impardonnables, je pense notamment aux monstres qui vous touchent alors que vous êtes à un mètre et on a un gameplay plutôt raté. À priori d’après le testeur de JV.com, le problème n’apparaît pas sur 360 ou sur PC. C’est donc dans de grands mouvements saccadés que vous tuez de très nombreux ennemis, toujours les mêmes, et vous allez trouver ça franchement répétitif. C’est pourtant dommage, le jeu mérite (un peu mais pas trop) d’être poussé jusqu’à la fin pour pouvoir affronter des boss, qui ont curieusement été regroupés à la fin du jeu, un choix étrange.

Comme je suis le grand maître de la transition, retrouvons cette fois-ci Hugh Jackman non plus sous les traits de Wolverine mais en tant que directeur d’une prestigieuse école. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, directeur consciencieux, il se fait un devoir de reconnaître l’ensemble de ses élèves, connaître les passions de chacun de ses professeurs. Un beau jour, il apparaît un gros trou dans les caisses de l’école, la secrétaire fait refaire sa maison ou paye des Playstations à sa nièce. Plutôt que de lui faire porter l’intégralité de cette responsabilité qui traîne depuis plusieurs années et pour un montant minimum de 250.000 dollars, il va convaincre le comité de l’école de dissimuler l’ensemble, mais pas forcément pour de très nobles motifs. Bon film, bien mené, bien joué, Bad Education montre une fois de plus le talent de Jackman qui n’endosse pas le beau rôle, mais un personnage très nuancé, ambigu, qu’on peine à détester.

Et comme je suis vraiment le génie de la transition, Deadpool le jeu. Deadpool, même si les films sont d’une vulgarité sans nom, force est de reconnaître que c’est un peu le héros badass qui a su dépoussiérer le monde trop exploité des super-héros. Stupide, de mauvais goût, ne prenant rien au sérieux, le personnage est haut en couleur et détonne complètement dans l’univers des comics. La majorité des jeux à licence sont ratés, c’est le cas du Wolverine plus haut, c’est relativement le cas pour ce Deadpool. Ce qu’il faut par contre reconnaître c’est que l’appropriation du personnage par le studio du jeu est parfaite. C’est vraiment très étonnant, le jeu s’arrête pour mettre en avant une scène débile, les réflexions sont drôles, les situations assez surprenantes. Vous allez soudainement vous retrouver dans un jeu façon RPG en 2D ou encore marcher sur vos propres bulles de paroles pour faire un chemin. Que dire des cinématiques vraiment bien foutues comme cette espèce de remake de Pulp fiction où vous dansez avec la mort. On va donc faire ce jeu pour ça, mais ce sera tout, car il s’agit d’un beat them all qui souffre de trop nombreux défauts. La précision est catastrophique, comme le Wolverine, un boss vous jette une grosse pierre, elle tombe à deux mètres vous avez des dégâts, la gestion des pistolets est lamentable, les ralentissements trop nombreux, c’est vraiment dommage. On ne fait malheureusement pas un jeu sur quelques bonnes idées et sur une excellente mise en scène, il en faut plus.

Dans un orphelinat des enfants coulent des jours heureux, en présence de Mama, qui les élèvent comme le ferait une véritable mère. Bien nourris, les journées sont ponctuées de jeux et de tests intellectuels. Parfois un enfant s’en va, une famille vient le chercher. Tout pourrait se passer dans le meilleur des mondes possibles, si un jour deux enfants, Norman et Emma qui sont les héros de the promised neverland avec leur acolyte Ray, ne suivaient pas une des enfants qui a oublié son lapin pour se rendre compte qu’elle a été assassinée pour être donnée à manger à des démons.

Le scénario n’est effectivement pas très original puisqu’il fait penser à Matrix d’un côté ou encore à the island avec Ewan McGregor et Scarlett Johansson qui vivent dans un endroit merveilleux mais dont l’utilité c’est de remplacer les membres usés de personnes célèbres. On pourra aussi rajouter qu’il y a du prison break là-dedans puisque les enfants vont bien sûr échafauder un plan pour s’échapper de l’orphelinat. La comparaison s’arrêtera là, car il y a la vie à l’extérieur et j’ai déjà assez spoilé. Techniquement le manga est une véritable réussite, le contraste entre l’enfance d’un côté et du véritable gore de l’autre puisque les gosses se font quand même bouffer par des démons, est franchement osé.

L’histoire tient très bien la route, avec son lot de mystères, puisque les enfants trouveront dans l’orphelinat des indices, un guide à l’extérieur qui leur donne une destination pour s’enfuir. Bien évidemment comme c’est un manga, on va tout de même tomber dans le niais avec une articulation de valeurs autour de la famille, où chacun fera tout pour sauver la sienne. À part quelques scènes vraiment lourdes, c’est très bon, j’ai notamment apprécié la rigueur, à savoir que l’ensemble des secrets sont révélés, qu’on s’égare peu, même si bien évidemment en Europe, des 180 chapitres on aurait pu en faire 50. On notera aussi que le manga n’hésite pas à faire mourir certaines personnes, tous les éléments sont mis en place pour tenir le lecteur en haleine avec un final sans surprise mais juste.

Faire le pitch de seules les bêtes est trop compliqué, trop compliqué sans spoiler. En gros, mais vraiment en très gros, on retrouve une femme assassinée dans un trou perdu, à la montagne. Aucune piste n’est disponible et pourtant cinq personnes sont liées à son meurtre. On va revivre les mêmes événements vus par différentes personnes, pour donner un thriller passionnant, génial. La qualité de l’écriture est remarquable, l’idée formidable, comme le jeu des acteurs,  Denis Ménochet comme toujours est à son sommet dans un rôle pas simple et peu glorieux. À voir d’urgence.

Ben Affleck, homme taciturne, qui tâte un peu trop fort du goulot, un rôle de composition, a perdu sa femme qui est partie. On comprendra plus loin dans le film que le couple a dû affronter un drame dont ni l’un ni l’autre ne s’est vraiment remis. Dire qu’il est au fond du trou est un euphémisme. Ancienne gloire universitaire de Basketball, il va être contacté par l’un de ses anciens professeurs, un prêtre, pour entraîner l’équipe de l’école, qui perd tous ses matchs. The way back n’est pas un mauvais film, ce serait injuste, c’est prenant et joué juste. Néanmoins, combien de films avons-nous vu sur la rédemption, sur le concept qu’aider les autres c’est s’aider soi-même ? Je ne sais pas mais avec celui-ci, c’est un de plus.

Les productions Netflix qu’on se le dise, c’est au-dessus de la sortie directe en DVD notamment quand on a un casting avec Jamie Foxx, Joseph Gordon-Levitt, ou encore des effets spéciaux plutôt réussis, oui, on sent indéniablement qu’il y a plus d’argent. Néanmoins, au point de vue des histoires, ça casse franchement pas trois pattes à un canard. De nos jours à la Nouvelle Orléans, on distribue une drogue qui a deux effets possibles. Tuer son consommateur, lui conférer cinq minutes de super pouvoir. On comprend dès lors que les gens plutôt que de jouer les super-héros vont utiliser leur pouvoir pour faire de mauvaises actions. Voici le pitch de project power, une idée plutôt mal exploitée, puisque finalement la trame se résume à retrouver la fille perdue de Jamie Foxx kidnappée par le grand méchant. Pas passionnant pour un film d’action, laborieux pour arriver jusqu’au bout, dispensable.

Final Exam fait partie de ces nombreux jeux sans prétention qu’on trouve sur le PSN ou selon l’adage quand tu as pas de moyens tu fais un Metroidvania en 2.5D. On reconnaîtra tout de même qu’il ne s’agit pas vraiment d’un Metroidvania étant donné que ce n’est pas un très gros labyrinthe mais un jeu en 2.5D où l’on incarne une bande d’ados aux prises avec des monstres zombifiés. Le jeu est joli, pas vraiment original et la lassitude arrive TRÈS rapidement. Ça commence quand on arrive à la station de métro et qu’il faut trouver deux barils d’essence pour allumer la rame puis revenir à la station de métro. Ce genre de mécaniques assez insupportables qui imposent au joueur de faire de nombreux aller-retours, apparaissent dès le début du jeu, faisant comprendre que tous les moyens seront bons pour faire monter de façon artificielle la difficulté. Malgré les qualités du gameplay, de la technique, je passe, je n’ai pas la patience. Vous noterez que j’ai mis la jaquette PC, j’y ai joué sur PS3, je ne pense pas que ça change grand-chose.

C’est l’histoire de trois générations de femme, la grand-mère complètement délurée qui a rencontré un certain succès en racontant des histoires, la fille qui fait la gueule en permanence et qui a des crises d’aphasie, elle perd totalement la voix en stress, et la petite-fille, une adolescente qui tient plutôt du côté de la grand-mère, joyeuse, vive et forcément en conflit avec sa mère. La grand-mère fait une forme d’AVC et la petite fille se fait agresser à domicile par un homme qui aurait été croisé avec un corbeau qui vient lui réclamer un paquet, paquet que donnait régulièrement la grand-mère. La mère et la fille vont mener l’enquête, une enquête qui les conduira à une enfance oubliée et plus qu’à un secret de famille, un lourd héritage. L’homme gribouillé est une bande dessinée intégralement en noir et blanc, de plus de 330 pages qu’on lira d’un trait. C’est particulièrement plaisant, les personnages sont intéressants, comme les relations entre les personnages, c’est très cohérent. Une excellente bande dessinée à lire.

Quand tu n’as pas d’argent, tu fais un Metroidvania en 2.5D, il me semble avoir déjà placé cette phrase quelque part. Et ici encore ce n’est pas un Metroidvania mais un jeu de rôle au tour par tout réalisé par une section dite « parent pauvre » chez Ubisoft Montreal. Néanmoins ce Child of Light démontre que ce n’est pas parce que tu ne mets pas une armée de développeurs que forcément tu ponds une daube. On passera sur le scénario qui sert de décor, Aurora est avec son gentil papa, une méchante belle-mère, on connaît l’histoire, et après un incident elle se retrouve projetée dans un monde parallèle où elle va se faire des tas d’amis et marave des tas de monstres. La particularité du système de combat c’est que vous pouvez influencer sur la rapidité d’action de votre adversaire en l’éblouissant. Vous ne pouvez pas le faire de façon illimitée, quand vous avez trois monstres il faut bien sûr faire des choix. Le jeu est une merveille avec des dessins façon gosses aux couleurs pastel, les musiques simples mais splendides. Le jeu ne présente pas de grandes difficultés, je suis mort deux fois, il suffit de trouver la faiblesse de l’adversaire et d’opposer le personnage qui a le pouvoir qui va bien. Un très joli jeu à faire.